NOUVELLE COMPOSITION PHiMlMACEUTIQUE UTILISABLE DANS LE
DOMAINE DES VACCINS
La présente invention se place dans le domaine des compositions pharmaceutiques, particulièrement dans le domaine des vaccins. Plus précisément, l'invention a pour objet une nouvelle composition pharmaceutique utilisable comme vaccin (ou composition vaccinale).
L'invention a aussi pour objet un procédé de préparation de ladite composition vaccinale selon l' invention.
Dans le domaine des vaccins, il est bien connu que l'efficacité de la composition vaccinale est essentiellement due au mélange de l'antigène utilisé avec un adjuvant. Les adjuvants pour vaccins sont connus depuis fort longtemps et sont définis comme des compositions qui, lorsqu'elles sont combinées à un antigène, produisent une réponse immunitaire supérieure à celle de l'antigène seul.
Le pouvoir άmmunogène d'un vaccin sans adjuvant est en règle générale faible, en particulier s'il s'agit d'un vaccin inactivé ou si l'antigène est simplement un peptide ou une protéine, et ne permet en lui-même d'induire une réponse protectrice.
De nombreuses recherches sont conduites afin d'obtenir des adjuvants satisfaisants, lesquels, de manière idéale devraient présenter les propriétés suivantes:
• induire une réponse immunitaire importante, particulièrement avec une dose d'antigène minimale ;
• induire une réponse immunitaire mixte (humorale et cellulaire) afin de favoriser et d'établir une réponse mémoire ;
• être parfaitement toléré et dénué de toxicité ;
• être constitué si possible d'excipients couramment
utilisés dans le domaine pharmaceutique, plus particulièrement celui des médicaments injectables ;
• être facile à administrer, par exemple à l'aide d'une seringue et, si possible, à conditionner directement en seringue prête à l'emploi ;
• être facile à associer à des antigènes variés, de manière à permettre de standardiser la production de vaccins divers ;
• être de production aisée à l'échelle industrielle avec un procédé d'obtention facile à maîtriser ;
II est connu dans l'art antérieur, une multitude d'adjuvants de nature et d'origine diverses.
L'alun (phosphate et hydroxyde d'aluminium) est un adjuvant dont l'utilisation est répandue dans les vaccins humains et vétérinaires.
D'autres adjuvants sont connus et utilisés pour la recherche tel l'adjuvant de Freund constitué d'un mélange d'huile minérale et de mycobactéries tuées. Cet adjuvant est extrêmement efficace et produit des réponses immunitaires marquées. Sa mauvaise tolérance limite toutefois son emploi à la recherche sur l' animal de laboratoire.
Divers brevets décrivent des compositions d'adjuvants pour vaccins. Le brevet américain n° 4,788,056 décrit un vaccin combiné contre 1 'herpès et E. coli destiné à la vaccination du bétail. Ce brevet cite différents adjuvants possibles, parmi lesquels des émulsions d'huile dans l'eau ou d'eau dans l'huile à base de certaines huiles telles que le Miglyol® (triglycérides à chaîne moyenne) ou de tensioactifs tels que le polysorbate, sans toutefois indiquer de formulation précise de l'adjuvant. Il s'agit toutefois d'émulsions classiques, où la phase dispersée existe sous forme de gouttelettes. D'autre part, aucune
indication n'est donnée quant à l'effet de l'adjuvant sur le pouvoir immunogène du vaccin.
Le brevet américain n° 5,688,761 décrit une formulation de microémulsion eau dans huile qui se convertit en système huile dans eau par addition d'un fluide aqueux ce qui conduit à la libération de la protéine contenue dans la phase aqueuse. L'avantage des microémulsions est leur formation spontanée et leur stabilité physique. Les huiles utilisées par ces auteurs sont des huiles bien tolérées par voie injectable telles que les mono et triglycérides à chaîne moyenne. Elles sont émulsionnées à la phase aqueuse grâce à l'emploi de tensioactifs classiques et connus de l'homme du métier tels que les esters de sorbitane ou les polysorbates. Leur dilution par les fluides biologiques lors de leur injection provoque l'inversion des phases et donc la libération de 1 'agent biologique incorporé dans la phase aqueuse. Certains exemples de formulation démontrent une augmentation de l'activité d'agents biologiques incorporés dans la formulation décrite. Toutefois, les exemples fournis ne concernent pas le domaine des vaccins.
Le brevet américain n° 5,744,137 décrit l'utilisation d'huiles non minérales dans des vaccins ainsi que des vaccins sous forme d'émulsions eau dans huile contenant un mélange d'au moins deux tensioactifs choisis parmi l'huile de ricin éthoxylée, le laurate de propylène glycol, le caprylate de propylène glycol et le succinate d'isostéryle diglycéryle. Les huiles choisies sont d'origine animale ou végétale afin de limiter au maximum la réaction des tissus liée à l'administration d'huiles minérales mal tolérées. Le brevet américain n° 5,961,970 décrit un adjuvant pour vaccin se présentant sous la forme d'une submicroémulsion huile dans eau comprenant un émulsifiant (il s'agit d'un phospholipide) , un tensioactif non ionique et une huile. Le coût élevé des phospholipides limite
cependant les applications de cette invention.
La demande de brevet américain n° 2003011977, décrit une composition constituée de vésicules lipidiques biphasiques permettant d'améliorer la réponse immunitaire induite par un antigène.
La demande de brevet américain n° 20030175309 décrit un adjuvant contenant de la lécithine, une huile et un tensioactif amphiphile capable de former un vaccin sous forme d'une émulsion stable huile dans eau qui permet de minimiser les réactions locales chez l'animal injecté.
La demande Internationale WO 99/61003 décrit un système de délivrance d'actifs comprenant une réserve de médicament sous forme solide étroitement compactée, ayant une structure isotrope a l'état solide. Ce système est adéquat pour délivrer des actifs par inhalation. L'actif se présente sous la forme de liposomes, les liposomes étant ensuite compactés afin de former le système de délivrance solide décrit.
La demande de brevet européen n° 0 398 287, décrit une composition pharmaceutique sous forme d'une solution isotrope consistant en une ou plusieurs substances actives et un support se solidifiant entre 200C et 800C (particulièrement à température ambiante) et étant soluble dans l'eau. II n'en demeure pas moins qu'il existe un besoin toujours renouvelé dans l'industrie des vaccins pour des adjuvants nouveaux présentant les propriétés énoncées précédemment. Particulièrement, le besoin demeure de fournir des adjuvants permettant une forte augmentation du pouvoir immunogène de l'antigène. Un avantage de tels adjuvants réside dans le fait qu'ils permettent d'administrer des doses réduites d'antigène tout en conservant une réponse immunitaire satisfaisante.
II est particulièrement souhaitable de disposer des telles compositions lorsque l'antigène est coûteux ou difficile à produire en quantité suffisante ou lorsqu'il s'agit de simple peptide ou d'antigènes obtenus par synthèse ou recombinaison.
De manière surprenante et inattendue, les inventeurs ont maintenant découvert qu'une composition pharmaceutique sous la forme d'un isotrope huileux, au moins composée d'un mélange ternaire huile /tensioactif(s)/phase aqueuse, ladite phase aqueuse comprenant la substance antigénique, pouvait présenter un pouvoir immunogène nettement plus élevé qu'une composition ternaire de l'art antérieur sous la forme d'une émulsion, sous une forme non isotrope. De plus, une composition sous une forme isotrope peut présenter une viscosité compatible avec une utilisation par injection.
Le terme "isotrope" sera utilisé ci-après pour désigner l'isotrope huileux selon l'invention, c'est-à-dire le mélange ternaire isotrope huile/tensioactif(s)/phase aqueuse selon l'invention. De même "isotrope comprenant une substance antigénique" désignera une composition selon 1' invention dans laquelle la substance antigénique est incluse dans la phase aqueuse de l'isotrope huileux selon l'invention. Par isotrope huileux, on entend un mélange d'huile, d'eau et de tensioactifs dont les proportions sont ajustées de telle sorte que la préparation obtenue soit limpide, claire et présente une faible viscosité. Ainsi une telle composition peut être administrée par injection. Une telle composition correspond à une solubilisation d'eau dans une huile, ou plus précisément d'eau dans un micelle, lui-même dans une huile (isotrope huileux).
En effet, lors de la constitution de l'isotrope, il se forme des agrégats moléculaires de tensioactifs appelés
micelles, au sein desquels l'actif est inséré plus ou moins profondément.
Les isotropes sont bien connus et l'on trouvera tous les renseignements nécessaires entre autres dans Galenica, 1983, Vol. 5, Chapitre 5, page 195-219. En particulier, cet ouvrage présente des diagrammes ternaires eau/huile/tensioactif, par exemple en page 203 un diagramme eau/huile de paraffine/Brij 96, permettant de déterminer les concentrations respectives de ces composés pour lesquels un système isotrope est obtenu.
Plus précisément, une composition sous forme isotrope présente une structure tridimensionnelle continue, également appelée structure monophasique. Les émulsions pour leur part sont formées par un système de deux liquides non miscibles, dont l'un est finement divisé en gouttelettes, ou vésicules, dans l'autre. La phase dispersée est appelée phase interne ou discontinue, la phase dispersante est appelée phase externe ou continue. Une émulsion est donc une dispersion liquide- liquide, qui présente une structure biphasique.
Une composition sous forme isotrope se distingue d'une émulsion par l'absence d'organisation de type vésicules et la présence de micelles. Par «organisation de type vésicule », on entend au sens de la présente invention, une structure présentant une paroi comprenant, ou constitué par, des composants de type tensioactifs, ladite paroi englobant un volume comprenant, ou constitué par, une phase interne hydrophile lorsque la phase externe est hydrophobe et vice-versa.
Les résultats, présentés ci-après et obtenus sur des animaux de laboratoire lors d'essais avec un isotrope
comprenant une substance antigénique selon l'invention, ont démontré qu'il était possible d'obtenir avec un tel isotrope, une augmentation très significative de l'activité immunogène de l' antigène comparée à l'activité immunogène obtenue avec l'antigène en combinaison avec un adjuvant classique.
De plus, ces essais ont montré que l'isotrope surclassait les préparations constituées d'émulsions eau dans huile classiques. L'invention découle donc de cette découverte.
L'invention a donc pour premier objet une composition pharmaceutique comprenant au moins un mélange d'au moins une huile, d'au moins un tensioactif et d'une phase aqueuse comprenant elle-même au moins une substance active, ladite composition pharmaceutique étant sous la forme d'isotrope huileux. Cette composition est sous forme isotrope, elle n'est donc pas sous forme d'émulsion.
En particulier, la composition présente une viscosité compatible avec une utilisation par injection. Selon l'invention, la substance active peut être tout type d'actif biologique comme par exemple un antigène vivant, atténué ou inactivé.On entend par antigène vivant : une bactérie ou un virus atténué empiriquement ou génétiquement, un antigène protéique (ou glyco- lipoprotéique) exprimé in vivo par un vecteur (bactérie ou virus recombinant) . On entend par antigène inactivé une bactérie ou un virus inactivé soit par des méthodes physiques soit par des méthodes chimiques ou un extrait bactérien ou viral, ou une protéine, un polypeptide ou un peptide obtenus par recombinaison génétique ou par synthèse chimique, ou au moins un générateur in vivo d'un composé comprenant une séquence d'acides aminés.
Tout particulièrement l'actif biologique peut être
inerte.
Selon un mode de réalisation particulier de l'invention, la composition pharmaceutique est un vaccin. Sous cette forme, la substance active est alors un antigène. Ledit antigène peut être de toute origine et sous toute forme communément utilisée dans le domaine de la vaccination. L'antigène peut être par exemple, d'origine virale, bactérienne, parasitaire ou encore tumorale.
L'antigène peut être naturel ou recombinant. II peut être composé d'un microorganisme (virus, bactéries ou parasites), éventuellement atténué ou inactivé, ou de fractions, particulièrement acellulaires, dudit microorganisme (antigènes purifiés, protéines ou glyco-protéines ou peptides natifs, polynucléotides, qu'ils soient de synthèse ou produits par génie génétique notamment), ou encore à base d'antigènes hydro-solubles ou hydro-dispersibles.
Préférentiellement, on utilisera selon l'invention une phase antigénique composée des molécules excrétées par ledit microorganisme que ce soient des composants de la paroi bactérienne ou des composants du cytoplasme.
La quantité de substance active et/ou d'antigène dans la composition selon l'invention est fonction de l'effet recherché et de la nature même de la substance active ou de l'antigène utilisé. L'Homme du Métier sait en fonction de la substance active ou de l'antigène utilisé doser celui- ci.
Les proportions de chacun de ces constituants de l'isotrope sont ajustées de manière à ce que l'ensemble forme un isotrope huileux.
Plus précisément, la concentration en tensioactif peut être supérieure à la concentration micellaire critique (CMC). Pour une concentration inférieure à la CMC, l'essentiel du tensioactif est sous forme de monomère, en
revanche pour une concentration supérieure à la CMC, il y a une présence appréciable de micelles.
La valeur de la CMC peut être déterminée par diverses méthodes, par exemple la conductimétrie ou la spectrophotométrie, notamment comme décrit dans l'article de Dominguez et al., « Journal of Chemical Education », 1997, 1227-1231. En général, la CMC correspond un changement brusque de la loi de variation du paramètre mesuré, par exemple la conductance ou l'absorbance. Ainsi, les compositions selon l'invention peuvent comprendre une teneur en tensioactif supérieure ou égale à la concentration micellaire critique. Cette concentration micellaire critique dépend de plusieurs paramètres, dont la nature des composants présents dans la composition et leur teneur.
Ainsi, la composition selon l'invention comprendra au moins une forte concentration en tensioactif et une faible quantité d'eau.
Selon l'invention, la composition peut comprendre de 10% à 90% d'une huile, préférentiellement de 40% à 75% en poids, par rapport au poids de la composition totale.
Selon l'invention encore, la quantité d'eau dans la composition sera comprise entre 0,5% et 20%, préférentiellement entre 3% et 9 % en poids, par rapport au poids de la composition totale
Selon l'invention enfin, la quantité de tensioactif dans la composition peut être comprise entre 1% à 60%, préférentiellement entre 16% et 45% en poids, par rapport au poids de la composition totale. Selon l'invention, le rapport de la quantité d'huile à la quantité d'eau ne doit pas être inférieur à 1 (quantité d'huile égale à la quantité d'eau), préférentiellement ne doit pas inférieur à 5 (quantité d'huile au moins 5 fois plus grande que la quantité d'eau).
De nombreuses huiles peuvent être utilisées dans la composition selon l'invention. Cependant ladite huile doit être compatible avec un usage pharmaceutique, particulièrement pour un usage par injection par voie parentérale.
L'huile peut être choisie parmi : les huiles minérales, comme et sans limitation, l'huile de paraffine, l'huile de vaseline, les huiles non-minérales, comme l'huile de foie de morue, les lipides synthétiques, les huiles végétales, (telles que sans limitation l'huile de soja, l'huile d'olive, l'huile de maïs, l'huile d'arachide, l'huile de graines de coton, l'huile de tournesol, l'huile de sésame, l'huile de ricin, l'huile d'amande), des triglycérides à chaînes moyennes et longues (comme les triglycérides des acides caprylique/caprique comme ceux vendus par la société Stearineries Dubois ou ceux vendus sous les dénominations Miglyol 810®, 812® et 818® par la société Dynamit Nobel), les huiles terpéniques telles que le squalane et le squalène, et leurs mélanges.
Selon l'invention, on préfère utiliser une huile telle que le squalène ou de préférence une huile de la famille des triglycérides et très préférentiellement des triglycérides à chaînes moyennes du type Mygliol 810.
Selon l'invention, on peut utiliser un mélange d'huile. Les tensioactifs utilisables selon l'invention peuvent être anioniques, cationiques, non ioniques ou amphotères. La classe préférée en raison de sa bonne tolérance, particulièrement lors d'une injection est celle des tensioactifs non ioniques.- Préférentiellement parmi ceux- ci, tous ceux utilisables par voie injectable peuvent être utilisés seuls ou en mélange. On citera à titre d'exemple
et sans que cette liste ne puisse être considérée comme limitative, les polysorbates, les esters de sorbitane, particulièrement les esters de sorbitane et d'acide gras, les dérivés polyoxy-éthylênés de l'huile de ricin, les dérivés polyoxyéthylénés de l'acide stéarique, les copolymères d'oxyde d'éthylène et d1 oxyde de propylène ou poloxamères, les esters de saccharose et d'acide gras, les esters de glycol et d'acides gras, les mono-, di- et tri- esters d'acide gras et de glycérol, les esters de polyéthylèneglycols et d'acides gras, les esters de saccharose et d'acides gras.
Préférentiellement selon l'invention, on utilise les polysorbates, les esters de sorbitane, particulièrement les esters de sorbitane et d'acide gras. Selon l'invention, il est possible d'utiliser un mélange de deux ou de plusieurs tensioactifs. Ces tensioactifs pourront avoir des HLB identiques ou différents (balance hydrophile-lipophile qui est une caractéristique des tensioactifs, liée à la structure de leur molécule).
Préférentiellement, les tensioactifs auront des HLB différents de manière à s ' approcher de la HLB critique de la phase huileuse utilisée. La HLB critique est fonction de la concentration des émulsionnants et de la nature chimique des tensioactifs.
L'Homme du Métier trouvera sans difficulté dans "Handbook of excipients" , (Raymond C. Rowe, Paul J.Sheskey, Paul J. Weller- 4ême Edition, 2003) par exemple, les HLB des tensioactifs et pourra donc, en fonction de la composition du mélange qu'il désire réaliser, choisir le ou les tensioactifs adéquats.
Selon l'invention, la phase aqueuse peut contenir outre l'antigène hydrosoluble ou hydrodispersible et l'eau, d'autres substances comme des sels destinés à complexer
1' antigène de manière à retarder sa libération et donc à prolonger son action. Comme exemple de sels de ce type, on peut citer le silicate d'alumine ou le phosphate de calcium. La phase aqueuse peut également contenir de manière optionnelle, des substances immunogènes non spécifiques connues de l'Homme du Métier telles que le lipopoly- saccharide, ou le chitosan. De même, elle peut contenir des polymères, des copolymères non ioniques (comme par exemple le Poloxamère), de l'argile synthétique (comme par exemple la Laponite®, Chimilab Essor), des cytokines, ou des antioxydants tels la vitamine E, reconnus pour leur pouvoir immunostimulant.
Selon l'invention, la composition présente une viscosité comprise entre 5 et 150 mPa.s de préférence entre 5 et 100 mPa.s.
La viscosité de la composition est mesurée à température ambiante, préférentiellement à 25°C, en utilisant un viscosimètre du type rotor-stator, comme par exemple un appareil de la marque Rhéo dénommé HAAK-VT500, selon les prescriptions du fabricant.
La composition selon l' invention peut être préparée selon tout mode opératoire connu de l'Homme du Métier. Par exemple une composition selon l'invention peut être préparée selon le mode opératoire suivant :
-dans une première étape, l'antigène est dissous ou dispersé dans la phase aqueuse dans laquelle sont également éventuellement incorporées les substances additionnelles ci-dessus décrites et le mélange est chauffé, par exemple au bain-marie, à une température comprise entre 30 et 600C, préférentiellement entre 35 et 45°C ;
-dans une seconde étape, qui peut être concomitante, le ou les tensioactifs sont mélangés à l'huile et le mélange est chauffé, par exemple au bain-marie, à une température
comprise entre 30 et 6O0C, préférentiellement entre 35 et 45°C ;
-dans une troisième étape, la phase aqueuse est incorporée à la phase huileuse en employant un homogénéiseur (tel que par exemple un homogénéiseur Rayneri® 33300). Ces appareils sont largement employés, particulièrement dans la préparation des émulsions, et l'Homme du Métier n'aura donc aucune difficulté pour réaliser le mélange selon l' invention ; et -dans une dernière étape l'isotrope huileux obtenu est refroidi à température ambiante et stérilisé. Divers procédés décrits dans la littérature sont utilisables pour cette opération tels que par exemple la stérilisation par la chaleur, par rayonnements ionisants ou par filtration. Le mode de faire préféré est celui de la filtration stérilisante.
Selon un autre mode de réalisation, il est également possible d'employer des matières premières elles-mêmes stériles et d'opérer l'ensemble de la fabrication en salle blanche, de manière à ne pas être obligé de recourir à une opération finale de stérilisation.
Les exemples suivants • sont donnés à titre d'illustration de l'invention et ne la limite aucunement. D'autres réalisations sont possibles selon un mode de réalisation identique.
Exemple 1 : Composition de la phase antigénique
Dans les trois exemples qui suivent, une même phase aqueuse contenant l'antigène est utilisée. Il s'agit d'une phase antigénique acellulaire composée d'antigènes excrétés lors de la culture d'une souche bactérienne de Streptococcus suis. Cette bactérie est responsable d'une pathologie sévère et très répandue chez le porcelet.
L'infection est caractérisée par des troubles nerveux (incoordination motrice, tremblements, convulsions) et articulaires. Des septicémies ont également été rapportées, ainsi que des lésions pulmonaires. Une transmission à l'Homme est possible (personnel des abattoirs, vétérinaires) .
Seul le surnageant acellulaire de la culture est utilisé. Il s'agit d'un mélange de protéines dont l'une est utilisée comme marqueur d'activité : la protéine MRP (Muramidase Released Protein), dont le titre peut être déterminé par test ELISA (Enzyme-Linked Immunosorbent Assay) . Un anticorps monoclonal anti-MRP est fixé dans les puits d'une plaque de micro-titration. Après une phase de saturation permettant d'éviter une adsorption non spécifique, le vaccin (contenant l'antigène à doser) est dilué et déposé dans chaque puits. Après lavage, un anticorps monoclonal dirigé contre la protéine MRP et couplé à une enzyme est ajouté. La réaction avec le substrat/chromogène de l'enzyme permet d'obtenir une réaction colorée mesurée par un lecteur de plaques. L'intensité de coloration est directement proportionnelle à la quantité d'antigène dans le vaccin.
Une fois le titre de cette solution mère obtenue, l'Homme du Métier sait sans difficulté ajuster par dilution (exceptionnellement par concentration) le titre de la solution qu' il va utiliser dans la préparation des vaccins.
Selon l'invention, l'aliquot de solution mère contenant la quantité désirée d'antigènes est dilué à la quantité nécessaire et suffisante d'un tampon habituellement utilisé dans le domaine des vaccins, comme par exemple du tampon phosphate.
Exemple 2 : Composition 1
Le tableau suivant présente la composition selon l'invention qui est réalisée. Les quantités sont données en grammes.
Dans un bêcher, on mélange le Miglyol 810®, le Tween 80 et le span 80. On chauffe la phase huileuse obtenue au bain—marie à 400C.
Parallèlement et séparément, on chauffe la phase aqueuse également à 400C au bain-marie
On ajoute goutte-à-goutte la phase aqueuse dans la phase huileuse en homogénéisant avec un mélangeur à turbine (Rayneri 33300) tournant à 500 tours/minute.
Durant le mélange, les deux béchers sont maintenus a 4O0C.
Une fois le mélange réalisé, on le retire du bain-marie et le laisse refroidir jusqu'à température ambiante.
Le titre cible en protéine MRP du produit fini est de
1,6. Le titre cible est un titre relatif à un antigène de référence ayant un titre théorique et arbitraire de 1. (1,6 signifie que le vaccin a un titre 1,6 fois plus élevé que la référence utilisée) .
Exemple 3 : Composition 2
La composition suivante est réalisée. Les quantités sont données en grammes :
Le procédé de préparation du mélange est identique à celui décrit à 1 'exemple 2.
Le titre cible en protéine MRP du produit fini est de 1,6.
Exemple 4 : Composition 3
La composition suivante est réalisée. Les quantités sont données en grammes :
Dans un bêcher on mélange le Miglyol 810®, le Tween 80® et le Span 80®. Ce mélange est stérilisé par chauffage à 1200C pendant 30 minutes puis il est laissé refroidir à température ambiante.
La phase aqueuse contenant l'antigène est stérilisée par filtration sur membrane synthétique de 0,22 μm de porosité. On chauffe parallèlement et séparément la phase huileuse obtenue ci-dessus et la phase aqueuse préparée à l'exemple 1 au bain—marie à 4O0C.
Une fois que les 2 phases sont à la même température, on ajoute goutte-à-goutte la phase aqueuse dans la phase
huileuse en homogénéisant avec un mélangeur à turbine (Rayneri 33300) tournant à 500 tours/minute.
Durant le mélange, les deux béchers sont maintenus à température. Une fois le mélange réalisé, on le retire du bain-marie et on le laisse refroidir à température ambiante.
Le titre cible en protéine MRP du produit fini est de 1,6.
Exemple 5 : Comparaison de l'activité immunogène d'une composition selon l'invention avec l'activité immunogène de formulations selon l'art antérieur :
L'activité de la composition 1 de l'exemple 2 est comparée à celle d'autres compositions de 1 'art antérieur comprenant un ou des adjuvants décrits dans la littérature et connus de l'Homme du Métier.
Ainsi, 4 autres formulations (Témoins) sont réalisées, selon les compositions et modes opératoires suivants :
Formulation Témoin 1 : émulsion de type huile dans eau classique :
Pour cette émulsion, les mêmes excipients décrits pour l' isotrope huileux de l'exemple 2 ont été utilisés dans des proportions différentes afin d'obtenir une émulsion très fine, pour un HLB critique de 11. Les quantités sont données en gramme.
Le procédé employé est le suivant :
La phase antigénique obtenue à l'exemple 1 est stérilisée par filtration sur membrane synthétique de 0.22 μm de porosité. Dans un bêcher, on mélange le Miglyol®, le Tween 80® et le Span 80® et on stérilise le mélange par chauffage à 1200C pendant 30 minutes et on le laisse refroidir à température ambiante.
On chauffe alors la phase aqueuse (phase antigénique) et la phase huileuse séparément à 400C dans un bain marie.
Quand les 2 phases sont à la même température, on ajoute la phase aqueuse à la phase huileuse sous une agitation à 3000 tours/minutes.
Après l'ajout de la phase aqueuse, l'agitation est maintenue pendant 30 minutes.
Formulation Témoin 2 : adjuvant du commerce huile dans eau (Montanide IMS, SEPPIC)
Un adjuvant, le Montanide IMS, vendu par la société SEPPIC, (PARIS, France), prêt à l'emploi a été employé dans cette seconde préparation témoin. Les quantités sont données en gramme.
Phase aqueuse contenant l'antigène (exemple 1 ) 50 ,00 lMontanide IMS : 50 ,00
La phase aqueuse obtenue à l'exemple 1 et l'adjuvant sont mélangés sous agitation à l'aide du homogénéiseur Rayneri T33300 tournant à 150 tours par minute durant 20 secondes.
L'ensemble est stérilisé par filtration sur membrane synthétique de 0.22 μm de porosité.
Formulation Témoin 3 : adjuvant du commerce eau/huile (Montanide ISA 763 VG, SEPPIC)
Un autre adjuvant, le Montanide ISA 763 VG, vendu par la société SEPPIC (PARIS, FRANCE), prêt à l'emploi, a été utilisé dans cette troisième formulation témoin. Les quantités sont données en gramme.
Phase aqueuse contenant l' antigène (exemple 1) | 30,00
Montanide ISA 763 VG 70,00
La phase aqueuse, obtenue à l'exemple 1, est filtrée sur filtre nylon 0.22μm, l'adjuvant sur filtre PTFE de 0.22 μm de porosité, l'ensemble étant assemblé de manière aseptique
L'adjuvant est placé dans un bêcher sous agitation à 800 tours/minute à l'aide d'un homogénéiseur Rayneri T33300.
La phase aqueuse antigénique est incorporée en une seule fois, sous agitation à 1200 tours/minute, maintenue durant 30 minutes.
Formulation Témoin 4 : adjuvant du commerce eau dans huile (Montanide ISA 563 VG, SEPPIC)
Un autre adjuvant, le Montanide ISA 563 VG, vendu par la société SEPPIC, (PARIS, FRANCE), prêt à l'emploi, a été utilisé dans cette quatrième formulation témoin. Les quantités sont données en gramme.
La partie aqueuse de la formulation est filtrée sur
filtre nylon 0.22μm, l'adjuvant sur filtres PTFE de 0.22 μm de porosité, l'ensemble étant assemblé de manière aseptique.
L'adjuvant est placé dans un bêcher et agité à 800 tours/minute à l'aide d'un homogénéiseur Rayneri T33300. La phase aqueuse antigénique est incorporée en une seule fois, sous agitation à 1200 tours/minute, maintenue durant 15 minutes.
Formulation témoin 5 : adjuvant LH selon la demande de brevet WO 01/40240
Un autre adjuvant, le LH, adjuvant expérimental de la société COVACClNE (Lelystadt, PAYS BAS), prêt à l'emploi, a été utilisé dans cette dernière formulation témoin. Les quantités sont données en millilitres.
L'adjuvant aqueux LH est stérilisé par le fournisseur et reçu en l'état. De manière aseptique, la phase antigénique aqueuse et le tampon salin sont mélangés par agitation magnétique pendant 5 à 10 min., puis l'adjuvant LH est ajouté très lentement (« en filet ») au mélange phase antigénique- tampon salin. L'agitation est maintenue pendant 10 min. Comparaison des titres MRP :
Les titres en protéine MRP, mesurés comme décrit précédemment, des formulations témoin sont de 4 environ (en unités RP, (Relative Potency : Unité de mesure par Relative Potency Calculation Software, version 3.0, US Department of Agriculture).
Celui de la composition selon l'invention est de 1.01.
En effet, compte tenu de la faible quantité d'eau présente dans la composition selon l'invention, il n'est pas possible d'incorporer autant d'antigène que dans les formulations témoin, sauf à augmenter sa concentration dans la phase aqueuse, ce qui pouvait biaiser la mesure de la réponse immunitaire.
Or, malgré cette concentration largement inférieure, et ce de manière surprenante, les résultats décrits ci-après démontrent une activité immunogène largement supérieure de 1' adjuvant selon l' invention.
Protocole des études comparatives de l'activité immunogène et de la tolérance des compositions Témoin et de la composition selon 1 ' invention :
La comparaison de la tolérance et de l' activité immunogène est réalisée sur la souris.
L'activité immunogène de la composition 1 selon 1' invention de l'exemple 2 a été comparée à celles des compositions Témoins en suivant le protocole expérimental suivant :
Des souris BALB/C (Fournisseur : Charles River) de 18- 22 grammes à la réception ont reçu, à 2 semaines d'intervalle, 2 injections de 250μl par voie intrapéritonéale. Le sang a été prélevé une semaine après le rappel, lors de l'autopsie des souris. D'un point de vue sérologique, le taux d'anticorps anti-Streptococcus suis a été évalué par une méthode ELISA.
Les puits d'une micro-plaque sont tapissés avec l'antigène (surnageant acellulaire de la culture) puis saturés. Les sérums de souris ayant reçu le vaccin sont dilués et déposés dans la plaque. Un anticorps anti-souris marqué (conjugué à une enzyme) est ajouté. Le substrat/chromogène de l'enzyme est déposé et la réaction
colorée est mesurée. L'activité immunogène de chaque composition est alors définie par un titre moyen (en RP) correspondant à la moyenne des titres des souris composant le groupe.
La tolérance est appréciée selon trois critères : le taux de mortalité, l'activité de l'animal et l'aspect du pelage. La présence d'un résidu au point d'injection est également vérifiée.
Résultats
• pouvoir immunogène
Les valeurs indiquées sont relatives : la valeur indiquée représente le pouvoir immunogène d'une composition selon l' invention rapporté au pouvoir immunogène du témoin n° 5 qui a servi de référence pour l'évaluation du pouvoir immunogène de chaque témoin testé.
A Composition 1 selon l'invention B Témoin 1 C Témoin 2 D Témoin 3
E Témoin 4 F Témoin 5
Ces résultats montrent que la composition 1 (formule A) qui contient 4 et 6 fois moins d'antigène que les témoins 1 à 4, induit une réponse immunologique entre 2 et 80 fois plus élevée que celle induite par ces mêmes témoins.
• tolérance chez l' animal
++ : Excellent (aucun signe)
+ : bonne (pas de tuméfaction, pas de résidus, éventuellement le poil ébouriffé)
+/-: mauvaise (tuméfaction, présence de résidus de produits, poil ébouriffé)
Ces résultats montrent que la formule A (composition
1), tout comme la formule F de référence (composition 5), est parfaitement tolérée tant au niveau local que systëmique, et beaucoup mieux tolérée que les 4 formules témoins.