Procédé pour modifier l'aspect d'une structure à effet interférentiel coloré
La présente invention concerne le domaine des documents sécurisés. Par document sécurisé, on désigne un moyen de paiement, tel qu'un billet de banque, un chèque ou un ticket restaurant, un document d'identité, tel qu'une carte d'identité, un visa, un passeport ou un permis de conduire, un ticket de loterie, un titre de transport, une vignette ou un timbre fiscal, une étiquette de sécurité, un patch, un opercule de fermeture, un manchon sécurisé destiné à recouvrir l'ouverture d'un récipient ou encore un ticket d'entrée à des manifestations culturelles ou sportives.
Il est connu de sécuriser les substrats utilisés pour la fabrication de documents sécurisés avec des éléments de sécurité diffractifs, et notamment holographiques.
Ces éléments de sécurité comportent classiquement une couche réfléchissante et un microrelief qui produit des effets interférentiels colorés.
La demande de brevet EP2660067 divulgue l'application sur le substrat d'un document d'une couche de protection comprenant un gel de silice. Il est indiqué que l'effet matifiant apporté par cette couche de protection pose problème au niveau des éléments de sécurité tels que les hologrammes, dont il modifie l'effet optique, et dissuade ainsi d'y apposer celle-ci. La solution préconisée dans cette demande consiste alors à utiliser une couche de masquage protégeant les éléments de sécurité optiquement variables lors de l'application de la couche de protection.
II existe un besoin pour perfectionner encore la fabrication des éléments de sécurité et des documents sécurisés et pour développer les procédés de personnalisation et d'authentification de ces documents.
L'invention vise à répondre à ce besoin et a ainsi pour objet, selon un premier de ses aspects, un procédé pour modifier l'aspect d'une structure à effet interférentiel coloré, comportant l'application sur la structure à effet interférentiel coloré d'une couche mate diffusante comportant des particules diffusantes.
La structure à effet interférentiel coloré peut être une structure diffractive. Lorsque la structure à effet interférentiel coloré est une structure diffractive, l'application sur ladite structure de la couche mate diffusante, rend localement, là où la couche diffusante recouvre la structure diffractive, celle-ci sensiblement achromatique.
Par "rendre sensiblement achromatique", ou "achromatiser", il faut comprendre que l'observateur ne perçoit pas, ou très difficilement, l'effet mterférentiel coloré de la structure diffractive, qui serait sinon facilement perceptible en l'absence de couche diffusante.
Les particules diffusantes peuvent être des particules micro métriques.
Les particules diffusantes peuvent faire saillie à la surface de la couche diffusante, de sorte que la couche diffusante apporte une diffusion de surface.
Pour une diffusion de surface, les particules diffusantes peuvent avoir sensiblement le même indice de réfraction qu'un liant de la couche diffusante au sein duquel elles sont dispersées.
La couche diffusante peut apporter une diffusion de volume. L'indice de réfraction des particules diffusantes est alors, de préférence, différent de celui d'un liant dans lequel elles sont dispersées.
Dans le cas d'une diffusion de volume, les particules diffusantes peuvent ne pas faire saillie à la surface de la couche diffusante.
Les particules diffusantes peuvent, en particulier et très avantageusement, être des particules de silice. De préférence, les particules de silice sont alors des particules de silice amorphe.
L'invention rend possible de modifier de manière simple l'esthétique de structures diverses à effet mterférentiel coloré, notamment celles pour lesquelles l'effet mterférentiel coloré est dû à un microrelief, telles que par exemple les structures holographiques micro- embossées.
Par exemple, un foil holographique ayant un motif optiquement variable ainsi traité devient mat et achromatique, tout en conservant un effet optiquement variable avec l'angle d'observation, avec par exemple le motif passant de gris clair à gris foncé quand la direction d'observation varie. L'effet peut être obtenu par exemple par rotation du document de sécurité autour d'un axe vertical perpendiculaire à la surface du document.
L'invention permet de modifier les effets optiques de structures diffractive s existantes, que ces structures soient déjà intégrées à un substrat du document ou que ces structures appartiennent à des éléments de sécurité à intégrer à un substrat.
Par "élément de sécurité", on désigne notamment un fil de sécurité, un foil ou un patch, un film de protection de données ou tout autre élément introduit dans ou sur un substrat du document.
Parmi les nombreux avantages de l'invention, on retiendra la possibilité de ne pas avoir à créer de structure optique spécifique pour obtenir l'effet achromatique précité.
L'application de la couche diffusante peut s'effectuer de façon à ne recouvrir que partiellement la structure à effet interférentiel coloré, notamment diffractive. Cela peut permettre de définir, par contraste entre la zone recouverte et la zone non recouverte, au moins un motif en positif ou en négatif, notamment visible à l'œil nu en lumière réfléchie. On renforce la sécurité apportée en permettant à l'observateur de visualiser pour authentifier le document un contraste entre une zone où la structure produit l'effet interférentiel coloré, et une autre zone, de préférence adjacente, où la structure a été rendue sensiblement achromatique.
Les effets interférentiels colorés et achromatiques peuvent par exemple apparaître/disparaître alternativement par rotation de la direction d'observation autour d'un axe perpendiculaire à la structure à effet interférentiel coloré.
La couche diffusante peut être appliquée de façon à faire apparaître un motif de manière repérée par rapport à un motif de la structure à effet interférentiel coloré. En variante, l'application s'effectue sans repérage.
Lorsque l'application s'effectue de façon repérée, on peut créer par exemple, avec au moins un motif de la couche diffusante et au moins un motif de la structure à effet interférentiel coloré, un motif global dans lequel le motif de la couche diffusante et celui de la structure à effet interférentiel coloré se complètent. Le motif de la couche diffusante peut encore se superposer exactement à celui de la structure à effet interférentiel coloré.
La couche diffusante peut être facilement appliquée par impression, notamment par des procédés d'impression conventionnels tels que l'offset, la taille douce, la sérigraphie, l'héliogravure, la flexographie ou l'impression jet d'encre.
La couche diffusante peut être imprimée de manière à personnaliser un document comportant la structure à effet interférentiel coloré, notamment par impression d'une mention variable, d'un portait d'un porteur du document, ou de la valeur de la coupure dans le cas d'un billet de banque. Le motif imprimé peut figurer par ailleurs sur le document, à l'identique ou à une échelle différente, voire avec une transformation d'aspect conservant au motif sa signification pour l'observateur.
La couche diffusante peut encore être appliquée de manière uniforme, de façon à recouvrir totalement la structure à effet interférentiel coloré, voire toute une face du document intégrant la structure diffractive.
La couche diffusante peut être appliquée à l'état liquide sur la structure à effet interférentiel coloré, et lorsque celle-ci est une structure diffractive à microreliefs, venir au
contact des microreliefs de celle-ci, par exemple. La couche diffusante peut alors épouser la forme des microreliefs.
Les particules diffusantes et notamment de silice peuvent être mélangées à un liant qui peut réticuler au séchage ou sous l'action d'une énergie apportée par un rayonnement UV ou thermique ou EB (« Electron Beam » dit « faisceau d'électrons).
En variante, la couche diffusante est appliquée à l'état liquide sur une couche transparente recouvrant la structure à effet interférentiel coloré, telle qu'un vernis de protection par exemple.
En variante encore, la couche diffusante est portée par un film qui vient recouvrir au moins partiellement la structure à effet interférentiel coloré, ce film étant par exemple collé ou laminé à chaud sur celle-ci, ou appliqué sur une couche transparente recouvrant celle-ci.
Par "recouvrement" de la couche diffusante et de la structure à effet interférentiel coloré, on comprend une superposition lors d'une observation de face du document de la structure à effet interférentiel coloré et de la couche diffusante.
La couche diffusante peut être appliquée sur la structure à effet interférentiel coloré et au-delà, sur un substrat du document par exemple. Cela permet de renforcer encore la sécurité, et de créer des motifs plus complexes sur le document sécurisé.
La couche diffusante peut ne recouvrir au moins partiellement qu'une seule structure optiquement variable, constituée par la structure à effet interférentiel coloré.
En variante, la couche diffusante recouvre au moins partiellement non seulement la structure à effet interférentiel coloré, notamment diffractive, mais également une autre structure optiquement variable, notamment interférentielle multicouche. Cela peut permettre de mettre en évidence le comportement spécifique de la couche diffusante vis-à-vis de certaines structures produisant une couleur par un phénomène d'interférences optiques. L'autre structure est par exemple une couche de pigments interférentiels multicouches tels que des nacres, par exemple à substrat mica ou verre, revêtu d'au moins un oxyde métallique, ou une couche de cristaux liquides produisant une couleur par interférences.
La couche diffusante peut être appliquée avec une épaisseur sensiblement uniforme, ou en variante avec une épaisseur variable.
La présence d'une épaisseur variable peut permettre de modifier le comportement optique de la couche diffusante, par exemple en influençant le niveau d'achromatisation en fonction de l'épaisseur, voire en cas de transparentisation par une couche révélatrice appliquée dessus, comme décrit ci-après.
Le procédé selon l'invention peut comporter l'application sur la couche diffusante d'une couche révélatrice qui restitue au moins partiellement l'effet interférentiel coloré. Pour que la révélation (ou le retour à un effet interférentiel coloré) soit optimale, il est préférable que la couche révélatrice nivelle l'état de surface de la couche diffusante en estompant les micro protubérances formées par les particules diffusantes, notamment de silice, en relief, c'est-à-dire que l'on revienne à une surface sensiblement « plane » proche du niveau de brillance de la couche de révélation si celle-ci avait été déposée sur un support exempt de couche diffusante. Le niveau de brillance de la couche de révélation peut être du niveau de brillance du substrat portant la couche diffusante ou mieux sensiblement supérieur, créant ainsi un effet visuel global de brillance variable, c'est-à-dire avec zones juxtaposées sur le substrat dont les niveaux de brillance diffèrent créant ainsi un contraste de brillance perceptible à l'œil nu.
Selon un exemple particulier d'application de ce procédé, ladite couche diffusante est appliquée au moins sur une partie de la structure à effet interférentiel coloré de façon à créer, au niveau de ladite au moins une partie de la structure à effet interférentiel coloré, une zone achromatique, notamment d'aspect argenté uniforme. Ladite couche révélatrice est ensuite appliquée ou imprimée au-dessus de ladite couche diffusante, de préférence selon un motif. On obtient ainsi un motif à effet interférentiel coloré, notamment holographique de type « arc-en-ciel ».
Un tel procédé a l'avantage de permettre le cas échéant une sécurisation du document sécurisé comprenant la structure à effet interférentiel coloré, qui intervient à un stade avancé du processus de fabrication. Ainsi la structure à effet interférentiel coloré avant application ou impression de la couche révélatrice, de préférence du motif de couche révélatrice, ne peut être utilisée pour la réalisation de contrefaçons.
De plus, un tel procédé mettant en œuvre une structure holographique en tant que structure à effet interférentiel coloré, peut être considéré comme un procédé d'impression holographique puisque l'hologramme coloré n'est formé que lors que l'application ou l'impression de la couche révélatrice.
L'invention a encore pour objet un élément de sécurité obtenu par la mise en œuvre du procédé décrit ci-dessus. Cet élément de sécurité est par exemple un fil de sécurité, un patch, un foil ou un film de protection des données.
L'invention a également pour objet un document sécurisé, comportant un élément de sécurité selon l'invention.
La structure à effet interférentiel coloré, notamment diffractive, peut être apposée de manière superficielle sur le substrat du document à sécuriser, ou bien faire partie de la structure interne d'une structure multicouche à couches contrecollées ou laminées. Cette dernière configuration présente un gros avantage de protection de la structure diffractive, qui devient plus facilement résistante aux agressions mécaniques, notamment à l'abrasion et aux attaques chimiques, voire aux tentatives de contrefaçon par enlèvement.
La couche diffusante, outre ses propriétés de modification de brillance et d'achromatisation des structures à effet interférentiel coloré, notamment diffractives, présente en outre une transparence ou une translucidité moindre que celle qu'aurait cette même couche si elle était exempte de particules diffusantes.
Un autre aspect de l'invention exploite le fait de pouvoir annuler les effets combinés d'achromatisation et de matification et en outre de recouvrer le niveau de transparence ou de translucidité de la couche diffusante comme si elle était exempte de particules diffusantes, par l'application d'une couche révélatrice.
Selon cet aspect de l'invention, on applique sur un substrat non opaque, de préférence transparent, une couche mate diffusante selon l'invention, de préférence avec des particules diffusantes qui sont des particules de silice, dans une zone qui recouvre ou non une structure à effet interférentiel, notamment diffractive, par exemple sur l'ensemble du substrat. Puis, dans cette zone, on applique une couche révélatrice de façon à transparentiser la couche diffusante localement. Cela permet de créer par exemple, à l'aide de la couche diffusante, une surface de réception d'encre, grâce aux propriétés absorbantes des particules diffusantes, en particulier lorsque celles-ci sont des particules de silice.
La couche révélatrice permet de transparentiser localement la couche diffusante et de créer à travers celle-ci une fenêtre visuelle qui permet d'observer à travers le substrat, ou au sein ou à la surface de celui-ci, un élément de sécurité, caché ou éventuellement flouté par la couche diffusante.
Cet aspect de l'invention est plus particulièrement intéressant pour traiter un substrat comportant une structure multicouche, de préférence porteur d'une fenêtre transparente, avec une couche externe en matière thermoplastique transparente, portant la couche diffusante.
La structure à effet interférentiel coloré peut être une structure diffractive à effet interférentiel coloré, sous forme de trame ou de motif correspondant à une image codée résultant d'images combinées, le motif et la trame étant sur des zones pouvant se déplacer l'une relativement à l'autre ou des zones superposées, l'un du motif et de la trame étant formé
par la structure diffractive et l'autre par une couche diffusante, le motif pouvant interagir visuellement avec la trame lorsque superposé à celle-ci pour révéler une image parmi les images combinées, le déplacement ou le changement de l'angle d'observation permettant de révéler successivement plusieurs images, avec une alternance d'effets visuels colorés et achromatiques.
L'invention porte également sur un procédé dans lequel on observe la structure diffractive à effet interférentiel coloré durant le déplacement relatif de la trame et de l'image codée ou durant le changement de l'angle d'observation, et l'on détermine si ce déplacement relatif ou ce changement produit une alternance d'effets visuels colorés et achromatiques.
L'invention porte également sur un élément de sécurité obtenu par la mise en œuvre du procédé décrit ci-dessus.
L'invention porte également sur un document sécurisé comportant un élément de sécurité tel que défini ci-dessus.
L'invention porte également sur un procédé de vérification d'un document sécurisé tel que défini ci-dessus, dans lequel on applique sur la couche diffusante une couche révélatrice et l'on détermine si l'application de cette couche révélatrice rétablit l'effet interférentiel de la structure à effet interférentiel coloré.
Dans le procédé selon l'invention, l'achromatisation apportée par la couche diffusante peut être réversible et annulée par la couche révélatrice ; l'achromatisation peut aussi être permanente.
Structure à effet interférentiel coloré
La structure à effet interférentiel coloré selon l'invention est de préférence une structure diffractive.
La structure diffractive génère par un phénomène d'interférences lumineuses des effets colorés, par décomposition de la lumière blanche qui l'éclairé.
La structure diffractive peut être opaque ou non.
La structure diffractive est de préférence réfléchissante, et les interférences sont produites par la réflexion de la lumière sur des microreliefs de la structure.
La structure diffractive peut ainsi comporter une couche métallique réfléchissante, notamment formée d'un métal choisi parmi Al, Ag, Cu, Au, Ti, Sn, Pt, Cr, Ni, Fe et leurs alliages.
L'épaisseur de métal peut être telle que la couche réfléchissante soit opaque ; en variante, l'épaisseur de métal est suffisamment faible pour que la couche réfléchissante soit semi-réfléchissante.
La couche réfléchissante peut être ajourée ou non ajourée. Lorsqu'elle est ajourée, elle définit de préférence au moins un motif à l'aide d'au moins un ajour. Il s'agit par exemple d'un motif alphanumérique ou d'une image en demi-ton, produisant une impression de relief grâce à un effet d'ombrage. La présence d'un ajour peut être mise à profit pour observer la structure diffractive en transmission, et vérifier alors par exemple la présence d'un motif apparaissant en lumière transmise.
Pour fabriquer la structure diffractive, on réalise par exemple une surface avec un microrelief, que l'on vient métalliser, par exemple sous vide ou par voie électrochimique. On peut encore réaliser un microrelief sur une couche de métal déjà formée.
Le microrelief peut former un réseau de diffraction qui sépare les composantes chromatiques de la lumière, produisant un effet coloré lorsque la structure diffractive est éclairée en lumière blanche, avec de préférence une variation de la couleur observée lorsque l'angle d'observation change.
Parmi les structures diffractives produisant un effet interférentiel coloré, et convenant à l'invention, on peut distinguer celles pour lesquelles l'effet recherché est obtenu pour l'ordre de diffraction zéro ("Zero-Order Device" ou "ZOD") et celles pour lesquelles l'effet recherché est d'ordre un ("First-Order Structure").
Des exemples de "ZOD" sont les réseaux de diffraction en surface et les réseaux enterrés.
Des exemples de structures d'ordre un sont les hologrammes de transmission, notamment de type DOE, les hologrammes à transformation de Fourrier et les "Kinoforms", les hologrammes de type arc-en-ciel 3D, notamment les hologrammes multiplans 2D/3D, les hologrammes 3D arc-en-ciel statiques, les hologrammes à couleur réelle, et les hologrammes dits "Fiat artwork 2D".
On pourra se reporter à l'ouvrage "Optical Document Security" Third Edition
VAN RENESSE ISBNl-58053-258-6, p 171-221, pour la description détaillée d'exemples de telles structures.
La structure diffractive peut appartenir à un élément de sécurité qui s'étend d'un bord du document au bord opposé, tel qu'un fil de sécurité, un foil, ou un film de protection de données variables. La structure diffractive peut encore appartenir à un élément de sécurité tel qu'un patch, qui est apposé en surface du document ou qui s'étend dans une fenêtre.
La structure à effet interférentiel coloré peut être formée de pigments diffractifs dont les particules présentent un réseau de diffraction à leur surface.
La structure à effet interférentiel coloré peut encore être une structure à cristaux liquides ou une structure interférentielle iridescente multicouche, notamment à pigments iridescents, telle qu'une enduction de pigments iridescents. L'application de la couche diffusante selon l'invention sur des structures à effet coloré telles que des structures multicouches goniochromatiques ou telles que des structures porteuses de cristaux liquides, a tendance à altérer la visibilité du changement de couleur par altération du niveau de brillance. Toutefois, cette application n'entraine pas l'achromatisation dans le cas de telles structures. L'application de la couche révélatrice redonne un niveau de brillance permettant de recouvrer au moins une partie du changement de couleur initial.
Couche mate diffusante
La couche mate diffusante permet d'achromatiser au moins localement la structure à effet interférentiel coloré, lorsque celle-ci est diffractive.
La couche mate diffusante peut encore, ou en variante, servir à protéger des éléments de sécurité sous-jacents ou le substrat du document, et/ou servir de couche de réception d'une impression.
La couche mate diffusante comporte, de préférence, des particules de silice de taille micrométrique. Dans le cas d'une achromatisation réversible, les particules agissent notamment de par leur capacité à créer de la matité de surface et la diffusion de la lumière associée, en privilégiant un dépassement partiel du plan formé par la surface de la couche du liant porteur. La particule est de préférence non opaque.
Par "taille micro métrique", il faut comprendre dans le domaine de grandeur de l'épaisseur de la couche mate diffusante.
De préférence, l'épaisseur de la couche de liant de la couche mate diffusante est comprise entre 0,5 fois et 3 fois la taille des particules, de préférence entre 1 fois et 2 fois la taille des particules, de sorte à créer une diffusion de surface, des particules se retrouvant en surface.
Les particules de silice selon l'invention peuvent avoir une taille moyenne en nombre D50 comprise entre 0,5 et 15 μιη, mieux entre 1 et 12 μιη, encore mieux entre 3 et 7 μιη.
Les silices peuvent être choisies notamment parmi celles proposées par les sociétés GRACE DAVISON et EVONIK.
La couche diffusante peut présenter après séchage une épaisseur allant de 0,5 à
15μιη.
La quantité de particules de silice dans la couche diffusante est de préférence comprise entre 2 et 10 % en poids sec.
La silice amorphe peut être une silice précipitée, pyrogénée, un gel de silice, une silice colloïdale ou une silice obtenue à l'arc et broyée. De préférence, il s'agit de silice précipitée ou pyrogénée. Du fait des tailles de particules, les silices colloïdales sont nanométriques et ne conviennent pas pour une achromatisation réversible liée à une diffusion de surface, mais conviennent pour le cas d'une achromatisation permanente liée à une diffusion de volume.
Les particules de silice peuvent être appliquées sous forme de composition fluide matifïante, en étant mélangées à un liant et/ou dispersées dans un solvant, pour former par exemple une encre ou un vernis. Cette composition matifïante fluide peut être appliquée par enduction ou impression.
Cette composition peut comporter au moins un agent luminescent, par exemple un composé phosphorescent ou fluorescent et/ou d'autres marqueurs, par exemple chimiques ou biochimiques. La fluorescence peut notamment être à émission dans le visible lors d'une excitation UV, à émission dans le visible lors d'une excitation IR, ou à émission dans l'IR lors d'une excitation dans l'IR.
Plus généralement, l'homme du métier choisira de préférence des agents luminescents ou des marqueurs ne gênant pas l'observation de la structure à effet interférentiel coloré, en particulier des agents luminescents ou des marqueurs transparents.
L'utilisation d'agents luminescents organiques, notamment sous forme solubilisée, est ainsi préférable pour ne pas affecter outre mesure la transparence de la composition matifïante. En variante, l'homme du métier adaptera la concentration en agents luminescents ou en marqueurs de la couche mate diffusante de façon à ne pas gêner l'observation de la structure à effet interférentiel coloré.
Le cas échéant, la couche diffusante est appliquée sous la forme d'une trame combinable avec une image codée formée de plusieurs images élémentaires imbriquées, chaque image élémentaire présentant des effets interférentiels colorés grâce à l'utilisation d'une structure diffractive.
On applique par exemple sur un foil holographique porté par un document, par surimpression avec une encre mate diffusante telle que décrite précédemment une trame constituée de lignes parallèles d'épaisseur et espacement définis.
En variante, le document porte une fenêtre transparente sur laquelle on imprime à l'aide d'une impression à base d'encre mate diffusante telle que décrite ci-avant, un motif
correspondant à une image codée résultant d'images combinées, cette image codée interagissant avec une trame portée par ailleurs par le document et superposable avec l'image codée. Par recouvrement et translation de la fenêtre sur la trame imprimée, on révèle une animation alternant effets visuels diffractifs colorés et achromatiques. En variante, la trame peut être sur la fenêtre et l'image codée sur le document.
L'image codée et la trame peuvent être réalisées selon l'enseignement des publications WO2011/007344 Al, WO2011/007343 Al ou WO2011/007342 Al .
Pour obtenir la réversibilité de l'effet d'achromatisation, l'épaisseur du dépôt de la couche de révélation doit annuler les effets de relief des particules diffusantes et l'indice de réfraction ne doit pas être trop éloigné de celui d'une résine de protection de l'élément diffractif pour limiter une diffusion de volume due à la différence d'indice de réfraction entre le liant de la couche, les particules en surface et la couche révélatrice. Cette condition sur l'indice de réfraction est vraie pour toutes les couches susceptibles de recouvrir l'élément diffractif afin de maintenir, autant que faire se peut, son effet initial après révélation.
Le cas échéant, on peut faire une impression de la couche diffusante pour avoir à la fois des zones où l'effet est réversible et d'autres où il ne l'est pas, en raison de l'épaisseur appliquée.
La couche diffusante peut faire partie intégrante de l'élément de sécurité en tant que couche appliquée par exemple au-dessus d'une couche de vernis de protection de la structure diffractive.
La couche diffusante peut être au contact d'un film support utilisé pour le transfert de l'élément de sécurité, notamment dans le cas d'un foil.
La couche mate diffusante peut être appliquée de manière uniforme, et dans ce cas la totalité de la structure diffractive est mate et achromatique une fois la couche diffusante transférée.
En variante, la couche mate diffusante est appliquée de manière localisée, sous forme de motifs, et dans ce cas on crée à partir de la structure diffractive de départ à effet interférentiel coloré, une structure à double effet coloré et achromatique, et ceci sans qu'il soit nécessaire de créer un micro-embossage spécifique.
Comme mentionné plus haut, la structure diffractive revêtue de couche mate diffusante peut être révélée par un traitement postérieur à l'application de l'élément de sécurité sur le substrat du document, à savoir par application d'une couche révélatrice.
Couche révélatrice
Avantageusement, comme mentionné plus haut, l'effet d'achromatisation induit par la couche mate diffusante peut être atténué, voire supprimé, par application sur la couche diffusante d'une couche révélatrice.
On peut distinguer deux cas :
1/ Achromatisation réversible : les particules diffusantes, notamment de silice, sont en surface de la couche mate diffusante : Dans ce cas, on diffuse et on matifie avec la couche diffusante, et la couche de révélation permet de retrouver un aspect coloré et brillant. Les particules diffusantes et le liant peuvent avoir des indices de réfraction proches.
21 Achromatisation permanente : les particules diffusantes, notamment de silice, sont en masse dans la couche diffusante : Dans ce cas, la couche diffusante permet de diffuser mais ne matifie pas, et la couche de révélation ne permet pas de retrouver l'aspect coloré. Les particules diffusantes et le liant doivent avoir des indices de réfraction différents. En effet, le pouvoir de diffusion de la couche est fonction de la différence d'indice de réfraction entre les particules diffusantes et le milieu dans lequel elles se trouvent et de la dimension des particules. Plus la différence d'indice de réfraction est élevée, plus le pouvoir de diffusion est élevé. La dimension des particules impacte ce pouvoir de diffusion vis-à-vis de la longueur d'onde. Des particules de dimension très petite devant la longueur d'onde (en l'occurrence celles de la lumière visible) diffuseront la lumière avec une dépendance à la longueur d'onde (diffusion de Rayleigh) ; la couche présente alors un aspect coloré. Pour des particules de dimension proche de la longueur d'onde ou très supérieure, on a une diffusion identique pour toutes les longueurs d'onde (diffusion de Mie), et la couche présente un aspect blanc.
Lorsque la couche diffusante est dans le premier cas, la couche révélatrice permet de "re-chromatiser" la structure diffractive.
Par "re-chromatiser", il faut comprendre que l'effet interférentiel de la structure diffractive devient davantage perceptible du fait de la présence de la couche révélatrice.
La couche révélatrice peut éventuellement avoir au moins une fonction en plus de l'effet optique qu'elle apporte, notamment servir à protéger un ou plusieurs éléments de sécurité du document et/ou à protéger le substrat du document.
La couche révélatrice peut permettre de transparentiser localement le document ou l'élément de sécurité, lorsque la couche mate diffusante selon l'invention est rendue transparente par l'application de la couche révélatrice. On transparentise la couche mate diffusante en appliquant dessus la couche révélatrice, c'est-à-dire qu'on annule l'effet mat diffusant. Toutefois, pour que l'annulation de l'effet soit bien visible, il est préférable d'avoir
une structure diffractive sous la couche mate diffusante. La couche révélatrice vient de préférence au contact de la couche diffusante.
De préférence, la couche révélatrice présente un indice de réfraction proche de celui du « liant » de la couche diffusante, de préférence avec une différence d'indice de réfraction inférieur à 0,5.
De préférence également, la couche révélatrice est brillante, c'est à dire qu'elle génère elle-même une diffusion négligeable de la lumière. Sa brillance, lorsque mesurée avec l'appareil MICRO GLOSS 75° de la société BYK GARDNER et selon la norme ISO 8254-1 est de préférence supérieure ou égale à 20, encore de préférence supérieure ou égale à 30.
Avantageusement la brillance est à minima telle que le contraste entre brillance de la couche mate diffusante et la couche de révélation soit suffisamment élevé pour être perceptible à l'œil. En outre, il est préférable que le niveau de brillance de la couche de révélation soit proche de celui de la structure diffractive. Avantageusement le contraste de brillance entre les deux couches est fort, ce qui permet en plus des effets d'achromatisation décrits, de créer un effet optique supplémentaire. La couche révélatrice est de préférence exempte de charges particulaires, notamment minérales.
La couche révélatrice est de préférence fïlmogène lorsque l'effet doit être durable, ce qui est le cas notamment lorsqu'elle est appliquée par impression ou enduction.
En variante, lorsque la composition révélatrice est utilisée temporairement pour authentifier un document sécurisé ; la composition révélatrice est dans ce cas de préférence non fïlmogène, étant par exemple un liquide comme de l'eau appliqué pour l'authentification.
La composition révélatrice peut être à base de polyuréthane ou comporter un polymère réticulable sous rayonnement UV, et plus généralement être tout liant ou liquide transparent.
La couche révélatrice est de préférence transparente. Elle peut être incolore ou colorée. De préférence, la couche révélatrice est incolore. La couche révélatrice peut comporter un agent luminescent et/ou un colorant.
Cette composition peut comporter au moins un agent luminescent, par exemple un composé phosphorescent ou fluorescent et/ou d'autres marqueurs, par exemple chimiques ou biochimiques. La fluorescence peut notamment être à émission dans le visible lors d'une excitation UV, à émission dans le visible lors d'une excitation IR, ou à émission dans l'IR lors d'une excitation dans l'IR.
Plus généralement, l'homme du métier choisira de préférence des agents luminescents ou des marqueurs ne gênant pas l'observation de la structure à effet
interférentiel coloré, en particulier des agents luminescents ou des marqueurs transparents. L'utilisation d'agents luminescents organiques, notamment sous forme solubilisée, est ainsi préférable pour ne pas affecter outre mesure la transparence de la composition matifiante.
En variante, l'homme du métier adaptera la concentration en agents luminescents ou en marqueurs de la couche révélatrice de façon à ne pas gêner l'observation de l'effet recherché.
La couche révélatrice peut être appliquée sur la structure diffractive et au-delà de celle-ci sur un substrat du document, par exemple. Cela permet d'ajouter des effets optiques et d'accroître la sécurité.
La couche révélatrice peut former un motif qui englobe la structure diffractive, ou qui complète un motif de celle-ci.
La couche révélatrice peut être appliquée par impression, de préférence par impression jet d'encre pour les mentions variables. En variante, la couche révélatrice est appliquée par couchage, par exemple à la size-press.
La couche révélatrice peut être appliquée de façon uniforme. Toutefois, il est préférable que la couche révélatrice soit appliquée, notamment par impression, de manière à personnaliser l'élément de sécurité et/ou le document comportant la structure diffractive, notamment par impression d'une mention variable, d'un portrait d'un porteur du document, ou de la valeur d'une coupure (dans ce cas, de préférence par impression jet d'encre). Le motif imprimé peut se retrouver ailleurs sur le document ou l'élément de sécurité.
La couche révélatrice peut encore être appliquée à l'aide d'un stylo, notamment lorsqu'il s'agit de vérifier le caractère réversible de l'achromatisation. Dans ce cas, l'application d'un liquide, par exemple de l'eau ou d'une goutte d'eau, peut permettre de re- chromatiser temporairement, jusqu'à évaporation ou essuyage de l'eau déposée, la structure diffractive.
La couche révélatrice peut être aqueuse, et/ou comporter un solvant organique volatil.
La couche révélatrice peut être constituée par une encre de révélation, transparente et brillante. Cette encre peut être en phase aqueuse, en milieu solvant ou être une encre à réticulation UV. En variante, elle peut être transparente mais légèrement colorée, et peut contenir des agents de sécurisation complémentaires invisibles ou partiellement visibles à l'œil nu, par exemple luminescents, notamment fluorescents.
Ce peut être une encre grasse à séchage oxydatif, par exemple une encre taille douce, ou bien une encre appliquée en sérigraphie ou flexographie ou par tout autre procédé
d'impression. La quantité d'encre de révélation déposée peut être suffisamment importante pour créer des effets de relief tactile, le cas échéant.
La couche révélatrice peut être appliquée à l'intérieur d'une zone de l'élément de sécurité comportant la structure diffractive ou bien dépasser de l'élément et faire partie intégrante d'un motif d'impression du substrat du document sécurisé imprimé.
En particulier, on obtient un effet intéressant en réalisant l'impression d'un motif continu avec une encre de révélation transparente et brillante traversant l'élément de sécurité et recouvrant partiellement celui-ci et le substrat du document. L'impression de la couche révélatrice est brillante, et contraste à la fois avec la matité du substrat du document imprimé et avec celle de la structure diffractive revêtue de couche mate diffusante. Par ailleurs, la partie sur-imprimée de l'élément de sécurité apporte un contraste supplémentaire par la révélation localisée de l'effet interférentiel coloré.
Dans le cadre d'une application pour billet de banque, on peut tirer avantage notamment d'utiliser un même élément de sécurité du type patch ou foil holographique, revêtu de couche mate diffusante, et de différentier les coupures par la surimpression d'une couche révélatrice sous forme d'encre de révélation selon un motif spécifique pour chaque coupure, soit une sorte de personnalisation ramenée à la différentiation des coupures par un procédé d'impression.
L'invention a encore pour objet, selon un autre de ses aspects, un procédé de personnalisation d'un élément de sécurité ou d'un document sécurisé.
Ce procédé comporte l'étape consistant à appliquer sur une structure diffractive de l'élément de sécurité ou du document sécurisé une couche diffusante selon l'invention, selon au moins un motif prédéfini. Il s'agit par exemple de reproduire une mention variable liée à l'identité du porteur du document ou un motif spécifique au document, par exemple la valeur d'une coupure dans le cas d'un billet de banque.
Selon un autre de ses aspects, l'invention a encore pour objet un procédé de personnalisation d'un élément de sécurité ou d'un document sécurisé, comportant l'étape consistant à appliquer sur une couche mate diffusante recouvrant une structure diffractive de l'élément de sécurité ou du document, une couche révélatrice, cette dernière atténuant, voire supprimant, l'effet d'achromatisation apporté par la couche diffusante, la couche révélatrice étant appliquée selon au moins un motif prédéfini. Il s'agit par exemple, comme ci-dessus, de reproduire une mention variable ou de réaliser un motif spécifique au document.
Dans un exemple de mise en œuvre, un élément de sécurité, par exemple un foil holographique achromatisé par application de la couche mate diffusante, est présent sur le
document de sécurité et offre une sécurité achromatique, avec des motifs dont l'apparence varie en fonction de l'angle d'observation. On vient appliquer, notamment par impression jet d'encre, une couche révélatrice sous la forme d'une encre transparente à haut brillant, pour former une mention variable de personnalisation, par exemple un portrait. L'impression transparente brillante révèle localement l'effet holographique coloré. Ainsi, le portrait surimprimé apparaît comme le seul motif holographique à effet coloré sur un fond holographique achromatique. L'effet visuel observé est renforcé par le double contraste coloré/achromatique et mat/brillant. La personnalisation est mise en valeur. La contrefaçon est rendue extrêmement difficile.
L'invention a encore pour objet un procédé de vérification d'un document sécurisé selon l'invention.
Il s'agit de révéler une structure diffractive, notamment holographique, à effet interférentiel coloré, qui est masquée par une couche diffusante selon l'invention.
Selon ce procédé, on applique sur la couche diffusante selon l'invention recouvrant la structure diffractive une couche révélatrice et l'on détermine si l'application de cette couche révélatrice rétablit l'effet interférentiel coloré de la structure diffractive.
L'application peut s'effectuer à l'aide d'un stylo par exemple.
De préférence, la couche révélatrice est dans ce cas à base aqueuse, et de préférence elle est non fïlmogène.
Elle peut être constituée d'eau avec éventuellement un conservateur et/ou au moins un autre réactif destiné à mettre en évidence la présence d'un composé chimique particulier sur le document, par exemple en combinaison avec une authentifïcation chimique. Dans un exemple de mise en œuvre, la structure diffractive avec couche diffusante est présente sur le document sécurisé sous forme d'un foil, d'un patch, ou d'une étiquette, ou d'un opercule / manchon de bouteille ou flacon contenant un produit de luxe, parfum ou spiritueux et offre par exemple l'aspect d'un hologramme achromatique. En appliquant d'un trait à l'aide d'un stylo un film d'encre transparente, voire une goutte d'eau, on révèle localement l'effet coloré holographique.
L'invention pourra être mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre, d'exemples de mise en œuvre non limitatifs de celle-ci, et à l'examen du dessin annexé, sur lequel :
- la figure 1 représente de façon schématique, en vue de face, un exemple de document sécurisé selon l'invention,
- la figure 2 est une coupe selon II-II de la figure 1 ,
- la figure 3 est une coupe selon III-III de la figure 1 ,
- la figure 4 est une coupe selon IV-IV,
- la figure 5 illustre en vue de face une variante de réalisation, et
- la figure 6 est une vue analogue à la figure 2, d'une variante de réalisation.
Sur le dessin, les proportions relatives réelles n'ont pas toujours été respectées, dans un souci de clarté. De même, certains éléments ont été représentés en contact alors que dans la réalité, ils peuvent être séparés par une couche d'adhésif par exemple.
On a représenté à la figure 1 un document sécurisé 10 selon l'invention, par exemple un billet de banque.
Ce document 10 comporte un substrat 11 et un ou plusieurs éléments de sécurité, dont au moins un élément de sécurité comportant une structure diffractive.
Le substrat 11 est par exemple en papier ; le substrat 11 peut encore être en matière plastique ou être hybride papier et matière plastique.
Dans l'exemple considéré, le document 10 présente un élément de sécurité 20 sous forme de foil, c'est-à-dire de bande appliquée par transfert à la surface du substrat 11.
L'élément de sécurité 20 comporte une structure diffractive 21 à effet interférentiel coloré, telle qu'un hologramme formé par des microreliefs sur une surface réfléchissante.
Conformément à l'invention, la structure diffractive 21 est recouverte au moins partiellement par une couche mate diffusante 30.
Dans l'exemple de la figure 2, la couche diffusante 30 n'est appliquée que sur une fraction de la largeur de la structure diffractive 21.
Ainsi, l'observateur peut percevoir un contraste entre l'effet interférentiel coloré dû à la structure diffractive 21 et l'effet achromatique lié à la présence de la couche diffusante 30.
La structure diffractive 21 peut être recouverte, par tronçons, sur toute sa largeur par la couche diffusante 30, comme illustré à la figure 3.
Dans les exemples des figures 2 et 3, la couche diffusante 30 ne s'étend pas sur le substrat 11, étant confinée à l'élément de sécurité 20.
On a illustré à la figure 5 une variante de réalisation dans laquelle la couche diffusante 30 présente une portion 30a qui recouvre la structure diffractive 21 et au moins une autre portion 30b qui déborde sur le substrat 11 du document. Les portions 30a et 30b sont par exemple appliquées simultanément par impression.
La couche diffusante 30 rend localement la structure diffractive 21 sensiblement achromatique, et peut modifier également l'aspect du substrat 11 du document recouvert avec la portion 30b.
Une couche révélatrice 40 peut recouvrir la couche diffusante 30, pour re- chromatiser la structure diffractive sous-jacente 21, comme illustré à la figure 4.
L'effet d'achromatisation et de re-chromatisation de la structure diffractive peut être obtenu même si la structure diffractive 21 est recouverte d'une ou plusieurs couches polymères, voire même prise en sandwich entre des films plastiques, et que la couche mate diffusante 30 n'est pas appliquée directement sur la structure diffractive 21.
On a illustré à la figure 6 une telle variante de réalisation. On voit sur cette figure que la structure diffractive 21 est séparée de la couche diffusante 30 par au moins une couche intermédiaire transparente 23, par exemple constituée par un film plastique.
L'intervalle e qui sépare la structure diffractive 21 de la couche diffusante 30 est par exemple compris entre 5 et l'épaisseur d'une carte d'environ 800 μιη.
Cas particulier du fil de sécurité
Selon un cas particulier de mise en œuvre de l'invention, la structure diffractive est portée par un fil de sécurité, de préférence large. La structure diffractive à effet interférentiel coloré est alors de préférence une structure holographique.
Une couche mate diffusante peut être appliquée en incorporant des particules de silice à un vernis présent sur l'une des couches au-dessus de la structure holographique, par exemple thermoscellant qui sert à renforcer l'adhésion du fil au substrat du document. En variante, la structure diffractive est déjà recouverte d'un vernis thermoscellant et l'on surimprime, localement ou totalement, un vernis comportant des particules de silice pour former une couche mate diffusante selon l'invention, créant ainsi un fil totalement mat achromatique. En variante, on sur-imprime des motifs discontinus avec le vernis, et l'on obtient un fil de sécurité aux deux effets, brillant et mat, achromatique et à effet interférentiel coloré.
Le fil de sécurité peut encore présenter une structure biplexe, avec un film de base qui porte la structure holographique à effet interférentiel coloré, et un second film, qui apporte l'achromatisation, par exemple un film mince de polyester enduit en surface d'une couche à effet mat et diffusant.
Dans le domaine du billet de banque, la tendance est aux fils de sécurité larges et aux grandes fenêtres, avec par exemple des billets porteurs d'au moins une fenêtre voire de seulement deux grandes fenêtres sur la largeur du billet. La couche mate diffusante, et éventuellement en plus la couche révélatrice, peut être disposée dans l'une des fenêtres d'un
document sécurisé, l'autre fenêtre comportant une structure diffractive. Dans le cas où le billet dispose d'une fenêtre transparente, qu'elle soit obtenue par voie papetière ou par formation d'un trou à Γ emporte-pièce et recouvrement par un film polymère, les effets achromatiques peuvent dans un cas préféré de l'invention apparaître par superposition de deux fenêtres différentes de deux documents sécurisés, ou par pliage d'un même document sécurisé sur lui- même pour superposer la structure diffractive et la couche diffusante, et éventuellement la couche révélatrice.
Il est possible d'appliquer une couche mate diffusante sur toute la surface du substrat et celle des éléments de sécurité optiquement variables, de sorte à protéger tout le document, y compris les éléments de sécurité. Ensuite, on peut appliquer la couche révélatrice, par exemple sous forme d'une couche d'un liant transparent et brillant, par impression, uniquement sur les éléments de sécurité pour lesquels on souhaite retrouver l'effet interférentiel coloré et la brillance.
Le document sécurisé peut avoir une structure multicouche, par exemple de type film externe plastique imprimable / cœur / film externe imprimable. Les films externes, par exemple en PET, peuvent être revêtus d'une couche mate diffusante selon l'invention, qui sert aussi de couche d'imprimabilité. Le cœur est par exemple un complexe multicouche, notamment à base de Polyart ® ou un papier de sécurité ou un papier « hybride » constitué d'au moins une couche de papier et d'au moins une couche de polymère(s). La structure diffractive est par exemple un foil holographique, interne au cœur ou présent entre le cœur et l'un des films externes. Chaque film externe rend l'effet interférentiel, notamment holographique, achromatique. Au niveau de la structure diffractive, un nouvel effet apparaît au niveau des motifs de celle-ci ; en fonction de l'inclinaison, le motif est par exemple soit gris foncé sur fond blanc, soit blanc sur fond gris foncé. Le document est ensuite couché, au niveau de la structure diffractive, pour récupérer l'effet holographique, par exemple avec une couche révélatrice constituée par une résine à base polyuréthane.
En variante, quelle que soit la configuration de l'élément diffractif coloré, fil, patch, film ou autre, on peut dans le cas de structures holographiques colorées présentant des zones judicieusement définies et contigues, mieux alternées, obtenir, après recouvrement total de la surface par la couche diffusante, par zones, des dégradés de gris plus ou moins foncé en fonction de l'angle d'observation, ou bien de la rotation du document autour d'un axe perpendiculaire au plan formé par le document, ou bien par fléchissement sud/nord ou nord/sud ou est/ouest ou ouest/est du document, créant l'illusion d'un effet d'un déplacement ou de mouvement en fonction de l'angle d'observation ou d'inclinaison du document. Les
dégradés de gris plus ou moins foncé en fonction de l'angle d'observation sont obtenus au moyen du réseau diffractif. Avantageusement on peut avoir deux zones holographiques rendues achromatiques, distinctes parallèles ou entrelacées, présentant une structure diffractive allant du gris clair ou gris foncé d'un côté et du gris foncé au gris clair de l'autre. Cela double l'illusion de vitesse de déplacement par variation de l'angle d'observation, du sens de rotation ou du fléchissement du document selon un mode de visualisation tel que décrit ci-avant. Le procédé d'achromatisation permet ainsi de transformer des structures holographiques plus ou moins standards en un élément de sécurité achromatique dynamique. En variante, l'application d'un filet de surimpression d'encre de révélation, par exemple en entrelacé, peut permettre d'améliorer encore l'esthétique et le niveau de sécurité en révélant de manière discrète une touche holographique colorée complémentaire. Cela donne des équivalents moins coûteux pour des effets de type "Motion Rapid".
Essais
a) Le complexage d'une structure diffractive avec un film de PET sans couche diffusante ne modifie pas les effets colorés de la structure diffractive. Ni la colle de contrecollage, ni le procédé de complexage n'altèrent ces effets.
b) Le complexage avec un film de PET rendu imprimable grâce à une couche diffusante selon l'invention élimine la brillance et les effets interférentiels colorés de la structure diffractive lorsque celle-ci est un hologramme, sans pour autant éliminer le caractère optiquement variable de certains motifs de l'hologramme qui passent du gris clair au gris foncé et vice-versa en fonction de l'angle d'observation. La couche diffusante transforme les effets holographiques colorés en effets holographique achromatiques.
L'application d'une couche révélatrice telle qu'un vernis ou un liant, notamment d'une enduction à base polyuréthane, permet de retrouver brillance et couleur de l'hologramme.
Par ailleurs, l'application de la couche révélatrice, de part et d'autre du complexe fini, sur une zone de fenêtre, permet de retrouver brillance et transparence au niveau de la fenêtre, indépendamment de la présence ou non de la structure diffractive.
On voit ainsi que la réversibilité apportée par la couche révélatrice permet d'éviter de faire des zones de réserves à Γ enduction des couches imprimables, comme cela est envisagé sur certaines solutions concernant des billets hybrides.
c) L'application d'une couche diffusante à base aqueuse selon l'invention sur un couchage iridescent matifïe et perturbe signifïcativement l'effet iridescent. Toutefois, la surimpression avec une couche révélatrice à base polyuréthane ne redonne que de la brillance.
d) Différentes charges ont été évaluées, pour mettre en évidence l'influence de la nature minérale et de la taille des particules.
Cette évaluation a été menée en appliquant les enductions directement sur une structure diffractive, constituée par foil holographique bimétal comportant deux métaux différents, par exemple conforme à la publication EP 1 809 486, et sur la face extérieure d'un film de PET d'un biplexe PET/Polyart intégrant une structure diffractive.
Résultats
Toutes les silices amorphes et précipitées évaluées permettent, à taux d'incorporation équivalent, d'apporter la matité, de faire disparaître l'effet holographique coloré, tout en assurant le maintien d'un effet optiquement variable achromatique, et ceci de manière réversible, avec retour à un effet holographique coloré et brillant après recouvrement par une couche révélatrice constituée par un vernis imprimable à base solvant, exempt d'agent matifïant.
Le phénomène observé est robuste puisqu'on peut aller jusqu'à une taille de particules de silice de plus de ΙΟμιη en conservant tous les effets. Au-delà, et en particulier à partir de 14 μιη, l'enduction devient granuleuse et l'achromatisation imparfaite.
e) L'application d'une couche révélatrice telle qu'un vernis ou un liant, comme une enduction polyuréthane, sur un papier hybride comprenant un fil à cristaux liquides recouvert par une couche diffusante selon l'invention, permet de retrouver la brillance d'origine du fil de sécurité avant son complexage.
Dans un autre exemple de réalisation, on dépose la couche mate sur une structure à effet interférentiel coloré monochrome, et l'on authentifie par l'application d'une couche de
révélation. Par exemple, une structure à effet mterférentiel coloré monochrome peut être une structure diffractive monochrome obtenue à partir d'une structure diffractive sur laquelle on applique un filtre mterférentiel qui ne filtre qu'une seule couleur mais conserve l'aspect diffractif. On peut avoir une couleur de structure à effet mterférentiel coloré spécifique pour un type de produit, par exemple un manchon sécurisé pour bouteille ou récipient. Ainsi pour un même rendu achromatique, une fois la couche mate diffusante appliquée, la révélation par l'application de la couche révélatrice peut générer des effets colorés monochromes spécifiques.
L'invention n'est pas limitée aux exemples décrits. L'expression "comportant un" doit se comprendre comme étant synonyme de "comprenant au moins un".