Dispositif d'éjection d'arme pour un tube lance-arme ; tube lance-arme et sous- marin associés L'invention a pour domaine celui des systèmes d'éjection d'armes et plus particulièrement, celui des systèmes d'éjection d'armes pour des tubes lance-arme, dont sont munis les sous-marins, tels que des tubes lance-torpille. Parmi les différents systèmes d'éjection d'armes connus, la demanderesse a développé un dispositif d'éjection à refouloir pneumatique. Ce dispositif d'éjection comporte un piston télescopique monté coaxialement à l'intérieur du tube lance-torpille.
Une extrémité du piston est solidaire du fond du tube, tandis que l'autre extrémité du piston est couplée à une interface mécanique adaptée prévue sur l'empennage de la torpille, placée dans le tube. Le déploiement du piston télescopique permet de pousser la torpille hors du tube. Un dispositif d'éjection et, en particulier, un dispositif d'éjection à refouloir pneumatique est destiné à l'éjection d'une arme fonctionnelle. Or, il peut s'avérer que l'arme à éjecter ne soit pas fonctionnelle. L'état d'une arme est souvent déterminé au moment où l'arme est armée en vue de sa mise en oeuvre. Des moyens de détection de panne équipant l'arme émettent alors une série de signaux qui permettent de définir l'état de l'arme.
En cas de détection d'un défaut de fonctionnement, l'arme est placée dans l'état non-fonctionnel et il n'est pas possible de la mettre en oeuvre. En effet, la mise en oeuvre d'une arme non-fonctionnelle présente un risque pour la sécurité du sous-marin. Cependant, maintenir une telle arme non-fonctionnelle dans le tube présente également un risque pour la sécurité du sous-marin.
En conséquence, il est nécessaire d'évacuer une arme non-fonctionnelle hors du tube. Pour ce faire, le dispositif d'éjection ne peut pas être utilisé. En effet, l'utilisation du dispositif d'éjection conduit à l'application de contraintes mécaniques importantes sur l'arme. Or, on ne connaît pas le défaut affectant l'arme. Celle-ci peut ne plus être capable de supporter de telles contraintes mécaniques et l'utilisation du système d'éjection présente donc un risque. A l'heure actuelle, les méthodes utilisées pour évacuer une arme non-fonctionnelle dépendent de la nature du tube lance-arme. Si le tube lance-arme est du type traversant, c'est-à-dire si le tube traverse la coque résistante du sous-marin, le tube est généralement équipé d'un moyen de manutention de l'arme par l'intérieur du sous-marin. Ce moyen de manutention est alors utilisé pour extraire une arme non-fonctionnelle du tube. Si le tube lance-arme est extérieur, c'est-à-dire s'il est logé entre la coque hydrodynamique du sous-marin et sa coque résistante, la méthode actuelle pour évacuer une arme non-fonctionnelle consiste à faire prendre au sous-marin une assiette négative, de manière à ce que, par simple gravité, l'arme non-fonctionnelle soit évacuée hors du tube. Par ailleurs, il est possible qu'une panne affecte le dispositif d'éjection lui-même. Si l'arme a été armée, il est alors nécessaire de l'évacuer hors du tube. En effet, dans l'état armé, irréversible, une arme présente un risque pour la sécurité du sous-marin. Les méthodes mentionnées ci-dessus sont alors mises en oeuvre pour évacuer l'arme hors du tube. Les méthodes connues pour évacuer une arme ne sont pas satisfaisantes : si l'arme est non fonctionnelle ou armée, le fait de la ramener à l'intérieur du sous-marin présente des risques importants ; faire prendre une assiette négative au sous-marin au moment où l'on détecte que l'arme est non-fonctionnelle ou que le système d'éjection n'est pas opérationnel n'est pas toujours possible, compte tenu des autres manoeuvres à réaliser ou des autres systèmes utilisés à cet instant. L'invention a donc pour objet de palier au problème précité.
Pour ce faire, l'invention porte sur un dispositif d'éjection d'arme, destiné à équiper un tube lance-arme, comportant un vérin et un moyen d'actionnement dudit vérin, le vérin comportant un cylindre solidaire d'une paroi du tube et une tige, une course d'une extrémité distale de la tige s'étendant parallèlement mais à l'écart de l'axe longitudinal du tube, la tige étant munie d'une tête propre à venir en appui d'une interface mécanique prévue sur une surface latérale de l'arme à éjecter hors du tube, et à appliquer une force de poussée sur l'interface mécanique de manière à déplacer l'arme selon l'axe longitudinal du tube. Suivant des modes particuliers de réalisation, le dispositif comporte une ou plusieurs des caractéristiques suivantes, prises isolément ou suivant toutes les combinaisons techniquement possibles : la tête est montée pivotante à une extrémité distale de la tige, l'axe de pivotement étant perpendiculaire à la direction de la course de la tige. la tête comporte une came, propre à coopérer avec une surface de came, définie sur un montant d'une glissière de guidage de l'interface mécanique de l'arme le long d'un chemin de guidage, tout pivotement de la tête par rapport à la tige étant interdit le long de la surface de came de manière à permettre la transmission de la force générée par le vérin à l'arme. la surface de came étant une surface de came intermédiaire, une surface de came arrière est prévue en continuité avec la surface de came intermédiaire, la tête pivotant par rapport à la tige lorsque l'on se déplace le long de la surface de came arrière, de manière à passer d'une positon relevée de la tête à l'écart du chemin de guidage, à une position descendue dans laquelle la tête peut prendre appui sur l'interface mécanique latérale. les surfaces de came arrière et intermédiaire sont définies par une rainure de réception de tourillons latéraux dont est munie la tête, la rainure étant ménagée dans un montant de la glissière, la rainure comportant en outre, à l'extrémité de la surface de came intermédiaire opposée à l'extrémité en continuité avec la surface de came arrière, une encoche de dégagement permettant à la tête de pivoter librement à l'écart du chemin de guidage de l'interface mécanique latérale de l'arme. la tête est conformée de manière à venir en contact avec une face complémentaire de l'interface mécanique latérale de l'arme. un cylindre du vérin présente extérieurement la forme d'un parallélépipède rectangle. le vérin constitue un moyen de support d'une portion arrière de la glissière de guidage de l'interface mécanique latérale de l'arme. le vérin est rapporté sur une surface intérieure d'une paroi latérale du tube. le vérin est un vérin pneumatique ou hydraulique et le dispositif comportant des moyens d'actionnement adaptés. le dispositif est dimensionné de manière à ce que l'arme sorte du tube avec une vitesse prédéterminée, supérieure à une vitesse seuil minimale. L'invention a également pour objet un tube lance-arme comportant un dispositif d'éjection d'arme conforme au dispositif précédent. De préférence, ce dispositif d'éjection d'arme est un dispositif secondaire, le tube comportant un dispositif d'éjection principal.
Avantageusement, le dispositif d'éjection principal est un dispositif pneumatique ou hydraulique, les dispositifs principal et secondaire partageant des moyens communs d'action ne ment. L'invention a également pour objet un sous-marin équipé d'un tube lance-arme conforme au tube lance-arme précédent.
L'invention et ses avantages seront mieux compris à la lecture de la description détaillée qui va suivre d'un mode de réalisation particulier, donné uniquement à titre d'exemple non limitatif, la description étant faite en se référant aux dessins annexés sur lesquels : - la figure 1 est une coupe, selon un plan médian, d'un tube lance-torpille équipé du dispositif d'éjection selon l'invention, la torpille étant dans sa position de transport ; - la figure 2 est une coupe, selon le plan médian, du tube de la figure 1, la torpille étant en train d'être évacuée hors du tube au moyen du dispositif d'éjection selon l'invention ; - la figure 3 est une représentation en perspective du vérin du dispositif d'éjection selon l'invention ; - la figure 4 est une coupe dans le plan médian, en perspective, et agrandie au voisinage de moyens de verrouillage en position de la torpille, d'une portion du dispositif d'éjection selon l'invention ; - la figure 5 est une coupe dans le plan médian, agrandie au voisinage des moyens de verrouillage, représentant la position initiale de la tête du dispositif d'éjection selon l'invention ; - la figure 6 est une coupe dans le plan médian, agrandie au voisinage des moyens de verrouillage, représentant la position de mise en contact de la tête du dispositif d'éjection avec une gondole supérieure avant de la torpille ; et, - la figure 7 est une coupe dans le plan médian, agrandie au voisinage de la tête du dispositif d'éjection selon l'invention, dans sa position finale, autorisant le passage d'une gondole supérieure arrière de la torpille. La figure 1 représente un tube lance-torpille 10, en coupe selon un plan médian. Un repère XYZ est associé au tube. L'axe Z correspond à l'axe longitudinal du tube 10. Lorsque le tube 10 est implanté dans un sous-marin, l'axe Z est destiné à être sensiblement parallèle à un axe de roulis du sous-marin, l'axe Z étant ainsi orienté de l'arrière, vers l'avant du sous-marin ; l'axe X est destiné à être sensiblement parallèle à un axe de tangage du sous-marin, l'axe X étant orienté de la droite, vers la gauche du sous-marin ; et l'axe Y est destiné à être sensiblement parallèle à un axe de lacet du sous- marin, l'axe Y étant ainsi orienté du bas, vers le haut du sous-marin. Avec ce repère, le plan médian correspond au plan YZ. Le tube 10 comporte un corps 12 constitué d'une paroi latérale, repérée de manière générale par le chiffre 14, et d'une paroi de fond, repérée de manière générale par le chiffre 13.
La paroi latérale 14 est de forme cylindrique autour de l'axe Z.
La paroi de fond 13 est disposée transversalement à l'axe Z et obture le tube du côté arrière. Du côté avant, le tube 10 est ouvert, ou tout au moins est muni d'une trappe qu'il est possible d'ouvrir, de manière à autoriser l'admission d'eau de mer à l'intérieur du tube et le passage de l'arme, lors de son éjection ou de son évacuation hors du tube. Le tube 10 est destiné recevoir une torpille 20. La torpille 20 est inscrite dans un gabarit prenant la forme d'un cylindre de révolution autour d'un axe longitudinale de la torpille, qui coïncide sensiblement avec l'axe Z du tube 10 lorsque la torpille 20 est dans le tube 10.
Le corps de la torpille 20 présente une portion avant 21 arrondie, une portion intermédiaire 22 cylindrique et une portion arrière 23 effilée. La portion arrière 23 comporte une pluralité d'ailettes 25, montées en étoile autour de l'axe longitudinal de la torpille 20, de manière à former un empennage 26. Comme visible sur la figure 7, une ailette 25 présente une arête axiale 27, parallèle à l'axe longitudinal de la torpille 20, et un bord de fuite 28, perpendiculaire à l'axe longitudinal de la torpille 20. Le diamètre de l'empennage 26 correspond précisément au diamètre de la portion intermédiaire 22 de la torpille 20, c'est-à-dire du gabarit cylindrique de la torpille 20. De manière universelle, une arme est équipée d'interfaces mécaniques. Chaque interface autorise l'application, sur l'arme, d'un effort dont l'intensité maximale est prédéterminée. Au cours de la manutention de l'arme, de sa mise en oeuvre, etc., seules ces interfaces mécaniques sont utilisables. Ainsi, la torpille 20 comporte plusieurs de ces interfaces mécaniques. Elle comporte en particulier, une interface principale 33, et des interfaces supérieures avant 34 et arrière 35. L'interface principale 33 est située à l'extrémité arrière du corps de la torpille 20, au niveau de la jonction des bords de fuite 28 des différentes ailettes 25 de l'empennage 26. L'interface principale 33 comporte un moyen de couplage avec un dispositif d'éjection principal 40.
Les interfaces supérieures avant 34 et arrière 35 sont dénommées gondoles avant et arrière dans ce qui suit. Une gondole est une clavette longitudinale, rapportées sur le corps de la torpille 20 de manière à faire légèrement saillie par rapport au gabarit cylindrique de la torpille 20. Les gondoles avant 34 et arrière 35 sont alignées le long d'une génératrice supérieure G du gabarit cylindrique de la torpille 20, c'est-à-dire la génératrice supérieure parmi les deux génératrices du gabarit cylindrique de la torpille qui se situent dans le plan médian YZ lorsque la torpille 20 est dans le tube 10. La gondole avant 34 est située sur la portion intermédiaire 22 du corps de la torpille 20. La gondole arrière 35 est située sur l'arête axiale 27 de l'ailette supérieure 25 de l'empennage 26, c'est-à-dire l'ailette 25 supérieure parmi les deux ailettes qui reposent dans le plan médian YZ lorsque la torpille 20 est dans le tube 10. Le tube 10 comporte un dispositif d'éjection principal 40. Il s'agit par exemple, comme indiqué en introduction de la présente demande de brevet, d'un dispositif d'éjection à refouloir pneumatique. Ce dispositif comporte un piston télescopique 42, dont une extrémité arrière est solidaire de la paroi le fond 13 du tube 10, et dont une extrémité avant est couplée à l'interface principale 33 de la torpille 20. Le dispositif d'éjection principal 40 comporte des moyens d'actionnement du piston 42, qui comportent, en particulier, un circuit pneumatique permettant l'application d'une pression adaptée dans la ou chaque chambre du piston, afin de le déployer ou de le rétracter. Le dispositif d'éjection principal 40 comporte également des moyens de guidage de la torpille 20, destinés à éviter qu'elle ne tourne autour de son axe longitudinal lorsqu'elle est éjectée.
Ces moyens de guidage comportent, en particulier, une glissière 50 rectiligne de guidage des gondoles avant et arrière selon un chemin de guidage C parallèle à l'axe Z et s'étendant sur la majeure partie de la longueur du tube 10. La glissière est montée sur la surface intérieure de la paroi latérale 14 du tube 10 de manière à ce que le chemin de guidage C qu'elle définit soit disposé parallèlement et à proximité immédiate de la génératrice supérieure G de la torpille 20. La glissière est constituée de deux montants latéraux 52 plans, espacés l'un de l'autre d'un intervalle correspondant à la largeur des gondoles avant 34 et arrière 35 de manière à les contraindre transversalement, tout en limitant les frottements. Les montants 52 de la glissière 50 sont solidarisés, sur une longueur arrière, au cylindre du vérin du dispositif d'éjection selon l'invention, qui sera décrit ci-dessous, et, sur le reste de leur longueur, à la paroi du tube par l'intermédiaire d'un support de glissière adapté. Le dispositif d'éjection principal 40 comporte en outre un moyen de verrouillage 60 (cf. figure 6), implanté à travers la paroi latérale 14 du corps du tube 10. Il comporte deux pions rétractables, respectivement avant 61 et arrière 62, qui sont propres, lorsqu'ils sont déployés et font saillie vers l'intérieur du tube 10, entre les montants 52 de la glissière 50, à venir de part et d'autre de la gondole supérieure avant 34. De cette manière, la torpille 20 est bloquée longitudinale lors de son transport. L'éjection de la torpille 20 hors du tube 10 au moyen du dispositif d'éjection principal 40 s'effectue de la manière suivante. Préalablement à l'éjection, le moyen de verrouillage 60 est commandé de manière à escamoter les pions 61 et 62 à l'écart de la génératrice supérieure G de la torpille 20, pour ne plus contraindre longitudinalement la gondole avant 34. Puis, le dispositif d'éjection principal 40 est actionné pour que le piston télescopique, en se déployant, applique une force de poussée dirigée selon l'axe longitudinal de la torpille 20 sur l'interface principale 33 de la torpille 20, et ceci jusqu'à ce que le piston soit totalement déployé. Juste avant que le piston soit totalement déployé, l'extrémité avant du piston et de l'interface principale 33 de la torpille sont découplés. La glissière 50 guide les gondoles supérieures avant et arrière de la torpille sur toute la longueur du tube 10. La torpille 20 ayant acquis une vitesse d'éjection élevée sort du tube 10.
Le dispositif d'éjection selon l'invention va maintenant être décrit en détail. Dans le mode de réalisation préféré décrit ici en détail, le dispositif d'éjection selon l'invention constitue un dispositif d'éjection secondaire 70 du tube 10, permettant l'évacuation de la torpille 20 en cas de dysfonctionnement du dispositif d'éjection principal 40 ou lorsque la torpille 20 est dans un état non-fonctionnel.
Le dispositif d'éjection secondaire 70 comporte un vérin 72. Comme représenté sur la figure 3, le vérin 72 comporte un cylindre 74 de forme extérieure parallélépipédique rectangle, de section sensiblement carrée et de longueur importante par rapport à sa largeur ou sa hauteur. Le vérin 72 est implanté de manière à s'étendre sensiblement parallèlement à l'axe Z mais hors de l'axe Z du tube 10. Le cylindre 74 est ainsi fixé directement sur la surface intérieure de la paroi latérale 14 du tube 10, par exemple par soudage. Le vérin 72 s'étend longitudinalement de la paroi de fond 13 du tube 10, jusqu'aux moyens de verrouillage 60. De manière avantageuse, le cylindre 74 constitue la portion arrière du support de la glissière 50. Le vérin 72 comporte également une tige 76 coulissant dans le cylindre 74. Une extrémité interne de la tige 76, logée dans le cylindre 74, est munie d'un piston subdivisant intérieurement le cylindre 74 en deux chambres. L'extrémité distale de la tige 76, située à l'extérieur du cylindre 74, est munie d'une tête 78.
Chacune des chambres du vérin 72 est connectée, par un réseau de conduites adaptées, à un moyen d'actionnement permettant l'application d'une différence de pression entre les chambres du vérin, propre à déplacer le piston, et par conséquent à faire coulisser la tige, parallèlement à l'axe Z. La course de l'extrémité distale de la tige 76 s'étend entre des points P1 et P3. La tête 78 est montée pivotante à l'extrémité distale de la tige 76 autour d'un axe de pivot A disposé parallèlement à l'axe X, c'est-à-dire transversalement à la course de l'extrémité distale de la tige. La tête 78 est conformée pour présenter deux faces latérales 80 planes raccordées l'une à l'autre par une face de contour 82 de la tête, présentant des facettes inférieure 84 et avant 85 adaptées pour que la tête 78 puisse venir en appui sur le rebord de la gondole supérieure avant 34 (cf. figure 6). Sur chacune des faces latérales 80, la tête 78 porte des tourillons 86. Les tourillons 86 sont en saillie transversalement et sont respectivement reçus dans des rainures 88, placées en vis-à-vis l'une de l'autre, prévues sur les montants latéraux 52 de la glissière 50. Les rainures sont situées dans des plans parallèles au plan médian YZ. L'axe commun des tourillons 86, parallèle à l'axe X, ne coïncide pas avec l'axe de pivot A, mais est décalé par rapport à celui-ci de manière à utiliser les bras de levier correspondant pour compenser entre elles la force de contact tête / gondole et la force de poussée tige / tête. Chaque tourillon 86 constitue une came et chaque rainure 88 de réception d'un tourillon constitue une surface de came. Plus précisément, les rainures 88 sont configurées pour présenter trois portions consécutives : une surface de came arrière, une surface de came intermédiaire et une encoche de dégagement. La surface de came arrière s'étend entre un point P1' et un point P2'. Le point P1' correspond au point P1 (position de l'extrémité distale de la tige en position rétractée, c'est-à-dire en début de course) décalé de manière à tenir compte de l'entraxe entre l'axe de pivotement A et l'axe des tourillons 86. Le point P2' est situé légèrement en arrière du doigt arrière 62 du moyen de verrouillage. Le point P1' est à une première distance Dl de l'axe Z, tandis que le point P2' est à une seconde distance D2 de l'axe Z plus petite que la première distance Dl. Ainsi, la surface de came arrière fait un angle par rapport à l'axe Z, de manière à se rapprocher de l'axe Z lorsque l'on se déplace selon l'axe Z.
La surface de came intermédiaire s'étend parallèlement à l'axe Z entre le point P2' et un point P3'. Le point P2' est situé légèrement en arrière du doigt arrière 62 du moyen de verrouillage, tandis que le point P3' correspond au point P3 (position de l'extrémité distale de la tige en fin de course) décalé de manière à tenir compte de l'entraxe entre l'axe de pivotement A et l'axe des tourillons 86. La troisième portion des rainures correspond à une encoche de dégagement 98, permettant d'élargir, selon l'axe Y et vers le haut, la rainure 88 au voisinage du point P3'. Cette encoche doit permettre à la tête d'être soulevée sans effort par la gondole arrière 35 de manière à écarter la tête hors du chemin de guidage de la gondole arrière lors du passage de celle-ci au niveau du point P3. Le fonctionnement du dispositif d'éjection secondaire 70 va maintenant être décrit. Dans la position de transport de la torpille 20, la tige 76 du dispositif d'éjection secondaire 70 est en position rétractée. Les tourillons 86 sont en contact avec la surface de came arrière, de sorte que la tête 78 est relevée à l'écart du chemin de guidage C. Pour la mise en oeuvre de la torpille 20 par le dispositif d'éjection principal 40, le dispositif de verrouillage 60 est actionné de manière à ce que les pions d'arrêt 61 et 62 soient relevés à l'écart de la gondole avant 34, de manière à libérer celle-ci et permettre le déplacement selon l'axe Z de la torpille 20.
Le dispositif déjection principal 40 est alors actionné pour pousser l'arme hors du tube. Les gondoles avant 34 et arrière 35 sont guidées par la glissière 50. La gondole arrière 35 peut passer sous la tête 76 du dispositif d'éjection secondaire 70 sans interférence. Le dispositif d'éjection secondaire 70 ne gêne donc pas l'utilisation du dispositif d'éjection principal 40.
Pour l'évacuation de la torpille 20 au moyen du dispositif d'éjection secondaire 70, le dispositif de verrouillage 60 est actionné de manière à ce que les pions d'arrêt 61 et 62 soit relevés à l'écart de la gondole avant 34, pour libérer celle-ci et permettre le déplacement longitudinal selon l'axe Z de la torpille 20. Puis, les moyens d'actionnement du dispositif d'éjection secondaire 70 sont commandés pour déplacer la tige 76 hors du cylindre 74 du vérin 72. L'extrémité distale de la tige 76 parcourt sa course rectiligne entre les points P1 et P2. Dans une première partie de la course de la tige 76, les tourillons 86 suivent la surface de came arrière, ce qui entraine un pivotement progressif de la tête 78 par rapport à l'extrémité distale de la tige 76 autour de l'axe de pivotement A, de sorte que les facettes inférieure 84 et avant 85 de la tête 78 se rapprochent de la génératrice supérieure G du corps de la torpille 20. Au point P2 de la course (correspondant au point P2' de l'extrémité de la surface de came arrière), la facette inférieure 84 affleure par au-dessus la génératrice supérieure G. Dans une seconde partie de la course de la tige 76, les tourillons suivent la surface de came intermédiaire définie par les rainures 88.
Par translation parallèlement l'axe Z, la tête 78 est d'abord rapprochée du bord arrière de la gondole avant 34, jusqu'à ce que sa facette avant 85 vienne en contact avec ce bord arrière. Sur cette seconde portion de la course, le point de contact entre la tête et la gondole, le point de contact entre les cames et les surfaces de came associées, et l'axe de pivotement de la tête sur l'extrémité distale de la tige sont agencés géométriquement pour interdire tout pivotement de la tête par rapport à la tige. Ainsi, la force pneumatique du vérin, dirigée selon l'axe de la tige, peut être transmise intégralement à la gondole, sous la forme d'une force de poussée dirigée sensiblement selon la génératrice supérieure G de la torpille 20. La forme de la tête permet donc le transfert de la force sur des axes qui ne sont pas alignés entre eux. La tête applique donc une force de poussée sur la torpille, orientée selon l'axe Z, et propre à déplacer cette dernière le long de l'axe Z. La force de poussée appliquée par le dispositif secondaire d'éjection 70 n'est donc pas coaxiale à l'axe longitudinal de la torpille 20, et ceci contrairement au dispositif d'éjection principal 40.
La force de poussée appliquée par le vérin 72 sur l'arme étant sensiblement constante, la vitesse de la torpille 20 augmente sensiblement linéairement avec son déplacement le long de l'axe Z. La force de poussée est appliquée par le vérin 72 sur la torpille 20 jusqu'à ce que l'extrémité distale de la tête 78 arrive au point P3 en fin de course. A cet instant, la torpille possède une vitesse maximale, vitesse avec laquelle elle est évacuée du tube. A ce moment, les tourillons 86 de la tête se situent au-dessous des encoches de dégagement 98 pratiquées dans les rainures 88. Dans cette position, le pivotement vers le haut de la tête 78 par rapport à l'extrémité distale de la tige 76 est autorisé. En conséquence, par simple contact, la gondole arrière 35 repousse la tête 78 à l'écart du chemin de guidage défini par la glissière 50. Ainsi, la gondole arrière 35 peut franchir la tête 78 sans être bloquée par celle-ci. Après évacuation de la torpille hors du tube, la tige 76 est ramenée dans sa position rétractée par application d'une différence de pression adaptée dans les chambres du cylindre 74.
De nombreuses variantes du mode de réalisation préféré venant d'être décrit sont envisageables. Le dispositif d'éjection secondaire peut être associé à tout type de dispositif d'éjection principal et non pas seulement à un dispositif d'éjection principal à refouloir pneumatique. Dans cette variante particulière, avantageusement, le dispositif d'éjection principal à refouloir pneumatique et le dispositif d'éjection secondaire partagent tout ou partie des moyens d'actionnement, en particulier tout ou partie des composants du circuit pneumatique. Dans une autre variante, indépendante des précédentes, le dispositif d'éjection secondaire met en oeuvre un système hydraulique, plutôt que pneumatique, pour générer la force de poussée sur l'arme. Alors que le dispositif d'éjection selon l'invention a été décrit comme dispositif secondaire d'un tube lance-arme, il peut constituer un dispositif d'éjection principal pour un tube lance-arme dans lequel la vitesse d'éjection de l'arme ne serait pas une contrainte forte. Il peut par exemple s'agir de tubes lance-arme destinés à équiper un sous-marin du type côtier. Dans ce cas, les performances d'éjection du dispositif d'éjection venant d'être décrit sont suffisantes.
Il est noté que des armes autres que des torpilles pourraient être éjectées ou évacuées au moyen du dispositif d'éjection selon l'invention, telles que par exemple des mines. Le dispositif d'éjection selon l'invention est particulièrement silencieux par rapport aux dispositifs d'éjection d'arme connus. Un tel avantage est bien sûr particulièrement intéressant pour la furtivité d'un sous-marin. Le dispositif d'éjection selon l'invention peut s'intégrer facilement dans un tube lance-arme existant, puisqu'il est implanté dans un volume mort du tube, par exemple le volume occupé par le support de la glissière de guidage des gondoles supérieures de l'arme.
De plus, le dispositif d'éjection selon l'invention ne nécessite pas le développement d'une interface mécanique spécifique sur l'arme pour que celle-ci puisse être éjectée ou évacuée au moyen du dispositif d'éjection selon l'invention. Ce dernier peut donc être utilisé avec toutes les armes actuelles. Le dispositif d'éjection selon l'invention n'interfère pas, ni géométriquement, ni fonctionnellement, avec les moyens d'éjection dont le tube est par ailleurs équipé, de sorte que ces moyens d'éjection n'ont pas à être requalifiés en cas d'installation supplémentaire d'un dispositif d'éjection selon l'invention. Il est à noter que, même si pour évacuer une arme non-fonctionnelle, les exigences requises sont moins strictes que celles requises pour l'éjection en vue de la mise en oeuvre de la même arme mais dans un état fonctionnel, il n'en demeure pas moins que le dispositif d'éjection secondaire doit permettre de conférer à l'arme une vitesse en sortie du tube minimum. La puissance du dispositif d'éjection et la course sur laquelle il accélère l'arme doivent donc être adaptées pour obtenir cette vitesse minimum.