Prothèse totale de genou et ensemble prothétique :ιπodulable de genou correspondant.
La présente invention a pour objet une prothèse totale de genou, comportant un implant fémoral comprenant une partie antéro-postérieure, une trochlée, un condyle externe et un condyle interne, et un plateau tibial coopérant avec l'implant fémoral. Complémentai- rement 1'invention concerne également un ensemble prothétique incorporant cette prothèse totale.
L' implant fémoral constitue un carter anatomique partant de la reproduction de la partie distale du fémur et posée à l'extrémité de celle-ci après les resections osseuses nécessaires.
Comme on le sait, les implants fémoraux sont généralement constitués d'éléments métalliques massifs réalisés de façon à enserrer fermement la partie distale du fémur. Les deux condyles assurent la congruence avec le plateau tibial et peuvent être associés à un troisième élément soudé à la partie antéro-postérieure entre les deux condyles. Ce troisième élément a pour fonction d'assurer une postéro-stabilisation du genou en cas de défaillance ou de destruction du ligament croisé postérieur, en coopération avec le plateau tibial, lorsque le genou subit une flexion telle qu'elle peut provoquer un échappement de 1'implant fémoral par rapport au plateau tibial et ainsi une subluxation du genou.
Pour mettre en oeuvre de telles prothèses de genou, le chirurgien doit donc avoir à sa disposition deux jeux de plusieurs tailles, parmi lesquelles il choisit celle qui correspond le mieux aux dimensions osseuses de son patient, à savoir un premier jeu sans élément central postéro-stabilisateur au cas où le ligament croisé postérieur est encore en bon état, et un second jeu complet de prothèses avec élément central
postéro stabilisateur au cas où le ligament croisé postérieur est défaillant ou doit être supprimé. Le choix du modèle et de la taille adaptée peut être fait en per-opératoire par le chirurgien. En pratique, chaque jeu est généralement constitué de six prothèses, et parfois plus : cela rend l'ensemble prothétique extrêmement onéreux et d'une gestion relativement difficile pour le chirurgien. Le coût de ces jeux de prothèses est d'autant plus élevé qu'elles sont généralement réalisées en un alliage de titane ou de chrome-cobalt, qui sont des matériaux très onéreux.
Il faut également observer qu'à chaque jeu d'implants fémoraux doit nécessairement correspondre un plateau tibial profilé de manière distincte, ce qui accroît la lourdeur de l'ensemble. 'invention a donc pour but de réaliser une prothèse totale de genou ainsi qu'un ensemble prothétique permettant de réduire notablement le nombre total de pièces nécessaires, donc le coût de fabrication de l'ensemble, tout en offrant un maximum de souplesse au chirurgien dans le choix des prothèses appropriées à l'état fonctionnel du ligament croisé postérieur. Cela peut être, soit avant l'opération chirurgicale par l'examen des radiographies du patient, ou pendant cette opération en fonction de ce qu'il constate visuellement sur l'état réel du genou.
Conformément à 1'invention, 1 'implant fémoral est pourvu de moyens amovibles de butée de postéro- stabilisation, positionnés entre les deux condyles, et coopérant avec une entaille correspondante ménagée dans la surface du plateau tibial.
Suivant un mode de réalisation de l'invention, ces moyens de butée sont constitués par un troisième condyle, solidaire d'une plaque équipée de moyens de fixation amovible à la partie antéro-
postérieure, par exemple au moins un plot et de préférence deux plots d'ancrage fémoral traversant la plaque et dont une extrémité est vissée dans la partie antéro-postérieure. Suivant une autre caractéristique de l'invention, la plaque portant le troisième condyle est placée dans un logement réalisé dans la partie antéro- postérieure et dont la profondeur est pratiquement égale à l'épaisseur de la plaque, la surface de cette dernière affleurant par conséquent sensiblement la surface de la partie antéro-postérieure.
L'ensemble prothétique également prévu par 1'invention comprend une seconde plaque dans le bord antérieur de laquelle est réalisée une échancrure incurvée dont le contour épouse celui des bords en vis- à-vis des condyles externe et interne, au moins un trou de préférence deux étant formés dans cette plaque pour recevoir un ou deux plots correspondants dont les extrémités viennent se visser dans des trous du fond du logement, pour fixer la plaque de manière amovible à la partie antéro-postérieure.
Ainsi, en fonction de l'état du ligament croisé postérieur, le chirurgien peut choisir entre deux solutions, soit utiliser la plaque équipée du condyle central, soit utiliser la plaque dépourvue de condyle central. Dans le second cas 1'implant fémoral se présente extérieurement de manière absolument similaire à un implant fémoral classique. On comprend que de ce fait un seul jeu d'implants fémoraux au lieu de deux jeux suffit pour permettre au chirurgien d'effectuer le choix de la prothèse adaptée à l'état du ligament croisé postérieur, ainsi qu'à 1'anatomie osseuse du patient.
Avantageusement les faces internes du carter fémoral peuvent être revêtues d'une couche
d'hydroxyapatite de calcium ainsi que les faces externes de la plaque équipée du condyle central et de la plaque dépourvue de cet élément. Le dépôt de cette couche est alors effectué à 1 'aide d'une torche à plasma permettant de projeter la couche d'hydroxyapatite sur la surface métallique du carter fémoral préalablement préparée pour obtenir une adhérence suffisante sur le métal.
On sait en effet qu'un processus d'adsorption se produit entre le tissu osseux et 1'hydroxyapatite assurant ainsi un ancrage complémentaire de la prothèse sur la partie distale du fémur.
D'autres particularités et avantages de
1'invention apparaîtront au cours de la description qui va suivre, faite en référence aux dessins annexés qui en illustrent une forme de réalisation à titre d'exemple non limitatif.
La figure 1 est une vue en perspective éclatée d'une forme de réalisation de la prothèse totale de genou conforme à l'invention.
La figure 2 est une vue en perspective éclatée sous un autre angle de 1'implant fémoral de la figure 1, montrant notamment la plaque équipée du condyle central et son logement dans la partie antéro- postérieure.
La figure 3 est une vue en perspective de 1'implant fémoral de la figure 2 du côté des surfaces d'appui des condyles sur le plateau tibial.
La figure 4 est une vue en perspective du plateau tibial coopérant avec 1 'implant fémoral des figures 2 et 3.
La figure 5 est une vue en coupe partielle de la plaque et de la partie antéro-postérieure de l'implant fémoral des figures 1 à 3. La figure 6 est une vue de dessus d'une
plaque dépourvue de butée postéro-stabilisatrice, pouvant remplacer la plaque visible aux figures 1 et 2. La figure 7 est une vue en élévation longitudinale de la plaque de la figure 6. La figure 8 et une vue en élévation latérale et coupe partielle d'une seconde forme de réalisation de 1'implant fémoral.
La prothèse totale de genou représentée aux dessins comporte un implant fémoral 1 et un plateau tibial 2 de support de cet implant fémoral, lequel doit être fixé à la partie distale d'un fémur, tandis que le plateau tibial 2 est ancré sur l'extrémité en vis à vis d'un tibia.
L'implant fémoral 1 comprend une partie antéro-postérieure 3, une trochlée 4, un condyle externe 5 et un condyle interne 6, dont les surfaces sont profilées anatomiquement pour pouvoir assurer la congruence avec des surfaces anatomiques complémentaires 7, 8 du plateau tibial 2. L'implant fémoral 1 est pourvu de moyens amovibles de butée de postéro-stabilisation, positionnés entre les deux condyles 5 et 6 et adaptés pour coopérer avec une entaille profilée correspondante 9 ménagée dans la surface du plateau tibial 2 entre les surfaces anatomiques 7 et 8.
Dans le mode de réalisation représenté, ces moyens amovibles de butée sont constitués par un troisième condyle central 11 solidaire d'une plaque 12 dimensionnée et profilée pour pouvoir être placée dans un logement 13 réalisé dans la partie antéro- postérieure 3, et dont la profondeur est égale à l'épaisseur de la plaque 12.
La plaque 12 est équipée de moyens de fixation amovibles à la partie 3, par exemple au moins un plot 14 d'ancrage fémoral, et de préférence deux
plots 14 comme représenté aux dessins. Ces plots 14 comportent chacun une extrémité filetée 14a et une extrémité opposée pourvue de méplats 10 permettant leur vissage par une clé non représentée. Ils peuvent traverser des trous 15 formés dans la plaque 12, de chaque côté du condyle central 11, de telle sorte que leurs extrémités filetées 14a puissent être vissées dans des trous taraudés complémentaires 16 usinés dans le fond du logement 13, de chaque côté d'une échancrure 17 séparant les deux condyles 5 et 6. Les parties filetées 14a sont limitées, du côté opposé à leurs extrémités libres, par un ressaut tronconique 18 formant épaulement d'appui sur la surface de la plaque 12 autour des trous 15 lorsque les extrémités filetées 14a sont vissées dans les trous 16, afin d'assurer un serrage solide de la plaque 12 sur la partie antéro- postérieur 3.
Les plots 14 ont une longueur suffisante pour pouvoir assurer un ancrage osseux convenable dans le fémur, dont à cet endroit la structure est en effet spongieuse.
Avantageusement la plaque 12 comporte un rebord périphérique 19 raccordé au condyle 11 par une surépaisseur centrale 20, et formant un bourrelet saillant de la surface de la plaque 12 et de celle de la partie 3. Le bord antérieur 13a du logement 13 est profilé en queue d'aronde (ou en variante par tout autre profil similaire), adapté pour recevoir un bord antérieur 12a de la plaque 12, profilé de manière conjuguée pour pouvoir s'appliquer sur le profil en surplomb du bord 13a (Figure 5) .
L'entaille 9 du plateau tibial 2 et le condyle central 11 sont conformés de manière à empêcher une subluxation en cas de flexion du genou, le profil de l'entaille 9 étant en effet tel qu'il s'oppose à
tout échappement intempestif du condyle 11 et donc de 1 ' implant fémoral 1 par rapport au plateau tibial 2. En outre, la surface du plateau 2 dans son ensemble est complémentaire des surfaces anatomiques des condyles 5 et 6.
Le logement 13 peut recevoir, au lieu de la plaque 12, une autre plaque 21 dépourvue de condyle, et dans le bord antérieur de laquelle est réalisée une échancrure incurvée 22 dont le contour épouse celui de 1'échancrure 17, elle-même délimitée par les bords en vis-à-vis des condyles 5 et 6. Deux trous taraudés 23 sont de plus agencés dans la plaque 21, de part et d'autre de 1'échancrure 22, et peuvent recevoir les parties terminales filetées 14a de deux plots correspondants 14 de fixation de la plaque 21 à la partie antéro-postérieure 3.
On a représenté à la figure 8 un second mode de réalisation de l'implant 1, dans lequel le fond 24 du logement 25 est incliné d'un angle A vers les condyles 5, 6 et 11 par rapport à la surface 3a. de la partie antéro-postérieure 3. Complémentairement la face 26 de la plaque 27, destinée à venir en appui sur le fond 24 du logement 25, est également inclinée, lorsque la plaque est mise en place dans le logement 25, sur la surface 3a de la partie 3 d'un angle B légèrement inférieur à celui A du fond 24.
Ces angles sont faibles, et à titre d'exemple non limitatif, A peut être de 4 degrés tandis que B est de 3 degrés. En positionnant les plots 14 dans la moitié postérieure de la plaque 27 on réalise alors pendant leur vissage un effet de bascule sur la plaque 27, qui 1'applique et la maintient fermement en appui sur d'une part la plus grande partie du fond 24, et d'autre part sur la demi-queue d'aronde 13a par son bord antérieur
12a. Un serrage solide des plots 14 assure le maintien dans le temps de ce contact, ce qui évite tout risque de micro-vibrations de la plaque sur la partie 3. Les micro-vibrations sont en effet à 1'origine des problèmes de corrosion, qu'il est impératif d'éviter dans 1 'intérêt du patient.
Bien entendu, la plaque 27 peut être avec ou sans condyle central 11, donc dans le second cas être similaire à la plaque 21. L'ensemble de l'implant fémoral 1, des plaques 12 et 21 et du plateau tibial 2 forme un ensemble prothétique modulable de genou, dont la mise en oeuvre par le chirurgien se fait de la manière suivante. Si celui-ci estime que le ligament croisé postérieur est dans un état tel qu'il ne peut plus remplir sa fonction normale (ramener le genou vers 1'avant pour empêcher une subluxation), ou si ce ligament croisé postérieur est complètement absent, il choisit, si nécessaire en phase per-opératoire, un carter fémoral ou implant 1 et une plaque 12 adaptés à la taille du patient. La plaque 12 est placée dans son logement 13, en emboîtant les profils complémentaires 12a et 13a l'un dans l'autre, de manière à bien positionner la plaque 12. Puis le chirurgien procède à la fixation de cette dernière à la partie antéro- postérieure 3 en vissant les parties filetées 14a des plots 14 dans les trous 15 et 16. Ensuite, les plots 14 sont introduits dans le fémur pour assurer 1'ancrage osseux de 1' implant fémoral 1. Le plateau tibial 2 est de son côté fixé à l'extrémité supérieure du tibia par des moyens connus en soi tels qu'une embase 28 et un axe 29 (figure 4).
Si par contre 1 'état du ligament croisé postérieur rend inutile la mise en oeuvre de la plaque
12 et des moyens de butée 11 et 9, le chirurgien a la faculté de choisir la plaque 21, qui vient remplir le logement 13. La fixation est assurée de la même manière que précédemment par un ou deux plots 14, au travers des trous 23 et 16.
En plus des avantages précédemment indiqués, la prothèse totale du genou et 1'ensemble prothétique qui vient d'être décrit présente les suivants.
Le bourrelet périphérique saillant 19 renforce la résistance mécanique de la plaque 12 et peut être impacté dans l'os, sans sacrifice osseux supplémentaire.
Les profils complémentaires en queue d'aronde 12a, 13a sur le bord antérieur de la plaque 12 et du logement 13 encaissent les efforts dirigés vers l'avant, ce qui soulage d'autant le condyle central 11. De plus, ces profils complémentaires évitent des micro¬ mouvements de la plaque 12, qui pourraient éventuellement provoquer un déscellement osseux, surtout s'ils sont combinés avec les inclinaisons A et B du fond 24 et de la face d'appui 26 de la plaque.
- Le troisième condyle 11 est dimensionné pour ne pas gêner les mouvements des deux autres, en évitant de les faire osciller latéralement, et pour pouvoir jouer son rôle de butée en fin de basculement de 1'implant fémoral 1 sur le plateau tibial 2.
- Le plateau 2 peut coopérer, soit avec un carter fémoral classique, soit avec un carter fémoral à post-stabilisateur, c'est à dire l'implant 1 pourvu de la plaque 12 et du condyle central 11. Il s'agit là d'un avantage important par rapport à 1 'état de la technique antérieure connue, ce rôle polyvalent du plateau tibial 2 étant rendu possible par le fait que les surfaces 7 et 8 sont complémentaires des surfaces des condyles 5 et 6 qui sont réalisées de manière
anatomique, conformément à une particularité de l'invention. En effet, dans les ensembles prothétiques antérieures connus, les surfaces du plateau tibial et de 1' implant fémoral ne sont pas anatomiques et donc conjuguées l'une de l'autre. De ce fait, il est nécessaire de disposer d'un plateau tibial adapté à un implant fémoral sans post-stabilisateur, et d'un autre plateau tibial distinct adapté à un implant fémoral avec post-stabilisateur soudé à la partie antéro- postérieure.
Suivant une caractéristique complémentaire avantageuse, les surfaces des deux plaques 12 et 21 ainsi que de la partie antéro-postérieure 3 peuvent être revêtues d'une couche d'hydroxyapatite de calcium, réalisée à l'aide d'une torche à plasma, ce matériau favorisant la repousse osseuse et donc 1'ostéo- intégration de la prothèse.
Bien entendu, le revêtement d'hydroxyapatite de calcium est exclu dans le logement 13 destiné à recevoir l'une ou l'autre des plaques 12 et 21 destinée à être en contact avec le fond du logement.
Il est également possible, dans un carter fémoral de l'invention dont il n'a pas été prévu de réaliser une couche d'hydroxyapatite sur toute sa surface intérieure, de choisir une plaque 12 ou 21 dont la surface externe, hormis le condyle 11 pour la plaque 12, a été revêtue d'hydroxyapatite de calcium. Cette solution peut constituer pour le chirurgien une option supplémentaire permettant d'accroître aisément la qualité de la fixation du carter dans la partie distale du fémur.
A la figure 1, on voit en trait mixte une variante d'exécution selon laquelle le logement 13 s'étend sur toute la largeur de la partie antéro- postérieure 3. Cet agencement permet d'usiner plus
facilement le logement de la plaque 12, et rend indispensables les plots de fixation 14 - alors qu'ils ne le sont pas dans la réalisation de la Fig.l grâce au profil en queue d'aronde (ou similaire) du bord 13a. du logement 13.
Selon une autre variante possible, illustrée à la Fig.2, la plaque amovible 12 présente un bord arrière 30 (en trait mixte), légèrement convexe. De ce fait, lorsque la plaque 12 ainsi modifiée est insérée dans son logement 13, la pression exercée au centre du bord 30 est suffisante pour provoquer, grâce à la légère élasticité du matériau, une légère extension latérale qui accroît la solidarisation latérale de la plaque avec la partie antéro-postérieure 3. Eventuellement, cet accroissement de pression et de la force de solidarisation plaque 12 - partie 3 peut rendre superflus les plots d'ancrage 14 qui sont prévus pour assurer une sécurité supplémentaire. En effet, l'insertion de la plaque 12 dans son logement 13 crée une répartition des forces sur le pourtour de ce dernier.
Enfin, il est possible de ménager un chanfrein 29 sur le côté arrière du logement 25 (Fig.8). Ce chanfrein facilite 1'autopositionnement de la plaque 27.
L' invention est susceptible de diverses autres variantes d'exécution. Ainsi il est évident que les profils complémentaires en queue d'aronde 12a, 13a peuvent être remplacés par tout autre profil équivalent. De même, les plaques 12 et 21 peuvent avoir leurs bords antérieurs et postérieurs profilés de manière complémentaire de deux bords antérieur et postérieur correspondant du logement 13, en queue d'aronde ou selon tout autre profil équivalent. Les plaques 12 et 21 peuvent également être solidarisées
avec la partie antéro-postérieure par une colle biocompatible remplaçant les plots 14, ou par tout autre moyen équivalent.