"UTILISATION DE DERIVES DE PYRROLO-PYRAZINES POUR LA
FABRICATION DE .MEDICAMENTS POUR LE TRAITEMENT DE LA
MUCOVISCIDOSE ET DE MALADIES LIEES A UN DEFAUT D'ADRESSAGE DES
PROTEINES DANS LES CELLULES"
L'invention vise l'utilisation de dérivés de pyrrolo- pyrazines pour fabriquer des médicaments capables de restaurer l'adressage, de protéines du r.éticulum endoplasmique vers les membranes plasmiques . Elle vise tout particulièrement le traitement de la mucoviscidose. • La mucoviscidose (CF : Cystic Fibrosis) est la maladie génétique récessive, autosomique, létale la plus répandue dans les populations européennes et nσrd américaines. '.Le gène CF (locus 7q31) code pour la protéine trans-membranaire nommée CFTR (pour Cystic Fibrosis Transmembrane Conductance Regulator) . Des mutations du gène CF provoquent un transport anormal .d'eau et d' électrolytes à travers les membranes cellulaires de divers organes comme les poumons, les glandes sudoripares, l'intestin et le pancréas exocrine. Bien qu'il' existe plus de 1000 mutations de la protéine CFTR, la mutation la plus fréquente (70.% des patients) est la délétion d'une phénylalanine dans le domaine NBFl en position 508 (delF508) . La principale cause de mortalité des patients CF est liée à cette délétion et conduit à- des infections .ou à une insuffisance pulmonaire provoquées par une augmentation de la viscosité .du mucus. Cette viscosité entraîne l'occlusion des voies respiratoires et favorise les infections par Ie1S bactéries opportunistes. Une aggravation est de plus constatée au niveau digestif et notamment pancréatique (patient pancréatique-insuffisant) . La protéine CFTR est une glycoprotéine de 1480 acides- aminés, appartenant à la superfamille des transporteurs membranaires ABC. CFTR est un canal chlorure localisé dans la membrane plasmique apicale des cellules épithéliales pulmonaires chez les individus sains.
CFTR est responsable du transport trans-épithélial d'eau et d! électrolytes et permet chez un 'individu sain l'hydratation des voies aériennes pulmonaires.
Chez les patients CF, homozygotes pour la mutation'
delF508, et plus généralement pour les mutants de classe II
(mutations produisant une protéine absente de la membrane plasmique) , cette protéine est absente des membranes plasmiques du fait d'un mauvais adressage de la protéine qui est retenue dans le réticulum endoplasmique (RE) .
L'hydratation des voies' aériennes pulmonaires n'est plus fonctionnelle dans ce cas. La délétion delF-508 perturbe le repliement du domaine NBFl et empêche la maturation complète de la protéine qui est' donc dégradée très tôt au cours de sa biosynthèse. Cependant, si la protéine delF508 atteint la membrane, elle fonctionne comme un canal chlorure.
Une des clés d'un traitement de cette maladie consiste donc en un ré-adressage de delF508 vers la membrane plasmique des cellules au niveau de laquelle l'activité de transport de delF508 peut être stimulée par des agonistes physiologiques.
De manière surprenante, les inventeurs ont mis en évidence que des dérivés notamment connus pour leur effet anti-
• prolifératif étaient capables d'activer le CFTR sauvage' et des formes mutées et de provoquer une re-lόcalisation membranaire de la protéine delF508-CFTR restaurant ainsi sa' capacité de transport trans-membranaire. De manière générale ces dérivés sont capables de restaurer un défaut d' adressage des protéines dans les cellules.
De plus, ces dérivés présentent l'intérêt d'une innocuité élevée.
L'invention à donc pour but de fournir une- nouvelle utilisation de ces dérivés pour fabriquer des médicaments pour le traitement de la mucoviscidose et de maladies liées à un défaut d'adressage des protéines dans les cellules. Les dérivés utilisés conformément à 1 ' invention répondent à la formule (I) : . ' .
• - Z (D '
dans laquelle
R2 et R3 sont identiques ou différents et représentent H, C1-C6 alkyl, ledit alkyl étant une ' chaîne alkyle droite ou ramifiée, le cas échéant substituée, - Rβ est un cycle aromatique Ar ou un cycloalkyle, le cas échéant substitué, ledit cycloalkyle étant le cas échéant substitué par un groupe aryle qui peut être : également- substitué,
- ' R7 est H, C1-C6 alkyl, (alk. )n-hal. , CH2-CH = CH2, CH2-cycloalkyl, CH2-Ar,
Z est H'.ou CH3.
De préférence, R2 et R3, et/ou Z et/ou R7 sont' différents de H.
Ar est de préférence un phényl, naphtyl, furyl, thiényl, pyridyl, cyclopropyl phényl, phényl dioxolyl. ."Cycloalkyl" est un C3-C6 cycloalkyl.
Les substitutions' du groupe alkyl, du cycle aromatique ou cycloalkyl sont choisies dans le groupe comprenant un ou plusieurs halogènes (F, Cl, Br, I, CF3), OH, NH2, N(H, alkyl), N (alkyl) 2, O-alkyl, COOH, COO-alkyl, CONH2, CON (H, alkyl) , CON (alkyl) 2, - NHCONH2, ' NHCON (H, alkyl) , ' NHCON (alkyl) 2, N (alkyl) CONH2, N (alkyl) CON (H, alkyl) , N (alkyl) CON (alkyl) 2, alkoxy, CN, 0-SO2-NH2, 0-SO2-N(H,alkyl) ,-0-SO2-N (alkyl)2, SH,S- alkyl. Un ou plusieurs substituants peuvent être présents. "Alkyl" est un C1-C6 alkyl et comprend les isomères..
1I
"Alkoxy" comprend un groupe C1-C6 alkyl.
"AIk." est un groupe C1-C6 alkylène, n est 1-6, et "hal." est F, Cl, Br, I or CF3.
Lesdits pyrrolo [2,3-b] pyrazines, également désignés par aloïsines ci-après-, sont capables de restaurer l'adressage de la protéine CFTR vers les membranes plasmiques des cellules et constituent donc des composés de .grand intérêt pour le traitement de pathologies liées à de tels problèmes de défaut d'adressage-.
L
•
Comme illustré par les exemples, ils sont particulièrement efficaces pour provoquer la re-localisation de la protéine delF508-CFTR .dans ' la mucoviscidose où cette protéine est retenue dans le réticμlum endoplasmique, et de restaurer ainsi sa capacité de transfert trans-membranaire.
Des dérivés préférés de pyrrolo-pyrazines présentent la formule (II) : ' .
- le groupe phényl en position 6 est substitué par .un, deux ou trois substituants R choisis dans le groupe comprenant :
- H, -OH, alkyl, -0 alkyl, hal. , -NH2, -N(H,alkyl) , - N(alkyl)2, -0-SO2-NH2,' -0-SO2-N(H, alkyl), -0-SO2-N(alkyl)2, -
COOH, -COO-alkyl, CONH2, -CON(H,alkyl) , -CON(alkyl)2,
- R7 est H, alkyl, (alk.)n hal., -CH2-CH = CH2, (alk.)n- cycloalkyl, alk.-Ar, et • •
Z est H ou CH3. . .. Dans un groupe préféré, Z et/ou . R7 sont différents de H.
Un composé tout particulièrement préféré correspond à l'aloïsine A répondant à la formule (III)
RM39 (Aloisine A)
(III)
Lors de l'élaboration des médicaments,
. les
' principes actifs, utilisés en quantités thérapeutiquement efficaces, sont mélangés
' avec les véhicules pharmaceutiquement
. acceptables pour le mode d'administration choisi. Ces véhicules peuvent être solides ou liquides.
Ainsi pour une administration ' par voie orale, les médicaments préparés sous' forme de gélules, comprimés, dragées, capsules, pilules, gouttes, sirops et analogues. De tels médicaments peuvent renfermer de 1 à 100 mg de principe actif par unité.
Pour l'administration par voie injectable (intraveineuse, sous-cutanée, intramusculaire) , les médicaments se présentent sous forme de solutions stériles ou stérilisables.
Ils peuvent être également sous forme d'émulsions ou de suspensions .
Les médicaments de l'invention sont plus particulièrement administrés sous forme d'aérosols. - Les doses par unité de prise peuvent varier de 1 à 50 mg de principe actif. La posologie quotidienne est choisie de manière à obtenir une concentration finale d'au plus 100 μM en dérivé de pyrrolo-pyrazines dans le sang du patient traité.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention seront donnés dans les résultats rapportés ci-après afin • d'illustrer l'invention.
Dans ces exemples, il est fait référence aux figures 1 à 7 qui représentent, respectivement :
- les figures IA à ' IC, la formule. de l'aloïsine A, l'activation du canal chlorure CFTR par l'aloïsine A sur des cellules GHO (fig.lB) et sur des cellules épithéliales pulmonaires humaines Calu-3 (fig.lC) ;
- le figures 2A et 2B, l'activation par ' l'aloïsine A de la protéine G551D-CFTR dans les cellules- CHO (fig.-2A) et la protéine delF508 .dans les cellules épithéliales humaines pulmonaires de lignée CF15 (fig.2B) ;
.
6
- les figures 3A et 3B, IΕC50 de l'aloïsine A à 50μM (fig.3A) et l'effet d'inhibiteurs de.CFTR sur 'l'activité de delF508 après traitement par l'.aloïsine A ; . .- la figure 4, la localisation de delF508 chez des patients CF et son re-adressage vers la membrane après traitement par l'aloïsine A ;
- les figures 5A et 5B, les tests de toxicité de l'aloïsine A sur des cellules CHO-WT après ' . incubation de 2 h (fig. 5A) et de 24 h (fig.5B),
- les figures 6A 'à 6C, l' immunolocalisation de delF508-CFTR après 2 h de traitement avec l'.aloïsine A>
- la figure 7, l' activation de delF508-CFTR ' dans les cellules CF15 après traitement avec l'aloïsine A. MATERIEL ET METHODES
Ml. Culture cellulaire . . '
Cellules CHO-WT : Les cellules CHO (Chinese Hamster Ovary) sont des fibroblastes qui .ont été transfectés avec le- gène du CFTR sauvage (CFTR-WT) . Ces cellules vont donc surexprimer • la protéine CFTR.
Milieu de culture : Milieu MEM alpha (GIBCO) + 7 % de. sérum de veau fœtal + 0,5 % de pénicilline/streptomycine + 100 μM de .méthotrexate (améthoptérine, Sigma) . . '
Cellules CF15 : Les cellules CF15 sont des cellules épithéliales humaines d'origine nasale qui expriment le gène ΔF508-CFTR.
Milieu de culture : Milieu DMEM + HAM F12 + 10 % de FCS + 0,6 % de pénicilline/streptomycine + facteurs de1 croissance (insuline 5 μg/ml, transferrine 5 μg/ml, épinéphrine 5,5 μM, adénine 0,18 mM, EGF . 10 ng/ml, T3 2 nM, hydrocortisone 1,1 μM) .
Cellules Calu-3' : Les cellules Calu-3 sont des cellules épithéliales humaines d'origine pulmonaire qui expriment le gène du CFTR sauvage.
Milieu de culture : Milieu DMEM/F12 avec glutamax + 7 % de sérum de veau fœtal + 1 % de pénicilline/streptomycine.'
M2. Immanoiaarcpiage
L' immunomarquage permet de visualiser- la localisation cellulaire de la protéine CFTR grâce à un anticorps (Ac) .primaire anti-CFTR, . puis un anticorps secondaire anti- anticorps primaire marqué au fluorophore Cy3.
Les cellules sont préalablement ensemencées sur des lamelles dans, du milieu de culture approprié. 3 lavages au TBS (NaCl : 157 mM, Tris base : 20 μM, pH 7,4) de 5 min chacun sont effectués. Les cellules sont alors fixées par ajout de TBS-paraformaldéhyde (3.%) pendant 20 min. Après 3' lavages au TBS (5.min), les cellules sont incubées avec du TBS-triton 0,1 -% (10 min) qui permet la formation de trous dans la membrane cellulaire, puis 3 lavages au TBS sont à nouveau' effectués avant la mise en présence des cellules avec le TBS- BSA 0,5 %-saponine 0,05 % pendant 1 h. Les cellules sont ensuite, incubées avec l' anticorps primaire anti-C terminal CFTR (2 μg/ml) pendant 1 h. 3 lavages au TBS-BSA-saponine ' de 5 min chacun sont réalisés avant 1 ' incubation avec l'anticorps secondaire GAM-cy3 (1/400) pendant 1 h. Suite à 2 lavages au TBS de 5 min, les noyaux sont marqués par incubation au Topro3
(1/1000) pendant 5 min. Enfin, les lamelles peuvent être montées sur lame après 3 derniers lavages au TBS de 5 min. Les lames sont observées au microscope confocal (Bio-Rad) grâce à une excitation au laser aux longueurs d'onde appropriées. Afin de différencier le marquage entre Cy3 et Topro3 la couleur de fluorescence de Topro3 a été changée en bleu (couleur des noyaux) . . •
M3. Efflvix de radiotraceurs Les mesures de transport d'ions chlorure dans les .cellules ont été réalisées à l'aide de la technique des efflux d'iodure radioactif (Bec.q et al., 1999 ; .Dormer et al., 2001) . Le traceμr (125I) est incorporé dans le milieu intracellulaire. Puis, la quantité de radiotraceur qui sort de la- cellule est comptée après l'ajout de différents agents pharmacolαgiques.' . L'iodure' est utilisé comme un traceur du transport d'ions chlorure. 125I a de plus l'avantage d'avoir une courte durée de vie comparée à' celle d'autres marqueurs comme 35Cl (1/2 vie respective : 30 jours et 300 000 ans) .
Les cellules sont mises en culture sur des plaques 24 puits dans un milieu adéquat. 2. rinçages avec du -milieu d'efflux (NaCl : 136,6 mM, KCl : 5,4 mM, KH2PO4 : 0,3 mM, NaH2PO4 : 0,3 mM, NaHCO3 : 4,2 mM, CaCl2 : l,-3 mM, MgCl2 : 0,5 mM, MgSO4 : 0,4 mM, HEPES : 10 mM, D-glucose : 5,6 mM) sont effectués afin d'éliminer les cellules mortes qui relarguent la radioactivité de façon anarchique. Puis, les cellules .sont mises à incuber avec 500 μl de charge (1 μCi/ml de 125INa)' pendant 30 min pour -les CHO-WT ou 1 h pour les CF15 et Calu-3. L'iodure s'équilibre de part et d'autre de la membrane cellulaire. Le robot (MultiPROBE, Packard) réalise les étapes
-suivantes : le milieu de charge est rincé avec du milieu d'efflux pour éliminer la radioactivité -extracellulaire. Le surnageant est collecté toutes les minutes dans des tubes à hémolyse et le milieu est remplacé par un volume équivalent (500 μl) . Les prélèvements des 3 premières minutes . ne subissent pas l'addition de drogue, ils permettent d'obtenir une ligne de. base stable, caractérisant la sortie passive, des ions I. Les 7 prélèvements suivants sont obtenus en présence de la molécule à tester. A la fin de l'expérience, les cellules sont lysées par ajout de 500 μl de NaOH (0,1.N) /0,1 % SDS (30 min), ainsi, la • radioactivité restée à l'intérieur de la cellule peut être déterminée. La radioactivité présente dans les tubes à hémolyse est comptée en coups par minute (cpm) grâce à un compteur gamma (Cobra II, Packard) . Les résultats en cpm sont- exprimés sous forme de vitesse de sortie d'iodure radioactif (R) d'après la formule suivante : R (min"1) = [In (125I tx) -In (125I t2) ] / (tx-t2) avec 125I ti : cpm au temps tx ;. 125I t2 : cpm au temps t2. Ce flux d'iodure est représenté sous forme de courbe. Afin de quantifier la sortie d'iodure due à l'administration de la molécule testée, on calcule le- flux relatif suivant qui permet de s'affranchir du flux de base : Vitesse relative (min"1) =Rpic-Rbasal. Enfin,-, ces résultats sont normalisés pour pouvoir comparer l'effet des différentes drogues entre elles. Les résultats sont présentés sous la forme de moyenne +/- SEM. Le test statistique de Student est utilisé pour comparer l'effet des drogues aux contrôles (les valeurs correspondantes à P<0,01 sont-
- considérées comme statistiquement significatives) . M4. Test de cytotox±c±té
Le test de toxicité au MTT est un test colorimétrique qui repose sur la capacité des déshydro.génases mitochondriales à - métabolisër le MTT (sel de tétrazolium jaune) en formazan
(pourpre) . • L'absorbance,- proportionnelle à la concentration de colorant converti/ peut . être alors mesurée par spectrophotométrie. Les cellules sont mises à incuber sur des
•plaques 96 puits eri présence de l'agent à tester pendant 2 h- 3 contrôles sont réalisés : 100 % cellules vivantes : cellules sans agent. ; 0 % cellules vivantes : cellules laissées à l'air libre ; blanc : milieu sans cellule. Les cellules sont rincées avec du milieu RPMI sans rouge de phénol pour que la couleur du milieu n'interfère pas dans les mesures de 1 'absorbance.. Puis, elles sont incubées pendant 4 h avec 100 μl de solution de RPMI supplémentée en MTT (0,5 mg/ml) . Le milieu est alors éliminé,, l'ajout de 100 μl de DMSO permet de solubiliser le colorant converti (formazan) . L'absorbance est mesurée par spectrophotométrie à 570 nm (pourpre)- ; 630 nm (bruit de fo.nd) . Afin de s'affranchir du bruit de fond, le calcul suivant est effectué : DOréeiie=Dθ570nm-Dθ630nm- Puis,- les résultats sont normalisés par rapport aux contrôles (100 % et 0 % de- cellules vivantes) et sont présentés sous forme de moyenne +/- SEM. RESULTATS
Rl. .L'aloxsine A active CFTR sauvage (wt) , G551D et delF508
Une première série d'expérimentations montre que' l'aloxsine A est capable d'activer le canal chlorure CFTR dans les cellules CHO (EC50 = 152,1 nM, figure IA) et dans les cellules épithéliales pulmonaires humaines de lignée Calu-3
(EC50 = 140,1 nM, figure IB) .
Deux formes mutées de CFTR ont été également testées. Il s'agit du mutant G551D et de delF508. La - figure 2 montre que l'aloïsine A active la protéine G551D-CFTR dans la cellule CHO (EC50 = 1,5 nM, . figure 2A) et la protéine- delF508 (EC50 ≈ 110 nM, figure 2B) dans les cellules épithéliales humaines pulmonaires de- lignée CF15. après incubation des cellules à
270C (une procédure qui permet de relocaliser, la. protéine delF508 vers la membrane) .
Ces résultats démontrent que cette molécule est un activateur de CFTR' sauvage, G551D et delF508. R2. Effet de 1 'alolsine A sur l'adressage de delF508 dans les cellules, CF15 .
L'étude de l'adressage de la protéine. delF508-CFTR a été'- réalisée en combinant. des- approches de pharmacologie, d'imagerie cellulaire, des tests biochimiques et électrophysiologiques sur • des cellules CF15 épithéliaies humaines pulmonaires homozygotes pour la délétion delF508.
Pour chaque expérience, l'addition d'un cocktail
(Forskoline 10 μM + Génistéine 30 μM) permet l'activation du
CFTR quand celui-ci est fixé à la membrane. Ainsi, un efflux d'iodure pourra- être observé si l'adressage de delF508 a été restauré.
Les résultats, présentés sous forme d'histogramme ont été normalisés par rapport à un . traitement de référence (traitement des cellules au MPB-91 250 μM pendant 2 h) pour lequel on considère qu'on a 100 % d'activité CFTR.
La figure 3A montre qu'après un traitement de 2 h avec 100 μM d'alolsine A l'activité delF508-CFTR' est restaurée.
Ces résultats démontrent ainsi que le traitement par l'aloïsine A des cellules CF15 pendant 2 h à 370C restaure un adressage de la protéine delF508 et permet à celle-ci de fonctionner en tant que transporteur ionique.
En l'absence de traitement des cellules, la protéine delF50.8 n'est pas membranaire et il n'y a pas d' efflux d'iodure stimulé par le cocktail (Forskoline 10 μM, Génistéine 30 μM) . L'EC50 (concentration de la molécule qui donne 50 % de l'efficacité maximale) de l'aloïsine A a été déterminé à 50 μM
, (figure 3A, n=4, pour chaque condition) . Pour préciser l'effet observé des inhibiteurs connus de CFTR sur l'activité de delF508- ont été testés après traitement par l'aloïsine A. Les résultats présentés figure 3B montrent que ce transport est. bloqué par le glibenclamide' et le DPC mais insensible au DIDS et- au calixarène. Ce profil pharmacologique correspond à celui de CFTR.
Chez les patients CF, la protéine delF508 est absente- des membranes plasmiques du' fait' d'un mauvais • adressage de la protéine qui est retenue -.dans le réticulum endoplasmique (RE) .
Par imagerie cellulaire dans les cellules CF15, delF508 est
5 effectivement localisée dans des ' compartiments intracellulaires • (figure 4) . En revanche le traitement avec
100 μM d'aloïsine A permet de rediriger la protéine "delF508 vers la membrane comme le présente la figure 4. " .
L' immunolocalisation de delF508-CFTR dans des cellules
10 CF15 est également représentée sur les figures .6A à βC qui montrent respectivement, la figure 6A : la visualisation r confocale de CFTR-delF508 dans des cellules CF15 avec un anticorps monoclonal anti-CFTR de souris ; la figure 6B : les cellules CF15 traitées 24 h à 270C, utilisées comme témoin 15 positif ; la figure 6C : les cellules CF15 traitées 2 h avec de l'aloïsine A (lOOμM) . .
Sur la .figure 7, on a représenté l'activation de delF508-CFTR dans les cellules CF15 - après traitement avec l'aloïsine A. .
20 Les efflux d' iodure ont été observés- après 2 h d'incubation avec ces composés ou en l'absence de traitement.
Les cellules CF15 ayant subi un traitement 24 h à 27°C. ont été utilisées comme contrôle positif et les cellules CF15 non traitées comme contrôle négatif (370C) . 25 Le tableau ci-dessous donne un résumé d'expériences de compétition réalisées par la technique d' efflux d' iodure entre l'aloïsine A et la machinerie de la chaperone du RE.
de dégradation
On observe une inhibition de l'effet de l'aloïsine A par
la Brefeldine A (BFA) , inhibiteur du trafic vésiculaire ERGIC, ce qui montre que l'aloïsine A induit un réadressage de la protéine delF508-CFTR.
R3. Cytotoxicité de l'aloïsine A Dans le but de tester la cytotoxicité' de l'aloïsine A, des' cellules CHO-WT ont été incubées 2 h (figure 5A) du 24 h
(figure 5B) avec différentes concentrations d'aloxsine A avant de subir le test de viabilité cellulaire au MTT. Les résultats montrent que les cellules sont viables pour toutes les concentrations'. Cette molécule ne présente donc pas de cytotoxicité cellulaire. • •
Des expériences menées en efflux d'iodure, en patch clamp ainsi qu'en chambre de Ussing ont montré que l'aloisine A était- • un activateur des protéine CFTR sauvage et mutées (F508del, G551D, G1349D) . Cette molécule affine présente des-
EC50 variant de 1.5 à 303 nM suivant le mutant testé.
De plus, les expériences effectuées ont démontrés qu'un traitement des cellules CF15 (F508del/F508del) par l'aloisine
A. permettait le réadressage de la protéine mutée F508del CFTR à la membrane.
Des expériences d' efflux d'iodure ont montré que l'aloisine A - permet le réadressage de -la protéine F508del-CFTR après 2- h de traitement avec une EC50 de 49μM.
Ces résultats démontrent .que l'aloisine A est un activateur de CFTR à faible concentration mais que cette molécule peut aussi agir aussi comme chaperonne pharmacologique à forte . concentration.
De plus, des études de toxicité de' 1 'aloïsine A, réalisées chez l'animal, ont révélé une toxicité très faible. Les résultats ci-dessus ont été également vérifiés avec d'autres dérivés de pyrrolo-pyrazines .
±ό
Exemple de formulation
On prépare une solution .pour inhalation -avec un • 'nébuliseur ampoule à partir de chlorure de sodium, de chlorure de- calcium déshydraté et d'eau pour préparations injectables. L'aloïsine A est ajoutée comme ingrédient actif. La solution est formulée dans des ampoules de 2,5ml. Des ampoules renfermant 5, 10 mg ou 20 mg l'aloïsine sont ainsi •préparées . - •
BIBLIOGRAPHIE
BECQ et al. (1999) Journal of Biological Chemistry 274, 27415-27425. . DORMER et al. (2001) Journal .of CeIl Science 114, 4073- 4081.