Feuille de verre à haute transmission énergétique
1. Domaine de l'invention
Le domaine de l' invention est celui des verres à haute transmission énergétique, utilisables notamment dans les modules photovoltaïques ou les miroirs solaires.
Dans le domaine du solaire où le verre est utilisé comme substrat pour des miroirs solaires ou recouvrant des cellules photovoltaïques, il est bien entendu extrêmement avantageux que le verre employé, qui doit être traversé par les rayonnements du soleil, présente une transmission visible et/ou énergétique très élevée. L'efficacité d'une cellule solaire est en effet significativement améliorée par une augmentation même très faible de cette transmission. En particulier, une transmission énergétique supérieure à 89%, de préférence supérieure à 90% ou même supérieure à 91% est hautement désirée.
Pour quantifier la transmission du verre dans le domaine englobant le visible et l'infrarouge solaire (ou proche infrarouge) ainsi qu'une partie des ultraviolets, on définit une transmission énergétique (TE) , mesurée selon la norme ISO9050 entre les longueurs d'onde 300 et 2500 nm. Dans la présente description ainsi que dans les revendications, la transmission énergétique est mesurée selon cette norme et donnée pour une épaisseur de 3,85 mm. Pour quantifier la transmission du verre dans le domaine du visible, on définit une transmission lumineuse (TL), calculée entre les longueurs d'onde de 380 et 780 nm selon la norme ISO9050, et mesurée
avec l'illuminant D65 (TLD) tel que défini par la norme ISO/CIE 10526 en considérant l'observateur de référence colorimétrique C. I. E. 1931 tel que défini par la norme ISO/CIE 10527. Dans la présente description ainsi que dans les revendications, la transmission lumineuse est mesurée selon cette norme et donnée pour une épaisseur de 3,85 mm sous un angle d'observation solide de 2°.
2. Art antérieur Pour obtenir des valeurs de TL et/ou TE supérieures à 89% voire supérieures à 90%, il est connu de l'état de la technique de diminuer la teneur totale en fer dans le verre (exprimée en terme de Fe2O3 selon la pratique standard dans le domaine). Les verres silico-sodo-calciques dits « clairs » ou « extra-clairs » contiennent toujours du fer car celui-ci est présent comme impureté dans la plupart des matières premières utilisées (sable, calcaire, dolomie...). Le fer existe dans la structure du verre sous la forme d'ions ferriques Fe3+ et d'ions ferreux Fe2+. La présence d'ions ferriques Fe3+ confère au verre une légère absorption de la lumière visible de faible longueur d'onde et une plus forte absorption dans le proche ultraviolet (bande d'absorption centrée sur 380 nm), tandis que la présence d'ions ferreux Fe2+ (parfois exprimée en oxyde FeO) provoque une forte absorption dans le proche infrarouge (bande d'absorption centrée sur 1050 nm). Les ions ferriques Fe3+ procurent au verre une légère coloration jaune tandis que les ions ferreux Fe2+ donnent une coloration bleu-vert prononcée. Ainsi, l'augmentation de la teneur en fer totale (sous ses deux formes) accentue l'absorption dans le visible et l'infrarouge, au détriment de la transmission lumineuse et énergétique. De plus, une forte concentration en ions ferreux Fe2+ entraîne une diminution de la transmission énergétique. Il est ainsi également connu, pour augmenter davantage la transmission énergétique du verre, d'oxyder le fer présent dans le verre, c'est-à-dire de diminuer la teneur
en ions ferreux au profit de la teneur en ions ferriques qui absorbent moins. Le degré d'oxydation d'un verre est donné par son rédox, défini comme le rapport en poids d'atome de Fe2+ par rapport au poids total des atomes de fer présents dans le verre, Fe2+/Fe total.
Afin de diminuer le rédox du verre, plusieurs solutions ont été proposées.
Il est par exemple connu d'ajouter au verre de l'oxyde de cérium (CeO2). Celui-ci est toutefois très onéreux, peut engendrer une coloration indésirable du verre mais surtout est à l'origine du phénomène dit de "solarisation" dans lequel la transmission énergétique du verre diminue fortement dans le temps du fait de l'exposition aux rayonnements ultraviolets présents notamment dans les rayons du soleil.
Il est également connu d'ajouter au verre du manganèse qui est capable d'oxyder le fer contenu dans le verre via la réaction: Mn3+ + Fe2+ -> Mn2+ + Fe3+. Toutefois, il est connu que le manganèse absorbe dans le domaine du visible. Cette absorption par le manganèse dans le visible cause dès lors une coloration du verre qui est souvent utilisée pour « compenser » (c'est-à-dire obtenir un rendu colorimétrique plus neutre ou plus approprié) une coloration indésirable du verre en venant absorber dans d'autres régions du spectre visible. Ceci est par exemple illustré dans les demandes EP1118597 et WO2005/075368A1 où l'on cherche à obtenir un verre ne laissant pas passer les UV (en particulier pour des récipients ou bouteilles contenant des liquides sensibles aux UV) grâce à l'ajout notamment d'éléments dits « UV-cut » comme le cérium et/ou le vanadium. Ces derniers engendrent une couleur indésirable qui est alors « neutralisée » par l'ajout de manganèse. Le phénomène de coloration du verre par le manganèse est bien entendu problématique dans le cas de verre dit « extra-clair » (basse teneur en
fer) utilisé pour des applications solaires puisqu'il diminue la transmission énergétique. De plus, il est également bien connu de l'état de la technique, notamment de la demande EP555552A1, que le manganèse « solarise » lors d'une exposition du verre aux rayons UV (notamment présent dans les rayons du soleil), impactant donc très fortement la transmission énergétique du verre, paramètre d'une importance capitale pour du verre dit « extra-clair » utilisé pour des applications solaires. Du fait de ce phénomène de solarisation (s'ajoutant à la coloration indésirable), le manganèse ne consiste donc pas, selon l'état de la technique, en un élément adéquat à ajouter dans une composition de verre solaire dits « extra-clairs » destinés notamment à la fabrication de panneaux photovoltaïques ou miroirs solaires qui seront tout particulièrement exposés aux rayonnements du soleil.
3. Objectifs de l'invention
L' invention a notamment pour objectif de pallier les inconvénients de l'art antérieur, c'est-à-dire fournir une feuille de verre à haute transmission énergétique.
Plus précisément, un objectif de l'invention, dans au moins un de ses modes de réalisation, est de fournir une feuille de verre à haute transmission énergétique (via notamment une oxydation du verre) et qui est maintenue significativement stable dans le temps.
Un autre objectif de l'invention est de fournir une solution aux désavantages de l'art antérieur qui soit simple et économique.
4. Exposé de l'invention
Conformément à un mode de réalisation particulier, l'invention concerne une feuille de verre ayant une composition qui comprend, en une teneur exprimée en pourcentages en poids total de verre :
SiO2 60 - 78%
Al2O3 0 - 10%
B2O3 0 - 5%
CaO 0 - 15%
MgO 0 - 10%
Na2O 5 - 20%
K2O 0 - 10%
BaO 0 - 5%
Fer total (exprimé sous forme de Fe2O3) 0,002 - 0,03%.
Selon l'invention, la composition comprend un rapport manganèse/(fer total) de 1 à 8,5, la teneur en manganèse étant exprimée sous forme de MnO en pourcentage en poids par rapport au poids total du verre.
Ainsi, l'invention repose sur une approche tout à fait nouvelle et inventive car elle permet de solutionner les inconvénients de l'art antérieur et de résoudre le problème technique posé. Les inventeurs ont en effet mis en évidence de manière surprenante, pour des verres dits « extra-clairs », qu'il était possible d'obtenir l'effet oxydant du manganèse tout en contrôlant la coloration qu'il peut induire et en limitant le phénomène de solarisation apparaissant avec le temps. Les inventeurs ont ainsi découvert qu'un rapport pondéral manganèse/(fer total) allant de 1 à 8,5, associé aux autres critères de composition du verre défini ci-dessus, permettait d'obtenir une augmentation significative de la transmission énergétique de la feuille de verre. En
particulier, ils ont mis en évidence que cette gamme de rapport pondéral manganèse/(fer total) permettait un gain global en transmission énergétique car, dans cette gamme, l'augmentation de la transmission due au pouvoir oxydant du manganèse est supérieure à la perte en transmission due au phénomène de coloration. De plus, ils ont découvert que cette gamme précise de rapport pondéral manganèse/(fer total) générait une feuille de verre présentant une stabilité significative de la transmission énergétique dans le temps et donc, un phénomène de solarisation très limité, voire inexistant. Dans l'ensemble du présent texte, lorsqu'une gamme est indiquée, les extrémités sont inclues. En outre, toutes les valeurs entières et sous-domaines dans gamme numérique sont expressément inclues comme si explicitement écrites. Dans l'ensemble du présent texte également, les valeurs de teneur en pourcentages sont des valeurs pondérales, exprimées par rapport au poids total du verre.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description suivante et des figures, données à titre d'exemples illustratifs et non limitatifs, parmi lesquelles la figure 1 représente l'effet du rapport pondéral manganèse/(fer total) sur la transmission énergétique de feuilles de verre selon l'invention et selon l'état de la technique, et
la figure 2 représente l'effet dans le temps d'une exposition aux UV sur la transmission énergétique de feuilles de verre selon l'invention et selon l'état de la technique.
Selon l'invention, la composition comprend une teneur en fer total (exprimée sous forme de Fe2O3) allant de 0,002 à 0,03% en poids par rapport au poids total du verre. Cette valeur maximale de teneur en fer total permet d'augmenter de façon significative la transmission énergétique de la
feuille de verre par rapport à un verre clair. La valeur minimale permet de ne pas trop pénaliser le coût du verre car de si faibles valeurs nécessitent souvent des matières premières très pures onéreuses ou bien une purification de celles-ci. De préférence, la composition comprend une teneur en fer total (exprimée sous forme de Fe2O3) allant de 0,002 à 0,02% en poids par rapport au poids total du verre. Une teneur en fer total (exprimée sous forme de Fe2O3) inférieure ou égale à 0,02% en poids permet d'augmenter davantage la transmission énergétique de la feuille de verre. De manière plus préférée, la composition comprend une teneur en fer total (exprimée sous forme de Fe2O3) allant de 0,005 à 0,02% en poids par rapport au poids total du verre.
De manière préférée, la composition de l'invention comprend un rapport manganèse/(fer total) de 2,5 à 6,5, la teneur en manganèse étant exprimée sous forme de MnO en pourcentage en poids par rapport au poids total du verre. Une telle gamme de rapport pondéral manganèse/(fer total) permet d'augmenter davantage la transmission énergétique de la feuille de verre.
Selon un mode de réalisation avantageux de l'invention, la composition comprend une teneur en manganèse (exprimée sous forme de MnO) de 0,005 à 0,2% en poids par rapport au poids total du verre. De manière préférée, la composition comprend une teneur en manganèse (exprimée sous forme de MnO) de 0,01 à 0,2% en poids par rapport au poids total du verre. De manière plus préférée, la composition comprend une teneur en manganèse (exprimée sous forme de MnO) de 0,01 à 0,15% en poids par rapport au poids total du verre. De manière toute préférée, la composition comprend une teneur en manganèse (exprimée sous forme de MnO) de 0,01 à 0,1% en poids par rapport au poids total du verre.
Selon un autre mode de réalisation avantageux de l'invention, la composition présente un rédox de 0,01 à 0,4. Cette gamme de rédox permet d'obtenir des propriétés optiques très satisfaisantes et en particulier, en termes de transmission énergétique. De préférence, la composition présente un rédox de 0,03 à 0,3. De manière toute préférée, la composition présente un rédox de 0,05 à 0,25.
Selon l'invention, la composition de la feuille de verre peut comprendre, en plus des impuretés contenues notamment dans les matières premières, une faible proportion d'additifs (tels que des agents aidant la fusion ou l'affinage du verre) ou d'éléments provenant de la dissolution des réfractaires constituant les fours de fusion.
Pour les raisons évoquées ci-dessus (éviter le phénomène de solarisation) et selon un mode de réalisation préférentiel, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en cérium (exprimée sous forme de CeO2)≤ 0,02% en poids par rapport au poids total du verre. De préférence, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en cérium (exprimée sous forme de CeO2)≤ 0,01% en poids par rapport au poids total du verre. De manière plus préférée, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en cérium (exprimée sous forme de CeO2)≤ 0,005% en poids par rapport au poids total du verre.
Selon un autre mode de réalisation préférentiel, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en vanadium (exprimée sous forme de V2O5)≤ 0,01% en poids par rapport au poids total du verre. De préférence, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en vanadium (exprimée sous forme de V2O5)≤ 0,005% en poids par rapport au poids total du verre.
Selon encore un autre mode de réalisation préférentiel, la composition comprend une teneur en vanadium (exprimée sous forme de V2O5)≤ 0,01% en poids par rapport au poids total du verre et une teneur en cérium (exprimée sous forme de CeO2) ≤ 0,02% en poids par rapport au poids total du verre. De manière préférée, la composition comprend une teneur en vanadium (exprimée sous forme de V2O5)≤ 0,005% en poids par rapport au poids total du verre et une teneur en cérium (exprimée sous forme de CeO2)≤ 0,01% en poids par rapport au poids total du verre. De manière toute préférée, la composition comprend une teneur en vanadium (exprimée sous forme de V2O5)≤ 0,005% en poids par rapport au poids total du verre et une teneur en cérium (exprimée sous forme de CeO2)≤ 0,005% en poids par rapport au poids total du verre.
Selon encore un autre mode de réalisation préférentiel, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en antimoine (exprimée sous forme de Sb2O3) < 0,2% en poids par rapport au poids total du verre. Des teneurs plus importantes en antimoine, couplé au manganèse, entraîne l'apparition du phénomène de solarisation. De préférence, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en antimoine (exprimée sous forme de Sb2O3)≤ 0,15% en poids par rapport au poids total du verre.
Selon encore un autre mode de réalisation préférentiel, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en arsenic (exprimée sous forme de As2O3) < 0,01% en poids par rapport au poids total du verre.
Selon encore un autre mode de réalisation préférentiel, la composition de la feuille de verre comprend une teneur en chrome (exprimée sous forme de Cr2O3) < 0,01% en poids par rapport au poids total du verre.
La feuille de verre selon l'invention a de préférence une transmission énergétique (TE), mesurée pour une épaisseur de 3,85 mm, d'au moins 89%. Avantageusement, la feuille de verre selon l'invention a une transmission énergétique (TE), mesurée pour une épaisseur de 3,85 mm, d'au moins 90%, et mieux encore, d'au moins 91%.
La feuille de verre selon l'invention a de préférence une transmission lumineuse, mesurée avec l'illuminant D65 (TLD), selon la norme ISO9050 et pour une épaisseur de 3,85 mm, d'au moins 90,5 %.
La feuille de verre selon l'invention peut être une feuille de verre obtenue par un procédé de flottage, de laminage ou tout autre procédé connu pour fabriquer une feuille de verre au départ d'une composition de verre en fusion. Selon un mode de réalisation préférentiel selon l'invention, la feuille de verre est une feuille de verre flotté. Par feuille de verre flotté, on entend une feuille de verre formée par le procédé de flottage (ou « float »), consistant à déverser le verre en fusion sur un bain d'étain fondu, sous conditions réductrices. Une feuille de verre flotté comporte, de façon connue, une face dite « face étain », c'est-à-dire une face enrichie en étain dans la masse du verre proche de la surface de la feuille. Par enrichissement en étain, on entend une augmentation de la concentration en étain par rapport à la composition du verre à coeur qui peut être substantiellement nulle (exempte d'étain) ou non.
Le manganèse peut être incorporé dans la composition selon l'invention sous forme de différentes sources. Il peut s'agir par exemple de MnO, MnO2 ou de KMnO4.
Dans le cas d'un module photovoltaïque solaire, la feuille de verre selon l'invention constitue de préférence le substrat de protection (ou couvercle) des cellules photovoltaïques. Selon un mode de réalisation de l'invention, la feuille de verre est revêtue d'au moins une couche mince transparente et conductrice de l'électricité. Ce mode de réalisation est avantageux pour des applications photovoltaïques. Lorsque la feuille de verre est utilisée comme substrat protecteur d'un module photovoltaïque, la couche mince transparente et conductrice est disposée en face interne, c'est-à-dire entre la feuille de verre et les cellules solaires.
Une couche mince transparente et conductrice selon l'invention peut, par exemple, être une couche à base de SnO2:F, de SnO2:Sb ou d'ITO (oxyde d'indium et d'étain), ZnO:Al ou encore ZnO:Ga.
Selon un autre mode de réalisation avantageux de l'invention, la feuille de verre est revêtue d'au moins une couche antirefléchissante (ou anti-reflet). Ce mode de réalisation est avantageux dans le cas des applications photovoltaïques afin de maximiser la transmission énergétique de la feuille de verre et, par exemple, d'augmenter ainsi l'efficacité du module solaire comportant cette feuille en tant que substrat (ou couvercle) recouvrant des cellules photovoltaïques. Dans des applications dans le domaine solaire (photovoltaïque ou thermique), lorsque la feuille de verre est utilisée comme substrat protecteur, la couche antirefléchissante est disposée en face externe, c'est-à-dire côté ensoleillement.
Une couche antirefléchissante selon l'invention peut, par exemple, être une couche à base de silice poreuse à bas indice de réfraction ou elle peut être constituée de plusieurs strates (empilement), notamment un empilement de couches de matériau diélectrique alternant des couches à bas
et haut indices de réfraction et se terminant par une couche à bas indice de réfraction.
Selon un mode de réalisation, la feuille de verre est revêtue d'au moins une couche mince transparente et conductrice de l'électricité sur une première face et d'au moins une couche antirefléchissante sur l'autre face.
Selon encore un mode de réalisation, la feuille de verre est revêtue d'au moins une couche antirefléchissante sur chacune de ses faces.
Selon un autre mode de réalisation, la feuille de verre est revêtue d'au moins une couche antisalissure. Une telle couche antisalissure peut être combinée à une couche mince transparente et conductrice de l'électricité, déposée sur la face opposée. Une telle couche antisalissure peut également être combinée à une couche antirefléchissante déposée sur la même face, la couche antisalissure étant à l'extérieur de l'empilement et recouvrant donc la couche antirefléchissante.
Selon encore un autre mode de réalisation, la feuille de verre est revêtue d'au moins une couche miroir. Une telle couche miroir est par exemple une couche à base d'argent. Ce mode de réalisation est avantageux dans le cas des applications de miroirs solaires (plans ou paraboliques).
En fonction des applications et/ou des propriétés désirées, d'autres couches peuvent être déposées sur l'une et/ou l'autre face de la feuille de verre selon l'invention.
La feuille de verre selon l'invention peut être intégrée à un vitrage multiple (notamment double ou triple) . On entend par vitrage multiple, un vitrage qui comprend au moins deux feuilles de verre ménageant
un espace rempli de gaz ou sous vide entre chaque couple de feuilles. La feuille de verre selon l'invention peut également être feuilletée et/ou trempée et/ou durcie et/ou bombée.
L'invention a également pour objet un module photovoltaïque solaire ou un miroir pour la concentration d'énergie solaire, comprenant au moins une feuille de verre selon l'invention.
Les exemples qui suivent illustrent l'invention, sans intention de limiter de quelque façon sa couverture.
Exemples
Les exemples suivants sont destinés à comparer le gain/la perte en transmission énergétique obtenu(e) pour un certain rapport pondéral manganèse/(fer total).
Les matières premières ont été mélangées sous forme de poudre et placées en creuset pour la fusion, selon la composition 1 (fer total = 120 ppm) ou 2 (fer total = 200 ppm) montrée ci-dessous. Le manganèse a été incorporé dans chaque cas sous forme de MnO2. Pour tous les verres testés et pour chacune des compositions 1 et 2, les teneurs des composants ont été maintenues fixes à l'exception de la quantité de manganèse. Le rapport pondéral manganèse/(fer total) est dès lors variable d'un échantillon de verre à l'autre.
Composition 1 Teneur [% en poids]
CaO 9
K2O 0,015
SO3 0,3
TiO2 0,015
Al2O3 0,7
MgO 4,5
Manganèse (exprimé en MnO) Variable (de ~ 0
Fer total (exprimé en Fe2O3) 0,012
Composition 2 Teneur [% en poids]
CaO 9
K2O 0,015
Na2O 14
SO3 0,3
TiO2 0,015
Al2O3 0,7
MgO 4,5
Manganèse (exprimé en MnO) Variable (de ~ 0 à 0,18%)
Fer total (exprimé en Fe2O3) 0,020
Après la fusion, les propriétés optiques de chaque échantillon de verre sous forme de feuille ont été déterminées et en particulier, la transmission énergétique (TE) a été mesurée selon la norme ISO9050 pour une épaisseur de 3,85 mm. Les valeurs de TE ont été déterminées afin de vérifier si le gain en transmission énergétique du à l'effet oxydant du manganèse est plus grand que la perte en transmission due à la coloration causée par ledit manganèse.
La figure 1 (a) représente, pour chacune des compositions 1 et 2, la différence en transmission énergétique (ΔΤΕ) entre un verre extra-clair
selon l'état de la technique (référence) dans lequel le manganèse n'a pas été ajouté intentionnellement et est donc présent à l'état de traces seulement (teneur en manganèse sous forme de MnO < 15 ppm en poids) et chacune des feuilles de verre avec des rapports pondéraux manganèse/ (fer total) variables. La figure 1 (b) est un agrandissement de la figure 1 (a). Un ΔΤΕ positif correspond dès lors à un gain en transmission énergétique par rapport à un verre extra-clair usuel (manganèse/(fer total) ~ 0) et un ΔΤΕ négatif correspond à une perte en transmission énergétique.
Cette figure montre dès lors bien qu'un gain en transmission énergétique est observé dans la gamme de rapport pondéral manganèse/(fer total) allant de 1 à 8,5. Ainsi, la gamme de rapport pondéral manganèse/(fer total) revendiquée permet une augmentation de la transmission énergétique, particulièrement significative dans le domaine du solaire et pouvant même atteindre 0,5%.
Les valeurs de TE pour une épaisseur de 3,85 mm ont également été évaluées pour ces mêmes feuilles de verre sur une période de 196 heures d'exposition sous une lampe UV (Philips HP 125R) afin de vérifier la stabilité de la transmission énergétique en condition de solarisation. Les résultats obtenus sont illustrés à la figure 2 montrant la différence (ΔΤΕ) entre la TE initiale (temps d'exposition = Oh) et la TE après un temps t d'exposition sous UV pour des feuilles de verre selon l'invention (rapport pondéral manganèse/(fer total)) de 1,7 ; 3,4 et 5,9), pour une feuille de verre selon l'état de la technique ne comportant pas de manganèse ou sous forme de traces (manganèse/(fer total) ~0) et pour une feuille de verre selon l'état de la technique comprenant 0,033% en poids de cérium (exprimé en CeO2). Cette figure montre bien que les feuilles de verre selon l'invention présentent une TE significativement stable dans le temps sous l'effet d'une irradiation UV (absence de solarisation observée), surtout en comparaison avec une feuille
de verre comprenant du cérium. Cette dernière solarise et montre une diminution drastique de la TE dans le temps sous l'effet des UV (perte de plus de 2% en TE après 196 heures). Cette figure montre également que l'invention permet de maintenir une stabilité dans le temps sous les UV comparable à la feuille de verre « extra-clair » selon l'état de la technique ne comprenant pas de manganèse.