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CHAISE OBSTETRICALE La présente invention est relative à une chaise obstétricale, c'est-à-dire une chaise destinée à aider une parturiente pendant un accouchement.
Des chaises d'accouchement ont été utilisées depuis l'Antiquité mais il s'agissait essentiellement de tabourets découpés en demi-lune offrant une simple assise pour la parturiente. La chaise d'accouchement reste utilisée jusqu'au 18e siècle lorsqu'elle se trouve progressivement remplacée par le lit lorsque la pratique de l'accouchement couché se répandit en Europe. La table d'accouchement se substitue ensuite au lit lorsque les obstétriciens commencent à utiliser des ustensiles obstétricaux dont l'emploi requiert la position dite gynécologique de la parturiente.
Le mode d'accouchement généralement pratiqué est alors celui dans lequel la parturiente est couchée en lithotomie.
Durant ces dernières années, cependant, on remarque un regain d'intérêt pour les positions d'accouchement droites, c'est-à-dire des positions dans lesquelles la parturiente maintient son tronc dans une position plus proche de la verticale que de l'horizontale. Quatre positions droites sont possibles : la position debout, la position assise, la position accroupie et la position agenouillée. Parmi ces positions, celle qui présente à la fois un grand nombre d'avantages du point de vue de la physiologie et de la biomécanique de l'accouchement, est la position assise.
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Divers engins ont été utilisés pour pratiquer l'accouchement en position assise.
Un premier engin connu est la table d'accouchement basculable en position verticale : la parturiente a le dos appuyé contre la table, avec les cuisses maintenues dans des gouttières et les pieds reposant sur des étriers. Cet engin a l'inconvénient que le dos de la parturiente est maintenu contre un dossier haut qui entrave les mouvements de rétroversion du bassin et de contre-nutation du sacrum, lesquels mouvements sont liés à l'engagement du foetus dans le détroit supérieur lors des contractions utérines. De plus, cet engin connu n'offre à la parturiente que trois points d'appui qui, par leur disposition, empêchent toute réaction du sol par les coxo-fémorales, laquelle réaction favoriserait également la rétroversion du bassin et faciliterait l'engagement du foetus.
Sur ce type d'engin, des positions vicieuses sont vite acquises (par exemple : stimulation proprioceptive des extenseurs rachidiens ou réponse posturale à une lombalgie mena-ht toutes deux à une antéversion du bassin), avec l'inconvénient qu'elles sont difficilement contrôlables par la présence du dossier.
Un autre engin connu est une chaise obstétricale constituée d'une lunette munie de repose-pieds latéraux qui permettent d'augmenter la flexion des hanches et l'abduction des cuisses. Un tel engin n'offre également que trois points d'appui à la parturiente et de plus, il met celle-ci en équilibre instable pendant le mécanisme de l'accouchement du fait d'une structure trop légère et trop étroite, ce qui nécessite la présence d'autres personnes pour assurer le soutien de la parturiente sur la chaise. En outre, un tel engin
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offre peu d'aisance dans l'exécution des manoeuvres de l'obstétricien.
La présente invention a pour but de proposer une chaise obstétricale qui pallie les inconvénients des engins connus destinés à ou permettant de pratiquer l'accouchement en position droite assise.
Conformément à l'invention, il est proposé une chaise obstétricale comprenant un socle sur lequel est monté un siège constitué d'une lunette présentant une ouverture sur son côté antérieur, laquelle chaise obstétricale est remarquable en ce que le siège s'étend dans un plan incliné suivant un premier angle aigu par rapport à l'horizontale, et le socle porte en outre au moins un montant disposé à une distance prédéterminée du bord antérieur'du siège, ledit montant portant à son extrémité supérieure un appui horizontal situé à un niveau plus élevé que le siège.
Le montant porte en outre à mi-hauteur deux appuisgenoux qui s'étendent parallèlement l'un à l'autre dans un plan incliné suivant un deuxième angle aigu par rapport à l'horizontale, ce deuxième angle aigu étant plus grand que le premier angle aigu. Le socle est de préférence équipé de deux appuis-pieds s'étendant dans un plan incliné dans le même sens que le siège suivant un troisième angle aigu par rapport à l'horizontale, ce troisième angle aigu étant plus grand que le deuxième angle aigu. Le troisième angle aigu s'ouvre dans le même sens que le premier angle aigu.
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Un aspect particulièrement remarquable du dispositif selon l'invention est qu'il permet à la parturiente d'adopter la posture à la fois la plus adéquate et la plus confortable en fonction de la phase biomécanique et physiologique de l'accouchement.
On sait en effet qu'il n'existe pas de position idéale à prendre par la parturiente pour accoucher car si la rétroversion du bassin facilite l'engagement du foetus dans le détroit supérieur par la diminution de l'angle compris entre les poussées utérines et l'axe du détroit supérieur, il s'ensuit inévitablement un mouvement de nutation sacro-iliaque qui tend à réduire le détroit supérieur. Par contre, un mouvement de nutation est favorable en phase de dégagement du foetus hors du détroit inférieur. Grâce au dispositif selon l'invention qui laisse à la parturiente une grande autonomie et une grande liberté de mouvement, la parturiente peut adapter dynamiquement sa posture tout au long de l'évolution de l'accouchement.
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' D'autres aspects et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de l'exposé qui suit dans lequel un mode de réalisation exemplaire de l'invention est décrit à l'aide des dessins joints.
La figure 1 représente en perspective une chaise obstétricale exemplaire conforme à l'invention.
La figure 2 est une vue en coupe suivant la ligne IIII de la figure 1, sur laquelle est esquissée une posture exemplaire typique d'une parturiente.
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La figure 3 est une vue semblable à celle de la figure 2, mais montrant schématiquement une seconde posture exemplaire d'une parturiente.
Sur un socle 11 sont montés deux premiers montants 12 portant un siège 14 et deux seconds montants 13 portant une barre d'appui horizontale 15. Le siège 14 est incliné vers la barre d'appui 15 avec un angle d'inclinaison de 150 environ, par exemple, par rapport à l'horizontale et il a la forme d'une lunette présentant une ouverture 16 du côté antérieur tourné vers la barre d'appui 15. Celle-ci est avantageusement pivotable et amovible ainsi qu'il apparaîtra plus loin.
Contre les faces intérieures des montants 12, le socle 11 est muni de préférence de deux appuis-pieds 18 présentant des surfaces inclinées vers les montants 13 avec un angle d'inclinaison de l'ordre de 45 , par exemple, par rapport à l'horizontale. Les extrémités inférieures des appuis-pieds 18 reposent avantageusement sur le sol. Les appuis-pieds 18 sont avantageusement munis de blocs 18a amovibles de manière à permettre d'ajuster la distance d'avec les appuis-genoux 17.
Sur les faces intérieures des montants 13, approximativement à mi-hauteur, sont fixés deux appuis-genoux 17 parallèles qui présentent des faces 17a inclinées vers le siège 14 avec un angle d'inclinaison d'environ 40 , par exemple, par rapport à l'horizontale.
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La figure 2 montre en pointillés la posture que prend une parturiente sur la chaise obstétricale conforme à l'invention. La parturiente s'assied sur le siège 14 qui sert d'appui fessier et pose les pieds sur les deux appuis-pieds 16 tandis qu'elle repose les genoux sur les faces 17a des deux appuis-genoux 17. La barre d'appui horizontale 15 sert d'appui pour les avantbras et/ou les mains et/ou les coudes et/ou les aisselles et/ou la tête.
Elle permet ainsi un transfert du poids de la parturiente vers l'avant tout en positionnant le bassin en rétroversion.
Le dispositif conforme à l'invention se distingue en ce qu'il offre à la parturiente au moins cinq appuis : appui fessier d'abord, appui des deux pieds et des deux genoux ensuite. Il présente en outre un aspect particulièrement intéressant en ce qu'il offre un appui antérieur pour les avant-bras, les mains, les coudes, les aisselles et la tête. Grâce à l'agencement structurel de ce dispositif, la parturiente se trouve dans une posture droite qui est favorable à la biomécanique articulaire de l'accouchement.
En effet, la conjonction de l'inclinaison de l'appui fessier et des appuis genoux assure la rétroversion du bassin et assure au sacrum une parfaite liberté dans les mouvements de nutation et contre-nutation. En outre, la conjonction des appuis-genoux et des appuis-pieds assure la participation de la réaction anti-gravitaire qui permet un déplacement du point fixe pour ce qui concerne les mouvements de nutation et de contre-nutation. Les engins connus, par contre, et la position gynécologique en lithotomie verrouillent au contraire le sacrum en ne laissant
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mobiles que les deux os coxaux. De plus, deux articulations participent dans ce cas-ci au mouvement : les deux sacro-iliaques.
La position de la parturiente sur le dispositif conforme à l'invention et le concours de la force anti-gravitaire permet le déplacement du point fixe vers les fémurs. Ainsi, quatre os au moins se trouvent-ils en mouvement pendant la biomécanique de l'accouchement : l'os coxal gauche, l'os coxal droit, le sacrum et L5 (+L4, L3, L2,...). De plus, sept articulations au moins participent, au niveau du bassin, à la biomécanique obstétricale : deux sacroiliaques, deux coxo-fémoraux, trois sacro-lombaires en L5-S1 (+L4-L5, L3-L4,....). Ces dispositions permettent une plus grande amplitude des mouvements de nutation et de contre-nutation.
Par ailleurs, comparés à des gouttières qui entravent les mouvements, les appuis-genoux dans le dispositif selon l'invention permettent une stimulation proprioceptive des muscles abducteurs de la hanche.
Ce qui a pour effet de neutraliser le groupe musculaire antagoniste (dans le cas présent, les adducteurs de la hanche) dont la contraction (ou contracture) implique, selon la loi de Sherrington, la contraction des muscles périnéaux, entravant de ce fait le déroulement de l'expulsion.
Conformément à un deuxième aspect de l'invention, les montants antérieurs 13 portent des appuis-pieds à mihauteur environ. Dans le mode d'exécution exemplaire illustré dans les dessins, ces appuis-pieds se
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trouvent combinés aux appuis-genoux 17. Ceux-ci présentent ainsi vers leur extrémité antérieure, une seconde face d'appui 17b inclinée d'un angle aigu par rapport à l'horizontale, par exemple d'un angle de 30 degrés environ. Les faces d'appui 17b permettent à la parturiente d'y poser les pieds en adoptant une posture telle que schématisée à la figure 3.
L'adoption de cette posture est facilitée lorsque la barre d'appui antérieure 15 est amovible et ôtée dans ce cas.
A noter aussi que la barre d'appui 15, lorsqu'elle est amovible, permet au père ou à l'accompagnateur de soutenir la parturiente par devant pendant son effort, quelle que soit la position de la paturiente. Cela permet d'autre part à la parturiente d'adopter une posture qui favorise l'expulsion du foetus par l'avant.
En bref, le dispositif selon l'invention permet à la parturiente d'adopter la posture à la fois la plus adéquate et la plus confortable en fonction de la phase biomécanique de l'accouchement. On sait en effet qu'il n'existe pas de position idéale à prendre par la parturiente pour accoucher car si la rétroversion du bassin facilite l'engagement du foetus dans le détroit supérieur par la diminution de l'angle compris entre les poussées utérines et l'axe du détroit supérieur, il s'ensuit inévitablement un mouvement de nutation sacro-iliaque qui tend à réduire le détroit supérieur. Par contre, un mouvement de nutation est favorable en phase de dégagement du foetus hors du détroit inférieur.
Grâce au dispositif selon l'invention qui laisse à la parturiente une grande autonomie et une
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grande liberté de mouvement, la parturiente peut adapter dynamiquement sa posture tout au long de l'évolution de l'accouchement.
Dans un mode d'exécution particulier, la structure de l'ensemble est réalisée en bois et les appuis fessier, genoux et avant-bras/mains sont revêtus d'une garniture d'habillage, ce qui ajoute au confort d'utilisation du dispositif ainsi qu'à l'impression générale attrayante et sécurisante que procure la vision du dispositif à un moment où la parturiente a particulièrement besoin d'être apaisée.
L'exemple décrit dans ce qui précède est un exemple donné à titre illustratif et l'invention n'est nullement limitée à cet exemple. Toute modification, toute variante et tout agencement équivalent doivent être considérés comme compris dans le cadre de l'invention.