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BREVET D'INVENTION PERFECTIONNEMENTS A LA FABRICATION DES OBJETS CAOUTCHOUTES
PAR PULVERISATION DU LATEX
Il est possible de fabriquer de nombreux objets ou produits industriels en déposant sur un support flexible ou rigide destiné à faire corps aveo ces objets, ou servant seulement de support provisoire pour la fabrication, une certaine épaisseur de caoutchouc obtenue par pulvérisation du latex sur ce support.
En particulier il est possible de fabriquer par ce moyen des tissus imperméables et des tissus élastiques, le latex étant alors pulvérisé sur des tissus appropriés et traités de manière spéciale.
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Dans beaucoup de ces objets, il serait intéressant d'ajouter au caoutchouc des chargea, ainsi qu'il est bien connu dans l'industrie du caoutchouc, soit pour modifier les propriétés de celui-ci, soit pour donner des qualités spéciales aux objets fabriqués, soit pour diminuer le prix de revient.
Mais une difficulté se présente. En effet, alors que l'adjonction de charges au caoutchouc s'effectue aisément, il n'en est pas de même dans le cas où le caoutchouc est obtenu en partant du latex. La plupart des charges déterminent la ooagulation du latex. On ne peut donc lui incorporer que certaines charges spéciales.
La présente invention a pour but d'éviter cet inconvénient et de permettre d'adjoindre au latex des charges quelconques et elle consiste, en principe, à incorporer les charges au latex après que celui-ci est sorti des pulvérisateurs. A cet effet, ces charges, mises en un état de division suffisant, sont appliquées sur le support ou bsserecevant le dépôt de latex en même temps qu'une couche de latex est pulvérisée, ou un peu avant ou après cette pul- vérisation.
L'invention consiste de plus à opérer par applications successives. Les tissus imperméables ou élastiques fabriqués suivant les procédés des demandeurs sont obtenus par des pulvérisations répétées de minces couches de latex séparées par des séchages. Conformément à l'invention, et quelle que soit l'application envisagée, les charges sont appliquées aussi par petites quantités, en plusieurs opérations successives; en particulier, chaque dépôt de latex peut 8tre accompagné d'un dép6t de charges.
Dans le mode d'exécution adopté de préférence,
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les charges très finement divisées sont mises en suspension dans des masses gazeuses ou liquides et amenées en contact avec la surface sur laquelle le latex est déposé. Il est avantageux d'obtenir ce résultat en pulvérisant les oharges au moyen de courants de gaz ou de liquide. Dans oe cas, on juxtapose les tuyères ou buses pour les charges aux pistolets pour le latex. On peut, par exemple, alterner des tuyères pour les charges et des pistolets pour le latex.
Si l'on veut fabriquer des tissus caoutchoutés poreux, on effectue la pulvérisation comme décrit dans le brevet français n 815.283 du 21 mars 1936, c'est-à-dire qu'en même temps que l'on observe des conditions de pulvérisation spéciales, on procède par applications successives, chaque application étant suivie d'un séchage. Dans ce cas, le tissu reçoit chaque fois une mince couche de latex et une petite quantité de charges en poussière ténue qui adhère à la gomme déposée. Le tissu est séché, puis soumis à une nouvelle pulvérisation accompagnée d'un nouveau dépôt de charge et ainsi de suite, Dans ces oonditions, le tissu est recouvert d'une série de couches' très minces de gomme dans chacune desquelles sont enrobées les particules des charges.
La répartition des charges peut, de cette manière, être très régulière et homogène.
Lorsque les charges sont projetées au moyen de pulvérisateurs, les nuages de,poussière ou particules constituées par les charges se mélangent aux nuages de gouttelettes de latex pulvérisé. Il se produit ainsi un très bon brassage et la répartition des charges s'effectue régulièrement. De plus, les paroelles des charges se trouvent collées ou incorporées dans les gouttelettes de latex, avant même d'avoir atteint le tissu ou autre support. @
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Un autre avantage de cette façon de procéder est que les particules de charges, dans le cas où celles-ci ont une certaine densité, alourdissent les particules de latex en suspension dans les courants gazeux qui les entrafnent et facilitent leur précipitation en réduisant les pertes qui pourraient se produire.
L'invention est applicable non seulement à l'application des charges de caoutchouc, mais aussi à celle des autres corps que l'on est amené à ajouter au caoutchouc, tels que les corps activant la vulcanisation, les corps destinés à plastifier le caoutchouc, etc.....
Dans le c'as particulier de la fabrication des tissus caoutchoutés à l'aide de la machine ayant fait l'objet du brevet français du 2 juillet 1937, au nom de MM. Schwartz et Chavannes, il est possible de disposer les tuyères soufflant les charges dans les ouvertures de rentrée d'air qui ont été prévues dans le tunnel parcouru par le tissu après la pulvérisation. L'action de ces rentrées d'air est ainsi augmentée et le rendement amélioré encore davantage.
Avec certaines charges, il devient même possible de supprimer les rentrées d'air qui sont remplacées par les tuyères projetant les charges. Avec d'autres, il est préférable d'avoir une combinaison des deux moyens.
Les charges peuvent être distribuées sur le tissu ou autre support par tous autres organes que des pulvérisateurs. On peut avoir recours à tout moyen oapable de mettre les charges à l'état très divisé en suspension dans un milieu gazeux ou liquide et à diriger celui-ci par des conduits ou ouvertures au voisinage des zones où agissent les pulvérisateurs pour le latex.
L'invention n'est pas limitée à ce mode d'appli-
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cation des charges et peut encore être réalisée au moyen de distributeurs ou encore au moyen de brosses rotatives ou d'organes quelconques plongeant dans des réservoirs contenant les charges en poussière et'les amenant en contact avec le support.
Un autre moyen consiste à mettre les charges dans des tamis à secousses les laissant tomber en poudre fine à la surface des tissus. Des courants d'air ou de gaz sont prévus pour diriger contre le tissu ou support les particules qui tombent et pour empêcher le latex dtatteindre les tamis et de@les obstruer.
L'invention est particulièrement avantageuse dans le cas où la charge utilisée est la poudre de liège.
En effet, tandis que la poudre de liège mise en contact avec des solvants organiques du caoutchouc perd ses qualités, la gomme pénétrant, grâce aux solvants, dans l'intérieur de la cellulose du liège, de sorte que le liège perd son élasticité et ses autres qualités naturelles, au contraire le latex de caoutchouc ne pénètre pas dans la cellulose du liège; il ne Inaltéré pas et le liège conserve toutes ses qualités. Néanmoins, l'union de la poudre de liège et du caoutchouc est parfaite.
Mais si l'on ajoute au latex de la poudre de liège, on détermine la coagulation instantanée du latex.
Grâce à la présente invention, il devient possible de charger le caoutchouc avec de la poudre de liège, le caoutchouc étant cependant déposé par pulvérisation du latex.
L'utilisation du liège comme charge est très intéressante dans diverses industries. En effet, le liège permet aisément le passage des gaz, Des objets dans lesquels le caoutchouc a été chargé de particules de liège offrent @
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une très grande facilité au passage de l'air.
L'utilisation du liège comme charge permet aussi, en augmentant la quantité de liège, de faire des tissus présentant des qualités isolantes remarquables, comparables à celles des étoffes en laine et des fourrures.
La fabrication de ces produits peut être faite par insuflation de poudre ou farine de liège sec, les tuyères ou buses de pulvérisateurs étant placées avant les pistolets pour le latex, ou au même niveau, ou après, à une certaine distance. On obtient sur le tissu une surface de nature un peu spongieuse, composée de globules de caoutchouc et de particules de liège.
On peut aussi émulsionner la poudre de liège avec un liquide ne ooagulant pas et la gardant en suspension.
Dans cet état, la poudre de liège est projetée avant,pendant ou après la pulvérisation du latex.
Enfin, le liège peut être émulsionné dans un liquide contenant les produits activant la vulcanisation ou les composants nécessaires pour plastifier le caoutchouc.
A titre d'exemple, on a représenté dans le dessin annexé une machine pour la réalisation du procédé. Cette machine est semblable à celle du brevet du 2 juillet 1937, mais elle comporte de plus un dispositif distributeur de charge, par exemple, de la poudre de liège -D- placé au-dessus des pulvérisateurs de latex r. Ce. distributeur peut consister comme représenté fig. 2, en une trémie 10, fig. 2, dans laquelle se trouve un agitateur 11. Le fond de cette trémie est occupé par un cylindre cannelé 12, qui tourne par exemple dans le sens de la flèche. Les extrémités ihférieures des parois de la trémie font joint, aussi exactement que possible, avec les parties saillantes des cannelures.
Les creux consti-
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tuent des logements qui se remplissent de la poudre de liège 13 et la déversent dans le tunnel C. A ce moment, elles rencontrent le courant d'air ou de gaz montant 14 qui les entrafne et les projette sur le tissu.
D'autre part, la maohine comprend des rouleaux de oalandrage qui sont disposés en 15,16, 17, On a représenté dans le dessin trois rouleaux; mais on pourrait aussi n'avoir qu'une paire de rouleaux de calandrage.
Le tissu m, dont les extrémités sont provisoirement réunies, forme une bande sans fin qui circule succes- sîvement dans la chambre de pulvérisation P, le tunnel C, le séchoir S et passe ensuite entre les rouleaux 15,16 et 17.
Le nouveau procédé peut être réalisé, non seulement avec le latex de caoutchouc, mais aussi avec dtautres latex plus ou moins voisins, ou des compositions équivalentes,
De même, la poudre de liège pourrait être remplacée par d'autres poudres légères, plus ou moins analogues et, d'une manière générale, par toute matière finement divisée prenant ou recevant lors de la pulvérisation ou projection la même charge électrique que le tissu.
Conformément à l'invention, on peut incorporer au caoutchouc de nombreuses autres charges, notamment des corps minéraux tels que le kaolin, la craie, la lépidolithe ou musaovite, le talc, etc...... ou des mélanges de ces corps.
On peut encore utiliser comme charge des corps organiques tels que poussière de plumes, débris de fibres animales, poussières végétales, poussières de bois.
Au lieu de faire des mélanges de certaines des charges ci-dessus, on peut projeter ces charges successivement; par exemple, on peut projeter d'abord une charge miné- rale et terminer par une charge animale ou végétale.