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BREVET D'INVENTION "FILE OU MECHE D'AMIANTE"
La présente invention est relative à un filé ou mèche d'amiante, en particulier destiné à être utilisé dans la fabrication de conducteurs électriques isolés. Elle vise à établir, à titre de produit industriel nouveau, un filé ou mèche continu de fibres d'amiante ne contenant pas de ma- tière combustible et possédant une résistance mécanique et une cohérence suffisantes pour permettre son application autour d'un conducteur électrique par l'opération de guipage ou d'enroulement habituellement appliquée pour poser des revêtements isolants en amiante sur les conducteurs de ce genre.
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Il avait jusqu'ici été nécessaire de combiner d'au- tres types de fibres avec des fibres d'amiante pour convertir celles-ci en une mèche ou filé destiné à être utilisé dans l'application de revêtements isolants sur des fils métalli- ques et câbles. Cette nécessité résulte des caractéristi- ques inhérentes de l'amiante, telles que le caractère rec- tiligne (manque de boucles ou vrilles), le caractère régu- lier (manque de crochets ou de boutons) et le caractère glissant (dû à la présence de poussières à la surface des fibres), lesquelles caractéristiques empêchent les fibres d'amiante d'adhérer les unes aux autres pendant les diverses manipulations qu'entraînent la fabrication du filé d'amiante, sa manutention subséquente et sa pose sur des conducteurs électriques.
Le coton avait jusqu'ici principalement été utilisé pour constituer l'autre type de fibre dans la fabrication des filés ou mèches en amiante. Les fibres de coton possè- dent les caractéristiques nécessaires pour pouvoir adhérer les unes aux autres et aux fibres d'amiante et pour pouvoir ainsi se comporter à la façon d'un support ou véhicule dans les opérations de cardage et de filage, et à la façon d'un agent de renforcement dans le filé ou mèche fini. D'autres fibres organiques ont aussi été utilisées avec quelque succès, mais le bon marché du coton et le fait qu'il est facile de se le procurer ont rendu presque universelle son utilisation pour le but envisagé. Le pourcentage de coton ..ajouté varie avec la qualité de l'amiante mais est habi- tuellement compris entre 5% et 20%.
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Du point de vue de l'isolement électrique, l'appli- cation du coton (ou de toute autre fibre organique), que ce soit sous forme de fibres libres mélangées avec les fibres d'amiante ou sous forme d'un fil de support et de renforce- ment, présente un inconvénient marqué da au fait que cette matière est incapable de résister aux températures élevées sans se carboniser et former ainsi une matière conductrice au lieu d'une matière isolante. Le coton (ou autre fibre organique) dégage aussi une fumée et une odeur indésirables pendant qu'il est initialement soumis à une température élevée, ce qui occasionne des ennuis et des plaïntes de la part des usagers dans le cas des appareils et ustensiles ménagers (réchauds, gaufriers, grille-pain, etc. ) équipés avec du fil isolé par un filé ou mèche d'amiante contenant des fibres organiques.
La demanderesse a découvert que les fibres d'a- miante adhèrent à des filaments ou fibres en verre filé avec une ténacité suffisante pour qu'une couche de fibres d'amian- te puisse être disposée autour d'un fil de verre et adhérer à ce fil. Le filage ou l'étirage de filaments ou fibres de verre à partir de verre fondu est effectué à peu près de la même manière que le filage des solutions à base de cellulose dans la fabrication de la rayonne. Le filament ou fibre de verre est comparable, en ce qui concerne sa grosseur (dia- mètre), avec le filament de rayonne. Il est solide et fle- xible, mais il est incapable de résister à des coudes brus- ques ou vifs sans se rompre.
On tord un groupe de filaments ou fibres de verre filés par des moyens bien connus pour en constituer un fil qui est approximativement aussi flexible
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qu'un fil de coton de même grosseur, mais qui possède appro- ximativement le double de résistance mécanique.
Sur la base de cette découverte, le filé ou mèche d'amiante suivant l'invention est composé d'une masse de fibres d'amiante qui est disposée autour d'un fil flexible composé de filaments ou fibres tordus en verre ou matière vitreuse incomoustible équivalente et qui adhère à ce fil.
La figure unique du dessin annexé représente sché- matiquement une façon d'établir le filé ou mèche d'amiante faisant l'objet de cette invention.
Sur ce dessin, 2 désigne un fil composé de filaments ou fibres de verre tordus (arrivant de toute source appropriée, telle qu'une bobine ou organe analogue non représenté), ce fil étant tiré longitudinalement et centralement sur la surface supérieure d'une courroie ou transporteur 6 pourvu de nervures transversales 7. Un ruban 8 composé de fibres d'amiante cardées est déposé sur le fil de verre . Ce ruban 8 est détaché par un peigne 9 du rouleau détacheur 10 d'une carde. Le ruban 8 possède une largeur qui est un grand multi- ple du diamètre du fil 2 et déborde sur ce dernier de chaque côté à l'endroit où le ruban et le fil quittent la courroie 6.
En quittant la courroie 6, le ruban et le fil passent ensemble à la même vitesse entre des courroies boudineuses 11 et 12 à proximité immédiate de l'extrémité de sortie de la cour- roie 6. Les courroies boudineuses possèdent un mouvement d'entraînement longitudinal et de va-et-vient latéral. Le mouvement de va-et-vient produit un roulement du ruban d'amiante autour du fil de verre. De cette façon, l'action des courroies boudineuses est d'envelopper le ruban entière- ment autour du fil, et un nombre important des fibres
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d'amiante du ruban adhèrent aux filaments du fil.
Le produit quittant les courroies boudineuses est la mèche suivant l'invention, dans lequel le fil de verre constitue une âme centrale à l'intérieur d'un corps sensiblement circulaire composé de fibres d'amiante entrelacées et plus ou moins condensées qui adhèrent au fil et entre elles avec une téna- cité suffisante pour permettre à la mèche d'être enroulée, puis manutentionnée et utilisée en substance comme on l'a fait jusqu'à ce jour avec une mèche d'amiante contenant des fibres de support organiques. On convertit cette mèche en un filé par des opérations de torsion réalisées selon la pra- tique bien connue dans l'industrie textile.
Le fil de verre peut être fait de filaments con- tinus ou de filaments ou fibres plus courts, et l'on entend ici par "filaments" à la fois un filament continu de grande longueur et un filament ou fibre relativement court. Pour fabriquer un fil de verre composé de filaments ou fibres courts, par exemple de 30 à 45 cm de longueur, une série de ces fibres sont recueillies et condensées sous forme d'un ruban, ce qui s'obtient en tirant la série de fibres à travers un guide en forme d'oeillet. On tord alors ce ruban pour le convertir en un fil ou filé sur le métier à retordre à anneaux habituel, et le fil ou filé résultant est pourvu sur toute sa longueur de fibrilles ou bouts saillants qui sont en réalité les extrémités des filaments individuels.
Les fibrilles saillantes contribuent à retenir les fibres d'amiante contre le fil de verre et empêchent efficacement le glissement longitudinal du groupe de fibres d'amiante le long du fil. Le fil de verre est fait de filaments continus
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par un procédé consistant à étirer le verre fondu sous forme d'un filament continu, à assembler un groupe de ces filaments en nombre suffisant pour constituer la grosseur de fil dési- rée et à tordre le groupe de filaments avec un long pas de torsion pour empêcher l'étalement des filaments et assurer l'obtention d'un fil fini de section transversale approxima- tivement circulaire.
Le filé ou mèche d'amiante suivant l'invention ne contient pas de matière organique ou combustible et possède une résistance mécanique qui suffit amplement pour satisfaire à toutes les conditions qui interviennent pendant l'applica- tion du filé à titre d'agent d'isolement sur des fils métalli- ques ou câbles. Lorsque des fils et câbles isolés à l'aide de la présente mèche ou filé d'amiante sont soumis à des températures élevées, ils n'émettent pas de fumée ou d'odeur et, même lorsqu'ils sont soumis à des températures si élevées qu'elles carboniseraient le coton, on ne constate d'effet nuisible ni sur le verre, ni sur l'amiante.
Sous des tempé- ratures extrêmement élevées, le verre est susceptible de s'amollir ou de fondre, mais comme il n'y a pas de matière carbonisable présente, il n'y a pas non plus de détérioration du point de vue électrique.
Le filé ou mèche d'amiante qui fait l'objet de cette invention peut avantageusement être utilisé dans la fabrica- tion de produits tissés, tricotés, feutrés ou tressés dans lesquels on a besoin d'amiante en raison-de sa résistance à la chaleur ou aux attaques chimiques et dans lesquels l'asso- ciation du coton ou d'une autre matière organique avec
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l'amiante serait préjudiciable ou dans lesquels la nécessité d'éliminer les matières organiques de ce genre exigerait l'utilisation de sortes très coûteuses de fibres d'amiante et des procédés spéciaux qui rendraient presque prohibitif le prix de revient.
En pareils cas, l'utilisation du filé ou mèche d'amiante suivant l'invention permet de fabriquer les produits susmentionnés par des procédés ordinaires et effi- caces et sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à des qualités particulièrement bonnes d'amiante ou à des procédés de fabrication spéciaux.