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Procédé perfectionné pour préserver les fourrures des mites.
La présente invention procure un procédé nouveau et perfectionné pour préserver les fourrures des mites.
Les procédés connus sont habituellement basés sur l'un ou l'autre des deux principés suivants: ils peuvent enlever aux mites 1' envie de pondre leurs oeufs dans la fourrure, par exemple en confé- rant à celle-ci une odeur éloignant les mites, ou bien ils peuvent avoir pour effet de tuer les larves, ou au moins d'arrêter leur croissance, en empoisonnant ou en rendant indigeste la fourrure.
Tout procédé de préservation anti-mites, qui n'implique qu'un de ces principes, présente une insuffisance grave. Les mites peuvent pondre leurs oeufs, et elles les déposeront dans une four- rre même traitée en vue de les éloigner, s'il n'y a aucun autre
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objet appropria sur lequel elles puissent les pondre. Si la fourrure n'est pas en même temps rendue nocive pour les larves des mites, les larves se développant des oeufs pondus dans ces conditions endommageront la fourrure et mûriront normalement pour se transformer en une nouvelle gencration de mites. D'autre part, un procédé ayant pour effet uniquement d'empoisonner la fourrure à l'égard des larves ne peut entrainer leur mort avant qu'elles n'aient mangé un peu. de la fourrure, c'est-à-dire n'aient causé un certain dommage.
Certain procédés de préservation anti-mites, qui sont basés sur l'empoisonnement des larves, ont en réalité pour effet de rendre la fourrure plus attrayante pour les mites que la fourrure non traitée.
Un avantage de la présente invention est de procurer un procédé, qui a pour effet, à la fois, de diminuer l'attirance de la fourrure pour les mites et de conférer à la fourrure la pro- priété de tuer les larves de la mite ou d'en empêcher la croissan- ce et le développement. Un autre avantage de l'invention réside en ce que le procédé par lequel on traite la fourrure conformément à la présente invention a en même temps pour effet de "pickler" la peau et peut ainsi être employé au lieu du traitement habituel de tannage dit "picklage" préalablement à la teinture de la fourrure.
Suiva.nt l'invention, on immerge la fourrure, durant sept heures au moins, dans une solution aqueuse de formaldéhyde ayant une concentration de sel suffisante pour empêcher la peau non tannée de gonfler et qui a été acidifiée jusqu'à un pH ne dépas- sant pas environ 2,5, de préférence égal à environ 0,5. On lave ensuite les fourrures de manière à les débarrasser de l'excédent , de formaldéhyde et on les sèche.
Pour mettre l'invention à exécution, la solution saline employée peut avantageusement être une solution d'un chlorure, sulfate ou phosphate, facilement solubles, par exemple une solu- tion de chlorure de sodium, de potassium, de magnésium, d'aluminium, de calcium ou d'ammonium ou une solution de sulfate de sodium, de
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potassium, de magnésium, d'aluminium ou d'ammonium. La concentra- tion de sel ne doit pas être inférieure à environ 15% et est de préférence d'au moins 20% 'calculés par rapport à la quantité totale de sel et d'eau présents, et elle ne doit pas en tout cas être in- férieure à environ 1,5 molécule-gramme par litre de la solution prise dans son ensemble.
L'acide employé peut être l'acide sulfurique, phosphôri- que, chlorhydrique, acétique, lactique, oxalique ou citrique. Des concentrations élevées de certains acides, notamment des acides sulfurique et chlorhydrique, ont pour effet d'endommager la fourrure, mais on a constaté que lorsque la teneur en sel est suffisante pour empêcher la peau non tannée de gonfler, il est possible d'acidifier la solution à l'aide de ces acides jusqu'à un pH même notablement inférieur à 2,5 sans endommager sensiblement la fourrure. Un pH d'environ 0,5 convient d'ordinaire très bien pour la solution employée conformément à la présente invention.
L'acide nitrique a pour effet de decolorer le poil de la. fourrure et ne peut être employé que lorsque cette décoloration n'est pas indésirable. La concentration effective minimum d'acide varie avec le sel employé; par exemple, avec une solution saturée de chlorure de sodium, le pH peut être atteint, à 35 C., par l'addition de moins de 5% d'acide chlorhydrique, calculés par'rapport au poids d'acide et d'eu présents, mais avec une solution trois fois nor- male de sulfate d'ammonium, il est nécessaire d'ajouter au moins 22% d'acide sulfurique avant que le pH à 35 C. tombe à 2,5.
La concentration de la.formaldéhyde n'est de préférence pas inférieure à environ un demi pour-cent et peut ne pas dépasser environ 10% calculés par rapport à la somme des quantités d'eau et de formaldéhyde présentes.
Le traitement doit durer plusieurs heures : le cas de la fourrure de lapin, l'effet de préservation anti-mitesd'un trai- tement poursuivi pendant sept heures à 35 C. est satisfaisant, mais on obtient des résultats exceptionnellement favorables en traitant
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la fourrure, à 35 C., pendant un laps de temps compris entre 16 et 48 heures. Il s'avère qu'un traitement ultérieur a pour effet de diminuer le degré auquel la fourrure est preservée des mites.
Le traitement peut être exécuté à la température atmosphérique ou à une température un peu plus elevée.
Si la fourrure doit être teinte, il est préférable de ne pas la. laver après l'avoir retirée de la solution anti-mite mais d'eliminer la majeure partie de la solution sans la diluer, par exemple la centrifuger, et humecter ensuite au moyen d'un liquide gras le côté chair de la peau et sécher la fourrure alors que la liqueur résiduelle du bain y adhère encore, puis nettoyer la fourrure à l'aide d'une matière solide telle que la sciure de bois. La fourrure est alors prête à être teinte, l'excédent de formaldéhyde étant éliminé par lavage dans le bain de teinture.
Une telle manière de procéder ne doit pas être observée avec les acides qui se concentrent au cours du séchage jusqu'à ce que leur concentration devienne suffisante pour endommager sensiblement la fourrure, mais on peut bien procéder de cette manière quand l'acide employé est l'acide chlorhydrique ou sulfurique et que le sel est un chlorure. ,
Il est à remarquer que l'efficacité de la préservation anti-mites, réalisée par le procédé conforme à l'invention, est notablement supérieure à celle résultant d'un traitement au moyen de formaldehyde avec un pH plus élevé, employé couramment dans le tannage à la formaldéhyde. Le traitement peut être appliqué avant ou après que les peaux ont été tannées, et dans certains cas un tnnage devient inutile, etant donne que le procedé produit lui- même un effet de tannage.
Le traitement peut être appliqué tant aux fourrures teintes qu'aux fourrures ncn teintes et dans ce cas, après le traitement de préservation anti-mites, ,on peut laver les fourrures et les sécher par evaporation.
L'invention est illustrée ci-après par les exemples sui- vants dans lesquels les parties indiquées sont des parties poids:
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EXEMPLE 1.-
A 240 parties d'une solution de chlorure de sodium à 26% on ajoute 9e3 parties d'une solution diacide chlorhydrique à
31,45% et 7,3 parties d'une solution de formaldéhyde à 40%. Dans la solution qui en résulte on met la moitié d'une peau de lapin fraîche avec poils et on immerge le tout dans un thermostat à
35 C., pendant deux jours. Au bout de ce laps de temps on enlève la peau et on la lave à fond à l'eau droide. Puis on étale et on cloue la peau sur une planche et on la sèche soit à la température ordinaire, soit en soufflant dessus de l'air chaud.
Si l'on place alors sur cette fourrure des larves de la mite qui attaque les vêtements (tineola bisselliella hum.) on constate qu'elles ne prospèrent guère, tandis que des larves de la même espèce placées sur une peau similaire qui a été traitée simplement dans une solution de chlorure de sodium à 26% se dé- veloppent normalement en mites adultes. C'est ainsi que de 15 lar- ves placées sur une fourrure traitée de la façon susindiquée, une seule larve de taille en-dessus de la moyenne survécut au bout de
32 jours, et le dégât causé à la fourrure fut évalué à 16,7%.
Dans le même laps de temps les larves placées sur la fourrure traitée uniquement par une solution de chlorure de sodium se développèrent en huit larves complètement grandies, cinq grandies à moitié et
7 mites, tandis que le dégât causé à la fourrure fut évalué à 87,3%.
La fourrure peut être tannée subséquemment à l'alun.
EXEMPLE II.
On prépare deux solutions : - l'une en ajoutant 10 centime- tres cubes de formaldéhyde à 40% et 10 grades de AlCl3 à 450 cen- timètres cubes d'eau, l'autre en ajoutant 16 centimètres cubes de HCl concentré et 13 centimètres cubes de formaldéhyde à 40% à 400 centimètres cubes de solution saturée de NaCl. La première solution a un pH d'environ 3,5, mesuré à l'aide d'une électrode en verre, tandis-que la seconde a un pH inférieur à 2,5. On prend deux peaux de lapin charnues et on immerge chacune, pendant 48 heures, à 35 C,
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dans une des solutions ci-dessus. Au bout de ce laps de temps on les retire du bain, on les lave, on en élimine la majeure partie de l'eau dans un appareil centrifuge, on les humecte au moyen d'un liquide gras, on les sèche et on les repasse au fer à 200 C.
On coupe de chacune des peaux de lapin traitées quatre carrés identi- ques qu'on dispose chacun dans un plateau Petri avec 20 larves de la mite attaquant les vêtements. Après avoir tenu les carrés à 25 C. pendant quatorze jours, on les examine et on compte sur chacun le norabre de larves vivantes et mortes. On ne trouve pas de mites. Puis on peigne les carrés pour enlever les poils qui ont été attaqués par les larves et on pèse ces poils. On tond ensuite les ca.rrés et on pèse le restant des poils. On évalue le dégât causé à chaque carré en comparant le poids des poils enlevés par le peigne au poids total des poils retirés de la fourrure.
Les carres coupes de la peau qui a été traitée dans le bain de formaldéhyde et de chlorure d'aluminium montrèrent qu'en moyenne 38% des larves originelles étaient demeurées vivantes et que 19% étaient mortes, tandis que sur les carrés traités dans le bain de formaldéhyde, d'acide et de sel de cuisine, 6% furent trouvées vivantes et 50% mortes. La tendance au cannibalisme de ces larves explique probablement le fait que le nombre de larves vi- vantes et mortes trouvé fût inférieur au nom de larves primitive- ment placées sur la fourrure. Le dégât moyen causé aux carrés tr@ités dans le bain de formaldéhyde et de chlorure d'aluminium fut de 21%, tandis que ceux traités dans l'autre bain n'accusèrent qu'un dégât de 12%.
EXEMPLE I
On prepare quatre bains contenant 400 centimètres cubes de solution saturée de NaCl et 13 centimètres cubes de solution de formaldéhyde. On laisse non-acidifié un de ces bains, mais on ajoute aux trois autres des quantités différentes d'acidechlorhy- driclue pour amener le pH dans un bain à 9,5, dans le deuxième bain - à 5,5 et dans le troisième bain en-dessous de 2. On immerge ensuite
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quatre peaux de lapin charnues, pendant 48 heures, dans les quatre bains respectivement et on les essaie au point de vue de leur faculté de préservation anti-mites par le procédé décrit à l'exemple 2. Le dégât causé à la fourrure traitée à un pH inférieu- re à 2 fut de 16,7%.
Dans l'échantillon traité dans le bain avec un pH de 5,5 le dégât causé à la fourrure était de 69,9%, tandis que la peau traitée à un pH de 9,5 accusait un dégât de 82,7% et celle traitée dans le bain non acidifié accusait un dégât de 87,3%.
Des larves provenant de la fourrure traitée à un pH infé- , rieur à 2, 12% seulement étaient demeurées vivantes et ces larves avaient à peine grandi durant leur séjour sur la peau, tandis que les autres peaux montraient des larves complètement développées et un nombre considérable de mites.
EXEMPLE IV.-
On prépare un bain de formaldéhyde, de sel de cuisine et de HCl, pris dans les proportions indiquées à l'exemple 2. On dis- pose dans ce bain cinq peaux de lapin et on le maintient à 35 C.
On enlève-une de ces peaux après 7 heures d'immersion, une autre après 16 heures, une troisième après 24 heures, une quatrième après
31 heures et la cinquième après 48 heures. Puis on lave ces peaux, on les sèche et on les repasse au fer à environ 200 C., et on les soumet alors aux épreuves du pouvoir de préservation anti-mites de la manière décrite explicitement à l'exemple 2.
La fourrure traitée pendant 7 heures accusa un dégât de 23% avec 10% du nombre primitif d'insectes laissés en vie,celle traitée pendant 16 heures accusa
10% de dégât avec 3% des insectes d'origine laissés en vie, celle traitée pendant'24 heures accusa 13% de dégât avec 4% des insectes d'origine laissés en vie, celle traitée pendant 31 heures accusa 7% de dégât avec 1% des insectes d'origine laissés en vie, et celle traitée pendant 48 heures accusa 13% de dégât avec 10% des insectes d'origine laissés en vie.