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Produit à saupoudrer pour la destruction des larves d'anophèles, sui- vant la méthode, par saupoudrage, dans la lutte contre la malaria ------------
On sait qu'il a été péremptoirement constaté que la malaria, ou fièvre paludéenne, est propagée par le moustique du genre des anophèles. Pour cette raison on s'est occupé avec la plus grande attention de la lutte contre les moustiques propagateurs de la fiè- vre paludéenne. On opère déjà, avec succès, la destruction des lar- ves d'anophèles suivant la méthode par saupoudrage, en particulier suivant la méthode au vert de Schweinfurt ou acéto-arsénite de cui- vre. A cet effet le vert de Schweinfurt est mélangé, c'est-à-dire dilué, avec de la poussière indifférente qui flotte à la surface de l'eau.
Comme les larves d'anophèles sont en contact par leur corps entier, donc aussi la tête, avec la surface de l'eau, toutes les substances, vivantes et non vivantes, se trouvent à la surface de l'eau, entrent dans les remous d'eau produits par les organes .tour- billonnaires des larves, et avec les dits remous, dans la bouche de la larve. Un mélange comprenant 1 à 2 parties de vert de Schweinfurt sur 100 parties d'agent de flottage s'est avéré utile en donnant de bons résultats.
Cependant, les agents pulvérulents ou poussiéreux utilisés jusqu'à présent, tels que l'argile, la glaise, la poussière de rue, le tuf ou trass, le sable, le kieselguhr, conviennent'mal comme agents de flottage, même dans un état de division extrêmement:fine.
Les poisons, comme le vert de Schweinfurt, l'arséniate de calcium et leurs mélanges avec les diluants pulvérulents susmentionnés sont spécifiquement plus lourds que l'eau, par conséquent ils vont au fond après peu de temps, d'ou. il s'ensuit que leur efficacité n'est que de courte durée. Par suite de leur caractère hydrophile, aussi bien ces diluants que le poison employé sont facilement humectables à l'eau. Cette propriété accélère également la submersion. D'autres agents de flottage sont beaucoup trop coûteux et excluent läpplica- tion de la méthode par saupoudrage, par exemple, le mélange mécani- que de vert de Paris avec du stéarate de calcium ou d'aluminium.
On a également essayé de conférer aux poisons insolubles ou difficile- ment solubles, comme les sels de l'acide arsénique ou de l'acide ar- sénieux, la flottabilité sur l'eau en les enrobant d'une couche d'hui- le, de graisse, de cire ou de résine, par exemple, en imprégnant de l'arséniate de calcium ou du vert de Schweinfurt avec une solu- tion de colophane dans du benzène et en le séchant ensuite. Cette méthode, qui repose sur l'emploi des poisons en poudre à l'état pur et rendus flottants, est également trop coûteuse pour la pratique.
Suivant un autre procédé ultérieur la préparation d'un produit exté- minateur de larves consiste en ce qu'un mélange de vert de Paris et /-\de -carbonate de calcium ou de carbonate de magnésium précipité est
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rendu flottant au moyen de 1 à 2% d'acide gras, par exemple d'acide stéarique, respectivement au moyen de graisse animale, comme le suif, faisant office d'agent réfractaire à l'eau. La préparation s'opere en introduisant le mélange de carbonate de calcium et de vert de Paris dans une émulsion d'acide stéarique ou de suif et, après élimination totale de l'eau, en séchant le mélange à 220 jus- qu'à 240 pour le broyer finalement.
La préparation s'opère aussi suivant le procédé à sec, en chauffant le mélange de carbonate de calcium, de vert de Paris et d'acide stéarique à 140 jusqu'à 160 .
Du carbonate de calcium ou ou carbonate de magnésium précipités, comme matières de départ, sont toutefois déjà trop coûteux pour la méthode par saupoudrage et il semble qn outre que leur emploi est limité à ce procédé.
La. présente invention a pour objet la préparation d'un agent ou produit à saupoudrer excellent qui est non seulement bon marché mais qui, avant tout, flotte très longtemps sur l'eau en restant uniformément réparti à la surface de cette dernière. Sui- vant l'invention la préparation consiste à précipiter dans une sus- pension aqueuse de talc moulu à une extrème finesse, sur les parti- cules de talc un sel métallique de l'acide oléique ou des acides gras supérieurs, de l'acide résineux, de l'acide cérotique ou des acides naphténiques,par exemple, de l'oléate d'aluminium, du pal- mitate d'aluminium, du stéarate d'aluminium/du résinate d'alumine, du naphténate d'aluminium, en une quantité de 1,2 à 3%, ce sel mé- tallique entourant ou enrobant les dites particules, sous forme d'une pellicule hydrophobe,
et les rendant réfractaires à l'eau et flottants après déshydratation, lavage et séchage modéré à en- viron 60 .
Vis-à-vis de l'état connu de la technique le présent pro- cédé diffère par le fait que l'état hydrophobe est obtenu sur base chimico-colloldale par réaction de surface, alors que suivant les procédés connus jusqu'à présent c'est soit le poison, soit le carbonate de calcium ou le carbonate de magnésium précipités qui est rendu flottant par des processus physico-chimiques.
Alors que, suivant le présent procédé, les matières de départ utilisées, les sels alcalins de l'acide oléique ou des acides gras supérieurs, des acides résineux, cérotique ou naphténiques, ainsi que lessels em- ployés pour la précipitation, sont solubles dans l'eau et sont em- ployés en solutionaqueuse, les agents connus jusqu'ici, qui sont réfractaires à l'eau, tels que l'acide stéarique, le suif, la cire, les résines, sont employés à l'état fondu ou en émulsion, ou avec un solvant organique convenable.
EXEMPLE.
1.- 100 kg de poudre de talc sont mis en suspension dans 400 litres d'eau et sont additionnés de 75 litres d'une solution chaude de savon à 2%. On laisse agir sous agitation, pendant en- viron 20 minutes et on y ajoute ensuite 100 litres d'eau d'une solu- tion chaude de sulfate d'aluminium renfermant 2,25 kg de sulfate d'a- luraine. Après la déshydratation au filtre-presse ou à l'entonnoirfiltre, lavage réitéré à l'eau,et séchage a 60 , la poudre de talc est devenue hydrophobe, réfractaire à l'eau et flottante. Au lieu de 1,5 kg de copeaux de savon, nécessaires à la préparation de la solution de savon, on peut employer la même quantité d'oléate de so- dium, de stéarate de sodium, de palmitate de potassium, de naphté- nate de sodium ou de résinate de sodium.
On obtient les mêmes pro- priétés en traitant la suspension aqueuse de la poudre de talc avec une solution de savon résineux, telle qu'employée dans la fabrica- tion du papier, et en précipitant le résinate d'alumine avec une solution d'alun ou de sulfate d'aluminium, la résine restante, non saponifiée, émulsionnée, pouvant, dans ce cas, renforcer, par une réaction de surface, les propriétés hydnophobes des particules de ni=,
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2.- On traite dans un agitateur électrique ou dans un tur- bo-mélangeur la suspension de 100 kg de talc dans 400 litres d'eau avec 10 litres d'une solution de savon résineux renfermant 3 kg. de résine, on ajoute, pour l'enrobage par précipitation, 45 litres d'une solution d'alun qui renferme 4,5 kg d'alun et l'on procède ensuite comme dans l'exemple 1.
Par le traitement dans l'agitateur électri- que ou dans le turbo-mélangeur l'établissement des propriétés hydro- phobes est encore amélioré, comparativement au traitement dans un agitateur mécanique ordinaire.
La poudre de talc, préparée suivant le présent procédé, possède, par suite de ses propriétés hydrophobes, réfractaires a l'eau, une flottabilité tellement élevée qu'on peut la mélanger avec une quantité de jusqu'à 10% du poison connu, tel que le vert de Schweinfurt ou l'arséniate de calcium, sans diminuer ou compromet- tre la flottabilité, donc sans qu'une partie du talc hydrophobe, ou une partie du poison hydrophile, n'aille au fond. Les particules de talc préparées présentent, au point de vue-flottabilité, des proprié- tés presque égales à celles du. stéarate d'aluminium ou du stéarate de calcium pur.
En outre, on a fait la constatation surprenante qu'en ap- pliquant au talc le procédé, connu en soi, de la précipitation d'un savon métallique sur des substrata, la flottabilité et l'apti- tude à l'usage en qualité d'agent de saupoudrage sont améliorés avec le talc à un point tel, vis-à-vis d'autres diluants, comme le kieselgunr, le feldspath, etc., traités suivant le même procédé, que la poudre de talc hydrophobe, intimement mélangée au poison, par exemple au vert de Schweinfurt, flotte, en répartition parfaitement
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uniforme à la surface delleaùsai:
15jam.-dslaisser des endroits libres, plus ou moins grands, à la surface d'eau, contrairement à d'autres matières, comme le kieselguhr, le feldspath,rendus flottants sui- vant le même procédé mais qui n'ont pas ces propriétés, s'agglomé- rant, au contraire, plus ou moins à la surface de l'eau et entrai- nant ainsi la formation d'endroits libres sur cette dernière. Si l'on utilise comme agent à saupoudrer le mélange à base de talc préparé suivant le présent procédé, la destruction des larves d'ano- phèles est par conséquent complète.
Etant donné que les eaux contaminées par les anophèles sont souvent riches en herbes et en plantes, uné partie de la poudre reste, pendant le saupoudrage, suspendue a ces végétaux. Il faut par conséquent enlever ces derniers avant le traitement. Ce désherbage des fossés et des marécages, ainsi que des bords des étangs, deman- de souvent une main-d'oeuvre très coûteuse. Par suite des proprié- tés très hydrophobes de'l'agent à saupoudrer, préparé suivant le présent procédé, les particules adhèrent très mal ou pas du tout aux végétaux et la chmte des particules restantes est favorisée dé- jà par un léger souffle de vent.
Avec la faible teneur en poison on n'a pas à craindre de lus nuire, aux animaux supérieurs vivant dans l'eau. De même, on n'a plus besoin de compter avec les conditions atmosphériques, parce que, par suite delà permanence de la flottabilité, l'influence de la- pluie et du vent sur la répartition uniforme et sur la submersion n'est pas aussi forte que dans le cas des agents ou produits à sau- poudrer connus et employés'jusqu'à présent.
Lorsqu'on emploie, au lieu'du talc, d'autres substrata, comme la craie, le kaolin,; lavés ou calcinés, des annalines, on obtient les mêmes propriétés hydrophobes au point de vue flottabili- té et au point de vue pouvoir absorbant pour le poison, à côté d'une répartition uniforme à la surface de l'eau, par exemple de la matiè- re traitée, mélangée avec du vert de Schweinfurt, sans formation
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d'endroits libres ou découverts à la surface de l'eau, ainsi que des avantages similaires au point de vue mauvaise adhérence aux vé- gétaux aquatiques,mais il faut toujours donner la préférence au talc.
REVENDICATIONS S ---------------------------
1.- Procédé de préparation d'un produit à saupoudrer, con- tre les larves d'anophèles, caractérisé en ce qu'on précipite sur de la poudre de talc en suspension aqueuse un sel métallique de l'acide oléique ou des acides gras supérieurs, de 1''acide résineux, de l'acide cérotique ou des acides naphténiques, par exemple de l'oléate d'aluminium, du palmitate d'aluminium, du stéarate d'alumi- nium, du résinate d'alumine, du naphténate d'aluminium, en une quan- tité de 1,2 à 3%, ce sel métallique entourant ou enrobant les par- ticules de talc sous forme d'une pellicule hydrophobe et les rendant réfractaires à l'eau et flottantes après déshydratation, lavage et séchage modéré à environ 60 ,
après quoi la poudre de talc trai- tée est intimement mélangéeau poison, par exemple du vert de Schwein- furt ou de l'arséniate de calcium.