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Pour le passage de conduites à gaz par dessus les rivières, canaux etc., on se servait à ce jour de ponts-route ou ponts- rails existants, auxquels on fixait les conduites. Lorsque de tels ponts faisaient défaut, on était obligé de construi- re des ponts spéciaux pour les passages des conduites., et qui servaient d'appareil porteur pour celles-ci. Dans le but d'é- conomiser un tel appareil, on a déjà. proposé de suspendre la conduite à. un câble tendu au-dessus du cours d'eau.
Toutefois.,
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comme les conduites à gaz comportent en général des parois assez minces, ce genre de traversée n'est pas assez rigide et donc pas de nature à soustraire les joints soudés de la conduite aux tensions nuisibles dues aux vibrations. Par con- séquent, cette proposition n'a pas trouvé une application étendue.
Selon l'invention, la conduite à gaz, constituée par des tronçons de tube individuels assemblés par soudure, représen- te l'élément porteur d'une arche de pont constituée de préfé- rence comme arche à plusieurs points d'articulation, de pré- férenoe deux. Eu égard aux tensions latérales dues à la pous- sée du vent., notamment dans les grandes portées., le moment d'i- nertie de la conduite ne suffira généralement pas à lui seul pour soustraire les joints soudés aux effets nuisibles. A ce propos il convient de tenir compte du fait que., conformément aux règlements officiels (DIN 2470(11) D 4), de telles soudu- res ne doivent pas supporter une charge supérieure à 5 kg/mm2.
Pour cette raison et conformément à l'invention, on pose au besoin le long de la conduite des poutres en arc supplémentai- res, écartées de la conduite et reliées à celle-ci par des en- tretoises. On utilise de préférence deux poutres en arc suppléa mentaires disposées parallèlement à l'arche et situées dans un plan perpendiculaire à l'axe du tube, de telle façon que l'axe du tube se situe au sommet et les axes des poutres sup- plémentaires dans les autres angles d'un triangle, de préfé- renoe isocèle. Comme les poutres supplémentaires sont reliées uniquement à la conduite principale., mais non entre elles., on obtient une construction flexible, capable d'absorber sans dommage les déplacements de fondations, tels qu'ils se produis sent par exemple dans les régions montagneuses.
Cotte cons- truction n'est donc pas comparable à la poutre rigide habitu- elle à trois membrures. Lorsque les deux poutres en arc sup-
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plémentaires sont montées au-dessus de la conduite, de part et d'autre de cele-ci elles peuvent recevoir aisément un tablier de pont pouvant servir de chemin pour piétons et/ou véhicules. Il est avantageux de donner également aux poutres supplémentaires la forme de tubes, ce qui permet de réaliser une construction simple., nette et uniforme, tout en offrant l'avantage de pouvoir utiliser ces poutres également comme conduites pour gaz ou liquides ou pour câbles ou analogues.
Les tubes des poutres supplémentaires peuvent être exécutées en un acier ayant une limite d'allongement supérieure à celle de la conduite principale.
La conduite peut être constituée., comme d'habitude, à partir de tronçons de tube individuels, emboîtés aux extrémi- tés à l'aide de soudures. Pour réduire au minimum les tensions dans les soudures, les extrémités des tronçons de tube à as- sembler présentent des évasements coniques ou sphériques. Le moment d'inertie augmente avec la distance entre le joint soudé et l'axe d'inertie: Par exemple.. lorsque., par suite de cet évasement, le joint soudé vient se placer sur une ligne périphérique dont le diamètre est supérieur de 20% à celui du tube, le moment de résistance au sommet de l'évasement se trouve augmenté d'une valeur correspondant à la troisième puissance, et est donc doublé dans le cas de l'évasement en- visage.
Les différents tronçons de tube peuvent être réunis les uns aux autres à l'aide de manchons sphériques connus en soi, chaque tronçon présentant une extrémité mâle et une extrémité femelle. Lorsqu'on désire éviter la soudure à gorge propre à oe mode d'assemblage., et la remplacer par une soudure à rap- prochement, on fait usage, selon l'invention, d'un manchon sphérique à souder avec raccord sous-jacent. Dans ce dernier mode d'assemblage, les deux extrémités en regard doivent être
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coupées obliquement avant la soudure, conformément à l'angle que les différents tronçons doivent former entre eux afin de respecter la forme voulue de l'arche.
Cette méthode est égales ment pratiquée dans le raccordement de tuyaux, et implique une intervention si peu importante qu'elle ne diminue en rien l'a- vantage de l'invention, lequel consiste à permettre de cons- truire le pont avec des éléments uniformes, c'est-à-dire iden- tiques entre eux.
Ces éléments uniformes (constitués par le tronçon de la conduite principale et les deux tronçons de poutres en arc la- téraux supplémentaires, y compris les entretoises) peuvent être construits en série à l'usine et être assemblés au chantier pour constituer un pont de toute forme voulue. Seuls les élé- ments situés aux points d'articulation du pont présentent uti- lement une forme quelque peu différente, en ce sens que les extrémités des poutres en arc supplémentaires, qui débouchent aux points d'articulation, sont déviées vers le plan médian horizontal du tronçon de tube principal. Il est avantageux de réunir, par soudure par exemple, cette extrémité de l'élément à une pièce d'appui commune, dont l'axe est perpendiculaire à celui du tronçon de tube.
Lorsque, comme c'est le plus souvent le cas, le pont consiste en une arche à deux points d'articula- tion, cette pièce d'appui se situe sur la selle des appuis.
Le pont-tube est assemblé au chantier à partir de ses élé- ments individuels.' Selon l'invention, les éléments individuels sont assemblés, de manière à former deux demi-ponts, à l'aide de cintres montés le long des deux berges du cours d'eau à en- jamber, les abouts de ces éléments étant soudés. Les deux moi- tiés du pont ainsi assemblées sont ensuite enlevées de dessus des cintres à l'aide d'appareils de levage appropriés, par exem- ple de grues à chevalement, et amenés dans la position finale, de sorte que, finalement, il ne reste qu'à établir au-dessus du @
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cours d'eau un point de jonction au milieu de l'arche.
Lorsque la rigidité des deux demi-arches est insuffisante pour le mon- tage, celles-ci peuvent être pivotées vers leur position finale ensemble avec les cintres, que l'on enlève après avoir achevé le point de jonction médian.' Ce mode de montage est non seulement extrêmement rapide, mais aussi économique, vu qu'il permet de supprimer complètement l'érection des échafaudages auxiliaires habituels au-dessus de l'eau.
Les figures 1 à 6 représentent un pont-tube, ainsi que des détails de celui-ci se rapportant à un pont-tube à deux points d'articulation aux appuis. La conduite principale est renforcée par deux poutres en arc supplémentaires constituées par des tubes.
La figure 1 est une vue latérale, et la figuee 2 une vue en plan, du pont-tube. L'arche du pont est constituée, comme il ressort de la représentation schématique, par des éléments iden- tiques 1 à 10 et les deux éléments d'extrémité 13,14 qui vien- nent se raccorder aux fondations 11,12 et qui sont munis d'or- ganes de raccords par exemple pour l'arrivée et le départ du gaz. La figure 3 représente à plus grande échelle un élément in- dividuel en vue latérale, tandis que la figure 4 montre la cou- pe transversale de l'élément. La conduite principale est dési- gnée par 15, et les deux poutres en arc supplémentaires, compo- sées de tubes, par 16. Ces dernières poutres sont fixées au tu- be principale par des entretoises coniques 17.
Pour assembler les tubes principaux des différents éléments on utilise des man- chons dits sphériques. A cette fin, le tube principal de chaque élément comporte une extrémité mâle 18 présentant un évasement sphérique, et une extrémité femelle 19, présentant également un évasement sphérique. Le joint à gorge déterminé par l'emboite- ment des deux extrémités est obturé par soudure.
Les figures 5 et 6 représentent en plan et en vue de côté
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la construction d'un élément d'extrémité. Ici les tubes 16' des poutres en arc supplémentaires sont déviées vers le plan médian du tube principal 15' et sont fixées, tout comme ce dernier à la plaque d'appui commune 20. Dans la figure 6, et aux fins de clarté et de simplification, on n'a pas représenté le tube porteur antérieur 16', ni les entretoises correspondan- tes 17 L'élément d'extrémité se distingue en outre des autres éléments par le fait qu'il est muni d'un raccord 21 servant à l'arrivée ou au départ du gaz transporté par le tube principal.
Le mode de montage est exposé dans les figures 1 et 2.' Les différents éléments constitutifs sont assemblés en deux demi- arches de pot 22 23 à l'aide de cintres prévus sur les deux bords du cours d'eau à proximité des fondations et orientés transversalement à l'axe du pont. Les figures 2a et 2b mon- trent en vue latérale les cintres 24, 25, sur lesquels sont posées les demi-arches:' Ces dernières sont ensuite soulevées à l'aide de grues à chevalement 26, 27 de dessus des cintres et sont amenées par pivotement, en suivant les arcs de cercle 28, 29 entre les fondations 11, 12, de sorte qu'elles viennent occuper approximativement la position indiquée en pointillé et désignée par 30, 31. Finalement, les deux moitiés du pont sont abaissées jusqu'à ce que leurs extrémités libres se rencontrent au sommet 32 du pont.
On fixe ensuite les éléments d'extrémités 13, 14 aux appuis et l'on procède à la soudure du sommet du pont.
Comparé à l'état actuel de la technique, le pont-tube selon l'invention se distingue par son faible poids. Ce pont convient aussi pour enjamber des portées plus élevées, ce qui nécessi- tait à ce jour des appareils porteurs supplémentaires. Seul dans le cas de conduites forcées pour turbines de centrales hydrauliques, il est déjà arrivé que des cours d'eau de peti- te largeur ont été enjambés sans l'utilisation d'appareils porteurs supplémentaires, la conduite étant dans ce cas réa- lisée comme une arche auto-portante encastrée.
Cependant, il
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s'agissait, comme on vient de l'indiquer, non seulement de faibles portées, mais aussi de conduites autres que celles à gaz, mais bien de conduites forcées pour turbines, lesquelles possèdent un diamètre important et des parois très épaisses, de sorte que leur utilisation comme élément auto-portant ne présente pas de difficultés.
REVENDICATIONS 1.- Mode de traversée d'une conduite à gaz composée de tron- çons de tube assemblés par soudure, par dessus des rivières ou analogues, caractérisé en ce que la conduite est exécutée comme élément portant d'une arche de pont à deux ou plusieurs points d'articulation, et en ce que, dans le but d'augmenter le moment d'inertie de cette arche, notamment dans le cas d'ef- forts latéraux, celle-ci est renforcée par d'autres poutres en arc disposées le long du pont-tube et réunies à la condui- te par des entretoises.