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BOUCHON-VERSEUR INVIOLABLE POUR TOUS RECIPIENTS.
Quand une bouteille;, contenant un liquide de marque, est débitée verre par verre, notamment dans les cafés et les restaurants, le consommateur n'a, présentement, aucune garantie sur le contenu de la bouteille qu'on apporte pour le servir, même si cette bouteille est bien celle du producteur et porte l'étiquette du produit demandée Le nombre des agents employés à réprimer la fraude indique suffisamment quelle peut être l'ampleur de cette fraude qui en- traîne, non seulement, un préjudice matériel pour le producteur lésé, mais, ce qui est plus grave, un discrédit sur la qualité de tel ou tel produit de marque dont le consommateur peut arriver à se dégoûter.
Pour remédier à cet état de chose, on a déjà cherché à mettre au point divers procédés qui interdiraient le remplissage d'une bouteille vide ou en partie vide.
Les bouchons, ou capsules, qui ont fait à ce jour l'objet d'un dépôt de brevet, ne doivent sans doute pas répondre complètement -aux désidera- ta des producteurs puisqu'on n'en voit aucun qui ait été adopté par une marque connue
Les conditions qu'un tel bouchon, ou capsule, doit remplir, sont, en effet, nombreuses et impérativeso
Un tel bouchon doit, non seulement interdire de façon absolue le remplissage d'une bouteille vide ou en partie vide quel que soit le moyen em- ployé, il doit aussi avoir un débit suffisante on doit pouvoir le fixer sur la bouteille de telle sorte qu'il ne puisse être enlevé et remis en place 'sans laisser des traces bien apparentes, il doit être parfaitement étanche, son prix de revient ne doit pas être trop élevé, on doit pouvoir le fixer sur la bouteille avec les machines automatiques existantes., sans,
pour cela, être obli- gé de trop modifier ces machines, on doit pouvoir l'enlever facilement quand la bouteille vide revient chez le producteur et enfin on doit pouvoir se servir des bouteilles déjà utilisées sans être obligé d'en modifier une partie quel- conque.
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Le bouchon faisant l'objet de la présente invention remplit toutes ces conditions et, en particulier, il garantit une inviolabilité pratiquement absolue.
Ce bouchon-verseur, inviolable, comporte un bouchon en liège ou en toute autre matière appropriée qui peut être introduit dans le goulot du récipient si le goulot est assez large ou qui est simplement posé par sa face inférieure sur le rebord du goulot de la bouteille et fixé sur ce goulot par sertissage d'une capsule métallique si le goulot du récipient est trop étroit.
Le bouchon est percé sur sa face inférieure de deux trous longitudinaux débou- chant l'un et l'autre dans deux gorges distinctes qui sont pratiquées dans la paroi latérale du bouchon et qui vont se rejoindre., près de la face supérieure de ce bouchon en regard d'une ouverture pratiquée dans la capsule et servant simultanément, pendant le versage, à l'écoulement du liquide et à la rentrée de l'air.
La forme d'exécution de l'invention qui sera décrite plus loin à titre démonstratif et non limitatifen référence au dessin sera plus clairement comprise après le rappel ci-après des trois propriétés du siphon qui sont à la base de son principe.
La première de ces propriétés est la suivante : un tube, de section de préférence constante, coudé en U, qui a sa partie coudée en haut et ses deux branches dirigées vers le bas, permet le transvasement d'un liquide d'un réci- pient dans un autre à condition que la branche par laquelle s'écoule le liquide soit plus longue que celle par laquelle le liquide est pompé dans le premier récipient et à condition aussi qu'il y ait amorçage.
Les siphons qu'on utilise partout pour transvaser du vin d'un ton- neau dans un autre sont un exemple d'application de cette%première propriété.
La deuxième propriété est la suivante :
Si ce tube coudé en U est placé dans la même position et si l'air qu'il contient ne peut pas s'échapper, les liquides ne peuvent pas le chasser et cet air, plus ou moins comprimé, interdit au liquide de passer.
Les siphons de ce genre dans une installation de chauffage central qui empêcheraient la circulation d'eau s'ils n'étaient pas purgés par un moyen quelconque sont un exemple d'application de cette deuxième propriété.
La troisième propriété est la suivante :
Si ce tube coudé en U a, au contraire, sa partie coudée en bas et ses deux branches dirigées vers le haut et si la partie coudée est remplie d'un liquide quelconque, il est impossible à l'air, plus léger que les liquides, de franchir ce siphonage. Les siphons de ce genre qu'on utilise dans le monde entier pour empêcher les mauvaises odeurs de remonter de l'égout à une cuvette- toilette ou à une baignoire sont un exemple d'application de cette troisième propriété du siphon.
Les canalisations du bouchon suivant l'invention constituent des siphons qui permettent au liquide de sortir de la bouteille et à l'air d'y en- trer quand cette bouteille est maintenue dans la position qu'elle doit avoir si on veut la vider de son contenu, c'est-à-dire quand elle a son goulot placé plus bas que son fond par application de la première propriété du siphon et qui, d'autre part, interdisent à un liquide quelconque d'entrer dans la bouteil- le ou, suivant le cas, à l'air d'en sortir, quand cette bouteille est mainteue dans la position qu'elle doit avoir si on veut la remplir, c'est-à-dire quand elle a son goulot placé plus haut que son fond par application des deuxième et troisième propriétés du siphon.
La fig. 1 est une vue de face du bouchon, la capsule étant en cou- pe.
La fig. 2 est une vue de la face opposée du bouchon, la capsule étant en coupe.
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La fige 3 est une vue de face de la capsule qui recouvre le bouchon.
La fig. 4 est une vue en coupe diagonale suivant le tracé de la gorge supérieure.
La fig. 5 est un diagramme explicatif.
Le bouchon 1 est en liège ou en'toute autre matière appropriéeo Si le goulot du récipient est trop étroit, il est disposé à la partie supérieu- re de ce goulot sur lequel il est maintenu par une capsule métallique 2 qui le recouvre entièrement.
Ce bouchon 1 comporte deux canaux longitudinaux 3 et 4.
Le canal 3 est prolongé, près de la tête du bouchon, par un canal transversal 5 qui le relie à une gorge circulaire 6, laquelle s'infléchit, sur la face opposée du bouchon, et sur sa base en 7 pour remonter en 8 à la tête du bouchon face à un orifice 9 percé dans la capsule métallique 2 qui recouvre le bouchon.
La fig. 4 montre clairement que cette gorge circulaire 6 constitue bien un siphon classique première application, quand le bouchon est incliné dans la position que lui donne le récipient qu'on veut vider de son contenu, la branche de ce siphon entre le point 7 et le canal transversal 5, celle qui pompe, est nettement plus courte que la branche comprise entre le point 7 et le point 8 celle par où doit s*échapper le liquide.
Par ailleurs, le diagramme de la fig. 5 montre aussi que cette même gorge, quand le bouchon est vertical, constitue un siphon deuxième application en ABC et un siphon troisième application en BCD.
Le canal longitudinal 4 est, lui aussi, prolongé, mais à la base du b uchon, par un canal transversal 10 qui le relie à une gorge 11, laquelle fait, en partie, le tour du bouchon d'abord parallèlement à la gorge 6 du point 12 jusqu'au point 13, puis redescend vers la base du'bouchon jusqu'au point 14 et enfin remonte en 15 à la tête du bouchon face à l'orifice 9 de la capsu- le 2. L'extrémité de cette gorge 11 n'est séparée en 15 de l'extrémité de la gorge 6 en 8 que par une mince cloison 16.
Le canal longitudinal 4 comporte, à son origine, une grille 17 cons- tituée par une plaque mince percée de un ou plusieurs petits trois. Cette pla- que mince peut être remplacée par une plaque plus épaisse mais alors le ou les trous doivent être coniques.
Le diagramme de la fig. 5 montre clairement que cette gorge 11 quand le bouchon est vertical constitue bien un siphon deuxième application en EFG et un siphon troisième application en FGH.
Les gorges 6 et Il doivent, autant que possible, avoir une section de même importance et aussi grande que;le permet le débit des canaux longitu- dinaux 3 et 4, la gorge 6 pour assurer le maximum de débit, la gorge 11 pour constituer en arrière de la grille 17 une réserve d'air suffisante. Ces gorges doivent être établies de telle sorte qu'elles constituent, toutes les deux, un passage aussi lourd quand le bouchon est vertical.
Pour obtenir ce résultat il faut., quand le bouchon est vertical que ces deux gorges aient un point haut et un point bas au même niveau comme le montre le diagramme de la fige 5; les points hauts étant situés sur la ligne horizontale EL et les points bas sur la ligne horizontale MN, pour que le liquide qu'on tenterait d'introduire dans le récipient se heurte, dans les deux gorges, à une même résistance d'air.
Faute de quoi, si une des deux gorges était plus lourde que l'autre, le liquide s'en emparerait et en comprimant l'air dans le récipient arriverait à le faire sortir par la gorge la moins lourde. Cet équilibre qu'il faut obtenir dans les deux gorges peut, dans une certaine mesure, être facilité en remplaçant la grille 17 par un simple petit trou d'un diamètre approprié,
L'orifice 9 percé dans la capsule 2 face aux points 8 de la gorge 6 et 15 de la gorge Il, doit avoir un diamètre assez grand pour permettre, à la fois, le débit du liquide qu'on verse et le passage, en sens contraire, de l'air qui doit entrer.
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Cet orifice 9 peut être avantageusement remplacé par une grille constituée par plusieurs petite orifices à condition que le total des super- ficies de chacun de ces orifices soit au moins égal au seul orifice 9.
La capsule 2, qui recouvre le bouchon 1, peut comportersur sa face intérieure, un revêtement en liège 18 qui empêchera le liquide d'avoir un contact avec le métal de la capsule 2.
Entre l'extrémité inférieure du bouchon 1 et le goulot 19 du réci- pient, une rondelle de liège 20 est intercalée pour assurer l'étanchéité.
L'extrémité inférieure 21 de la capsule 2 est sertie sur le bour- relet 22 du goulot 19 de la bouteille en comprimant une couronne de liège 23 et la rondelle 20 qui assurent l'étanchéité.
L'orifice 9 est obstrué, pendant le transport, par une deuxième capsule 24 soudée, à sa base, sur la première capsule 2 et qu'on peut aisément détacher au moyen d'une languette 25 comme on le fait avec les boites de con- serve s
La capsule 2 comporte, à sa partie inférieure 21 une série de petits trous 26 et 27 comme il y en a autour d'un timbre poste, ou un amincissement de l'épaisseur de la capsule suivant un tracé donné, le tout prolongé par une languette 28 qui permettra le déchirage
Pour verser le liquide contenu dans une bouteille munie de ce bou- chon-capsule, il faut d'abord enlever la capsule 24 en procédant comme on est habitué à la faire avec une quelconque boite de conserve, puis on incline la bouteille jusqu'à ce qu'elle soit presque verticale, son goulot en bas, pour amorcer le siphon constitué par la gorge 6.
C'est en effet, à la gorge 6 que le liquide contenu dans la bouteille arrivera en vertu de la pesanteur et en passant par les canaux 3 et 5 qui constituent le trajet le plus lourd et le plus facile quand la bouteille a son goulot plus bas que son fond. Cette opé- ration demande un temps très court., Aussitôt après on amène et on maintient la bouteille dans une position un peu plus penchée que celle qu'on est accoutu- mé à donner à une bouteille qu'on veut vider de son contenu, en ayant soin de disposer l'orifice 9 dirigé vers le bas au-dessus du verre qu'on veut rempliro Dans cette position le siphon première application constitué par la gorge 6 cesse d'être oblique et se trouve être sensiblement vertical, ce qui est néces- saire à son bon fonctionnement,
Aussitôt après l'amorçage le liquide contenu dans la bouteille passera, sans arrêt,
dans le canal longitudinal 3 et ira remplir le canal trans- versal 5 et le siphon assurera un débit très régulier sans glou-glou, aussi longtemps qu'il y aura du liquide dans la bouteilleo
Pour arrêter le débit du siphon 6, un verre étant rempli., il suf- fit de donner à la main qui tient la bouteille un mouvement de supination, si c'est la droite qui la tient, ou de pronation si e'est la gauche, et d'impri- mer, de ce fait, à la bouteille, une légère rotation sur son axe ce qui amène l'orifice 9 de la capsule 2 dans une position plus élevée que le canal trans- versal 5, et la gorge 6 serrera d'avoir sa propriété de siphon première appli- cation. Le liquide s'arrêtera de couler.
Si on doit remplirde suite après, un autre verre,il n'est pas nécessaire de réamorcer. Il suffit d'imprimer - à la bouteille une rotation sur son axe en sens contraire et de ramener l'ori- fice 9 au point le plus bas et le liquide coulera de nouveau.
L'air qui doit entrer dans la bouteille pour qu'elle puisse se vi- der, pénètre dans le bouchon par l'orifice 9, passe dans la gorge 11, arrive au canal transversal 10 et au canal longitudinal 4 et enfin entre dans la bou- teille en passant au travers du ou des orifices 17, l'ensemble de ces canalisa- tions constituent le trajet le plus léger et le plus élevé quand la bouteille a son goulot plus bas que son fond.
Jusqu'au moment où la bouteille revient vide chez le producteur, toujours munie de ce bouchon, il est aisé de se rendre compte si le bouchon a été enlevé et même si on a tenté de l'enlever, faute de quoi il est pratique- ment impossible d'introduire un liquide dans la bouteille.
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En effet, même en immergeant la bouteille, ce qui est une épreuve décisive, le liquide n'entrera pas., que la bouteille soit maintenue couchée ou droite.. Dans toutes les positions qu'on lui donnera., les siphons s'interpo- seront soit dans leur deuxième application, soit dans leur troisième, en inter- disant soit au liquide d'entrer, soit à l'air de sortir.
L'efficacité de ces siphons est naturellement conditionnée par l'é- tanchéité obtenue entre le bouchon et sa capsule et également par l'étanchéité obtenue entre le bouchon et le goulot de la bouteille., Cette étanchéité est d'ailleurs nécessaire si on veut éviter tout suintement pendant le transport.
Le bouchon doit donc être introduit sec 6'il est en liège et à force dans la capsule et le sertissage de la capsule sur le goulot de la bouteille doit être bien fait.
Ce bouchon est donc pratiquement inviolable. Les seuls procédés qui permettraient de remplir un récipient qui en serait muni seraient en pre- mier lieu le remplissage par le vide. Mais un tel moyen exige une véritable installation : cloche à vide, compresseur, etc.. dont le coût ne serait pas compensé par le profit de la fraude à moins d'être pratiqué sur une grande échelle, ce qui .finit toujours par se savoir et ce qui entraînerait pour le fraudeur des risques considérables.
En second lieu ce serait Inapplication de 1-'expérience de PASCAL et, au moyen d'une forte pression du liquide de comprimer l'air à l'intérieur du récipient et de l'obliger à sortir,ce qui ne serait pas sans risques car les bouteilles pourraient bien éclater.
L'un et l'autre de ces moyens n'entrent pas dans le domaine de la pratique et relèvent plus des expériences de laboratoire.
Quand la bouteille vide revient che,z le producteur pour être net- toyée et remplie à nouveau., l'enlèvement de la capsule et du bouchon est très facile. Il suffit de tirera avec une pince, sur la languette 28 et de déchirer la partie inférieure 21 de la capsule 2 suivant la ligne des trous 26 et 27 ou suivant l'amincissement qui remplacerait ces trous. La capsule n'étant plus maintenue sur le goulot de la bouteille., une simple pression de la main suffit pour la faire basculer.
Diverses modifications peuvent être apportées à ce bouchon-capsule sans sortir du cadre de la présente invention notamment celles ou les canalisa- tions formant siphon seraient disposées de façon différente, celles où les ca- nalisations formant siphon au lieu d'aller se rejoindre près de la face supé- rieure du bouchon le feraient près de la face inférieure ou en tout autre en- droitcelles également où le bouchon, au lieu d'être placé sur le goulot du récipient;, comme le montre la forme d'exécution qui vient d'être décrite, se- rait introduit entièrement ou partiellement dans le goulot de la bouteille ou de toutautre récipient.
REVENDICATIONS.
1. Ce bouchon-verseur inviolable comporte des canalisations appro- priées formant siphon qui permettent au liquide de sortir de la bouteille et à l'air d'y entrer quand ladite bouteille est maintenue dans la position qu'elle doit avoir si on veut la vider de son contenu, c'est-à-dire quand elle a son goulot placé plus bas que son fond, et qui interdisent à un liquide quelconque d'entrer dans la bouteille ou, suivant le cas; à l'air d'en sortir quand ladite bouteille est maintenue dans 'la position qu'elle doit avoir si on veut la remplir, c'est-à-dire quand elle a son goulot placé plus haut que son fond.
**ATTENTION** fin du champ DESC peut contenir debut de CLMS **.