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PERFECTIONNEMENTS AU TRAVAIL DE L'ALUMINIUM ET 'DES ALLIAGES D'ALUMINIUM.
La présente invention est relative à la fabrication d'objets en aluminium ou en alliages dans lesquels l'aluminium prédomine en grande par- tie (métaux que l'on désignera tous sous l'expression d'"aluminium"). La présente invention est applicable à la fabrication d'objets par un procédé qui comporte l'étirage à travers une filière afin de produire une modifica- tion de forme ou une réduction de diamètre ou de section transversaleo La présente invention s'applique également à la fabrication par laminage d'une feuille de métal de pièces de section en U ou dont la section affecte d'au- tres formes telles que celle d'un U profond ou d'un V.
L'opération d'étirage peut être par exemple constituée par un traitement au cours duquel on façonne un tube en re@l@@ht une bande de métal de manière à lui donner sensiblement une forme circulaire en rapprochant très près l'un de l'autre les bords de la bande. Dans une variante, l'étirage peut avoir pour but de réduire le dia- mètre d'un tube.,
Dans certaines opérations d'étirage, il est particulièrement avan- tageux, en ce qui concerne le traitement ultérieur, que la surface externe de l'objet en aluminium n'entraîne pas de lubrifiant à partir de la filière dans laquelle¯on 1-la étiré, A titre d'exemple,
on peut citer le cas de la fabrication d'un tube par pliage transversal d'une bande d'aluminium dans une filière jusqu'à ce qu'elle prenne la forme appropriée avec les bords.re- posant étroitement l'un contre l'autre, puis par formation d'un cordon par soudure des bords à l'arc électrique. Dans un autre exemple, on étire un tu- be pour lui donner un diamètre plus petit afin qu'il serve de gaîne à un câ- ble électrique.
On doit appliquer sur cette gaine un rev^êtement protecteur et il est important que la surface de la gaine soit propre pour éviter une corrosion possible et pour assurer l'adhésion du revêtement protecteur,
On a constaté cependant qu'il n'est pas possible d'effectuer pra- tiquement l'étirage à travers les'filières actuellement utilisées, sans em- . ployer un lubrifiant du fait que la surface en métal de la filière se souille
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très rapidement avec l'oxyde ou le métal qui est arraché de la surface de l'aluminium qui passe dans la filière et ces souillures rayent la surface de l'aluminium en produisant une accumulation sur la surface de la filière supplémentaire de métal ou d'oxyde arraché.
Bien que l'on utilise des fi- lières en diamant ou en carbure de tungstène, le diamant a manifestement une application très limitée,, Le carbure de tungstène, lorsqu'on l'utilise com- me filière, semble présenter les caractéristiques d'un métal et il exige l'u- tilisation d'un lubrifiant pour la filière.
On a constaté que la souillure et l'arrachage proviennent de l'u- tilisation de filières métalliques et que l'on peut éviter ce défaut en uti- lisant au cours de l'opération d'étirage des filières réalisées en un maté- riau approprié. L'exposé qui va suivre des caractéristiques des produits et les exemples accompagnés si nécessaire d'essais simples constitueront un gui- de pour le choix des matériaux convenables. Les caractéristiques que le pro- duit doit avoir sont les suivantes : le matériau ne doit pas être métallique ; il doit être dur, résistant et de texture uniforme; il doit être susceptible de prendre un bon poli ou un bon brillant sur la surface travaillante de la filière.
On doit comprendre, bien entendu, que les matériaux utilisés doi- vent être susceptibles de conserver ces caractéristiques dans la totalité de la gamme des températures de travail des filières.
Des matériaux appropriés pour une filière destinée à être utili- sée dans l'opération d'étirage sont les suivants : a) - des matières synthétiques résineuses ou plastiques telles, par exemple, que la résine d'urée ou de phénol-formaldéhyde et le polytétra- fluoréthylène ; b) - un tissu ou un papier en plusieurs épaisseurs liées à l'ai- de d'une matière résineuse synthétique; c) - des bois durs à grain'fin tels, par exemple, que du bois de gaiac, du bois de teck ou du buis; d) - le produit analogue à du verre et vendu sous la marque de fabrique "Mycalex", constitué par une solution et une dispersion de mica dans du verre;
e) - des produits minéraux physiquement stables liés à l'aide de matières résineuses synthétiques telles, par exemple, que de 1-'amiante, du talc et du bisulfure de molybdène assemblés à l'aide d'une résine du type phé- nol-formaldéhyde, Le bisulfure de molybdène peut se présenter sous sa forme naturelle de molybdènite ou sous une forme artificielle équivalente. On peut incorporer en mélange intime à de semblables matières minérales du graphite en poudre.
Ces matériaux peuvent constituer la totalité du corps de la filiè- re ou seulement une garniture qui porte la surface de travail.
A titre d'exemple indicatif d'une filière susceptible de recour- ber une bande d'aluminium transversalement pour lui donner une forme tubulai- re avec les bords reposant très près l'un de l'autre, on peut citer une fi- lière réalisée comme suit : on fixe ensemble un certain nombre de plaques dont chacune est formée de couches de papier assemblées entre elles avec de la résine au phénol-f ormaldéhyde par des boulons qui passent à travers les parties extérieures de ces plaques de manière à constituer un bloc suscep- tible d'être monté sur un porte-filière. On réalise ensuite l'ouverture de la filière en la tournant sur un tout pour lui donner la forme appropriée et en la finissant au cours d'une passe de coupe fine de manière à obtenir une surface présentant un poli élevé.
L'orifice de la filière peut présenter'une forme appropriée comprenant un col de forme cylindrique dont la longueur est voisine de son diamètre, une partie conique au voisinage de la partie cylindri- que précitée du côté entrée et faisant un angle d'environ 20 ; cette partie conique a une longueur qui est égale environ à deux fois le diamètre de la partie cylindrique et elle présente une embouchure évasée conduisant à cette- partie conique.
Ce mode de construction offre l'avantage que les pièces qui
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sont soumises à la plus grande usure et qui sont constituées habituellement bar le col et la partie conique directement adjacente au col peuvent facile- ment être remises à neuf par enlèvement de certaines des couches et par in- sertion d'autres couches ainsi que par le nouvel usinage de l'ouverture,
Le fait qu'aune filière du type précité ne dépose aucun produit étranger sur la surface de l'aluminium et rend possible de faire suivre 1'o- pération de fermeture des bords immédiatement par la soudure des surfaces ad- jacentes, permet d'obtenir, conformément à l'invention, un mode de mise en oeuvre perfectionné de procédés et d'appareillages pour la fabrication de sem- blables tubes.
Au cours du travail de l'aluminium en vue de la fabrication par laminage de pièces de section en U ou présentant d'autres sections en V ou en U profond, à partir dune feuille de métal, on a rencontré des difficul- tés particulières dues à. la nécessité d'utiliser une gorge ou une rainure dont la profondeur est celle de la totalité de la section transversale du cy- lindre de laminage qui constitue la surface extérieure de guidage pour réali- ser la mise en forme d'un matériau relativement tendre. Par suite des diffé- rentes vitesses linéaires de la surface de la gorge en différents points de sa hauteur, on a. constaté qu'il s'établit un frottement entre la surface mé- tallique du cylindre et l'aluminium et qu'il s'ensuit pour ce dernier un état de surface rugueux.
Cela entraîne rapidement la souillure du cylindre métal- lique par l'oxyde ou le métal qui est arraché de la surface de l'aluminium, On a constaté également que la surface métallique du cylindre de laminage don- ne à la surface de la feuille de métal qu'il touche une forme ondulée. On voit que ces difficultés surviennent dans'les cas où la forme de la section à laminer nécessite l'utilisation d'un cylindre ayant une surface de travail de profondeur radiale appréciable par rapport au diamètre du cylindre.
On a constaté que l'on pouvait éviter les difficultés précitées si l'on effectue ce type de laminage avec des cylindres dont l'un ou les deux sont réalisés avec certains des produits non métalliques ci-dessus indiqués., Ces produits sont constitués par du papier ou du tissu en plusieurs épaisseurs liées à l'aide d'un produit synthétique tel, par exemple, qu'une résine de phénol-formaldéhyde ou d'urée-formaldéhyde, du bois dur tel, en particulier, que du bois de gaïac, et des matières minérales stables physiquement, liées à l'aide d'une matière résineuse synthétique.
A titre d'exemple de semblables matières minérales, on peut citer l'amiante, le talc et le bisulfure de molyb- dène (soit sous sa forme naturelle de molybdènite, soit sous une forme arti- ficielle équivalente);, chacun étant lié par une matière synthétique telle, par exemple, qu'une matière du type phénol-formaldéhyde. On peut incorporer du graphite en poudre en mélange intime avec de semblables matières minéra- les. Dans chaque cas, le ou les cylindres de laminage doivent avoir une ou des surfaces de travail qui soient dures et résistantes, de texture uniforme et présentant un beau poli ou glacé.
Pour donner de la résistance mécanique aux cylindres, on peut les munir d'une ossature métallique enrobée dans la matière ou de plaques métal- liques latérales. Cette dernière disposition convient particulièrement au cylindre dans lequel on prévoit la gorge.
On préfère que les deux cylindres soient réalisés dans le maté- riau spécifié. Dans le cas où seulement l'un des cylindres est réalisé à l'aide d'un semblable matériau, ce doit être celui contre lequel supplique la feuille au cours de l'opération de façonnage. Par exemple, dans le ca.s d'une section en forme d'U, le cylindre réalisé dans le matériau spécifié doit être celui dans lequel on pratique la gorge, car on réalise ainsi la surface contre laquelle la feuille s'applique au cours du procédé de cintrage trans- versal. Le matériau en plusieurs épaisseurs liées entre elles rend un servi- ce particulièrement bon sur un cylindre dans le but que l'on a en vue. Le bois de gaïac donne également satisfaction mais il a une vie plus courte.
D'autres bois durs tels,;par exemple., que le bois de teck, peuvent être uti- lisés, mais ils présentent encore une vie plus courte.