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PROCEDE POUR REDUIRE LES EFFETS INDESIRABLES DU TABAC.
La présente invention concerne un procédé pour réduire les effets indésirables du tabac, ainsi que des produits améliorés du tabac et un pro- cédé pour préparer ces produits.
On admet généralement qu'une partie des propriétés irritantes du tabac sont dues à des résines et à des goudrons présents dans le tabac ou se formant pendant sa combustion.
On a trouvé que la poly-N-vinyl-pyrrolidone, qui sera désignée plus loin par polyvinyl-pyrrolidone, (polymère soluble dans l'eau, préparé selon le brevet américain 2.265.450 déposé le 28 mai 1940 par polymérisation de N-vinyl-o-pyrrolidone) a la propriété de se combiner avec les goudrons et les résines présents dans le tabac et de réduire notablement bon nombre d'effets irritants de celui-ci, réduisant ainsi dans une large mesure les effets irritants du tabac lui-même lorsque celui-ci est chiqué ou prisé, et en réduisant notablement, lorsqu'il s'agit de tabacs à fumer (cigares, cigarettes et tabacs pour la pipe), la proportion de goudrons ou de rési- nes, ou de produits de la décomposition thermique ou de la combustion de ces tabacs, contenus dans la fumée.
Lorsqu'il s'agit de tabacs à fumer, on a trouvé conformément à l'invention que si l'on fait passer la fumée à travers un filtre contenant de la polyvinyl-pyrrolidone, que ce soit le polymère lui-même, des gels insolubilisés du polymère obtenus en traitant une solution ce polyvinyl- pyrrolidone par un persulfate inorganique, ou un milieu filtrant constitué par une matière poreuse telle que du papier ou des fibres de coton, impré- gnés ou revêtus au moyen de polyvinyl-pyrrolidone, une proportion notable des résines ou goudrons présents dans la fumée est absorbée, de sorte que la proportion de ces résines ou goudrons restant dans la fumée sortant du filtre est sensiblement réduite.
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On a en outre constaté que, si l'on ajoute une petite quantité de polyvinyl-pyrrolidone au tabac, en feuilles ou au cours d'une phase quel- conque de son traitement, avant ou après qu'il a été broyé ou coupé, la po- lyvinyl-pyrrolidone se combine avec les résines et les goudrons présents dans le tabac, de sorte que, dans le cas de tabac à chiquer et à priser les propriétés irritantes du tabac sont sensiblement moindres et dans le cas de tabac à fumer dans des pipes, cigarettes ou cigares, la quantité de goudrons et de résines,ainsi que de nicotine contenue dans la fumée de tabac contenant une petite quantité de polyvinyl-pyrrolidone, et par con- séquent les propriétés irritantes de la fumée, sont nettement réduites.
La polyvinyl-pyrrolidone peut être avantageusement incorporée au tabac par aspersion de celui-ci, en feuilles ou après qu'il a été cou- pé, au moyen d'une solution aqueuse de polyvinyl-pyrrolidone.
Exemple 1. - On a aspergé un tabac à fumer coupé, avec une solution aqueu- se à dix pour cent de polyvinyl-pyrrolidone ayant une valeur K d'environ 25, (100 cm3 de solution d'aspersion étant utilisés pour 4,5 Kg de tabac).
On a ensuite laissé sécher le tabac. Une partie du tabac traité a été rou- lée en cigarettes. En fumant ces cigarettes, ainsi'qu'en fumant dans une pipe une partie du tabac traité, on n'a remarqué aucune modification du goût ni des qualités de combustion du tabac. Des cigarettes faites avec du tabac traité conformément à l'invention ont aussi été fumées dans une machine à fumer les cigarettes et une partie du tabac ainsi traité a aussi été fumée dans une machine à fumer la pipe, On a constaté dans les deux cas que la quantité de résines et de goudrons contenue dans la fumée du tabac traité était sensiblement moindre que celle qui était contenue dans la fumée du même tabac n'ayant pas été traité au moyen de polyvinyl-pyrro- lidone.
En même temps, la présence de la polyvinyl-pyrrolidone n'a paru exercer aucune influence sur les propriétés de combustion du tabac et les cendres du tabac traité à la polyvinyl-pyrrolidone contenaient une quan- tité sensiblement plus grande de résines et de goudrons que celle qui était présente dans les cendres du même tabac qui n'avait pas été ainsi traité.
Exemple 2. - On a pris 400 gr. de tabac obtenu en ouvrant des cigarettes du commerce et on les a divisés en quatre lots de 100 g. On a mélangé in- timement un, deux et quatre grammes respectivement de polyvinyl-pyrroli- done sèche réduite en poudre fine, ayant une valeur K d'environ 30, avec trois de ces lots. On a retransformé ensuite chaque lot en cigarettes et fumé les cigarettes ainsi reconstituées.
Exemple 3. - On a pris du tabac provenant de cigarettes du commerce et on l'a retransformé en cigarettes ayant une pointe creuse. On a pris de la po- lyvinyl-pyrrolidone pulvérisée et on l'a placée dans ce creux en la main- tenant en place au moyen d'un très petit morceau de coton. On a ajouté à certaines de ces cigarettes 10 mg de polyvinyl-pyrrolidone par cigarettes, tandis que l'on a ajouté 20 mg par cigarette à d'autres et 40 mg par ciga- rette à d'autres encore. On a ensuite fumé ces cigarettes.
Exemple 4. - On a pris des proportions un,deux et quatre grammes respecti- vement de polyvinyl-pyrrolidone sous forme d'une solution à dix pour cent dans de l'alcool isopropylique et l'on en a aspergé trois lots de 100 g de cigarettes respectivement. Le tabac a été séché à l'air, ce qui a laissé une mince pellicule de polyvinyl-pyrrolidone à sa surface. Le séchage a été effectué avec soin dans une atmosphère humide, de sorte qu'il n'y a eu qu'une perte minimum de l'humidité naturelle du tabac. Les lots de tabac ainsi traités ont été retransformés en cigarettes en même temps qu'un qua- trième lot de tabac non traité provenant de la même source. On a ensuite comparé, en les fumant, les cigarettes ainsi obtenues.
Toutes les cigarettes obtenues dans les exemples 2 et 4 et ayant été traitées par de la polyvinyl-pyrrolidone ou contenant un filtre de po- lyvinyl-pyrrolidone étaient considérablement plus douces que les cigarettes
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faites avec du tabac non traité provenant de la même source; les cigaret- tes obtenues par le procédé des exemples 2 et 4 étaient supérieures aux cigarettes obtenues par la méthode de l'exemple 3, les cigarettes obtenues par le procédé de l'exemple 4 étant supérieures aux cigarettes obtenues par le procédé de l'exemple 2.
En comparant les cigarettes obtenues par les procédés des exem- ples 2 et 4, on a constaté que celles qui contenaient deux pour cent de polyvinyl-pyrrolidone étaient nettement améliorées par rapport à celles qui ne contenaient qu'un pour cent de polyvinyl-pyrrolidone. L'utilisation du pourcentage plus élevé de quatre pour cents, de polyvinyl-pyrrolidone, particulièrement dans les cigarettes obtenues par le procédé de l'exemple
4, ne semble pas être avantageuse, car on n'a constaté aucune augmentation d'efficacité avec ce pourcentage.
Il est bien entendu que les exemples ci-dessus sont donnés pour expliquer la présente invention et que différentes modifications peuvent y être apportées.
En raison du prix relativement élevé de la polyvinyl-pyrrolidone, il est généralement préférable de n'en utiliser que la quantité minimum né- cessaire pour obtenir la diminution désirée des propriétés irritantes du tabac ou de sa fumée. Cette proportion peut varier suivant les différentes sortes de tabac et suivant le procédé par lequel la polyvinyl-pyrrolidone est incorporée au tabac. Toutefois, la quantité optimum peut être détermi- née par des essais préalables.
Il est également bien entendu que la polyvinyl-pyrrolidone peut être ajoutée au tabac dans une phase quelconque de son traitement, avant, pendant ou après le traitement à chaud, et elle peut être ajoutée avanta- geusement en même temps que d'autres substances communément ajoutées au tabac, telles que des humectants (glycérine ou glycol), des matières aro- matiques ou de la chlorophylle et ses dérivés, notamment la chlorophylline, (c'est-à-dire des dérivés de la chlorophylle solubles dans l'eau). En in- corporant la polyvinyl-pyrrolidone au tabac, en même temps que d'autres ingrédients usuels, les opérations de traitement sont réduites au minimum.
On constate également que le degré de polymérisation de la poly- vinyl-pyrrolidone n'affecte pas sensiblement la propriété qu'a celle-ci de se combiner avec les goudrons et les résines contenus dans le tabac, et de réduire la proportion de ces goudrons et résines contenue dans la fumée du tabac. On admet que ceux des polymères de la polyvinyl-pyrrolidone qui sont solubles dans l'eau peuvent généralement être utilisés avec avantage pour la mise en oeuvre de la présente invention (c'est-à-dire les polymères ayant un degré de polymérisation déterminé par Fikentsche et correspondant à une valeur K de 10 à 90).
La polyvinyl-pyrrolidone ayant une valeur K supérieu- re à 90 se combine bien avec,, les goudrons et les résines contenus dans le tabac, mais ces polymères supérieurs sont assez difficilement solubles et, en conséquence, ils conviennent moins bien pour être incorporés au tabac dans la mise en pratique de l'invention. La polyvinyl-pyrrolidone ayant un poids moléculaire compris entre environ 5.000 et 40.000 avec un poids molé- culaire moyen d'environ 25.000 et une valeur K d'environ 30 a été utilisée comme agent de substitution du plasma sanguin. Des polymères de ce type peuvent aussi être utilisés pour la mise en oeuvre de la présente invention.
On constate toutefois que ces groupes de polymères ayant une valeur K su- périeure ou inférieure à celle qui convient pour certaines applications pharmaceutiques sont également efficaces lorsqu'ils sont utilisés suivant la présente invention et, si on le désire, on peut donc utiliser un degré de polymérisation inférieur ou supérieur.