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La présente invention concerne des perfectionnements à des fûts métalliques, notamment en tôle d'acier,du type généralement dénomme "fut de transport" et qui., d'une manière connue en soi, sont munis d'au moins deux nervures ou "joncs" de roulement formés par emboutissage de la paroi latérale ou du corps du fût, lesdits joncs ayant une hauteur normale.
L'expression "joncs d'une hauteur normale" signifie ici que ces joncs ont une hauteur du même ordre que celle qui est standardisée dans plu- sieurs pays pour les fûts du type visé. Par exemple, on peut se référer à la Britisch Standard Spécification no. 814: 1950 "Mild Steel Drums" de la
Britisch Standard Institution, et, en outre, au "Fédéral Standard Stock Ca- talog", Section IV (Part 5) Fédéral Spécification for drums: Steel, Type 5B (for liquide petroleum products), concernant la Grande Bretagne et les Etats-
Unis, respectivement. Dans d'autres pays la hauteur des joncs de roulement pour les fûts du type sus-défini a été normalisée par le gouvernement, les acheteurs ou les fabricants de fûts.
L'homme du métier peut donc déterminer sans difficulté, quelle hauteur de jonc de roulement doit être considérée comme normale pour un fut donne.
Les fûts de ce genre sont, dans une certaine mesure construits comme emballages perdus, c'est-à-dire pour n'être utilisés qu'une seule fois.
Cependant, l'usage s'est développé, en pratique, d'employer les fûts de ce type plus d'un voyage; d'une part, on y était incité par le prix continuel- lement croissant; d'autre part, la chose était rendue possible par l'amélio- ration de la qualité du métal utilisé dans la construction de ces fûts.
Cette habitude a crée une demande pour fûts de ce genre ayant une plus grande durée, Cette durée est déterminée en premier lieu par la ré- sistance à la formation des fuites causées d'une part par des manipulations brusques, et d'autre part, par l'usage normal, le roulage d'un fût rempli, notamment, tendant à en réduire la durée.
Il y a lieu de remarquer qu'on n'aura en vue, ci-après, que des avaries, ou fuites causées par des agents ou influences mécaniques.
Evidemment, la fabrication d'un fût plus robuste ne constitue en soi aucun problème: en augmentant l'épaisseur de la tôle et en appliquant des joncs de roulement séparés en acier profilé, par exemple, on a déjà construit, depuis longtemps, des fûts ayant une durée plus élevée. En plusieurs cas, cependant, cette façon d'augmenter la durée n'est pas justifiable du point de vue économique. La présente invention a pour objet principal un fût qui est considérablement plus robuste sans que l'épaisseur de la tôle, dont il est constitué, soit augmentée, sans qu'il soit muni de renforcements séparés et sans que son prix de revient soit majoré de manière exagérée,
On a observé que, si une amélioration dans le sens indiqué peut être obtenue, elle doit être recherchée dans une modification de la construction des fûts usuels de ce genre.
Des expériences prolongées et très poussées, au cours desquelles des fûts remplis étaient roulés sur des sols et des terrains de natures diverses, et avec une vitesse du même ordre que celles qui se produisent généralement sur les embarcadères, des lieux de déchargements et aux lieux d'emploi, ont montré qu'il existe plusieurs causes diverses susceptibles de provoquer une fuiteo Il apparaît de la description précédente des expériences, qu'on a négligé les avaries causées par des manipulations brusques ou irrationnelles, par exemple, par une chute d'un fût rempli ou autres causes analogues.
De ces expériences il est apparu que des fuites se forment généralement parce que les joncs de roulement s'aplatissent pendant le roulage du fût; d'une part, l'aplatissement peut provoquer la formation de plis dans cette portion de la paroi latérale du fut, dans laquelle se trouve ou se trouvait le jonc de roulement, la tôle se déchirant au droit de ces plis
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au bout d'un certain temps, causant ainsi la formation d'une fuite. D'autre part,la disparition entière ou partielle des joncs de roulement peut avoir pour effet que le sertissage, au moyen duquel les fonds ont été réunis au corps du fut, vienne en contact avec le sol, ce qui tend à provoquer une fuite dans le sertissage.
Dans ces deux cas, tant pour les joncs de roulement que pour le sertissage l'effort s'applique à un métal qui a déjà subi une déformation à froid et qui, en conséquence, est plus dur et plus cassant que le métal normal et de ce fait, joue dans ce cas un grand rôle.
En outre, on a trouvé que la production des phénomènes décrits au paragraphe précédent est accélérée aussitôt que le corps du fût perd sa forme circulaire, en particulier dès qu'il s'ovalise; réciproquement, l'ovalisation est accélérée dès que des déformations locales du. jonc de roulement se produisent, même si de telles déformations sont d'un ordre relativement insignifiant en soi.
Eu égard aux phénomènes et considérations précédentes la présente invention vise à réaliser une construction et une forme spéciales du jonc de roulement, telles que celui-ci présente une résistance plus élevée aux déformations et, en outre, ait une moindre tendance à former des plis aigus ou pointus.
Ces buts sont atteints par l'invention, qui a pour objet un fut métallique comportant des joncs de roulement d'une hauteur normale, consistant en une portion essentiellement cylindrique ayant un plus grand diamètre que celui du corps du fût,ladite portion cylindrique se raccordant au corps non-déformé par deux portions de raccordement et ayant une largeur axiale du marne ordre de grandeur que la hauteur radiale du jonc de roulement.
De préférence, les deux portions de raccordement sont coniques et dans ce cas il est avantageux que les cônes soient raccordés à la portion cylindrique du jonc de roulement et/ou du corps du fût par des congés; ces congés peuvent aussi avoir un rayon tel qu'ils se raccordent l'un à l'autre et que, en conséquence? la portion conique soit pratiquement inexistanteo
La portion sensiblement cylindrique peut être légèrement convexe; elle peut également être légèrement concave.
D'autes caractéristiques apparaîtront de la description qui va suivre.
Au dessin annexés
Fig. 1 représente, en coupe transversale, une portion d'un corps de fût ayant un jonc de roulement d'une forme usuelle;
Figo 2, 3 et 4 sont des vues analogues de portions de corps de fût selon l'invention suivant trois différents modes d'exécution.
Dans la construction en usage jusqu'alors, la paroi latérale, ou corps 11 du fût est repoussée à deux endroits, au moins, disposés à une certaine distance axiale, par exemple au moyen d'un outil à repousser spécial (bead expander), pour former, un jonc de roulement embouti dont la section transversale est sensiblement en forme de V et consiste en une portion 12 courbée en forme d'arc de cercle et deux portions latérales?13 plus ou moins coniques, lesdites portions latérales se raccordant aux portions cylindriques du corps 11 du fût par des portions arrondies ou congés 14.
Dans certains types de fûts connus il arrive aussi que les rayons de courbure de ces portions arrondies 12 et 14 sont choisis si grands que ces portions se raccordent directement, de façon que les portions coniques sont pratiquement inexistantes.
Dans le fût selon l'invention la paroi latérale ou corps 21 du fût est aussi repoussée localement vers l'intérieur pour former un jonc de
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roulement embouti; toutefois, selon l'invention celui-ci consiste en une portion sensiblement cylindrique 22 ayant évidemment un plus grand diamètre que celui du corps du fût,et se raccordant audit corps du fût par deux por- tions de raccordement.
La largeur axiale b de cette portion sensiblement cylindrique est du même ordre de grandeur que la hauteur radiale h du jonc de roule- ment, ladite hauteur étant normale, et en conséquence, approximativement égale à la hauteur h du jonc de roulement de type usuel représenté à la Fig.l.
Dans les modes d'exécution représentés au dessin les portions de raccordement comprennent des surfaces latérales 24 coniques, lesdites sur- faces se joignant à la partie cylindrique 22 par un congé 23, d'une part, et au corps du fût 21 par un congé 24, d'autre part.
Dans le mode d'exécution représenté à la Fig. 2, la portion 22 est cylindrique. Dans le mode d'exécution conforme à la Fig. 3 cette por- tion est légèrement emboutie vers l'extérieur, ou en d'autres termes, elle est légèrement convexeo Cette forme a l'avantage d'être de fabrication un peu plus facile..
Dans le mode d'exécution représenté à la Fig. 4 la portion 22 est emboutie un peu vers l'intérieur, ou en d'autres termes, elle est légè- rement concave. Il s'est révélé à l'usage que cette forme présente des aven- tages spéciaux. Notamment, il a été constaté que les plis se produisant pen- dant l'aplatissement du jonc deviennent moins aigus, et en conséquence, ne donnent lieu à la formation de déchirures qu'après un emploi prolongé. Il est à noter à ce sujet que la section centrale de laportion 22 a dans ce cas une épaisseur légèrement plus forte, ladite section ayant été étirée un peu moins que les portions 23, et il est possible que ce fait joue ici un rôle.
Evidemment, laportion sensiblement cylindrique 22 peut compren- dre une ou plusieurs portions convexes et une ou plusieurs portions conca- ves et par conséquent, être plus ou moins ondulée dans le sens axial, sans sortir du cadre de l'invention.
Des épreuves comparatives très poussées, avec des fûts de con- struction usuelle comparés avec ceux selon l'invention dans ses divers mo- des d'exécution au cours desquelles les fûts remplis étaient roulés sur des sols de toutes natures, ont montré qu'un fût selon l'invention peut, sans qu'une fuite se produise, parcourir un trajet qui est, en moyenne, deux fois celui qui peut être accompli par un fut de construction usuelle.
Dans une épreuve, par exemple, un fût d'une construction usuel- le s'est ovalisé après avoir accompli un parcours de 1800 mètres, et une fuite s'est produite après un parcours de 2000 mètres; à ce moment la hau- teur du jonc de roulement s'était réduite d'une valeur de 19 mm. à 9 mm. environ.
Dans un fût selon l'invention, et notamment un fût construit comme représenté à la Fig. 4, ayant exactement le même contenu, la même épaisseur de tôle et d'une manière générale, la mené structure, la forme des joncs de roulement exceptée, une fuite ne s'est formée qu'après un par- cours de 6700 mètres;
à ce moment, le corps n'était pas encore sensiblement ovalisé.. et la hauteur des joncs de roulement s'était réduite d'une valeur de 19 mm. à 4 mm. en moyenneo
Dans une autre épreuve, un fût d'une construction usuelle s'est- ovalisé après avoir accompli un parcours de 3 kilomètres et une fuite s'est produite après un parcours de 4 kilomètreso Un fût selon l'invention, éga- ' lement construit comme indiqué à la Fig. 4 n'a présenté une très petite fuite qu'après un trajet de 7 kilomètres,et avait toujours conservé sa for- me circulaire après un parcours de 8 kilomètres; toutefois, les fuites étaient alors devenues d'une telle importance que le fût devait être considéré com- me inutilisable.
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Evidemment les différences entre les durées dans les épreuves comparatives décrites plus haut sont en majeure partie la conséquence d'une différence de nature du sol du trajet parcouru.
A l'opposé de ce qu'on pouvait escompter, la durée considérablement plus élevée du fût selon l'invention ne peut être expliquée que partiellement par le fait que le moment de résistance à la flexion (c'est-àdire la résistance du jonc de roulement à tout effort tendant à lui faire perdre sa forme circulaire) de la section du jonc de roulement selon l'invention est supérieur à celui de la section connue. Un calcul montre que le moment de résistance à la flexion de la section représenté aux Fig. 2, 3 et 4, y compris les étroits bords du corps adjacents, ne surpasse que de 20% environ,le moment de résistance du jonc représenté à la Fig. 1, y compris également les étroits bords du corps adjacent. Au contraire, il apparat que le fût selon l'invention a une durée qui est approximativement le double de la durée des fûts usuels.
On a trouvé que le travail de déformation, c'est-à-dire le travail nécessaire pour emboutir le jonc de roulement du corps du fût dans la structure représentée aux Fig. 2.3 et 4 est approximativement deux fois plus grand que le travail de déformation qui est requis pour former le jonc de roulement représenté à la Fig. 1.
Ce travail de déformation introduit dans le jonc de roulement selon l'invention joue probablement un grand rôle dans l'obtention de la solidifité plus élevée du fût selon l'invention, éventuellement en coopération avec l'augmentation du moment de résistance., ce résultat n'ayant pas été obtenu au moyen d'un étirage de la matière,re- lativement plus fortcomme celui qui produirait un jonc de roulement de plus grande hauteur radialeo
Il est apparu, que le raccourcissement du corps du fût se pro- duisant normalement en formant les joncs de roulement n'est pas influencé sensiblement par l'emploi de la nouvelle forme de section du jonc de roulement, et en outre, que l'augmentation éventuelle du raccourcissement est généralement surpassée ou, du moins,
compensée par l'augmentation de la capacité du jonc de roulement lui-même; par conséquent, l'application de la forme nouvelle du jonc de roulement ne cause certainement pas une augmentation de la consommation de matière pour un fût de capacité donnée.
En outre, il est apparu que le fût selon l'invention possède une plus grande résistance à un vide intérieur ainsi qu'à une surpression extérieure.
Enfin, il est apparu que la résistance au roulement du nouveau fût ne surpasse pas celle d'un fût usuel, tandis que l'énergie nécessaire pour provoquer un changement de direction pendant le roulage du nouveau fût,surtout sur des sols mous ou raboteux, est généralement inférieure à et n'est certainement pas supérieure à celle d'un fût usuel. Eivdemment, ces caractéristiques constituent des éléments importants pour l'usage efficace d'un fût de ce genre.
Il est entendu que l'invention n'est pas limitée aux modes de réalisation représentés et décrits qui n'ont été choisis qu'à titre d'exem- ples.
REVENDICATIONS.
1.- Fût métallique, notamment en tôle d'acier, du type comportant au moins deux joncs de roulement obtenus par emboutissage du corps de fût et ayant une hauteur normale, caractérisé en ce que les joncs de roulement consistent en une partie sensiblement cylindrique se raccordant au corps du fût par deux portions de raccordement et ayant une largeur axiale du même ordre de grandeur que la hauteur radiale duditjonc de roulement.