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La présente invention a pour objet un procédé de fabrication d'une préparation d'adrénocorticotrophine appropriée pour l'ihjection intra-musculaire ou sous-cutanée ayant un effet renforcé.
L'hormone adrénocorticotrophique est une substance sécrétée par les lobes antérieurs de la glande pituitaire et qui est probablement entraînée par le courant sanguin dans le corps animal jusqu'aux glandes adrénales où elle exerce une influence sur le développement, la croissance et l'activité de l'enveloppe adrénale. Au cours des dernières années, on a constaté que des extraits de l'hormone adrénocorticotrophique tirés des glandes pituitaires d'animaux tels que porcs, moutons, et boeufs, sont ex- trêmement efficaces pour soulager des êtres humains sous certaines conditions pathologiques lorsqu'ils sont injectés par voie parentérale et on demande de plus en plus des quantités croissantes de cette hormone appropriée à être injectée dans le corps humain.
Etant donné la fourniture relativement faible de glandes pituitaires animales à partir desquelles l'on obtient l'hormone adrénocorticotrophique, puis en raison des dimensions et teneur extrêmement réduites des glandes pituitaires mêmes, il est important d'étudier des procédés non seulement pour obtenir le rendement maximum de substances actives à partir des glandes disponibles, mais aussi pour augmenter la puissance de la substance active dans une mesure aussi grande que possible.
Ce problème a déjà été posé dans la demande de brevet américaine n 328268, déposée le 27 décembre 1952, qui décrit que l'hormone adrénocorticotrophique, lorsqu'elle est utilisée avec de la gélatine comme véhicule, est beaucoup plus puissante que cette même hormone adrénocorticotrophique injectée dans une solution aqueuse ordinaire. Comme on l'a indiqué dans la demande de brevet précitée, on a constaté que la grandeur de l'effet résultant de l'utilisation de gélatine a une puissance adrénocorticotrophique double ou triple.
Il semble que l'action de gélatine sur l'hormone adrénocorticotrophique produit une forte attaque subite comme il est désirable sur l'activité hormonale et que la nature de la réaction est sensiblement la même que si elle était causée par une solution aqueuse de l'hormone, sauf qu'une dose beaucoup plus petite de la gélatine ACTH est nécessaire pour maintenir le patient en rémission que c'est le, cas lorsqu'on utilise de l'ACTH aqueux. Cet effet unique de la gélatine sur l'ACTH n'a pas été démontré avec l'un quelconque des autres supports ou véhicules ordinairement utilisés pour des produits pharmaceutiques injectables.
Un but de la présente invention est de fabriquer une préparation de gélatine à l'adrénocorticotrophine, qui possède un pouvoir plus grand que celle décrite dans la demande de brevet précitée. Un autre but de l'invention est de fabriquer une combinaison d'adrénocorticotrophine avec un type spécial de véhicule gélatineux qui soit sure et appropriée à l'injection intra-musculaire ou sous-cutanée, tout en montrant en même temps une coopération entre l'hormone et le véhicule ayant pour résultat de beaucoup augmenter l'effet adrénocorticotrophique par rapport à celui obtenu avec d'autres types de gélatine.
D'autres buts et avantages de l'invention ressortent de la description détaillée qui suit.
Le procédé de la présente invention aboutit à une préparation d'adrénocorticotrophine constituée par la substance adrénocorticotrophique et l'oxypolygélatine. L'hormone adrénocorticotrophique, utilisée en combinaison avec l'oxypolygélatine comme véhicule, est sensiblement plus puissante que la même hormone adrénocorticotrophique injectée dans tous autres types de gélatine et elle est bien entendu plus puissante que la même hormone en solution aqueuse ordinaire. On a trouvé que la grandeur de l'effet
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résultant de l'utilisation d'oxypolygélatine est double ou triple de la puissance ACTH par rapport à celle obtenue.avec d'autres types de gélati- ne.
L'accroissement des effets décrits ci-dessus est un véritable gain de force, à la différence d'un simple effet retardateur qui peut parfois être causé par la viscosité du véhicule. Ceci peut être illustré par le fait que la préparation d'adrénocorticotrophine à l'oxypolygélatine produit, immédiatement lors de l'injection, une forte réaction subite, qui est beaucoup en excès de la réaction causéee par une dose égale de la même substance en une solution aqueuse ne contenant pas d'oxypolygélatine. On . a trouvé qu'au cours de la période de 24 heures qui suit l'injection, la courbe des réactions à une dose donnée d'adrénocorticotrophine à l'oxypoly gélatine est analogue à celle d'une dose identique d'adrénocorticotrophine saline,
sauf que la réaction de l'adrénocorticotrophine à l'oxypolygélatine est toujours plus forte en tout instant particulier comme si l'on avait administré un dosage beaucoup supérieur. Ce type de réaction ne peut pas être expliqué simplement sur la base du retard d'absorption, mais on croit qu'il est basé sur la propriété unique de l'oxypolygélatine -qui est développée lorsqu'elle est utilisée avec l'hormone adrénocorticotrophique, mais non pas lorsqu'elle est utilisée avec d'autres substances à action biologique
L'oxypolygélatine, qui est le véhicule utilisé dans la présente invention, est une substance bien connue, qui a été décrite complètement dans les publications et que l'on se procure facilement sur le marché (voir par exemple l'article de Campbelle,
intitulé "La préparation et les propriétés d'une gélatine modifiée (oxypolygélatine) comme succédané oncotique de sérum albumine", paru dans les Texas Reports ou Biology and Medicine, volume 9, N 2, pages 235-280, été 1951). En général l'oxypolygélatine est préparée en accouplant des molécules de gélatine-en-de plus grands complexes avec un agent de condensation ou de couplage,puis en soumettant le polymère de gélatine à grand poids moléculaire à une opération d'oxydation dans laquelle la molécule est dégradée jusqu'à une grosseur et une configuration désirées. Un procédé préféré pour produire l'oxypolygélatine comprend la condensation de gélatine avec du.glyoxal et l'oxydation subséquente avec de l'eau oxygénée.
On croit que la forme de l'oxypolygélatine est modifiée depuis la forme en aiguilles jusqu'à une forme sensiblement sphérique.
L'oxypolygélatine a été étudiée et utilisée en premier lieu comme agent augmentant le volume du plasma et l'on ne connaissait pas jusqu'à présent son effet unique lorsqu'il est utilisé comme véhicule pour l'hormone adrénocorticotrophique. Cependant, lorsqu'on considère ses propriétés connues de non-toxicité, non antigénicité et non-pyrogénicité, ensemble avec sa propriété, inconnue jusqu'à présent, d'augmenter la puissance de l'adrénocorticotrophine, son utilité comme véhicule pour cette hormone devient immédiatement importante.
On préfère utiliser environ 35 à 40% de solution aqueuse d'oxypolygélatine dans la fabrication selon la présente invention. II est usuellement désirable que la concentration d'oxypolygélatine rentre dans la gamme d'environ 5 à 50% en poids de la solution d'injection, bien que l'efficacité de l'oxypolygélatine pour l'augmentation de la puissance de l'adrénocorticotrophine se manifeste dans une certaine mesure même avec des concentrations d'oxypolygélatine au-dessus et au-dessous de ces limites.
On peut utiliser toute substance adrénocorticotrophique avec l'oxypolygélatine pour produire l'efficacité adrénocorticotrophique perfectionnée qui est .visée par la présente invention. L'hormone adrénocorticotrophique n'a pas encore été isolée et sa structure moléculaire n'a pas encore été caractérisée nettement. On croit qu'il s'agit d'une protéine et
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d'aucuns pensent que certains procédés de préparation donnent une molécule de polypeptide contenant l'activité adrénocorticotrophique.
On préfère, selon l'invention, utiliser une substance bien épurée, mais l'une quelcon- que des substances adrénocorticotrophiques, que ce soit sous la forme dite "protéine entière" ou sous la forme "polypeptide", et quelle que soit leur source de préparation, peut être utilisée avec l'oxypolygélatine pour obte- nir les résultats perfectionnés de l'invention.
On ne connaît pas avec certitude, quant à présent, la manière exacte dont la substance active et l'oxypolygélatine coopèrent pour donner la puissance accrue. Une explication possible peut être que la réaction d'oxydation que l'oxypolygélatine subit donne à la molécule un plus grand nombre de groupes carboxyle acides qui peuvent faire combiner l'oxypolygé- latine avec l'adrénocorticotrophine de base pour former un complexe chimi- que ayant une activité adrénocorticotrophique accrue, Une autre explica- tion, peut être alternative, est que l'oxypolygélatine, lorsqu'elle est uti- lisée en combinaison avec l'hormone adrénocorticotrophique, peut avoir un effet stabilisateur particulier sur l'hormone,
en la protégeant ainsi con- tre l'inactivation par certaines enzymes ou d'autres forces destructives entourant l'endroit d'injectiono En tout état de cause, des essais de puis- sance, de même que des 'études cliniques sur des patients subissant le trai- tement ACTH, ont démontré que l'emploi d'oxypolygélatine assure une réac- tion beaucoup plus grande avec chaque dose d'hormone que c'est le cas lors- qu'on utilise comme véhicule de la gélatine saline ou même d'autres types de gélatine.
Des exemples particuliers, illustrant l'invention, sont décrits dans ce qui suit
Exemple
Une certaine quantité d'adrénocorticotrophine fut préparée en soumettant à l'extraction des glandes pituitaires antérieures de porcs déshydratées à l'acétone avec de l'acide acétique glacial à 70 C, en ajoutant 1/2 volume d'acétone et une petite partie de NaCl à la solution pour précipiter les matières dont on n'a pas besoin, en ajoutant un volume égal d'éther éthylique à la solution pour précipiter une adrénocorticotrophine brute, en épurant le précipité par adsorption sur l'oxycellulose et élution à partir de cette dernière, et en ajoutant de la résine au produit d'élution pour transformer l'adrénocorticotrophine en l'acétate.
La solution ainsi formée fut lyophilisée pour donner une poudre sèche, qui fut reconstituée avec de l'eau distillée exempte de pyrogène, filtrée de façon stérile, mise en flacons à raison de 40 unités USP par flacon, congelée et lyophilisée.
Le produit lyophilisé ci-dessus, qui est du type parfois appelé forme "polypeptide" d'adrénocorticotrophine, fut reconstitué avec une solution contenamt 37% d'oxypolygélatine et 0,5 % de phénol. La solution résultante, contenant l'adrénocorticotrophine, 37 % d'oxypolygélatine et 0,5 % de phénol, fut soumise à l'essai clinique habituel et l'on constate qu'elle était de deux à trois fois plus puissante que l'adrénocorticotrophine originelle administrée dans de la gélatine ordinaire.
La solution d'oxypolygélatine mentionnée ci-dessus fut préparée à partir d'une solution usuelle d'oxypolygélatine obtenue sur le marché, La solution ordinaire avait été préparée par condensation de gélatine avec du glyozal, suivie par l'oxydation avec de l'eau oxygénée et elle fut reçue sous forme de solution à 5 % d'oxypolygélatine à l'état salin normal. Elle fut préparée pour l'utilisation dans le présent exemple en séparant la saline normale par dyalise, en concentrant la solution par distillation sous vide en oxypolygélatine à 37 %, en ajoutant du phénol jusqu'à 0,5 % de con-
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centration et en filtrant à l'état stérile. La solution résultante fut ensuite utilisée avec l'adrénocorticotrophine lyophilisée comme décrit au paragraphe précédent.
Exemple 2.
L'adrénocorticotrophine lyophilisée, préparée comme à l'exemple 1 ci-dessus, fut reconstituée avec 16% de gélatine à une puissance ACTE de 16,5 unités/0,5 cm3
La solution de base ci-dessus fut divisée en deux parties égales et utilisée pour préparer des solutions A et B comme suit :
La solution A fut préparée en diluant la solution de base jusqu'à 0,040 unités/0,5 cm3 avec 16% de gélatine contenant 0,5% de phénol.
La solution B fut préparée en diluant la solution de base jusqu'à 0,040 unités/0,5 cm3 avec 37 % d'oxypolygélatine contenant 0,5 % de phénol.
Les solutions A et B furent ensuite essayées par le procédé ordinaire comportant l'essai de déplétion adrénal acide-ascorbique sur des rats hypophysectomisés et on trouva que la solution B (contenant l'oxypolygélatine) avait une puissance d'environ 150 à 200 % par rapport à celle de la solution A (contenant de la gélatine ordinaire seulement).
Exemple 3.
L'adrénocorticotrophine lyophilisée, préparée comme à l'exemple 1 ci-dessus, fut reconstituée avec 16% de gélatine à une puissance ACTH de 16,5 unités/0,5 cm3.
La solution de base ci-dessus fut divisée en deux parties égales et utilisée pour préparer les solutions C et D comme suit :
La solution C fut préparée en diluant la solution de base à 0.120 unités/0,5 cm3 avec 16 % de gélatine contenant 0,5 % de phénol.
La solution D fut préparée en diluant la solution de base à 0,120 unités/0,5 cm3 avec 37% d'oxypolygélatine contenant 0,5 % de phénol.
Les solutions C et D furent ensuite essayées par le procédé ordinaire comportant l'essai de déplétion adrénal acide-ascorbique sur des rats hypophysectomisés et on trouva que la solution D (contenant l'oxypolygélatine) avait une puissance d'environ 150 à 200% par rapport à celle de la solution C (ne contenant que-de la gélatine ordinaire).
Chaque fois que l'on utilise l'expression "unité" relativement à la puissance ACTH, il s'agit de l'unité internationale adoptée par l'Organisation Mondiale de la Santé. Une unité internationale est définie comme étant l'équivalent de la puissance de 1 mg de préparation LA-1-A lorsqu'elle est essayée par le procédé de MM> M. Sayers, G. Sayers et L.A. Woodbury (Endocrinologie 42; 379 (1948).
Bien que l'on ait décrit dans ce qui précède avec beaucoup de détails des modes de réalisation du procédé de l'invention, il est évident que de nombreuses modifications peuvent y être apportées sans sortir de son cadre.