Il est connu d'ajouter aux enduits, tapis et étoffes (textiles, décorations) ainsi qu'aux produits d'entretien des planchers et meubles (encaustiques, agents de palissage), ' des substances insecticides par contact, le plus -souvent du dichlorodiphényltrichloroéthane, qui fait tuer les insectes qui se déposent sur les surfaces ainsi imprégnées.
D'autres substances insecticides ayant des propriétés analogues sont également connues dans ce but, par exemple le héxachloro- cyclohéxane, mais avec la plupart de ces substances et surtout avec celle mentionnée en dernier lieu, les effets obtenus sont de courte durée à cause de la volatilité de la substance ; attendu que l'utilisation pratique d'un tel procédé pour débarrasser les pièces d'une habitation pendant un temps assez
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long des insectas, dépend en premier lieu des conditions économiques et celles-ci ne sont satisfaisantes que si l'effet in secticide est maintenu pendant un temps suffisamment long, par exemple au moins penda.nt plusieurs années.
Comme le chlorodiphényltrichloroéthane (marque de fabrique "DDT") est relativement très peu volatil et que de plus il résiste bien aux influences atmosphériques (température, lumière, humidité), on peut obtenir par l'emploi du "DDT" un effet durable, mais celui-ci n'est pas suffisant en soi pour le but envisagé au point de vue'de l'intensité et de la rapidité de l'action.
Un inconvénient général des procédés connus jusqu'à présent est de plus le fait qu'à cause des propriétés insecticides exclusivement par contact des substances prévues, seulement les parties de ces substances qui se trouvent librement @ sous forme de petits cristaux sur la surface externe des superficies imprégnées, peuvent agir sur les organes sensibles des 'insectes, action qui est supprimée ou fortement réduite très vite par le recouvrement de cette substance externe par les poussières, saletés, humidité, etc. ainsi que par le frottement mécanique.
D'après tous les procédés connus, on peut même par une telle diminution de l'efficacité, produire -l'effet contraire de celui désiré : les insectes, par exemple les mouches et les mites, ne reçoivent de cette manière ,qu'une excitation qui ne suffit pas pour les tuer et ces insectes pourraient même s'immuniser ainsi contre le poison.
Grâce à une étude approfondie des conditions mentionnées ci-dessus on est arrivé à certaines constatations surprenantes, qui ouvrent la possibilité d'éviter les difficultés rencontrées dans la pratique pour de nombreuses utilisations, et d'ouvrir ainsi des perspectives nouvelles pour l'empoisonnement avec succès des insectes dans les espaces clos.
Il a été trouvé que par l'utilisation d'au moins deux
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insecticides cristallins dans un rapport approprié, la phase finale obtenue de la substance active reçoit par lt'abaissement du point de fusion des propriétés plastiques et ces propriétés plastiques permettent d'obtenir un "grimpement" de cette substance, et de cette manière en mettant ensemble un insecticide volatil et un insecticide difficilement volatil, ce dernier agit d'une manière analogue à celle de l'insecticide volatil comme agent de fixation. Le "grimpement" de la phase finale du produit actif peut d'ailleurs être considérablement augmenté par l'emploi simultané d'agents d'amollissement.
Ces conditions seront expliquées ci-après de plus près, en prenant comme exemple le dichlorodiphényltrichloroéthane et le j-héxachlorocyclohéxane, mais d'autres insecticides pour- ront être traités d'une manière analogue.
1. Il a été trouvé que le "DDT" à action durable, mais d'intensité insuffisante, peut être combiné d'une manière extrêmement efficace avec le @-héxachlorocyclohéxane (HCH) qui, à cause de sa volatilité, n'a qu'un effet de courte durée mais au contraire une action rapide et intensive, si l'on utilise les deux substances ensemble dans un rapport déterminé.
Si l'on fond ensemble les deux substances insecticides par contact dans un. rapport de 10 à 15 parties en poids de HCH et de 90 à 50 parties en poids de DDT, on obtient un mélange ayant un point de fusion considérablement plus bas. Le DDT a un : point de fusion de 108,5 C et le HCH a un point de fusion de 112 C, tandis qu'un-mélange homogène de 3 parties en poids de DDT et 1 partie en poids de HCH présente un point de fusion d'environ 60 C. Aux températures ambiantes usuelles d'environ
20 (dans les pays chauds, riches en insectes, de 40 C et davantage), cette phase mixte devient plastiquement molle, ou même visqueuse.
Cette propriété spéciale de la phase de la substance active permet son "grimpement" et d'un côté elle
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permet un enlèvement suffisant de la substance effica par les chémorécepteurs (organes sensibles) des insectes.
Alors.que l'utilisation combinée de DDT et HCH a été proposée pour d'autres procédés servant à combattre les insectes (sprays et agents de pulvérisation) leur utilisa- tion dans des proportions conduisant à un abaissement du point de fusion et à une action potentielle en phase efficace des enduits et des agents.d'imprégnation, est nouvelle et utile:
2. Si l'on emploie le DDT difficilement volatil et une quantité au maximum égale de HCH, on empêche de manière effi- cace la volatilisation du HCH. Par conséquent, le DDT joue le rôle d'un agent de fixation pour les constituants légère- ment volatils, ce qui donne au HCH une durée plus grande, correspondant à celle du DDT.
3. En connexion avec les constatations mentionnées au point 1 ci-dessus, on a fait une autre constatation surpre- nante. Il a été notamment montré que des enduits (couleurs à la colle, ou aux liants, à ]-'huile et vernis de toutes sortes) fabriqués avec les substances combinées mentionnées sous 1, retiennent sans diminution leurs excellentes propriétés insecticides pendant des années, même lorsque les surfaces traitées sont exposées à un salissement normal. Les consta- tations ont montré de plus que les phases décrites sous.1 à point de fusion bas, voyagent d'une manière constante de la profondeur de l'enduit ou de l'imprégnation dans toutes les directions, et plus spécialement sur les surfaces, et ne cristallisent pas sur celles-ci ni en cristaux visibles macroscopiques, ni en cristaux microscopiques.
La couche supérieure insecticide, la seule efficace, est ainsi soumise à un renouvellement constant, de sorte que l'effet intensif du début des enduits frais ,etc., est maintenu inchangé
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des saletés pendant des années et même lorsque/se sont déposées.
Que cette propriété du "grimpement" est en fait la conséquence du ramollissement obtenu par la combinaison décrite ci-dessus est encore prouvé par le fait que cet effet peut être augmenté davantage d'une manière appréciable par l'emploi simultané d'agents amolissants, non-insecticides par eux-mêmes.
Des additions efficaces dans ce sens sont également constituées par les agents amollissants utilisés ordinairement dans l'industrie des laques et des couleurs (par exemple les esters alcoyles des acides organiques mono - et polybasiques, plus particulièrement de l'acide phtalique, de l'acide adipique, des esters des acides gras avec des alcools polyvalents de sucres, etc..) ainsi qu'un grand nombre d'agents solvants organiques volatils ayant une solubilité suffisamment élevée dans la substance finale (cyclohéxanol, cyclohéxanone, tétra-
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, hydronaphtaline,cx -méthylnaphtaline, , alcools gras volatils et esters de cires, etc.). Egalement de petites additions d'huile et graisses d'origine végétale, animale et minérale agissent d'une manière analogue.
Comme agents amollissants retardant la cristallisation on peut également citer le produit de la perchloruration du diphényle comme convenant très bien.
La.,prés.ente invention couvre également un produit à ' action insecticide durable, caractérisé en ce qu'il contient à l'état dissous ou dispersé deux agents insecticides cristallins différents contenus dans un agent commun en proportions telles que les ingrédients après l'application du produit se trouvent sous la forme d'un mélange présentant un point de fusion plus bas que celui de chacun des ingrédients et n'ayant pas de tendance à la,cristallisation, mais possédant des propriétés plastiques.
EXEMPLES.
1. Des enduits de couleur de toutes sortes, mais de
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préférence des enduits pour murs et'planchers, avec des couleurs contenant des colles, des liants, des huiles et laques, qui renferment des,pigments colorants, reçoivent la substance insecticide finale sur le substratum.
Dans ce but, on fond ensemble deux ou plusieurs substances insecticides, et notamment dans un cas particulier, du DDT et -HCH dans un rapport d'au moins 1 :1 etpar refroidissement lent,on réalise sa solidification* Ensuite le mélange est introduit dans des agents solvants, surtout dans des hydrocarbures organiques difficilement volatils, des hydrocarbures halogénés, esters, alcools, cétones, du genre mentionné ci-dessus, et on ajoute éventuellement des quantités suffisantes d'agents amollissants. On effectue l'émulsion de la phase organique avec emploi des agents émulsifiants, et dans les appareillages usuels, pour produire une émulsion du type "huile dans l'eau", pouvant avoir par exemple la composition suivante :
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<tb> 2 <SEP> à <SEP> 10 <SEP> parties <SEP> de <SEP> DDT
<tb>
<tb> 0,2 <SEP> à <SEP> 10 <SEP> parties <SEP> de <SEP> [gamma]-HCH
<tb>
<tb> 0,2 <SEP> à <SEP> 2,0 <SEP> parties <SEP> de <SEP> cyclohéxanone <SEP> ou <SEP> du <SEP> diphényle
<tb> perchloré <SEP> ou <SEP> , <SEP> -méthyle-naphtaline, <SEP>
<tb>
<tb> . <SEP> 1 <SEP> à <SEP> 6 <SEP> parties <SEP> d'émulsifiants <SEP> ( <SEP> par <SEP> exemple <SEP> sels
<tb> alcalins <SEP> des <SEP> esters <SEP> industriels <SEP> de <SEP> l'acide.
<tb> sulfurique <SEP> avec <SEP> des <SEP> alcools <SEP> gras, <SEP> des <SEP> esters <SEP> de
<tb> l'acide <SEP> sulfurique <SEP> et <SEP> éthanol <SEP> et <SEP> amino-éthanol,
<tb> des <SEP> acides <SEP> gras <SEP> supérieurs <SEP> ou <SEP> des <SEP> dérivés <SEP> oxydés
<tb> du <SEP> polyéthylène <SEP> de <SEP> type <SEP> connu.
<tb>
<tb>
10 <SEP> à <SEP> 30 <SEP> parties <SEP> de <SEP> tétrahydronaphtaline,
<tb>
<tb> et <SEP> enfin <SEP> de <SEP> l'eau <SEP> pour <SEP> former <SEP> 100 <SEP> parties.
<tb>
Pour la préparation des émulsions il est recommandé d'utiliser un dispositif d'agitation rapide ou un appareil d'homogénéisation-de construction usuelle.
Dans cette émulsion, qui pour une forte teneur en substance active peut être diluée au préalable avantageusement au moyen d'une nouvelle quantité d'eau, les quantités choisies
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et calculées sur la base de la composition de l'enduit final des pigments on introduit des pigments insolubles dans l'eau (par exemple de la craie, du lithopone, du jaune de chrome, etc. ) et on obtient ainsi une dispersion dont la phase solide, après filtration et séchage, donne un substratum dont les particules sont enveloppées de manière homogène par la phase adsorbée de la substance active. Ce substratum sert ensuite de'manière connue pour la.fabrication de l'enduit proprement dit.
D'une manière plus simple, mais avec une subdivision de la matière qui n'est pas effectuée' d'une manière aussi uniforme, toutefois avec effet encore satisfaisant, les pigments insec- ticides peuvent être obtenus par simple broyage du mélange avec les pigments, par exemple dans un broyeur à boulets.
2. Laques, cires, solutions et dispersions volatiles et non volatiles.
Pour la fabrication de laques, vernis de toutes sortes, ehcaustiques, agents de polissage de meubles et d'entretien, anhydres ou très pauvres en eau, (même sous forme dispersée par de l'eau, comme par exemple des émulsions volatiles, crêmes et pâtes) il suffit de dissoudre ou de disperser les ingrédients actifs,.les agents d'amolissement et les solvants d'une manière appropriée, après formation préalable d'une phase homogène et d'une manière appropriée dans la partie organique, c'est-à-dire dans la fraction lipoide de la préparation.
Les constituants nommés ci-dessus sont utilisés avantageusement à peu près dans .les proportions de.mélange suivantes :
10 à 50 parties de [gamma]-HCH
90 à 50 parties de DDT
10 à 100 parties d'agent d'amolissement )
150 à 300 parties de solvant )) du type décrit.
La préparation avec les autres constituants usuels se fait de manière connué.
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3. Imprégnation de matière poreuse.
L'imprégnation avec l'insecticide de la matière poreuse (papier, carton) se fait de la manière usuelle par imbibition, centrifugeage, séchage, etc. des substances poreuses avec des émulsions diluées de la composition indiquée sous 1.
Ces produits reçoivent avantageusement en plus, d'autres additions pour capter certains insectes. Comme agent de capta- tion pour les mouches, on peut citer par exemple la canthari- dine.
L'action insecticide de ces produits est dans une large mesure indépendante de la base de laque ou de la,composition usuelle des couches qui servent à L'empoisonnement des insectes.
Plus spécialement, il n'y a aucune nécessité d'utiliser des laques bien spéciales ou d'autres substratas. Il est également intéressant au point de vue industriel que les surfaces, couches.
,films, etc. empoisonnés, se distinguent à la vue ou au tou@her des surfaces, couches, films, etc. non-empoisonnées.
REVENDICATIONS ET RESUME.
1. Produit,à action insecticide durable, caractérisé à l'état en ce qu'il renferme,/dissous ou dispersé dans un milieu commun, au moins deux substances insecticides, cristallines, différentes, dans des proportions telles que ces substances se trouvent après l'application du produit sous la forme d'un mélange ayant un point de fusion plus bas.-que celui de chacun des ingrédients et qu'il n'ait pas de tendance à ' la cristallisation, mais possède'des propriétés plastiques.
2. Produit selon 1 , caractérisé en ce qu'il renferme comme substance insecticide le dichlorodiphényltrichloroéthane et. au maximum la même quantité de Ó-héxachlorocyclohéxane.
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3. Procédé pour la fabrication d'un produit à action insecticide durable selon les revendications 1 et 2, caractérisé en ce qu'au moins deux substances insecticides cristallines différentes sont dissoutes ou dispersées dans un milieu commun, ' les constituants ainsi que leurs proportions étant choisies de telle manière que les ingrédients, après application du produit se trouvent sous la forme d'un mélange présentant un point de fusion plus bas que celui de chacun 'des ingrédients et n'ait pas de tendance à la cristallisation mais possède des propriétés plastiques.
4. Procédé selon 3 , caractérisé en ce que le mélange des ingrédients consiste en au moins une substance insecticide volatile et.au moins une substance insecticide difficilement volatile.
5. Procédé selon 3 , caractérisé en ce que les substances insecticides sont utilisées sous la forme d'un mélange fondu.
6. Procédé selon les revendications 3 à 5, caractérisé en ce que le mélange fondu consiste en dichlorodiphényltrichloro- éthane et au maximum la même quantité de Ó-héxachlorocyclo- héxane.
7. Procédé selon 3 , caractérisé en ce que l'on utilise des additions.de solvant difficilement volatil et des agents d'amolissement, dans lesquels les ingrédients sont solubles.
Procédé selon les revendications 3 et 7, caractérisé en ce que l'on utilise le diphénylperchloré.
9. Procédé selon les revendications 3 et 7, caractérisé en ce que l'on utilise la tétrahydronaphtaline.
10. Procédé selon les revendications 3 et 7, caractérisa en ce que l'on utilise le cyclohéxanol .
Il. Procédé selon les revendications 3 et 7, caractérisé @ en ce que l'on utilise la mé@hylnaphtaline.
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12. Procédé selon 3, caractérisé en ce que l'on ajoute également un agent servant à capter les insectes.
13. Procédé selon les revendications 3 et 12, caractérisé en ce que l'on utilise la cantharidine comme agent de captage.
14. Procédé de fabrication d'un insecticide, substantielle- ment comme décrit.
15. Produit insecticide, obtenu substantiellement de la manière décrite..