<Desc/Clms Page number 1>
La présente invention concerne des pièces garnies de matière lu- mineuse, telles que des cadrans ou des aiguilles, de montres, de réveils, de pendules, d'appareils de contrôle, d'instruments de mesure, etc.
Quoiqu'on ait déjà songé à recouvrir les couches de matière lu- mineuse appliquées sur des pièces de ce type par des corps transparents pour soustraire ces couches aux dépôts de poussières et à l'action des agents chimiques (provenant des réactions provoquées par les rayons so- laires dans la peinture des cadrans ou dans les verres de montre), on n'é- tait encore jamais arrivé à supprimer l'effet peu esthétique dû à la cou- leur jaune-verdâtre des matières lumineuses utilisées habituellement et constituées par un sel radioactif mélangé à du sulfure de zinc. Cette cou- leur est en effet si malheureuse, que les fabricants de montres soignées, pour ne pas compromettre l'apparence de leurs pièces préfèrent renoncer à l'utilisation des matières lumineuses.
Or, la présente invention permet de disposer une couche de ma- tière lumineuse sur une pièce de telle façon que cette matière lumineuse n'apparaisse pas du tout de jour ou sous un éclairage artificiel, tandis que son rayonnement est perceptible dans l'obscurité. Pour réaliser ce but, la matière lumineuse est recouverte d'un corps transparent qui a a propriété d'absorber les longueurs d'ondes correspondant à sa couleur tout en laissant passer à peu près intégralement les rayons qu'elle émet.
Cela est possible, puisque couleur et émission n'ont pas la même longueur d'on- de ; la couleur des matières lumineuses habituelles est jaune-verdâtre, tandis que leur rayonnement est bleuâtreo
En absorbant dès lors les rayons provenant d'une source extérieu- re (soleil, éclairage artificiel), qui sont réfléchis par la couche de'ma- tière lumineuse, un tel corps transparent rend cette couche invisible de jour ou sous un éclairage artificielo
Un corps convenant particulièrement bien dans ce but est le co- rindon naturel ou artificielo Le spectre d'absorption de cette matière s'étend entre 5150 et 5900 avec un maximum prononcé vers 5300 .
On voit par conséquent que le maximum d'absorption est situé dans la zone des lon- gueurs d'ondes correspondant à celles de la lumière réfléchie par la dite couche de matière lumineuse, tandis que le rayonnement émis par cette der- nière, pratiquement monochromatique, de longueur d'onde comprise entre 5100 et 5200 , n'est pratiquement pas absorbé du tout par le corindon.
On remarquera que celui-ci peut être coloré à volonté en rouge (rubis), en bleu (saphir) ou même en noir, sans rien changer aux conditions indiquées ci-dessus, pourvu que cet élément soit encore transparent au moins pour les rayons émis par la matière lumineuse. La coloration du corindon n'altère -évidemment pas la couleur du rayonnement (bleuâtre) de la matière lumineuse, puisque ce rayonnement est monochromatique.
Le dessin annexé représente, en coupe, à titre d'exemple non li- mitatif, quelques formes d'exécution de l'objet de l'inventiono
Les fige 1 à 3 montrent trois formes d'exécution dans lesquelles la pièce est percée de part en parto
Les fig. 4 et 5 se rapportent au cas d'un trou borgne.
Les fig. 6 et 7 montrent deux formes d'exécution dans lesquelles la pierre est sertie en place.
On voit à la fige 1 une plaque 1, qui peut être par exemple en métal ou en une autre matière transparente. Il s'agit dans le cas particu-
<Desc/Clms Page number 2>
lier d'un cadran d'horlogerie, mais la plaque 1 pourrait aussi apparte- nir à un appareil de contrôle ou de mesure, ou même être une aiguille d'un appareil que l'on désire pouvoir observer dans l'obscurité.
Dans le cadran 1 est pratiqué un trou 2 qui le traverse de part en part. Une pierre d'horlogerie 3, par exemple une pierre taillée dans un monocrystal de corindon artificiel, est chassée dans le trou 2. Sa face supérieure est bombée et fait légèrement saillie sur la face supérieure du cadran 1. Au lieu d'être en cabochon, elle pourrait présenter des facettes.
Au-dessous de la pierre 3 une matière lumineuse 4 est disposée dans le trou 2 et arrive à fleur de la face inférieure du cadran 1. Cette matière lumineuse est constituée par exemple par une matière radioactive mélangée à du sulfure de zinc.
On peut régler le dépassement de la pierre 3 par rapport à la face supérieure du cadran 1, et il est même possible de la disposer en re- trait de la dite face, donnant ainsi de la place pour le passage des ai- guilles de la montre entre le cadran et la glace. Au lieu de chasser la pierre 3, on pourrait la sertir ou la coller.
La pierre 3 pourrait aussi être taillée dans une pierre naturel- le, telle qu'un rubis ou un saphir. On a déjà relevé en effet que cette pierre pouvait être colorée même en noir, pourvu qu'elle soit transparen- te, au moins pour les rayons émis par la matière lumineuse, sans influen- cer les résultats obtenus, à savoir que, de jour, on ne se doute pas qu'il s'agit d'un cadran lumineux, tandis que, de nuit, on aperçoit le rayonne- ment quasi monochromatique de la matière lumineuse, comme s'il n'y avait rien au-dessus de cette matière.
La forme d'exécution de la fig. 2 diffère peu de la précédente.
La pierre 3 est ici creusée par dessous et la matière lumineuse 4 est dis- posée dans cette creusure.
Dans l'exemple de la fig. 3, la pierre 3 est chassée dans une bague 5 chassée elle-même dans le trou 2 du cadran 1. La matière lumineuse 4 est disposée comme précédemment.
Au lieu de pratiquer dans le cadran 1 un trou qui le traverse de part en part, on peut également faire des trous borgnes, soit dans la face supérieure du cadran 1 (fig. 4), soit dans sa face inférieure (fig. 5).
Cette dernière forme d'exécution suppose que le cadran est en matière trans- parente.
Dans le cas de la fig. 4, on dispose la matière lumineuse dans le fond du trou 6, puis on la recouvre avec la pierre 3 qu'on chasse dans le trou 60 Dans le cas de la fig. 5, on ajuste la pierre 3 dans le fond du trou 7, puis on dispose la matière lumineuse 4 au-dessous de la pierre 3, de façon à remplir le trou 7.
Dans la forme d'exécution de la fig. 6, la pierre 3 est sertie dans une monture 8 chassée dans le trou 2 traversant de part en part le cadran 1. Dans celle de la fig. 7,la pierre 3 est sertie dans un support 9 présentant un rebord extérieur 10 à son extrémité inférieure. Ce support 9 est introduit par dessous dans le cadran 1 et est chassé dans le trou 2.
Dans tous les cas les contours des signes sont absolument nets.
Les pierres ou corps transparents utilisés pour couvrir la ma- tière lumineuse de manière esthétique peuvent être fixés dans des ouver- tures, trous ou logements non seulement de la façon décrite et représentée au dessin, c'est-à-dire par chassage ou par l'intermédiaire de chatons, mais aussi de toute antre manière connue, en utilisant par exemple de la
<Desc/Clms Page number 3>
colle ou un liant analogue.
L'invention permet d'utiliser de la matière lumineuse pure, sans aucun liant, ce qui augmente sa luminosité. Par exemple, dans la forme d'exécution représentée à la fig. 4, la matière lumineuse 4 placée dans le fond d'un logement 6 et couverte par la pierre 3, peut être utilisée en poudre. Dans les autres formes d'exécution, on peut utiliser un couver- cle métallique pour obturer les trous sous le cadran. Ce couvercle peut alors être chassé dans les dits trous ou être monté sur la face inférieu- re du cadran. On peut aussi'recourir à des laques pour retenir la matiè- re lumineuse en place dans les dits logements du cadran.
REVENDICATIONS.
1. Pièce garnie de matière lumineuse telle que cadran d'horloge- rie, ou d'appareil de contrôle ou de mesure, aiguille ou plaque, caracté- risée en ce qu'elle présente au moins un trou contenant une couche de ma- tière lumineuse recouverte d'un corps transparent ayant la propriété de transmettre la lumière émise par la dite matière lumineuse et d'absorber la lumière dont les longueurs: d'onde correspondent approximativement à celles des rayons réfléchis par la dite matière lumineuse, afin que la dite matière lumineuse soit visible de nuit et invisible de jour.