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L'invention concerne un dispositif à commande manuelle ou motrice pour étirer ou refouler des tôles ou profilés, cons- titué par un outil inférieur et un outil supérieur, qui, en exerçant une pression dans le sens vertical, serrent la pièce en travail entre eux et l'étirent ou la refoulent par suite du déplacement de leurs mâchoires en sens opposés.
Les dispositifs de ce genre qui, lorsqu'ils sont à commande mécanique, travaillent à une cadence rapide, ont donné de très bons résultats en ce 'qui concerne le formage de tôles ou profi- lés d'acier ayant des épaisseurs comprises entre 0,5 à 6 mm et au-dessus. Cependant, on devait dans ce cas accepter l'inconvé- nient consistant en ce que - vu les pressions de service élevées. la pellïcule superficielle ou de laminage des tôles était endom- magée par les mâchoires de serrage garnies de plaques d'acier
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trempé, c'est-à-dire, était détruite aux points d'attaque des outils de serrage, de sorte que la possibilité d'application de ces dispositifs était limitée aux cas où la conservation d'une pellicule de laminage intacte ne présentait pas un intérêt primordial.
Ce phénomène accessoire préjudiciable aurait pu être neutralisé en ce qui concerne ses répercussions les plus marquées si l'on pouvait utiliser des mâchoires de serrage à surface d'application parfaitement polie, ou munies de plaques de pression parfaitement polies. Toutefois, même en élevant la pression dans des proportions excessives, on ne parvenait pas à obtenir, avec de telles surfaces d'acier parfaitement polies, une adhérence suffisante vis-à-vis des surfaces de la pièce en travail, de sorte que les mâchoires de serrage, au lieu d'en- traîner la tôle serrée entre elles, glissaient simplement sur celle-ci. Or, un effet de refoulement ou d'étirage ne peut être réalisé qu'à la condition que les surfaces de contact adhérent si fortement à la surface de la pièce en travail qu'un tel glis- sement ne puisse pas se produire.
Ainsi, on a été forcé, afin d'augmenter la friction, de grener ou de strier la surface d'application des mâchoires de serrage ou des plaques de pres- sion, ce qui entraînait toutefois les phénomènes accessoires préjudiciables mentionnés plus haut.
La présente invention vise principalement à rechercher les moyens pour éliminer le phénomène accessoire défavorable en question et à permettre l'application de dispositifs de ce genre en vue du formage de tôles ou profilés dont la pellicule de la- minage doit demeurer intacte. Ceci serait plus conforme aux intérêts de l'industrie aéronautique, étant donné que, pour le carénage et les éléments profilés des avions, on ne doit utili- ser que des tôles de métal léger dont la pellicule de laminage est parfaitement intacte, de sorte que l'application du mode de formage mentionné plus haut était exclue de ce domaine jusqu'à
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présent, précisément en raison de la destruction inévitable de la pellicule de laminage des tôles.
.La présente invention part de la constatation, faite au cours de nombreuses séries d'essais, à savoir que, examinées sous le microscope, les tôles d'acier ou de métaux légers ne sont nullement unies de façon absolue, mais présentent un relief accidenté dû à la rugosité superficielle des trains de laminoirs Ce relief était jusqu'à présent détruit en grande partie par les surfaces de contact en acier trempé des mâchoires de serra- ge, munies de stries, etc. De plus, les surfaces de contact rugueuses marquaient à leur tour d'autres empreintes dans les tôles, de sorte que la pellicule de laminage de ces dernières présentait finalement d'innombrables blessures mécaniques.
Alors que, jusqu'à présent, le relief superficiel des tôles était essentiellement détruit, l'invention vise à conserver ce relief intact et à tirer parti des divers creux et proéminances existantes en vue d'obtenir d'innombrables petits points de résistance frictionnelle. Partant de là, l'invention suggère de renoncer aux surfaces de contact en acier et de garnir les faces de travail des mâchoires de serrage de plaques de pression en matière synthétique ayant une rigidité à la pression telle que les pressions de service n'entraînent aucune modification de la texture de la matière synthétique, et possédant une élasticité suffisante pour que ces plaques de pression épousent le relief microscopique de la surface de la pièce.
Grâce à l'utilisation d'une telle matière synthétique à résistance frictionnelle élevée, on peut rendre les surfaces de contact des plaques de pression absolument planes, tout en réalisant l'adhérence requise, grâce à laquelle le pièce dispo- sée entre les outils est maintenue dans une position de serrage stable en vue du processus de formage. La faculté d'adaptation des plaques de matière synthétique au relief de la surface de
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la pièce exclut des détériorations de la pellicule de laminage des tôles.
Or, la solution préconisée par l'invention et consistant à établir les plaques de pression en une matière synthétique élastique, ouvre de nouvelles possibilités d'améliorer le mode de formage connu en principe. Dans les outils de 'ormage connus à ce jour, les surfaces de contact de ceux-ci étaient divisées en un nombre de plaques de pression correspondant au nombre considéré de mâchoires de serrage, c'est-à-dire, à chaque mâchoire de serrage était affectée une plaque de pression indi- viduelle. Les diverses plaques de pression étaient séparées les unes des autres par des fentes dans les limites desquelles s'effectuait le formage. Par contre, selon l'invention, les pla- ques de pression pour chaque outil sont établies d'une pièce,' tout en étant fendues dans le sens du travail, de façon à déter- miner une élasticité suffisante.
Alors que jusqu'à présent, par exemple dans le cas d'un outil comportant deux mâchoires de ser- rage agissant l'une à l'encontre de l'autre, les fentes de séparation entre les plaques de pression en acier, c'est-à-dire, la 'zone de formage proprement dite, représentaient 2 mm au moins, les plaques de pression monopièces peuvent comporter, par exemple, quatre fentes ou entailles d'une largeur de 1 mm cha- cune, de sorte que non seulement la zone de formage se trouve élargie, mais encore, et vu la faible largeur des fentes, le risque d'un plissement est complètement écarté.
Il s'ensuit qu'en pratiquant un nombre plus bu moins grand d'entailles et en donnant à celles-ci diverses largeurs différentes, la largeur de la zone de formage, et donc aussi l'importance de la déforma- tion par course de travail, peuvent être adaptées, dans des limites étendues, aux possibilités offertes par la pièce.
Or,.la zone de déformation plus large, mais surtout l'éli- mination du plissement représentent des propriétés qui, désor-
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mais permettent, le formage à froid de tôles très minces de métal léger, même inférieure à 0,5 mm sans que l'on risque d'endommager la pellicule de laminage. De plus, le plissement peut être combattu d'une façon particulièrement efficace en plaçant les plaques de pression des outils, supérieur et infé- rieur, de telle façon que leurs fentes respectives se croisent mutuellement.
Les tissus synthétiques durcis stratifiés ou les matières durcies à base de fibres synthétiques, à résistance de glisse- ment élevée, parmi lesquels il convient de citer en particulier le tissu synthétique stratifié connu sous la marque de fabrique "Dytron", ont donné des résultats particulièrement favorables.
Il sera éventuellement avantageux d'incorporer au mélange ini- tial de matières synthétiques des métaux durs ou autres matières dures, sous forme de poudre, ce qui a pour effet de réduire notablement l'usure des plaques de pression, tout en conservant leur élasticité naturelle.
Plusieurs exemples d'exécution de l'objet de l'invention sont représentés dans les dessins annexés :
Les figs. 1 et 2 montrent un premier exemple de l'invention.
Les figs 3 et 4 montrent un deuxième exemple. des figs 5 à 7montrent diverses dispositions d'entailles pratiquées dans les plaques de pression.
Dans l'exemple selon les figs. 1 et 2, chaque outil compor- te deux mâchoires de serrage 1, 1' qui, lors de l'application d'une pression de serrage verticale, se rapprochent l'une de l'autre par le fait que les lames obliques 2 se couchent. Lors- que cette pression cesse de s'exercer, la plaque de caoutchouc 3 détermine un redressement des lames obliques, ce qui ramène la mâchoire de serrage à la position initiale représentée. Selon l'invention, les mâchoires de serrage 1,1' sont garnies de pla- ques de serrage 4,4' en matière synthétique.
Le formage des
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flans de tôle s'effectue désormais en rapprochant de l'outil inférieur 5, représenté ici, un outil supérieur de même cons- truction, jusqu'à ce que les plaques de pression des deux ou- tils serrent entre elles le flan de tôle à travailler. Le pro- cessus de formage proprement dit, c'est-à-dire, dans le cas présent, le refoulement de la matière, s'opère dans les limites de la fente 6 laissée entre les plaques de pression 4,4' et à laquelle correspond une fente identique dans l'outil supérieur.
Dans l'exemple selon les figs. 3 et 4, les plaques de près. sion 4,4', établies en deux pièces, de l'exécution selon les figs. 1 et 2, sont remplacées par une plaque de pression mono- pièce 7, l'outil inférieur 8 que l'outil supérieur 9 étant gar- nis chacun d'une telle plaque. D'ailleurs, ici également, cha- que outil comporte deux mâchoires de serrage 1,1' qui reposent sur des lames obliques 2 encastrées dans une plaque de caout- chouc 3.
Les plaques de pression monopièces comportent 4 entail- les 7', dont le nombre peut être augmenté au besoin.-Les pla- ques de pression 7 de l'outil inférieur 8 et de l'outil supé- rieur 9 sont décalées l'une par rapport à l'autre de façon que leurs entailles se croisent pendant le processus de formage, ce qui permet d'éviter le plissement de la tôle serrée entre ces plaques.
Brièvement résumé, le processus de formage proprement dit se déroule comme suit :
A un moment déterminé par le cycle de travail de la machi- ne, l'outil supérieur et l'outil inférieur se rapprochent l'un de l'autre et serrent fortement entre eux le flan de tôle à façonner. Par suite d'une élévation de la pression de serrage, les mâchoires de serrage 1 et 1' se déplacent l'une à l'encontre de l'autre, de sorte que les plaques de pression sont pressées l'une vers l'autre dans la zone des fentes ou entailles 7'.
Comme ces mâchoires entraînent le flan de tôle serré entre
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elles, cette tôle subit un refoulement dans la zone des fentes.
En inversant la disposition des lames obliques, on peut o'btenir de la même manière un étirage de la matière.
Dans l'exemple de la fig. 5, les fentes 7" sont disposées radialement et sont pratiquées alternativement de l'extérieur vers l'intérieur et de l'intérieur vers l'extérieur.
Les exemples selon les figs. 6 et 7 montrent des fentes @ 7''' et 7'''' de forme ondulée. Il va de soi que les fentes peuvent aussi présenter d'autres formes, à condition que celles- ci confèrent aux plaques de pression une élasticité suffisante dans le sens du tràvail.
REVENDICATIONS.
1.- Dispositif à commande manuelle ou motrice, pour l'éti- rage ou le refoulement de tôles ou de profilés composé d'un outil inférieur et d'un outil supérieur qui, sous l'effet d'une pression verticale, serrent la pièce entre eux et, par suite d'un'déplacement en sens opposés de leurs mâchoires de serrage, effectuent le refoulement ou l'étirage de la pièce, caractérisé en ce que les mâchoires de serrage sont garnies, sur leurs faces d'application, de plaques de pression en matière synthétique ayant une rigidité telle à la pression que les pressions de ser- vice n'entraînent aucune modification de la texture de la matiè- re synthétique, et possédant une élasticité suffisante pour que ces plaques de serrage épousent le fin relief microscopique de la surface de la pièce.