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La présente invention a trait à l'alevinage des poissons par des oeufs fécondés, c'est-à-dire à tous les phénomènes qui se produisent de- puis la ponte des oeufs jusqu'au moment où les alevins, après éclosion, ont pris les forces nécessaires pour pouvoir être libérés dans les eaux libres sans avoir à redouter les dangers que font peser sur eux un milieu défavo- rable ou des ennemis.
On sait qu'un grand nombre des poissons d'eau douce, très appréciés, par exemple le brochet, la perche, la sandre, la carpe, la tanche, le gar- don, etceee, pondent exclusivement dur des végétaux, et leurs oeufs sont toujours collants. La destruction des lieux de ponte de ces poissons, du fait des régularisations fluviales, rend la reproduction de ces espèces d'élite très rare, presque inexistante, et il s'ensuit le dépeuplement considérable des eaux douces régularisées au détriment de ces espèces et au profit des espèces de moins de valeur qui sont aptes à déposer leurs oeufs sur des pierres, des cailloux et du sable. Le remède connu au man- que de possibilité de reproduction, est de déposer des oeufs fécondés, ob- tenus dans les piscicultures dans les eaux libres.
Il est d'usage depuis longtemps de préparer des frayères ou nids artificiels constitués par une couche de substances fibreuses, de préférence végétales. Ces frayères ou nids artificiels sont immergés soit dans les cours d'eau, soit dans des bassins artificiels de reproduc- tiono La ponte se fait ensuite sur ces frayères artificielles, faute d'au- tres possibilités naturelles. Les frayères artificielles étaient ensuite utilisées de la manière suivante
On découpait la couche de matière, qui a reçu les oeufs, en fragments que l'on plaçait, pour les transporter à longue distance, dans des couches isolantes. On déballait ensuite ces fragments pour les placer dans des paniers d'éclosion, que l'on immergeait dans l'eau.
Cette façon de procéder implique de très gros inconvénients dont les principaux sont les nombreuses manipulations auxquelles sont soumis les oeufs qui sont extrêmement sensibles à toutes les actions mécaniques, telles que contact manuel, compressions, chocs, frottements, secousses, etc... Une proportion considérable de ces oeufs était ainsi détruite par cette action.
Le but principal de la présente invention a été d'éviter toute manipulation dommageable aux oeufs de telle façon que, pour ainsi dire, le reproducteur femelle puisse déposer ses oeufs directement dans l'incuba- teur, lequel prend la forme d'une boite. A cet effet, dans le procédé con- forme à la présente invention, le nid artificiel est subdivisé en éléments séparables et amovibles dont chacun est destiné à former le fond d'une boi te qui sert à la fois au transport et à l'éclosion des alevin,-,.
Le procédé d'obtention d'oeufs fécondés des poissons, frayant sur des végataux, selon la présente invention est le suivant
Les éléments du nid, c'est-à-dire des plateaux qui sont en même; temps chacun le fond d'une boîte, sont réunis dans un cadre, après avoir été munis antérieurement d'une fibre végétale appropriéeo Les éléments,., réunis dans un cadre constituent une frayère-air. Ces cadres sont immer gés dans le bassin de reproduction pourvu de banquettes à des profondeurs différentes sous l'eau. Le cadre est placé sur la banquette, dont le pro- fondeur correspond à la profondeur habituelle de la ponte de l'espèce de poisson dont on veut obtenir les oeufs.
Les reproducteurs bien nourris et séparés par sexe depuis plu- sieurs mois sont placés dans le bassin de reproduction. Il est important,
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dans le procédé, de stimuler quasi-brutalement l'instinct génésique des reproducteurs. On peut employer plusieurs moyens pour cette excitation, par exemple l'eau du bassin plus chaude que celle où séjournaient aupara- vant les reproducteurs, l'eau ayant un goût d'herbe provenant des près inon- dés, ou même des injections hypophysaires. On parvient ainsi à obtenir les oeufs de tous les poissons frayant sur végétaux.
La ponte et la fécondation terminées, le cadre est sorti de l'eauo En l'ouvrant, on sort les plateaux ou éléments convenablement re- couverts d'oeufs. Immédiatement on incorpore ces plateaux dans la boite de transport et d'éclosion sans toucher aux oeufst Dès ce moment, la boite protège les oeufs contre toute action mécanique. Elle ne sera jamais ouverte.
Les boites seront emballées isolément pour le transport à desti- nation. A l'arrivée, les boites seront déposées dans l'eau destinée à les recevoir et où les oeufs écloront, donnant naissance à des larves. Les alevins provenant de ces larves demeureront dans cet abri jusqu'à ce qu' ils aient atteint le développement nécessaire pour se disperser en dehors de la boite dans leur élément normal, ce qui se produira au bout de dix à quinze jours environ. Ils s'échapperont alors par les nombreuses fenêtres prévues dans la botte. Un certaint nombre de caractéristiques de cette botte seront exposées ci-aprèso
L'une des plus importantes de ces caractéristiques pote sur le point suivant:
Le fait est connu des spécialistes qu'à l'exception de la san- dre, tous les poissons d'eau douce frayant sur des végétaux naissent avec une vessie natatoire ouverte.
La vessie communique, au moyen d'un canal étroit, avec le pharynx. Lorsque le petit alevin arrive au stade de son é- volution où il apprend à nager, il doit remplir d'air (ou d'autres gaz sa vessie vide. Tant que celle-ci reste vide, le poids spécifique de l'ale- vin est beaucoup plus grand que celui de l'eau, c'est pourquoi il n'arrive à nager qu'à force de grands efforts et de manière très imparfaite.
La cause de mortalité principale des alevins fraîchement éclos est précisément le fait qu'en raison de leur impuissance, souvent ils ne réussissent pas à remplir d'air leur vessie natatoire. Il y a à cela plu- sieurs raisons. Il est fréquent que l'oeuf soit pondu dans une eau relati- vement profonde, ou encore que ce soient les eaux qui montent, même lé- gèrement, après la ponte.
Chez la plupart des espèces frayant sur la végétation, une profondeur de plus de trente centimètres constitue déjà un obstacle difficilement surmon- table. En outre, au cours de sa recherche d'air, l'alevin est exposé aux attaques de ses ennemis :argyronètes, hydrophiles, larves du chironome et de la libellule. Tout se passerait-il pour le mieux, sans crue ni orage, il suffit d'un brusque refroidissement, n'affectant pas la profondeur, mais d'autant plus les eaux peu profondes, ou encore, d'un abaissement rapide et relativement important des eaux, pour que les alevins soient anéantis.
Or, la boite d'éclosion conforme à la présente invention a-été conçue de manière à satisfaire à ce besoin essentiel d'air pour les ale- vins. A cet effet, elle forme, à sa partie supérieure, cloche à plongeur de sorte qu'une fois immergée, elle emprisonne une quantité d'air légère- ment comprimé, qui suffit largement à la consommation d'air des alevins.
Dans les eaux courantes, le dépôt de la vase alluviale qu peut se déposer sur les oeufs, est leur grand ennemi. Sous une couche de vase,
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même peu importante, les oeufs recouverts sont étouffés par elle et n'é- . closent pas. La boite d'éclosion conforme à la présente invention, dans sa forme destinée à être utilisée dans les cours d'eau, comporte deux pa- rois unies, et deux parois pourvues d'ouvertures.
Les deux parois unies se tournent toujours contre le courant, empêchent la pénétration et le dépôt de la vase alluviale dans la boite, procurant en même temps la tran- quilité désirable aux oeufs et plus tard aux alevinso
Les premiers besoins en nourriture obligent les jeunes alevins à sortie de leur nid, la boite, à la rechercha de la nourriture, et exposent ces êtres frêles aux attaques de leurs ennemis, qui les guettent et déci- ment très souvent. La boite d'éclosion conforme à la présente invention contient une réserve de nourriture encastrée dans un angle sous forme, par exemple, de petites briques de zooplancton séché et comprimé, dont la vitesse de dissolution dans l'eau est réglée.
Pour le transport, on place chaque boite d'éclosion à l'inté- rieur d'une botte de carton étanche, tappisée d'éponge artificielle, un espace convenable étant réservé à la quantité de glace nécessaire de fa- çon à éviter le contact des oeufs et de l'eau de la fonte de la glàce qui est leur ennemie. Les cartons étanches sont placés à leur tour par deux, quatre, six, huit par exemple, dans une caisse calorifugée en vue de leur transport par chemin de fer ou avion.
Plusieurs dispositifs convenant à la mise en oeuvre de la pré- sente invention vont être décrits ci-après à titre d'exemple et sont re- présentés sur les dessins annexés dans lesquels
La figure 1 est une vue en perspective de l'un des plateaux dont la réunion constitue une unité de frayère-air conforme à la présente in- vention, et qui constitue en même temps le fond de la boite d'éclosion.
La figure 2 est une perspective, à plus petite échelle, du bâti de cette frayère-air.
La figure 3 montre également en perspective, le cadre muni de ses plateauxe
La figure 4 est une vue en perspective de cette frayère-air mu- nie de la substance destinée à recevoir les oeufs et immergée dans un bas- sin de reproduction.
La figure 5 montre en perspective l'un des plateaux retiré du cadre et la boite correspondante, séparée en ses deux parties, au moment où va se faire l'assemblage de ces deux pièces.
Les figures 6 et 7 montrent la boîte assemblée et prête à l'immer- sion, respectivement dans les eaux stagnantes (fige 6), et dans les cours d'eau (fige 7), et
Les figures 8 et 9 montrent schématiquement comment se fait l'immersion de la botte respectivement dans le cas d'eaux stagnantes et dans le cas de cours d'eau.
L'unité cadre-frayère comporte un bâti ou cadre proprement dit
1 métallique, ou d'autre matière, pourvu d'une série de traverses 2, par exemple à section T, à écartement régulier et une série de plateaux 3 à bords relevéso Le fond de chaque plateau est hérissé de crochets 4 obte- nus par exemple par découpage du fond, et qui servent à maintenir la ma- tière d'origine végétale 5 (fige 4) sorte d'étoupe ou de filasse destinée à recevoir les oeufs collants.
Les plateaux 3 sont réunis, par exemple, par vingt-cinq dans le bâti 1 pour former une unité frayère-aire
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La boîte d'éclosion (Fig. 5 6 7) est formée de préférence de deux parties angulaires susceptibles d'être réunies suivant un plan dia- , gonal de façon à fournir une enceinte rectangulaire aux dimensions du plateau 3 L'une des parties, 6, est pourvue de perforations 8 dans ses deux parois. Si la boîte est utilisée dans les eaux stagnantes, les deux parois de l'autre partie 7 sont également pourvues de perforations 8, tandis que pour l'utilisation dans les cours d'eau les deux parois de la partie 7 sont unies. L'une des parties est également unie, à sa'partie supérieure,d'un toit servant de cloche à plongeur 9 Un rebord 11 est prévu pour retenir le plateau 3 De préférence, la boite est en matière plastique transparente.
Les alevins jouissent ainsi de la même lumière que dans la nature.
La manipulation de la boîte peut se faire avec une extrême simplicité en évitant tout choc aux oeufs. Il suffit de rapprocher, de part et d'autre du plateau 3 les deux parties 6 et 7 et d'assurer la fer- meture de la boite par les agrafes 12 (voir figo 6). Le fond 3 est rete- nu par le rebord 11
Pour la mise à l'eau de la boite dans les eaux stagnantes, on utilise la disposition de la fig 8 La boite est alors ancrée à l'aide d'une pierre ou d'une brique creuse 13, fixée à une ligne 14, par exemple en fil de produit appelé commercialement "nylon", amarrée par l'autre bout à une bouée flottante 15 La ligne passe à travers des anneaux 16, 17 prévus sur le couvercle et sur le fond de la boîte.
On procède en quel- ques secondes au réglage de la profondeur au moyen de la vis qui se trouve à l'anneau supérieuro La boite est percée de perforations 8 sur ses quatre faces latérales.
Pour la mise en place dans les cours d'eau (figo 9), on utilise un piquet 18 qui doit être solidement planté dans le fond du cours d'eau.
La boite présente alors des perforations 8 dans deux parois contiguës seulement, tandis que les deux autres parois attenantes à l'angle droit opposé ne sont pas ajourées. Les deux parois unies comportent deux paires de fentes 19 (figo 5 et 7) en haut et en bas de leur intersectiono A chacu- ne de ces doubles fentes se fixe un anneau métallique 21 (ou bracelet) d'un diamètre intérieur plus grand que le diamètre extérieur du piquet 180 On fait alors passer l'appareil ainsi équipé, par ces bracelets 21, sur le piquet 18 en le laissant descendre jusqu'à ce qu'il se mette à flotter.
Les bracelets 21 tournent librement sur le piquet 18, la boite se place, sous l'effet du courant, dans la direction du cours des eaux en présen- tant toujours au courant l'angle des parois dépourvues d'ouvertures ou fenêtres la profondeur de l'immersion de la boite est réglée par exemple, à l'aide d'une ligne 22 de la manière suivante : avant d'enfoncer le pi- quet 18, on y a fixé, à sa partie inférieure, un piston 23 dans lequel on a fait passer la ligne 22 dont on a accroché provisoirement les deux bouts à l'extrémité supérieure du piquet. Après avoir fait glisser la boite par les anneaux 21 sur le piquet, on fixe l'un des bouts de la ligne 22 à un petit anneau fixé sur le fond de la boite. En tirant alors sur l'autre bout, on plonge la boite dans l'eau jusqu'à la profondeur désirée.