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l'invention est relative aux affûts pour armes et elle concerne plus particulièrement, parce que c'est en leur cas que son application semble devoir offrir le plus d'intérêt, mais non exclusivement, parmi ces affûts, les tourelles pour canons destinées à être montées notamment sur des véhicules.
Elle a pour but, surtout, de rendre tels, ces affûts, qu'ils puissent être actionnés par un seul servant, sans mettre en oeuvre d'installation motrice,' et qu'ils permet- tent audit servant de pointer l'arme rapidement et avec précision vers des buts, soit fixes ou se déplaçant lentement, comme les chars d'assaut, soit rapides dans l'attaque, comme les avions.
L'affût selon l'invention peut reposer sur un soubasement fixe, lorsqu'il s'agit par exemple de la
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défense d'aérodromes, ou sur une plateforme mobile portée par exemple par un véhicule ou un navire.
L'expression "arme", désigne ici tout engin lançant des projectiles tel par exemple qu'un canon automatique (ou un groupe deJtels canons) de petit calibre, par exem- ple 20 mm ou 30 mm, ou qu'un engin à un seul coup, par exemple destiné à lutter contre les char d'assaut ou à lancer des roquettes ou autres missiles. Cette expression englobe le berceau ou autre support sur lequel repose l'arme proprement dite.
On sait que, pour qu'un servant puisse actionner un affût à la main rapidement et avec précision, il faut qu'il puisse pointer librement l'arme en direction et en hauteur pour l'orienter convenablement vis-à-vis du but pour ensuite maintenir ladite arme dans l'orientation convenable malgré les vibrations et autres perturbations causées par le tir. De préférence aussi, le servant doit avoir la possibilité de pointer l'arme avec précision par des mouvements de faible amplitude pour ajuster le pointage sur un but ou pour suivre des déplacements relativement lents de ce dernier..
L'invention s'applique aux affûts du type de ceux comportant une base autour de laquelle peut pivoter un bâti de pointage en direction par rapport auquel l'arme peut osciller autour d'un axe de pointage en hauteur (en général matérialisé par des tourillons), axe par rapport auquel l'arme est sensiblement équilibrée, deux poignées étant portées par l'arme, l'une en avant et l'autre en arrière de l'axe de pointage en hauteur, de telle manière que le pointeur, placé latéralement à l'arme,
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puisse, en alésant sur les poignées, pointer directement ladite arme en direction et en hauteur.
Selon l'invention, on munit un affût du type susvisé de moyens d'accouplement à friction commandés, de préférence à partir de l'une des poignées, propres à permettre d'immobiliser mécaniquement, lorsque désiré, l'arme dans n'importe quelle direction de pointage voulue.
Aussi l'arme peut être maintenue exactement pointée sur n'importe quel point malgré les vibrations et les chocs causés'par le tir et le servant peut modifier le pointage avec précision, même d'angles très petits.
Les moyens d'accouplement à friction commandés peuvent consister en de simples freins à frottement pro- pres à immobiliser, lorsque désiré, le bâti de pointage en direction et le berceau de l'arme, c'est-à-dire à les empêcher respectivement de tourner autour des axes de pointage en direction et de pointage en hauteur.
Selon un mode de réalisation particulièrement intéressant de l'invention, les moyens d'accouplement à friction commandés, destinés à maintenir positivement-le pointage de l'arme, sont constitués par des embrayages permettant de mettre à volonté en action ou hors d'action des mécanismes irréversibles interposés respectivement entre la base et le bâti de pointage en hauteur et entre ledit bâti et l'arme, ces mécanismes étant tels que, non seulement ils puissent assurer le maintien du pointage de l'arme, mais encore ils permettent la modification lente de ce pointage, aussi bien en direction qu'en hauteur, par le servant agissant manùellement sur ces mécanismes irréversibles.
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L'invention pourra, de toute façon, être bien comprise à l'aide du complément de description qui suit, ainsi que des dessins ci-annexés, lesquels complément et dessins sont, bien entendu, donnés surtout à titre d'indication.
Les fig. 1 et 2, de ces dessins, montrent, respec- tivement en plan et en coupe verticale, une tourelle pour canon établie conformément à un premier mode de réalisation de l'invention*
Les fig* 3 et 4 correspondent respectivement à une coupe partielle selon III-III, fig. l et à une vue en plan d'un détail de cette tourelle.
Les fig. 5 et 6 montrent, semblablement aux fig. 1 et 2, une tourelle pour canon établie conformément à un second mode de réalisation de l'invention.
Les fig. 7 et 8 montrent respectivement, à plus grande échelle, la première en vue latérale et la seconde en coupe selon VIII-VIII, fig. 7, le mécanisme de poin- tage en direction comporté par la tourelle faisant l'objet des fig. 5 et 6.
La fig. 9, enfin, montre également à grande échelle, en élévation partielle, le mécanisme de poin- tage en hauteur comporté par cette même tourelle.
Selon l'invention et plus particulièrement selon celui de ses modes d'application, ainsi que selon ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, auxquels il semble qu'il y ait lieu d'accorder la préférence, se proposant, par exemple, d'établir une tourelle pour canon destinée à être montée sur un véhicule militaire et à reposer sur une circulaire fixe 1 de pointage en
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direction, c.,tte circulaire formant la cage externe d'un roulement à billes dont la cage interne est constituée par une circulaire mobile 2, on s'y prend comme suit ou do façon analogue.
On fait porter à la circulaire mobile 2 l'ensemble de la tourelle qui peut ainsi tourner autour d'un axe de pointage en direction normalement vertical.
On fait comporter à la tourelle une coupole blindée 3 avec un panneau d'entrée supérieur fermé par un couver- cle articulé 4, une selle 5 réglable en hauteur et en position étant prévue pour le servant à l'intérieur de ladite coupole. Cette selle est supportée par un tube vertical 6 fixé à la coupole à sa partie supérieure et qui porte aussi un dossier réglable 7. Le servant peut ainsi pointer la tourelle en direction par l'action de ses jambes, ses pieds reposant sur le plancher dans l'intérieur du véhicule et exerçant des poussées dont la réaction est transmise à la tourelle par la selle 5 et le dossier 7.
On fait supporter le canon 8 par un berceau 9 reposant sur deux tourillons 10 fixés à des plaques verticales 11 et 12. La plaque llpeut traverser la cou- pole 3 d'une paroi à l' au'tre alors que la plaque 12, qui est plus près du servant, est interrompue à l'avant pour permettre ,au servant d'avoir accès à la poignée avant qui sera décrite plus loino La coupole et les plaques 11 et 12 sont entretoisées par une traverse 13
On dispose de manière telle l'ensemble du canon 8 et de son berceau 9 que cet ensemble soit équilibré, son centre de gravité étant situé substantiellement sur l'axe
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des tourillons 10..Quant à cet axe,
on le positionne avantageusement de manière telle qu'il rencontre la ligne de tir du canon et on le situe aussi près que possible de l'axe de pointage en direction pour que la coupole qui porte le canon soit bien équilibrée autour de l'axo de pointage en direction, ce qui facilite au servant les manoeuvres do pointage autour de cet axe.
Pour permettre au tireur de pointer l'arme en hauteur, on fait porter au berceau 9 une poignée avant 14 pour la main gauche du servant et une poignée arrière 15 pour sa main droite. Tenant ces poignées,le servant, qui regarde vers sa gauche au travers du viseur 16, peut utiliser ses réflexes comme un lanceur de javelot pour pointer le canon en hauteur en mettant en oeuvre les muscles de ses bras et de ses épaules. En même temps, en agissant avec ses pieds sur le plancher, le servant peut faire tourner la coupole pour pointer en direction.
Sur la'poignée 14, on prévoit un levier à main 17 . actionnant, d'une part, une commande 18 avec câble flexi- ble pour le levier 19 d'un frein de pointage en direction, et, d'autre part, une commande 20 avec câble flexible propre à actionner un frein de pointage en hauteur. Quand le servant a ajusté le pointage de son arme, il lui suffit d'actionner par serrage le levier 17 pour assurer le maintien du pointage. En lâchant ledit levier, l'arme sera de nouveau rendue.libre et son pointage pourra être modifié. Un système de verrouillage (non montré) peut être prévu pour maintenir le levier 17 serré sans que le servant ait à exercer un effort continu.
Un dispositif sélecteur peut être combiné avec le
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levier 17 de tele manière qu'au lieu d'agir simultanément sur les câbles 18 et 20, on n'agisse à volonté que sur l'un ou l'autre desdits câbles, ce qui permet au servant de bloquer à volonté l'un ou l'autre des mouvements de pointage en direction et en hauteur de l'arme. La poignée de droite 15 porte un levier 22 agissant sur un câble 23 commandant le levier de tir 24 de l'arme.
Les dispositions venant d'être décrites sont communes aux deux modes de réalisation faisant l'objet respectivement des fig. 1 à 4 et des fig. 5 à 9
Pour ce qui est maintenant du premier de ces modes de réalisation, on le complète comme suit.
Son frein de pointage en direction est établi ainsi que montré en détail par la fig. 3. Il comprend simplement le susdit levier 19 lequel est articulé sur un support 25 fixé au rebord de la coupole 3, ledit levier 19 portant un pied en biseau 26,propre à coagir par friction, lorsque la commande 18 est actionnée, avec une surface tronconique prévue extérieurement sur la circu- laire fixe 1.
'Quant au frein de pointage en hauteur, il est porté par le berceau 9 et il est établi ainsi que montré par la fig. 4. Il est constitué par une paire de mâchoires 27, articulées dans un boîtier support 28 et actionnées, par l'intermédiaire d'un mécanisme à came, par un levier 21 sur lequel agit la commande 20, de façon à venir serrer un secteur vertical 29, fixe par rapport à la coupole 4 et coaxial aux tourillons 10. Ce secteur 29 dépasse vers le haut et vers le bas ,l'arc correspondant à l'amplitude maximum des déplacements que peut subir, lors du pointage
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en hauteur, l'extrémité arrière du berceau 9, les mâchoi- res 27 pouvant ainsi serrer ledit secteur 29 pour maintenir le berceau à tout angle voulu de pointage en hauteur.
Selon le second mode de réalisation de l'invention (fig. 5 et 6), la circulaire fixe 1 de pointage en direc- tion comporte une dentune interne périphérique 30 située au-dessous de la circulaire mobile 2.
Du côté du canon opposé au servant, est disposé un magasin à munitions de grande capacité, tandis qu'un réceptacle 31 pour les douilles tirées et éventuellement pour les maillons est suspendu à la coupole.
La plaque 11 porte un secteur denté 32 coaxial aux tourillons. Deux viseurs 16 sont prévus, que le servant utilisera alternativement selon le pointage en hauteur du canon. le poignée de gauche 14 porte, comme dans le mode de réalisation précédent, le levier à main 17, mais ce dernier actionne ici, par les commandes à câble flexi- ble 19 et 20, doux embrayages à disques multiples que des ressorts tendent à maintenir serrés, ces embrayages étant respectivement interposés chacun dans une transmission à vis sans fin et roue tangente réunissant une manivelle à un pignon qui, pour l'une des transmissions, est en prise avec la couronne dentée 30 et permet le pointage en direction de l'arme, tandis que, pour l'autre transmission, ce pignon est en prise avec le secteur denté 34 et permet le pointage en hauteur de l'arme.
Pour pointer directement cette dernière, le servant tient serré le levier 17 (ou le verrouille dans la posi- tion serrée) de telle façon que les embrayages soient desserrés, ce qui permet le libre pointage de l'arme.
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Mais à tout instant, lorsque le servant le désire, par exemple lorsque le pointage est exact ou presque exact, le servant peut lâcher le levier 17, ce qui provoque le serrage des embrayages.
Les systèmes à vis sans fin et roue tangente étant irréversibles agissent alors comme des freins'pour main- tenir l'arme immobile par rapport à la circulaire fixe 1.
Mais, en tournant les susdites manivelles, le servant peut modifier le pointage lentement et avec précision, par exemple pour suivre un but mobile.
La manivelle pour l'entraînement en direction est une manivelle distincte 33 (voir fig 5 7 et 8) tourillon- nant dans un carter 34 contenant l'embrayage et les divers engrenages de la transmission, ce carter étant suspendu à la circulaire mobile 2 et s'étendant substantiellement parallèlement à l'axe de pointage en direction.
Pour actionner cette manivelle 33, le servant doit lâcher la poignée 14. Le grand rapport de démultiplica- tion procuré par la vis sans fin 35 et sa roue tangente 36 permet de déplacer la coupole de petits angles en faisant parcourir à la manivelle 33 des angles relative- ment importants, ladite manivelle 33 entraineant par l'in- termédiaire de l'embrayage, un pignon 37 qui est en prise avec la couronne dentée 30 de la circulaire fixe 1. L'em- brayage 38 est du type en soi connu à disques de friction multiples tendant à être maintenu serré par un ressort et il.est desserré, pour interrompre la communication entre la vis tangente 36 et le pignon 37, grâce à une fourchette 39 calée sur l'axe d'un levier 40 sur lequel s'exerce la traction de la commande 18.
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L'organe de commande -destine à pointer l'arme en hauteur présente la forme d'une manivelle 41 dont'la soie constitue la poignée 15 elle-même. Comme on le voit sur la fig. 9, la manivelle 41 entraîne en rotation un pignon conique 42 qui engrène avec un autre pignon conique calé sur un arbre 43 lequel aboutit à un ensemble cons- titué par un embrayage et un système de vis sans fin et roue tangente analogue à celui montré par la fig. 8 cet ensemble étant logé dans un carter 44 supporté par le berceau 9.
Ledit ensemble entraîne un pignon 45 qui engrène avec la denture d'un secteur fixe 32 afin de permettre de pointer l'arme en hauteur avec précision.
Le câblé de la commande 20 est articulé en 46 à un levier actionnant la fourchette de commande de l'em- brayage qui est situé dans le carter 44 La même timonerie actionne un levier 47 qui, par l'intermédiaire d'un câble souple 48, empêche un verrou 49, soumis à l'action d'un ressort, de pénétrer dans une encoche prévue à la péri- phérie du pignon conique 42 tant que l'embrayage qui se trouve dans le carter 44 est serré.
Mais quand le servant actionne le levier de débrayage 17, ce qui provoque le débrayage dans le carter 44, le levier 47 libère le verrou 49 qui vient alors s'engager dans la susdite encoche dès que cette dernière passe en regard de la tête du verrou. La manivelle 41 est ainsi empêchée de tourner tant que l'embrayage du méca- nisme de pointage en hauteur est desserré. La poignée de droite 15 sert alors à faire pivoter l'arme par dépla- cement direct autour de ses tourillons.
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Quand le levier d'embrayage 17 est lâché, ce qui provoque le serrage des embrayages, le levier 4-7 fait reculer le verrou 49, ce qui libère le pignon conique 42, et le servant, qui conserve sa main droite sur la poignée 15, peut alors faire tourner la manivelle 41 ce qui provoque l'entraînement du pignon 45 et permet, grâce au rapport de démultiplcation élevé, des déplacements en hauteur de l'arme suffisamment précis pour suivre un but mobile.
La poignée de droite 15 porte un levier 50 comman- dant le tir, ce leviar étant relié mécaniquement au levier 51 de déclenchement de tir de l'arme par une timonerie passant intérieurement à la poignée 15 à la manivelle 41 et au pignon conique 42 (fig. 6).
Comme il va de soi et comme il résulte déjà de ce qui précède, l'invention no se limite nullement à celui de ses modes d'application, non plus qu'à ceux des modes de réalisation de ses diverses parties, ayant été plus particulièrement envisagés; elle en embrasse, au contraire, toutes les variantes.
C'est ainsi que, bien que l'inven- tion ait été décrite sous forme de réalisation mécanique, on conçoit qu'elle puisse être réalisée en ayant reoours à das appareillages électriques, pneumatiques ou hydrau- liques. par ailleurs, l'expression "moyens d'accouplement à friction commandés" doit être considérée comme englobant ici tous les dispositifs permettant de solidariser instan- tanément deux pièces dans une position relative quelconque, résultat qui est en général atteint en mettant en oeuvré des surfaces de frottement, mais qui pourrait l'être également par l'utilisation de freins ou d'embrayages électromagnétiques, par exemple.