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Pilotis, éléments d'assemblage et d'amortissement pour ducs-d'albe en bois et procédé de montage.
Dans les ports, pour les constructions fluviales et maritimes, de même que pour l'érection de ponts et l'installation de fondations, on utilise les pilotis en bois les plus variés, qui -ou bien protègent d'autres constructions ou bien ont leur utilité propre,,par exemple lorsqu'ils servent à l'amarrage des bateaux.
Les plus simples sont des pieux de protection, à savoir des pieux verticaux, qui n'absorbent qu'un faible travail et servent princi- palement à protéger les murs de quai et les coques des bateaux.
Les pieux de protection, qui ne sont fixes qu'en un ou deux en- droits et qui, entre ces endroits, peuvent fléchir librement, ont
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une relativement grande élasticité. Les constructions destinées à absorber des chocs plus violents des bateaux se composent de tels pieux de protection adjoints à des constructions plus lourdes et plus puissantes, auxquelles ils sont éventuellement assemblés. Il est usuel de,les équiper de butoirs hydrauliques ou en acier à ressort ou en caoutchouc, par exemple des pneus usagés.
Ces construc- tions équipées de butoirs en caoutchouc sont préférées aux murs de quai-et aux autres constructions rigides car elles permettent de. mettre à profit les propriétés favorables du bois en tant que maté- riau d'absorption des chocs et de choisir exactement le degré, à dé- terminer d'avance, de l'élasticité du caoutchouc et du bois.
Tant dans ces simples pilotis'en bois, tels que les pieux de protection, ou dans les constructions grillagées élastiques uti- lisées dans les chenaux ou les entrées d'écluses, que dans les constructions se composant'de pieux d'amarrage ou de pieux de brise- lame pourvus de plusieurs contre-fiches et, en particulier, dans les constructions se composant de pieux soutenus, il a toujours été né- cessairé jusqu'à présent de maintenir ces différents pieux au moyen . , . d'éléments d'appui et de serrage compliqués.
Les pattes d'oie se composant de deux ou trois pieux à contre-fiches, par exemple,.sont montées à l'aide de goujons et de barres ou de liens métalliques, l'assemblage des contre-fiches et du pieu vertical devant éviter tout endommagement du bois sous le choc d'un bateau ; pour cette raison, on emploie le plus souvent des goujons d'acier ronds et des étriers d'acier enserrant les deux pièces de bois. Sous l'effet d'un choc, le bois n'est pas blessé et seuls les étriers d'acier sautent et doivent être renouvelés. Dans les pilotis en bois comportant plus de trois contre-fiches, c'est-à-dire dans les ducs-d'albe, il faut tenir compte des efforts horizontaux puissants qui sollicitent les ducs-d'albe à un niveau relativement élevé.
Cas ducs-d'albe peuvent, par exemple, se composer d'un pieu principal vertical ou d'un fais- ceau central de pieux principaux et de contre-fiches disposées dans
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quatre ou huit directions; ainsi construits, ils servent de préféren- ce de ducs-d'albe d'amarrage. Les ducs-d'albe se composant de pieux verticaux, sans contre-fiche, sont de préférence utilisés comme ducs- ' d'albe d'appontement et de guidage. Néanmoins, une telle construction doit être élastique pour absorber les puissants efforts de choc lors de l'amarrage des bateaux ou lors de leur.déplacement sous les fortes lames.
Les dispositifs utilisés jusqu'ici pour l'assemblage des fais- ceaux de pieux se composaient, en particulier, dans les constructions en bois, de bois de remplissage ou de blocs de bois ainsi que d'étrier en acier qui entouraient toute la construction et étaient maintenus au moyen de vis de serrage, et de goujons métalliques traversants, qui étaient fixés au moyen de robustes écrous et de rondelles d'acier. @ Un tel assemblage de pieux doit répondre à de très fortes exigences.
D'une part, il doit être assez souple pour s'adapter aux mouvements et aux déformations que subissent les pieux, mais, d'autre part, il doit être résistant et durable. Les câbles d'acier, le plus sou- vent galvanisés, utilisés jusqu'ici à cet effet sont corrodés par l'eau de mer et les étriers d'acier entourant l'ensemble du duc- d'albe sont assez rapidement rongés par la rouille. Dans les assem- blages à vis de serrage, une surveillance constante s'impose car il faut resserrer les vis en temps utile. Dans les autres constructions, un choc peut soulever les pieux antérieurs et, de ce fait, le duc- d'albe prend prématurément une position inclinée.
Lorsque les pieux sont enfoncés relativement en biais, leur assemblage se fait au moyen de boulons traversants, qui, dans les grands ducs-d'albe, et notam- ment pour'l'asseniblage inférieur, sont relativement longs, ce qui entraîne une dépense considérable en acier pour boulons.
, De même, pour les pilotis de ponts de débarcadères et pour tous autres pilotis fluviaux, pour les murs de palplanches uti- lisés lors de la construction de ponts et de fondations, on devait jusqu'ici employer ces liens et aussières d'acier, ces boulons et autres éléments du même genre, onéreux et se corrodant facilement.
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Le travail de charpenterie nécessaire, qui ne peut être confié qu'à des ouvriers spécialisés, élève considérablement le prix de ces constructions en bois installées dans 1-*.eau. L'assemblage de pieux en béton ou en acier présente les mêmes difficultés.
Pour éviter ces inconvénients, on propose ici un duc-d'albe d'un genre nouveau, dans lequel les différents pieux sont maintenus par des éléments d'assemblage constitués par un ou plusieurs liens, de préférence annulaires, en une matière ayant l'élasticité du caoutchouc, que l'on tend autour des pieux maintenus à distance l'un , de l'autre par des intercalaires.
Dans un duc-d'albe à quatre pieux, chaque paire de pieux voisins est de préférence assemblée au moyen d'un tel lien en un matéri.au ayant l'élasticité du caoutchouc. Le premier et le deuxième' pieux sont assemblés au moyen d'un premier lien et le troisième et le quatrième, au moyen d'un deuxième lien parallèle au premier; de même, le deuxième et le troisième pieux d'une part et le quatrième et le premier pieux d'autre part sont assemblés respectivement par un troisième et un quatrième liens, parallèles entre eux et disposés à faible distance des premier et deuxième liens.
Dans les ducs-d'albe à quatre pieux, on peut utiliser, com- me intercalaires, deux blocs superposés en croix, assemblés en leur milieu par un boulon; ces blocs sont respectivement parallèles aux premier et deuxième liens et aux troisième et quatrième liens.
Suivant un autre mode d'exécution de l'invention, tous les pieux, qu'ils soient au nombre de deux, trois, quatre ou davantage, . sont maintenus par un lien unique,l'intercalaire supérieur pouvant 'soutenir un autre intercalaire inférieur, à l'aide d'une chalne par exemple: . . Une telle construction permet d'obtenir des ducs-d'albe extrêmement stables mais néanmoins élastiques, que l'on construit facilement sans grand travail de charperiterie, en partant d'éléments simples ;
de plus, les perçages et entaillages des pieux qui étaient
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nécessaires dans la construction des ducs-d'albe connus ne le sont plus ou quasi plus ici, ce qui évite d'affaiblir la résistance des pieux,
On peut, par exemple, prévoir deux assemblages de ce genre, se composant de quatre liens et de deux croisillons intercalaires, dans deux plans différents, l'un au-dessus du niveau inférieur moyen de l'eau et l'autre au-dessus du niveau supérieur moyen de l'eau. Les ducs-d'albe seront d'autant plus stables que ces assemblages seront distants ; il est donc souvent recommandé de prévoir leur écartement aussi grand que possible.
Pour construire un tel duc-d'albe, on procède de la ma- nière suivante: on tend des liens annulaires en matière élastique autour des pieux, que l'on écarte ensuite au moyen de dispositifs tendeurs ; on met en place les intercalaires que l'on assemble éven- tuellement, après quoi on enlève les dispositifs tendeurs.
On écarte par exemple tout d'abord deux pieux, que l'on maintient dans cette position au moyen d'une cale provisoire ; on procède successivement de même pour les autres pieux, pris deux à deux ;après écartement de tous les pieux et mise en place de toutes les cales provisoires, on introduit les intercalaires, que l'on as- semble entre eux; on retire ensuite les cales provisoires.
La matière élastique utilisée pour la confection des liens peut être du caoutchouc naturel ou synthétique ou une autre matière synthétique ; on peut également fabriquer des liens d'acier ayant les propriétés d'élasticité voulues, par exemple des liens auxquels on a incorporé des éléments élastiques ou extensibles. On peut encore prévoir dès liens en matière synthétique comprenant une âme en matière textile, paf exemple en Nylon ou en fils Trévira présentant une limite d'extensibilité de 10% par exemple. Ces liens ont l'avantage d'assurer, grâce à leur extensibilité initiale, un assemblage élas- tique qui, en cas de fortes sollicitations, ne permet toutefois pas une dislocation du pilotis.
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Il va de soi qu'au lieu d'utiliser un ou plusieurs liens annulaires, on pourrait'également employer des liens ordinaires en- roulés une ou plusieurs fois autour des pieux de bois et assemblés entre eux par leurs extrémités libres ou fixés aux pieux mêmes.
L'invention procure, en outre, un élément d'assemblage et d'amortissement d'un genre nouveau, destiné en particulier aux con- tre-fiches ou aux pieux d'appui en bois dur et pouvant être utilisé au lieu des liens précités; cet élément est constitué par une pièce en forme de plaque ou de bloc, au moins partiellement en matière élastique, à laquelle sont fixées les deux extrémités d'un ou de plusieurs liens en matière élastique, l'ensemble pouvant toutefois, en variante, être venu d'une seule pièce.
Un tel élément d'assemblage est employé, suivant l'inven- tion, pour les constructions en bois indépendantes se composant de deux ou de plusieurs contre-fiches, les différentes contre-fiches étant assemblées par un ou plusieurs des éléments d'assemblage pré- cités ; les liens en matière élastique qu'on glisse préalablement tendus, sur les différents pieux se placent au côté externe des pieux, et l'élément sous forme de plaque ou de bloc, entre ceux-ci. Bien entendu, la construction de ducs-d'albe réalisée au moyen des élé- ments d'assemblage nouveaux pourrait, au lieu d'être en bois, être en béton ou en métal.
L'élément en forme de plaque ou de bloc peut être rectan- gulaire ou avoir la forme d'un triangle à sommets tronqués ou encore une forme en croix. Le lien en matière élastique allant d'un coin à l'autre de la plaque est, dans le pilotis en bois conforme à l'in- vention , tendu autour de l'un des pieux, tandis que le lien corres- pondant à un autre côté du rectangle, du triangle ou du polygone, entoure le pieu voisin, la partie en forme de plaque se trouvant entre les pieux et les maintenant élastiquement. Ainsi, pour assembler deux pieux voisins, on peut utiliser une plaque de caoutchouc rectangulaire pourvue de deux liens en matière élastique qui se placent aux deux
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côtés opposés.
Si l'on désire assembler trois contre-aches, on emploie un élément d'assemblage dont la plaque centrale est une plaque de caoutchouc triangulaire ; chaque côté du triangle correspond alors un lien allant d'unangle à l'autre. Si, par contre, on veut assembler quatre pieux, on utilise un élément en forme de croix, les extrémités des branches de la croix étant réunies par un lien en matière élasti- que.
En général, la largeur des liens correspond approximative- ment à l'épaisseur de la plaque et la plaque ou le bloc et les liens sont de préférence moulés ou coulés d'une seule pièce.
Il est également possible de relier les mêmes angles au moyen de deux ou de plusieurs liens parallèles. Enfin, il est avan- tageux, par exemple dans le cas de pieux ronds, de donner une forme concave aux faces d'appui des éléments, c'est-à-dire au côté étroit des plaques ou des blocs compris entre les extrémités d'un lien, ou d'adapter la forme de la face d'appui à la section transversale du pieu correspondant.
Le caoutchouc dur d'origine naturelle ou synthétique ou une matière artificielle équivalente conviennent pour la fabrication de la plaque ou du bloc. La plaque, de même que les liens, peuvent être formés de plusieurs couches et/ou contenir des armatures de renforcement, en particulier des armatures de fil ou de tissu tex- tiles ou métalliques. Ici encore, les liens avec âme en Nylon se sont avérés particulièrement avantageux,.
Lorsqu'on utilise trois ou quatre contre-fiches,ou davantage, on peut, exactement comme dans le cas de l'assemblage de plusieurs contre-fiches disposées en rangée, employer l'élément d'assemblage présentant deux liens en opposition pour assem- bler deux des pieux, un autre élément d'assemblage étant prévu entre les.deuxième et troisième pieux, puis un autre entre les troisième et quatrième pieux et ainsi de suite.
Les éléments d'assemblage, peuvent être disposés dans deux plans différents, l'un légèrement au-dessus du niveau inférieur moyen
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de l'eau et l'autre légèrement au-dessus du niveau supérieur moyen de l'eau. On peut, toutefois, ne disposer qu'un seul élément d'assem- blage comportant un croisillon, aussi haut que possible sur le duc-d'albe, et suspendre un second croisillon intercalaire au premier; le second croisillon peut se trouver en dessous du-niveau de l'eau, pour absorber les chocs des bateaux en cet endroit.
Des éléments en forme de plaque ou de bloc avec un seul lien peuvent être mis en tension autour de chaque pieu et servir d'éléments amortisseurs simples ou additionnels pour le pieu voisin ou pour une coque de bateau.
La mise en place de ces éléments d'assemblage ou d'amor- tissement se fait de façon extrêmement simple. Les éléments d'assem- blage sont fixés par leur partie en forme de plaque ou de bloc dans un cadre ; quoi les liens sont tendus et fixés au cadre, A cet effet, on tend les liens des éléments d'assemblage sur un dispositif tendeur ou de traction, on place un cadre sur l'élément d'assemblage et on fixe ensuite au cadre la plaque ou bloc mis sous tension et on l'éloigne du dispositif tendeur. Le cadre, avec l'élément en for- me de plaque ou de bloc sous tension, est amené au-dessus du groupe de pieux à l'aide d'une grue et est abaissé jusqu'au niveau voulu, de telle façon que les pieux passent dans l'espace compris entre le lien et la plaque, après quoi on détache : le dispositif tendeur ou câble .
A ce moment, le lien enserre brusquement le pieu et se fixe dans la position désirée. La mise en place des éléments d'assem- blage peut ainsi se faire sans recourir à du personnel qualifié.
L'invention sera décrite ci-après de façon plus détaillée avec référence aux dessins annexés, dans lesquels: la Fig. 1 est une vue en perspective d'un duc-d'albe con- forme à l'invention, dont le croisillon intercalaire supérieur a été omis pour raison de clarté; les Figs. 2 et 3 sont respectivement des vues de dessus et de face du duc-d'albe représenté à la Fig. 1;
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la Fig. 4 est une vue de f@@e correspondant à celle de la Fig. 3 mais ne représentant qu'un anneau 'de serrage, avec un croisillon intercalaire inférieur suspendu. la Fig. 5 est une vue en perspective duduc-d'albe repré- senté à la Fig. 4; les Figs, 6a - 6d sont des vues de dessus d'éléments d'as- semblage conformes à l'invention, destinés respectivement à un , deux, trois et quatre pilots;
la Fig. 7 est une vue en perspective d'une variante de l'élément d'assemblage représenté à la Fig. 6b, dont chaque moitié comprend deux lien;; ou boucl.es,et la Fig. 8 est une vue en perspective d'un duc-d'albe en bois conforme à l'invention se composant de quatre pieux réunis par les éléments d'assemblage de l'invention.
Les Figs.. 9a à 9c sont de,% vues en perspective de la par- tie supérieure de ducs-d'albe, assemblées au moyen d'un lien élas- tique continu, enroulé une ou plusieurs fois autour des pieux, le croisillon intercalaire ayant été omis pour plus de clarté.
Le duc-d'albe représenté sur les Figs. 1, 2 et 3 se compose des pieux 1, 2, 3 et 4..chacun des assemblages étant réalisé au moyen de quatre liens 5, 6, 7 et 8, en une matière ayant l'élasticité du caoutchouc. Cette matière peut par exemple être un caoutchouc synthétique néoprène d'une dureté shore n 70 ou d'une plus grande dureté. Une telle matière a une durabilité pratiquement illimitée et résiste au rayonnement solaire et à l'eau de mer. Le lien 5 est tendu autour des pieux 1 et 2 et le lien 6, parallèle au premier, est tendu autour des pieux 3 et 4. Le lien 7 entoure les pieux 1 et 4 et le lien 8, les pieux 2 et 3.
Le bloc intercalaire 9 qui maintient l'écartement est disposé parallèlement entre les liens 5 et 6 et se trouve dans le même plan que ceux-ci; le bloc intercalaire 10 est disposé de la même manière entre les liens 7 et 8. Ces deux blocs sont assemblés par un boulon 11. Comme le montrent les Fgs. 1 et 3,
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l'assemblage inférieur, qui se compose des liens 5', 6', 7' et 8' , ainsi que des blocs 9' et 10', est réalisé de la même façon que l'as- semblage supérieur.
La construction d'un duc-d'albe à un seul assemblage est décrite ci-après; il va de soi que l'on procède de la même façon pour une construction comprenant deux assemblages.
Après avoir été glissés sur les pleux, les liens sont fixés à l'endroit désiré soit au moyen de petites cales, soit par la tension exercée vers l'extérieur par les pieux eux-mêmes, après quoi on écarte.ceux-ci l'un de l'autre au moyen de dispositifs tendeurs, par exemple à l'aide d'appareils tendeurs hydrauliques ou mécaniques, éventuellement au moyen de vérins à large semelle. Lors- que les quatre pieux sont écartés dans la mesure voulue, les deux blocs intercalaires 9 et 10 sont introduits par deux côtés et ce, de telle façon que le bloc inférieur 10 se place entre les liens 7 et 8 et parallèlement à ceux-ci et que le bloc supérieur 9 se place de même entre les liens 5 et 6. Les deux blocs 9 et 10 sont alors assem- blés en leur milieu au moyen d'un boulon, après quoi les tendeurs sont desserrés..
Il va de soi qu'au lieu de travailler avec plusieurs dis- positifs tendeurs, on peut ne travailler qu'avec un seul et n'écar- ter que deux pieux à la fois, que l'on maintient dans cette position au moyen de cales de retenue provisoires. On peut alors écarter avec le même dispositif tendeur les deux pieux suivants, entre lesquels on intercale à nouveau des cales de retenue provisoires, et l'on continue à travailler de la même manière jusqu'à ce que tous les pieux aient été écartés, après quoi on introduit les blocs inter- calaires que l'on boulonne, et on retire les cales provisoires.
Dans une exécution reprise ici à titre d'exemple, on a employé des pieux d'une section transversale de 40 x 40 cm, séparés l'un de l'autre d'une distance de 40 cm également. On a utilisé dans ce cas des bandes de caoutchouc de 50 x 200 mm; la matière utilisée
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étant du "néoprène 70" d'une extensibilité de 10%, on obtient une tension préalable de 2 tonnes par lien, ce qui signifie que le duc- d'albe était maintenu assemblé par un effort de traction total de 8 tonnes.
L'avantage d'une telle construction réside en ce que les éléments d'assemblage en caoutchouc peuvent être livrés en tout épaisseur désirée, si bien que l'on peut calculer exactement la force de traction nécessaire. Tous les éléments nécessaires à l'assemblage peuvent être livrés finis et être assemblés à pied-d'oeuvre, ce qui permet une économie non seulement de temps mais également de main- d'oeuvre. Cette fabrication répondant au mode de montage n'a pas encore été proposée pour la construction des ducs-d'albe mais elle présente de considérables avantages.
Comme tous les éléments d'assemblage sont amovibles, on peut facilement procéder à tout moment aux réparations nécessaires; le duc-d'albe peut en effet être démonté sans difficulté et ses éléments peuvent être réassemblés après remplacement des parties défectueuses. Dans la construction conforme à l'invention, les pieux ne présentent ni forures, ni entailles pouvant nuire à leur résis- tance. Les croisillons de bois sont mobiles et s'adaptent aux défor- mations que peut subir le duc-d'albe sous l'effet des chocs de la part des bateaux.
En pratique, il arrive souvent qu'un bateau aborde un duc-d'albe en oblique, si bien que seul le pieu externe, dans le sens de la navigation, est attaqué. Pour que, même dans ce cas, le choc soit, dès qu'il est produit, transmis à l'ensemble du duc- d'albe, sans que l'on ait dû à cet effet prévoir de trop fortes épaisseurs de caoutchouc, on peut, additionnellement, cercler la duc-d'albe d'une bande d'acier maintenue au moyen d'untendeur.
Ceci n'est pas nécessaire pour les conditions de sollicitation nor- males,mais seulement pour les conditions de sollicitation extrêmes; on peut alors employer des profils de caoutchouc plus faibles.
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Il va de soi qu'au lieu des pieux à section transversale carrée représentés, on peut également employer des pieux ronds, qui peuvent être assemblés de la même manière que les précédents. De plus, on peut de lamême manière, construire des ducs-d'albe au moyen de trois pieux, en utilisant trois liens et des éléments dcartement ' de conformation appropriée.
Dans la construction de duc-d'albe représentée aux Figs.
4 et 5, le croisillon intercalaire se composant des blocs 9 et 10 est pourvu d'une chaîne 13, à laquelle les blocs intercalaires infé- - rieurs 9', 10', sont suspendus, de préférence en dessous du niveau de.l'eau.
Les Figs. 6a-d et 7 représentent des éléments d'assemblage constituant une variante de l'invention, dans lesquels les éléments intercalaires font corps avec les liens; de tels éléments d'assem- blage sont utilisés dans la construction de duc-d'albe représentée à la Fig. 8.
Les éléments d'assemblage 12 représentés aux Figs. 6 à'8 se composent d'une plaque 14, un lien 16 joignant deux à deux ses extrémités. L'élément représenté à la Fig. 6a, qui ne comporte qu'un seul lien, peut être employé comme élément de support additionnel, le côté de l'élément opposé au lien venant par exemple s'appliquer contre le pieu voisin; ce côté peut également être tourné vers l'extérieur, auquel cas il sert d'élément amortisseur ou de tampon destiné à absorber les chocs des bateaux. Dans l'élément d'assem- blage représenté à la Fig. 6b, la ligne 18 délimitant la plaque 14 est concave et peut donc mieux s'adapter à des pieux ronds, par exemple.
L'élément d'assemblage représenté à la Fig. 6c sert au montage d'un duc-d'albe à trois pieux; quant à l'élément d'asse- blage représenté à la Fig. 6d, il peut être utilisé de façon ana- logue pour le montage d'un duc-d'albe à quatre pieux.
Il va de soi que l'on peut également, comme l'indique la Fig. 7, réaliser la partie interne de l'élément d'assemblage sous
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la forme d'un bloc, deux paires de l'ens 16 et 16' superposés pouvant éventuellement,dans ce cas, remplacer les liens simples qui seraient relativement larges; ici également, le côté 18 du bloc 14, qui s'ap- plique contre le pieu, est concave.
Dans la construction représentée à la Fig. 8, on a super- posé, deux à deux, quatre éléments d'assemblage 12, 12-le,12 et 12"'; ils enserrent les pieux de telle façon que l'élément d'assemblage 12 relie les pieux 1 et l', l'élément d'assemblage 12', les pieux 1' et 1" et ainsi de suite. Dans cette construction, il est prévu un second jeu d'éléments d'assemblage dans un plan inférieur, qui cor- respond approximativement au niveau inférieur moyen de l'eau.
Au lieu d'assembler le duc-d'albe au moyen d'un ou de plusieurs liens annulaires, on peut le faire, comme déjà indiqué, au moyen d'un lien continu passant une ou plusieurs fois autour des pieux. Les Figs. 9a à 9c représentent des exemples de cette exécution. la Fig. 9a montre quatre pieux de duc-d'albe 101, 102,
103 et 104, assemblés au moyen d'un lien 105, entourant chaque pieu et passant ensuite au pieu suivant, par l'intérieur de l'assemblage.
Les extrémités libres 106 et 107 du lien 105 sont assemblées de façon appropriée.
La forme d'exécution représentée à la Fig. 9b comprend quatre pieux 111, 112, 113 et 114, assemblés par triple enroulement d'un câble en matière synthétique rond approprié 115, dont les extrémités libres 116 et 117 sont ensuite tendues pour être assem- blées. Cette forme d'exécution est particulièrement avantageuse car la force de traction nécessaire est obtenue par l'enroulement mul- tiple approprié du câble autour des pieux. La Fig. 9c représente une autre fomme d'exécution de duc-d'albe conforme à l'invention dans laquelle le lien 125 assurant l'assemblage entoure les diffé- rents pieux 121, 122, 123,et 124 en passant de l'un des pieux au pieu diagonalement opposé.
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Il s'est en outre avéré extrêmement avantageux de placer, entre les pieux de bois assemblés suivant l'invention, des éléments intercalaires additionnels en une matière peu ou même pas du tout élastique pour obtenir une meilleure stabilité du duc-d'albe lorsque celui-ci est sollicité par des efforts s'exerçant latéralement ou en oblique. Ces éléments intercalaires peuvent, par exemple, être consti- tués par des blocs de bois ou des croisillons préfabriqués, que l'on encastre entre les pieux. A cet effet, on écarte avantageusement l'un de l'autre les pieux déjà assemblés et, après mise en place du bloc intercalaire, on libère les pieux, qui se rapprochent sous l'ef- ' fet du retour élastique des liens des éléments d'assemblage et ser- rent ainsi le bloc entre eux.
Ainsi qu'on l'a indiqué plus haut, il va de soi que l'on peut, au lieu de pieux de bois, assembler de la même manière des pieux en béton ou en acier et, en particulier, des pieux en matières différentes. Ceci constitue un avantage particulier de l'invention, car jusqu'ici, il n'était pas ou n'était que très difficilement pos- sible d'assembler de façon durable un pieu de bois et un pieu d'a- cier ou de béton. On peut donc actuellement construire rapidement et sans difficulté des ducs-d'albe se composant de pieux de bois et d'un ou plusieurs pieux principaux, ces derniers en acier, augmen- tant la résistance du duc-d'albe, tandis que les pieuen bois lui donnent plus d'élasticité.
La forme des éléments d'assemblage peut évidemment être adaptée à la section transversale des pieux.la seule condition es- sentielle étant que les liens soient mis en place tendus de telle façon qu'un glissement ultérieur ne soit pas possible. On peut égale- ment assembler de même des pieux guides juxtaposés, un élément d'as- semblage reliant chacun deux au pieu voisin; il est également possi- ble de disposer les éléments d'assemblage en plusieurs couches. En tout cas, on obtient un assemblage élastique résistant à la corrosion, qui peut être monté et mis en place de façon simple et peu coûteuse, la pose des éléments d'assemblage ne représentant pas un travail com- pliqué.
Le choix du matériau élastique et des renforcements, insertions
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et moyens analogues permet d'obtenir les propriétés mécaniques répon- dant aux conditions voulues et, par suite, à des utilisations extrê- mement variées.
REVENDICATIONS. l.- Duc-d'albe dont les différents pieux sont maintenus par des eléments d'assemblage, caractérisé en ce que ceux-ci sont constitués par un ou plusieurs liens de préférence annulaires, en une matière ayant l'élasticité du caoutchouc, qui enserrent les pieux, maintenus écartés l'un de l'autre par des éléments intercalaires.