Procédé pour le traitement du fil machine.
La présente invention a pour objet un procédé pour le traitement du fil machine, et plus particulièrement pour le traitement du fil à la sortie du laminoir à chaud.
On sait que la qualité du fil machine résulte de l'ensemble de diverses conditions que présente le fil, parmi lesquelles on citera à titre d'exemple, les dimensions
<EMI ID=1.1>
acier utilisé et notamment l'absence d'inclusions éventuelles, les propriétés mécaniques du fil, notamment sa tréfilabilité, dues à la microstructure de l'acier, l'homogénéité transversales et en long de cette microstructure et enfin l' aspect de surface du fil et notamment l'état d'oxydation éventuel du produit.
Parmi ces conditions, qui régissent la qualité finale d'un fil machine, la nature de la calamine, la microstructure du fil et l'homogénéité de cette microstructure dépendent, pour Une composition donnée, presque exclusivement du traitement subi par le fil dans les dernières cages du laminoir et de l'allure de refroidissement du fil à la sortie du laminoir. La réalisation de ce refroidissement est précisément le problème pour lequel de nombreuses solutions ont été préconisées.
On sait que le fil machine, destiné au tréfilage, subit généralement un traitement de patentage, destiné
à conférer au fil machine une structure propre au tréfilage, traitement de patentage souvent réalisé en tréfilerie. Ce traitement est coûteux, surtout lorsqu'il porte sur de faibles tonnages de fils, et lorsqu'il s'agit de fils qui, pour certaines fabrications, doivent subir en réalité deux patentages, l'un
au diamètre de livraison, l'autre avant la mise à dimensions finales.
Pour supprimer ces opérations de patentage qui en plus de leur coQt, présentent encore un certain nombre d'inconvénients dont les principaux sont les manipulations qu'elles exigent, les installations qu'elles nécessitent, etc..., de nombreux procédés de fabrication de fils d'acier ont été proposés. Dans certains cas, le premier patentage, appliqué au
fil obtenu par laminage à chaud (prépatentage) peut être supprimé, moyennant toutefois un refroidissement adéquat à la sortie du laminoir.
Les procédés préconisés pour réaliser le dit refroidissement adéquat sont de différents types dont certains utilisent des techniques particulières (lit fluidisé ...).
La plupart cependant comportent une phase de refroidissement brusque suivie d'une phase de diminution de température d'allure plus réduite, parfois proche d'un traitement isotherme.
Dans les plus connus des procédés proposés,
dont plusieurs fonctionnent au stade industriel, on ne constitue plus des bobines dites "serrées", mais on dispose le
fil sous forme expansée, soit à plat, soit verticalement. Les spires successives se déplacent par exemple sur un convoyeur
où a lieu la projection d'un réfrigérant liquide ou le soufflage d'un agent gazeux. Les plus intéressants des procédés
de ce genre actuellement connus, et d'ailleurs généralement réservés au fil machine en acier dur, c'est-à-dire en acier dont la teneur en carbone est comprise entre 0,4 % et 0,85 %
ne permettent de supprimer que le prépatentage signalé cidessus; ces procédés diminuent l'épaisseur de la couche de calamine formée sur le fil; enfin, ils assurent une homogénéité en long du fil acceptable, bien qu'elle soit encore inférieure
à celle que permet d'obtenir le patentage, notamment au plomb.
D'une façon générale, les procédés de refroidissement contrôlé sont conduits suivant une allure déduite
des diagrammes C C T (Continuous Cooling - Transformation) ou
T T T (Temperature - Time - Transformation) relatifs à l'acier, sur lesquels on a tracé, en fonction du temps et de la température, les courbes bien connues de début et de fin de la transformation allotropique de l'austénite en ferrite-perlite. Cette allure est habituellement choisie de façon telle que la transformation allotropique commence à une température légèrement supérieure au nez de la courbe de début de transformation, et s'achève à une température sensiblement égale à celle correspondant au nez de la courbe de fin de transformation. Ce faisant, on s'efforce d'éviter la formation de ferrite proeutectoide ainsi que celle de bainite et de martensite.
Dans un mode de traitement particulier du fil machine déjà revendiqué ailleurs par la demanderesse, le fil machine soumis dès sa sortie du laminoir à un refroidissement brusque est enroulé en spires non serrées et introduit dans
un bain aqueux porté à une température proche de la température d'ébullition; le cas échéant,le bain contient en suspension et/ou en solution des matières telles que des sels
(chlorure de calcium ou silicate de soude ou tétraborate de sodium par exemple), des substances tensio-actives ou des matières qui renforcent le pouvoir décapant du bain ou permettent un décapage électrolvtique.
Le traitement du fil machine par immersion dans de tels bains permet d'obtenir d'excellents résultats, autant grâce au caractère homogène de l'application de l'-agent refroidissant qu'aux qualités intrinsèques de cet agent; on peut, en choisissant judicieusement la nature, la composition et la température du bain, régler les conditions de refroidissement du fil.
Tel qu'il est appliqué actuellement, ce procédé de traitement par immersion du fil machine présente cependant encore quelques inconvénients, dus notamment au fait que, comme d'ailleurs dans les autres procédés connus, il est difficile d'atteindre, de façon certaine, les points de début et de fin de la transformation allotropique dans les conditions voulues; il s'en suit qu'on ne
<EMI ID=2.1>
effet tenir compte des conditions simultanées de température et
de temps à remplir pour conférer au produit la microstructure souhaitée.
Cet inconvénient est particulièrement ressenti dans la modalité de mise en oeuvre consistant à utiliser une cuve en forme de puits, où les spires viennent s'entasser l'une sur l'autre, en attendant que soit constituée une bobine complète. Il est évident que le traitement thermique appliqué est différent entre le début et la fin de la bobine et, pour obtenir un résultat moyen valable, on doit respecter des conditions (teneur maximum en sels du bain par exemple assez faible), qui empêchent l'exploitation optimum du procédé; faute d'une telle modération, une partie du produit traité peut présenter une structure du type martensitique.
C'est notamment pour cette raison que l'utilisation
<EMI ID=3.1>
de fil est particulièrement préconisée par le demandeur, pour mettre en oeuvre son procédé de traitement en bain aqueux chaud.
La présente invention a pour objet une mise en oeuvre perfectionnée de cette modalité du procédé, dans laquelle on utilise un convoyeur.
Le procédé pour le traitement du fil machine,objet de la présente invention dans lequel, dès sa sortie du laminoir, on soumet le fil machine à un refroidissement brusque à l'eau et/ou à l'air, on dépose ensuite le fil machine en spires non serrées sur un convoyeur et on immerge le fil toujours sous forme de spires non serrées dans une cuve contenant un bain aqueux porté à une température proche, et de préférence égale à sa température d'ébullition,est essentiellement caractérisé en ce que l'on règle les conditions de traitement du fil dans le bain, en fixant une température de sortie minimum du fil et en déterminant concurremment la composition du bain aqueux pour assurer la transformation de structure souhaitée.
Suivant l'invention, on respecte la condition de température minimum du fil à la sortie du bain de traitement, en réglant la durée de séjour du fil dans le dit bain; selon les circonstances, on peut ainsi agir sur la vitesse du convoyeur ou sur la hauteur du bain dans la cuve.
Egalement suivant l'invention, on commence par déter-
<EMI ID=4.1>
liser le transfert calorifique optimum dans le temps le plus court et l'on adapte en conséquence la durée de séjour dans le bain.
Le procédé suivant l'invention permet d'ajuster, avec une grande souplesse, les conditions de traitement du fil
en accord avec une productivité accrue et une qualité homogène du produit final.
REVENDICATIONS
1. Procédé pour le traitement du fil machine dans lequel, dès sa sortie du laminoir, on soumet le fil machine à un refroidissement brusque à l'eau et/ou à l'air, on dépose ensuite le fil machine en spires non serrées sur un convoyeur et on immerge le fil toujours sous forme de spires non serrées dans une cuve contenant un bain aqueux porté à une température proche, et de préférence égale à sa température d'ébullition, est caractérisé en ce que l'on règle les conditions de traitement du fil dans le bain, en fixant une température de sortie minimum du fil et en déterminant concurremment la composition du bain aqueux pour assurer la transformation de structure souhaitée.