Lentille ophtalmique ayant des proprietes antisalissure differenciees sur ses deux faces et procedes de fabrication La presente invention concerne une lentille ophtalmique, comportant un revetement presentant un angle de contact de reculee avec I’eau d’au moins 80° sur sa face arriere, et dont les deux faces se differencient par leurs proprietes antisalissure, des lentilles ophtalmiques intermediaires comportant une ou des couches temporaires servant a preparer ces lentilles, ainsi que des procedes de fabrication de ces lentilles. II est connu d’appliquer sur des lentilles ophtalmiques pour lunettes des revetements antisalissure, egalement denommes "revetements hydrophobes et/ou oleophobes". Ils sont generalement obtenus a partir de fluorosilanes ou fluorosilazanes, c'est-a-dire des silanes ou des silazanes contenant des atomes de fluor. Les revetements antisalissure abaissent I’energie de surface de la lentille, de sorte que I’adherence des salissures est reduite et celles-ci sont plus facilement eliminables par essuyage, notamment en utilisant des tissus en microfibres. Ainsi les revetements antisalissure les plus performants possedent de faibles energies de surface, typiquement des energies de surface inferieures ou egales a 14 mJ/m2, et generalement inferieures ou egales a 12 mJ/m2. Les energies de surface sont calculees dans la presente demande selon la methode OWENS-WENDT decrite dans la reference suivante : "Estimation of a surface force energy of polymers" OWENS D.K., WENDT R.G. (1969) J. Appl. Polym. Sci, 13, 1741-1747. Les revetements antisalissure hydrophobes et/ou oleophobes sont appliques en face avant et en face arriere des lentilles ophtalmiques commerciales. D’une maniere generale, par face arriere (ou face concave) d’une lentille ophtalmique,, on entend la face qui, lors de I'utilisation de la lentille, est la plus proche de I'ceil du porteur. Inversement, par face avant (ou face convexe) de la lentille, on entend la face qui, lors de I'utilisation de la lentille, est la plus eloignee de I'ceil du porteur. En pratique, les lentilles ophtalmiques commerciales pour lunettes presentent des proprietes antisalissure identiques sur leurs deux faces ou sensiblement meilleures sur leur face avant et il est communement admis que la face avant d’une lentille ophtalmique est la face la plus soumise aux sollicitations exterieures et en particulier a la salissure. Le probleme technique lie au debordage/ detourage est maintenant decrit plus en detail. Une lentille resulte d’une succession d'operations de moulage et/ou de surfapage/polissage qui determinent la geometrie des deux surfaces optiques convexe et concave de ladite lentille, puis de traitements de surface appropries. La derniere etape de finition d’une lentille ophtalmique est I'operation de debordage (ou detourage), qui consiste a usiner la tranche ou peripherie de la lentille de fapon a la conformer aux dimensions et a la forme requises pour adapter cette lentille a la monture de lunettes dans5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 2 laquelle elle est destinee a prendre place. Elle est realisee generalement par I’opticien qui effectue ensuite Ie montage des verres dans la monture. Le debordage est realise generalement sur une meuleuse comprenant des meules diamantees et/ou des tetes fraiseuses qui effectuent I'usinage de la peripherie (ou de la tranche) de la lentille. La lentille est maintenue, lors de cette operation, par des organes de blocage intervenant axialement. Le mouvement relatif de la lentille par rapport a la meule est controle, generalement numeriquement, afin de realiser la forme souhaitee. Comme cela apparait, il est tout a fait imperatif que la lentille soit fermement maintenue lors de ce mouvement. Pour cela, avant I'operation de debordage, on effectue une operation de giantage de la lentille, c'est a dire que I'on vient positionner, generalement sur la surface convexe de la lentille, un moyen de maintien. Generalement, le moyen de maintien est un gland qui adhere a la lentille grace a un patin de maintien (ou patin de fixation), tel qu'une pastille autocollante, par exemple un patin comportant un adhesif sur ses deux faces (generalement de type PSA-pressure sensitive adhesive-adhesif sensible a la pression). Ce patin de maintien est dispose entre le gland et la surface convexe et/ou concave de la lentille, de preference la surface convexe. Selon un autre mode de realisation, le moyen de maintien est un gland qui adhere a la lentille grace a un adhesif liquide polymerisable (durcissable) dispose entre le gland et la surface convexe et/ou concave de la lentille, de preference la surface convexe (procede OBMTM de la societe Satisloh). Le gland peut aussi etre integralement moule sur la lentille. Le gland auquel adhere la lentille par I'intermediaire du patin adhesif est alors mecaniquement fixe sur un premier organe axial de blocage de la meuleuse et un second organe de blocage axial vient bloquer la lentille par I'intermediaire d'une butee, generalement en elastomere, en appliquant une force centrale sur la face de la lentille opposee au gland (generalement, sa face concave). Lors de I'usinage, un effort de couple tangentiel est genere sur la lentille, ce qui peut engendrer une rotation de celle-ci par rapport au gland si le systeme de maintien de la lentille n'est pas assez efficace. Le bon maintien de la lentille depend principalement de la bonne adherence a I'interface moyen de maintien/surface de la lentille. Un des problemes entraines par les faibles energies de surface des couches hydrophobes et/ou oleophobes est que I'adherence a I'interface moyen de maintien/lentille se trouve alteree, ce qui rend difficile des operations de debordage satisfaisantes. La lentille peut en effet glisser et se desaxer lors de I’etape de debordage. Lorsque le debordage est effectue de fagon satisfaisante, la lentille presente les dimensions requises pour convenablement s'inserer dans la monture qui lui est destinee. Plus precisement, ce resultat est obtenu lorsque la lentille, lors de I'operation de debordage, subit un desaxage maximum de 1 ou 2°. Au-dela, la lentille est generalement perdue. L'adhesion du5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 3 moyen de maintien a la surface de la lentille est done essentielle a I'obtention d'un debordage satisfaisant. Pour remedier a ces difficultes de debordage des lentilles pourvues d'un revetement externe hydrophobe et/ou oleophobe, une solution technique existe qui consiste a former sur ces revetements des revetements temporaires (ou couches/surcouches temporaires) de nature organique ou minerale permettant d’eviter Ie desaxage lors du debordage, tout en preservant les proprietes du revetement antisalissure. Les revetements temporaires peuvent etre en particulier des couches temporaires de MgF2, des revetements pelables de nature polymere ou des films adhesifs temporaires de nature polymere. Ces couches temporaires sont decrites notamment dans les demandes EP 1392613, EP 1633684, WO 2005/015270, WO 03/057641. Les lentilles sont livrees a I’opticien pourvues des couches temporaires. En pratique, meme si la face avant de la lentille est generalement la seule qui sera en contact avec Ie gland lors du debordage, on depose habituellement sur la face arriere de la lentille la meme couche temporaire que sur la face avant de la lentille (meme materiau, meme epaisseur). La couche temporaire presente sur la face arriere contribue au bon maintien de la lentille en assurant un bon contact entre sa face arriere et la butee de debordage. Le couple de torsion se repartit entre la face avant et la face arriere de la lentille lors de I’operation de debordage. Ainsi la presence d’une couche temporaire en face arriere de la lentille contribue egalement a limiter le desaxage de la lentille lors de I’operation de debordage. Apres le debordage de la lentille, les couches temporaires doivent etre otees pour laisser apparent le revetement antisalissure. Cette operation est egalement effectuee par I’opticien qui a procede au debordage du verre. Une fois la couche temporaire retiree, les proprietes du revetement hydrophobe, meme si celles-ci sont globalement bien preservees, peuvent etre parfois inferieures a celles du revetement avant depot de la couche temporaire. En particulier, l’angle de contact peut etre inferieur de quelques degres par rapport a celui du revetement hydrophobe avant depot de la couche temporaire, ce qui signifie que les proprietes hydrophobes du revetement ont ete diminuees. Par ailleurs, la durabilite (le maintien des proprietes hydrophobes du revetement sous I’effet d’essuyages repetes) peut etre affectee. La demande FR 1262953 propose une solution pour obtenir apres retrait de la couche temporaire une lentille ophtalmique a proprietes antisalissure ameliorees par rapport aux lentilles ophtalmiques comportant un revetement hydrophobe et une couche temporaire classique, telle qu’une surcouche de fluorure metallique. Cette demande propose typiquement de deposer sur la lentille deux couches de revetement hydrophobe et/ou oleophobe (une couche d’Optool DSX® et une couche d'OF210®) puis une couche temporaire bicouche composee d’une couche de MgF2 de 22 a 50 nm d'epaisseur et d’une couche de MgO optionnelle).5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 4 Le probleme est qu’il reste difficile d’ameliorer de fagon importante les proprietes antisalissure d’une lentille en conservant simultanement I’aptitude au debordage.et un retrait suffisamment aise de la couche temporaire. Ces proprietes sont antagonistes. S’il est souhaitable d'augmenter I’epaisseur des revetements hydrophobes et/ou oleophobes afin d'atteindre des niveaux d’hydrophobie et d'oleophobie maximum et done de disposer de verres plus nettoyables, on perd l’adherence du patin. Augmenter corollairement I’epaisseur de la couche temporaire rend celle-ci plus difficile a eliminer. Ainsi, de nombreux problemes techniques restent a resoudre pour fournir de nouvelles lentilles a hydrophobie amelioree. Ainsi, un objectif de I’invention est de fournir une lentille ophtalmique ayant des performances antisalissure ameliorees par rapport aux lentilles ophtalmiques existantes. Par exemple, les materiaux utilises comme couches hydrophobes, en particulier les materiaux les plus performants, presentant une haute hydrophobie, sont des materiaux chers. Or il est important de pouvoir developper l’acces des verres antisalissure a des marches dit de « moyenne gamme » a cout plus faibles. Un probleme technique a resoudre consiste done a fournir une lentille ophtalmique dont les proprietes antisalissure sont ameliorees a moindre cout par rapport aux lentilles ophtalmiques porteuses de revetements antisalissure classiques. Un autre probleme technique a resoudre vise au contraire a fournir une lentille ophtalmique presentant des proprietes antisalissure surpassant les proprietes des lentilles ophtalmiques les plus performantes connues dans I’etat de I’art des lentilles ophtalmiques, sans que le facteur cout soit preponderant, pour des marches de type « premium ». Un autre probleme technique consiste a fournir une lentille ophtalmique presentant a la fois des proprietes antisalissure et anti-abrasion ameliorees par rapport aux lentilles ophtalmiques connues. Un autre probleme technique consiste a fournir une lentille ophtalmique antisalissure permettant de diminuer la perception visuelle des salissures par un porteur de lunettes, et /ou d'augmenter son acuite visuelle, en particulier le contraste visuel, dans differentes conditions de port et d’environnement lumineux. Un dernier probleme technique consiste a fournir une lentille ophtalmique debordable (ou detourable) par des moyens classiques et conduisant a une lentille ophtalmique resolvant egalement I’un au moins des quatre problemes ci-dessus. A I’origine de I’invention, les inventeurs ont constate que, de fagon surprenante, et a I’encontre de ce qui etait communement admis, il convenait d’ameliorer les proprietes antisalissure en face arriere d’une lentille ophtalmique plutot qu’en face avant ou concomitamment sur les deux faces.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 5 Ainsi, les lentilles selon I’invention ont des proprietes de la face avant qui different significativement de celles de la face arriere avec des valeurs d’angle de contact de reculee avec I’eau plus elevees en face arriere qu’en face avant. Les lentilles ophtalmiques anterieures comportent generalement des revetements hydrophobes et/ou oleophobes identiques sur leur face avant et leur face arriere. De meme, des couches temporaires deposees en vue de faciliter Ie debordage sont de nature et d'epaisseur identique sur la face avant et la face arriere de la lentille. Or, les inventeurs ont trouve qu'il etait avantageux de produire des lentilles ophtalmiques dont les faces avant et arriere sont differenciees au niveau de leurs proprietes hydrophobes. Les objectifs ci-dessus peuvent done etre atteints separement ou en combinaison au moyen d'une lentille ophtalmique comprenant un substrat ayant : - une face principale avant dont la surface externe est hydrophobe et presente un angle de contact de reculee avec I’eau WRA1 et - une face principale arriere dont la surface externe presente un angle de contact de reculee avec I’eau WRA2 superieur ou egal a 80°, et WRA2 est superieur a WRA1. Les lentilles ophtalmiques selon I’invention ont une face arriere qui presente des proprietes antisalissure superieures a celles de la face avant. II apparait par ailleurs que, pour des couches hydrophobes, la propriete de resistance a I'abrasion varie dans Ie sens oppose aux proprietes de surface. Moins la couche est hydrophobe et plus la resistance a I'abrasion (mesure par Ie tes Bayer (sable ou alumine) est elevee. L'invention permet done d'ameliorer la resistance a I'abrasion de la face avant de la lentille. La face arriere de la lentille est celle qui est la plus proche de la peau et des cils, qui sont des sources importantes de salissures. Les inventeurs ont constate que La salissure sur la face arriere est perQue comme particulierement genante par un porteur de lunette. II est a noter qu'habituellement, les lentilles ophtalmiques ont une face arriere qui presente des proprietes d'hydrophobie inferieures a celles de la face avant. En effet, Ie plus souvent, des traitements de surface par des especes activees avant ou pendant Ie depot de revetement (en particulier les couches d’antireflet) sur les faces sont mises en oeuvre. Or, la surface arriere d'une lentille est generalement la premiere des deux faces de la lentille a recevoir Ie depot de revetements, qui met en jeu un pretraitement d'activation physique ou chimique prealable de la surface de la lentille, destine a augmenter I'adhesion des revetements. Ce pretraitement est generalement conduit sous vide. II peut s'agir d'un bombardement avec des especes energetiques, par exemple un faisceau d'ions (“Ion Pre¬ Cleaning” ou “IPC”) ou un faisceau d'electrons, d'un traitement par decharge corona, par effluvage, d'un traitement UV, ou d'un traitement par plasma sous vide, generalement un plasma d'oxygene ou d'argon. II peut aussi s’agir d’un traitement d’assistance, par exemple de bombardement ionique, lors du depot d’une couche, par exemple une couche conductrice5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 6 comme une couche d’ITO (Indium Tin Oxide). Lorsque la face avant de la lentille est a son tour traitee, Ie pretraitement d'activation physique ou chimique qu'elle subira degradera legerement Ie revetement hydrophobe present sur la face arriere, du fait d’un phenomene de retrodiffusion des especes reactives, et ce meme si ce revetement hydrophobe est protege par une couche temporaire. La consequence de ce phenomene de retrodiffusion, si les deux faces de la lentille ont regu Ie meme traitement hydrophobe, est que la lentille presente des proprietes hydrophobes legerement inferieures sur la premiere surface traitee, generalement la face arriere. Les lentilles ophtalmiques selon I'invention peuvent etre utilisees pour ameliorer la perception visuelle d’un porteur de lunettes et/ou ameliorer son contort visuel. Dans la presente demande, un revetement qui est "sur" un substrat/revetement ou qui a ete depose "sur" un substrat/revetement est defini comme un revetement qui (i) est positionne au-dessus du substrat/revetement, (ii) n'est pas necessairement en contact avec Ie substrat/revetement, c'est-a-dire qu'un ou plusieurs revetements intermediaires peuvent etre disposes entre Ie substrat/revetement et Ie revetement en question (toutefois, il est de preference en contact avec ledit substrat/revetement), Lorsque "une couche 1 est localisee sous une couche 2", on comprendra que la couche 2 est plus eloignee du substrat que la couche 1. De meme une couche dite "externe " est plus eloignee du substrat qu'une couche dite "interne". La lentille selon I'invention comprend un substrat, de preference transparent, ayant des faces principales avant et arriere, dont la face arriere au moins, de preference les deux faces principales, comprend un revetement hydrophobe, de preference hydrophobe et oleophobe. La lentille ophtalmique selon I'invention peut etre une ebauche de lentille ophtalmique. Elle constitue de preference une lentille ophtalmique pour lunettes, et est dans un mode de realisation inseree dans une paire de lunettes. Le substrat de la lentille ophtalmique selon I'invention peut etre un verre mineral ou organique, par exemple un verre organique en matiere plastique thermoplastique ou thermodurcissable. Ce substrat peut etre choisi parmi les substrats cites dans la demande WO 2008/062142, par exemple un substrat obtenu par (co)polymerisation du bis allyl carbonate du diethyleneglycol, un substrat en poly(thio)urethane, un substrat en polycarbonate de bis(phenol A) (thermoplastique), note PC, ou un substrat en PMMA (polymethacrylate de methyle). Les revetements hydrophobes utilises pour I’invention peuvent etre formes sur une face principale d’un substrat nu, c’est-a-dire non revetu, ou sur une face principale d'un substrat deja revetu d’un ou plusieurs revetements fonctionnels. Ces revetements fonctionnels classiquement utilises en optique peuvent etre, sans limitation, une couche de primaire antichoc, un revetement anti-abrasion et/ou anti-rayure, un revetement polarise, un revetement photochrome ou un revetement colore, un revetement5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 7 interferentiel, en particulier une couche de primaire antichoc revetue d'une couche anti-abrasion et/ou anti-rayures. Le revetement hydrophobe peut etre depose sur un revetement interferentiel qui peut etre, sans limitation, un revetement antireflet, un revetement reflechissant (miroir), un filtre infrarouge , un filtre ou un antireflet coupant au moins partiellement la lumiere bleue ou un filtre ultraviolet, de preference un revetement antireflet. Un revetement antireflet se definit comme un revetement, depose a la surface d'un article, qui ameliore les proprietes anti-reflechissantes de Particle final. II permet de reduire la reflexion de la lumiere a I'interface article-air sur une portion relativement large du spectre visible. De preference Rv le facteur moyen de reflexion lumineux est inferieur a 2,5% par face. Rv est tel que defini dans la dans la norme ISO13666 :1998 et mesure selon la norme iS 8980-4 (pour un angle d’incidence de la lumiere inferieur a 17°, typiquement 15°). De preference RV<2%, mieux Rv<1, 5% et encore mieux Rv<1%. Comme cela est bien connu egalement, les revetements antireflet comprennent classiquement un empilement monocouche ou multicouche de materiaux dielectriques. Ce sont de preference des revetements multicouches, comprenant des couches de haut indice de refraction (HI) et des couches de bas indice de refraction (Bl). La constitution de ces revetements, leur epaisseur et leur mode de depot sont decrits notamment dans la demande WO 2010/109154 . Le revetement interferentiel est generalement depose sur un revetement anti-abrasion et/ou anti-rayure, qui peut etre toute couche classiquement utilisee comme revetement anti¬ abrasion et/ou anti-rayure dans le domaine des lentilles ophtalmiques. Les revetements resistant a I’abrasion et/ou aux rayures sont de preference des revetement durs a base de poly(meth)acrylates ou de silanes comprenant generalement une ou plusieurs charges minerales destinees a augmenter la durete et/ou I'indice de refraction du revetement une fois durci. Par (meth)acrylate, on entend un acrylate ou un methacrylate. Parmi les revetements recommandes dans la presente invention, on peut citer les revetements a base d’hydrolysats d’epoxysilanes tels que ceux decrits dans les brevets EP 0614957, US 4,211,823 et US 5,015,523. L'epaisseur du revetement anti-abrasion et/ou antirayure varie generalement de 2 a 10 |im, preferentiellement de 3 a 5 p.m. Prealablement au depot du revetement anti-abrasion et/ou anti-rayure, il est possible de deposer sur le substrat un revetement de primaire ameliorant la resistance au choc et/ou I’adhesion des couches ulterieures dans le produit final. Ces revetements peuvent etre toute couche de primaire antichoc classiquement utilisee pour les articles en materiau polymere transparent, tels que des lentilles ophtalmiques, et son decrits plus en detail dans la demande WO 2011/080472. D'une fapon generale, les revetements antisalissure, egalement nommes revetements hydrophobes ou top-coats, sont definis dans la presente demande comme des revetements5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 8 dont I'angle de contact statique avec de I'eau desionise est superieur ou egal a 75° de preference superieur ou egal a 80°, de preference eicore superieur ou egal a 90°, Un revetement presentant un angle de contact de reculee avec I’eau superieur a 80° est un revetement hydrophobe selon la definition ci-dessus. Dans la presente demande, les angles de contact statiques peuvent etre determines selon la methode de la goutte de liquide, selon laquelle une goutte de liquide ayant un diametre inferieur a 2 mm (typiquement 4 pL) est deposee doucement sur une surface solide non absorbante et I'angle a I'interface entre Ie liquide et la surface solide est mesure. L’eau a une conductivite comprise entre 0,3 pS et 1pS a 25°C. Typiquement, les mesures d’angle de contact statique sont faites avec un appareil DSA 100 (Drop Shape analysis system) de Kruss. Les valeurs d’angle de contact de reculee avec l’eau sont mesurees sur un plan incline selon Ie mode operatoire decrit dans la partie experimentale. Les revetements antisalissure reduisent la sensibilite de Particle a la salissure, par exemple vis-a-vis des depots graisseux. Comme cela est connu, ces revetements externes hydrophobes, decrits en detail dans la demande WO 2009/047426, sont obtenus par application sur la surface de la lentille de composes diminuant son energie de surface. De preference, Ie revetement externe hydrophobe applique sur la face avant et/ou arriere de la lentille a une energie de surface egale ou inferieure a 20 mJ/m2, de preference encore egale ou inferieure a 14 mJ/m2, mieux egale ou inferieure a 13 mJ/m2 et encore mieux egale ou inferieure a 12 mJ/m2. Dans Ie cadre de la presente invention, leur epaisseur varie en general de 1 a 25 nm, mieux de 1 a 15 nm. Dans un mode de realisation de I'invention, Ie revetement antisalissure a une epaisseur inferieure a 10 nm, de preference allant de 2 a 10 nm, mieux de 2 a 5 nm. Les revetements hydrophobes selon ('invention sont de preference de nature organique. Par couche de nature organique, on entend une couche comprenant une proportion non nulle en masse, de preference d’au moins 40 %, mieux d’au moins 50 % de materiaux organique par rapport a la masse totale de la couche. Les revetements de surface hydrophobes sont principalement obtenus a partir de compositions polymerisables contenant au moins un compose fluore, mieux au moins un compose de nature silane et/ou silazane porteur d'un ou plusieurs groupes fluores, en particulier des groupes hydrocarbones fluores, perfluorocarbones, polyether fluores, tel que Ie groupe F3C-(OC3F6)24-O-(CF2)2-(CH2)2-O-CH2-Si(OCH3)3 ou perfluoropolyether. Une methode classique pour former un revetement hydrophobe consiste a deposer des composes porteurs de groupes fluores et de groupes Si-R, R representant un groupe hydroxyle ou un groupe precurseur tel qu'un groupe hydrolysable, par exemple Cl, NH2, NH- ou -O-alkyl, de preference un groupe alcoxy. Ils sont de preference fabriques a partir de fluorosilanes ou fluorosilazanes precurseurs, comprenant de preference au moins deux groupes hydrolysables5 10 15 20 25 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 9 PCT/FR2015/051848 par molecule. De tels composes sont capables de subir, lorsqu'ils sont deposes sur une surface, des reactions de polymerisation et/ou de reticulation, directement ou apres hydrolyse. Des fluorosilanes particulierement adaptes pour former des revetements hydrophobes sont ceux contenant des groupements fluoropolyethers decrits dans Ie brevet US 6,277,485. Ces fluorosilanes repondent a la formule generale : rf R] SiY3.xR2x y dans laquelle RF est un groupe polyfluoropolyether monovalent ou divalent, R1 est un groupe divalent alkylene, arylene ou une combinaison de ceux-ci, contenant eventuellement un ou plusieurs heteroatomes ou groupes fonctionnels et eventuellement substitues par des halogenes, et contenant de preference 2 a 16 atomes de carbone ; R2 est un groupe alkyle inferieur (c’est-a-dire un groupe alkyle en C1-C4) ; Y est un atome d'halogene, un groupe alcoxy inferieur (c’est-a-dire une groupe alcoxy en C1-C4, de preference methoxy ou ethoxy), ou un groupe acyloxy inferieur (c’est-a-dire -OC(O)R3 ou R3 est un groupe alkyle en Ci-C4) ; x est 0 ou 1 ; et y est 1 (RF est monovalent) ou 2 (RF est divalent). Les composes appropries ont en general une masse molaire moyenne en nombre d’au moins 1000. De preference, Y est un groupe alcoxy inferieur et RF est un groupe perfluoropolyether. D’autres fluorosilanes ou fluorosilazanes recommandes sont ceux de formule : OR J cf3 CH2 CH2- —Si—ch2or I J. I OR ou n = 5, 7, 9 ou 11 et R est un groupe alkyle, de preference en C1-C10 tel que —CH3, —C2H5 et -C3H7 ; CF3(CF2)5CH2CH2Si(OC2H5)3((tridecafluoro-1,1,2,2-tetrahydro)octyl-triethoxysilane) ; CF3-(CF2)7-CH2-CH2-Si (NH2)3 (compose OF110™ de la societe Optron). CF3CH2CH2SiCI3 ; CF-CF2-^CH2CH2-^SiCI3 ; et ou n = 7 ou 9 et R est tel que defini ci-dessus. Des compositions contenant des fluorosilanes egalement recommandees pour la preparation de revetements hydrophobes sont decrites dans brevet US 6,183,872. Elles5 10 15 20 25 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 10 PCT/FR2015/051848 contiennent des fluoropolymeres a groupements organiques porteurs de groupes a base de silicium representes par la formule generale suivante et ayant une masse moleculaire de 5.102 a 1.105 : dans laquelle RF represente un groupement perfluoroalkyle ; Z represente un groupe fluoro ou trifluoromethyle ; a, b, c, d et e representent chacun, independamment I’un de I’autre, 0 ou un entier superieur ou egal a 1, a la condition que la somme a+b+c+d+e ne soit pas inferieure a 1 et que I’ordre des unites repetitives figurant entre les parentheses indexees sous a, b, c, d et e ne soit pas limite a celui represente ; Y represente H ou un groupe alkyle comprenant de 1 a 4 atomes de carbone ; X represente un atome d’hydrogene, de brome ou d’iode ; R1 represente un groupe hydroxyle ou un groupe hydrolysable ; R2 represente un atome d’hydrogene ou un groupement hydrocarbone monovalent ; I represente 0, 1 ou 2 ; m represente 1, 2 ou 3 ; et n" represente un entier au moins egal a 1, preferentiellement au moins egal a 2. D'autres composes convenant pour la formation de revetements antisalissure a base de fluorosilanes sont decrits dans les brevets JP 2005-187936 et EP 1300433, et repondent a la formule : (R'kn X’m-Si-(CH2)a-O-(CH2)b.-R'F-(CH2)b.-O-(CH2)a.-Si-X'n. dans laquelle R'F est un radical divalent perfluoropolyether a chaine lineaire, R' est un radical alkyle en 0^04 ou un radical phenyle, X' est un groupe hydrolysable, a' est un entier de 0 a 2, b' est un entier de 1 a 5, et m' et n' sont des entiers egaux a 2 ou 3. Des compositions commerciales permettant de preparer des revetements hydrophobessont les compositions KY130® (repondant a la formule du brevet JP 2005-187936) et KP 801M® commercialisees par Shin-Etsu Chemical, OF210™ et OF110™ commercialisees par Optron, et la composition OPTOOL DSX® (une resine fluoree comprenant des groupes5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 11 perfluoropropylene repondant a la formule du brevet US 6,183,872) commercialisee par Daikin Industries. La composition OPTOOL DSX® est la composition de revetement antisalissure preferee. Les methodes de depot des compositions de revetement antisalissure sont variees et comprennent Ie depot en phase liquide, tel que Ie depot au trempe, par centrifugation ou pulverisation, ou Ie depot en phase vapeur, tel que I'evaporation sous vide. Le depot en phase vapeur est prefere. Une lentille selon I'invention comporte sur sa face arriere un revetement hydrophobe qui peut etre choisi parmi ceux presentes ci-dessus, lequel lui impartit un angle de contact de reculee avec I'eau WRA2 superieur ou egal a 80°, depreference superieur ou egal a I'une des valeurs suivantes : 90°, 95°,100°, 102°, 105°, 110111°, 112°, 113°, 114°, 115°, 116°, 117°, 118°, 119°, 120°, 125°. De preferences, ces valeursont aussi verifiees par l'angle de contact statique avec I'eau du revetement hydrophobe. Dans un mode de realisation, WRA2 est inferieur ou egal a I’une des valeurs suivantes : 119°, 118°, 117°, 116°. Preferentiellement WRA2S1O7°, etmieuxvarie de 107° a 125° De preference WRA2S110° et mieux 110'<WRA2 ≤120°, encore mieux 112^ WRA2, De preference 112^ WRA2 120°. De fapon optimale, WRA2S114°, mieuxl14^ WRA2 ≤120°. Les angles de reculee WRA1 et WRA2 verifient de preference la relation : 2^ WRA2-WRA1 512° et 104°<WRA1<116° et 11(^WRA2. De preference, WRA1 est superieur ou egal a 65°, depreference encore superieur ou egal a 85°, mieux superieur ou egal a 95°.L'angle de contact de reculee avec I'eau WRA1 varie de preference de 102° a 116°, mieux de 105° a 116°. Les surfaces externes des faces principales avant et arriere de la lentille de I'invention sont de preference des surfaces de revetements fluores. Dans un mode de realisation, la lentille ophtalmique comporte en outre, sur sa face avant, un revetement hydrophobe qui peut etre choisi parmi ceux presentes ci-dessus, a condition bien entendu que la surface externe de sa face principale avant presente un angle de contact de reculee avec I’eau inferieur a celui de sa face principale arriere. Dans une telle lentille, la surface externe hydrophobe de ladite face principale avant presente de preference un angle de contact de reculee avec I’eau superieur ou egal a I’une des valeurs suivantes : 85°, 90°, 95°, 100°, 110°. De preference, la difference entre l'angle de contact de reculee avec I'eau de la surface externe de la face principale arriere et l'angle de contact de reculee avec I'eau de la surface externe de la face principale avant est superieure ou egale a 1°, mieux superieure ou egale a 2°, et encore mieux superieure ou egale a 3°.et depreference inferieure ou egale a 15°, mieux inferieur ou egal a 10° et mieux encore inferieur cu egal a5°.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 12 Un ecart d'angle de contact de reculee de seulement 1 0 entre la face avant et la face arriere, bien qu'il paraisse de prime abord faible, se traduit en realite par des differences significatives au niveau des performances antisalissure des deux faces, lorsque Ton se place a des niveaux d'angles de contact de reculee avec I'eau aussi eleves que 100°. Au-dela de 110°, un ecart d'angle de contact de reculee de seulement 1 0 entre la face avant et la face arriere meme s'il parait faible, se traduit en realite par des differences considerables au niveau des proprietes antisalissure des deux faces de la lentille. Dans un mode de realisation prefere, I'angle de contact de reculee avec I'eau de la surface externe de la face principale avant varie de 108° a 116°, mieux de 109° a 115°, et I'angle de contact de reculee avec I'eau de la surface externe de la face principale arriere est superieur a 115°, mieux superieur ou egal a 116° etencore mieux superieur ou egal a 117°. Une lentille selon I'invention, dans son etat final, ne comporte pas de couche temporaire sur sa face principale arriere, ce qui signifie soit qu'elle a ete retiree apres son depot, soit qu'aucune couche temporaire n'a ete deposee. Une lentille selon I'invention, dans son etat final, ne comporte pas (non plus) de couche temporaire sur sa face principale avant. Dans un mode de realisation, sa face principale arriere n'est pas revetue et n'a pas ete revetue d'une couche temporaire. La lentille ophtalmique selon I'invention de preference n'absorbe pas dans Ie visible ou absorbe peu dans Ie visible, ce qui signifie, au sens de la presente demande, que son facteur de transmission dans Ie visible Dv, encore nomme facteur relatif de transmission dans Ie visible, est superieur a 90 %, mieux superieur a 95 %, mieux encore superieur a 96 % et de fagon optimale superieure a 97 %. Plusieurs moyens de parvenir a des lentilles selon I'invention, differenciees au niveau de leurs proprietes hydrophobes sur leurs deux faces, vont maintenant etre decrits sans que I'invention ne soit limitee a ces moyens specifiques, ainsi que des lentilles ophtalmiques obtenues par ces procedes, qui font egalement I'objet de I'invention. Une premiere technique pour parvenir a une lentille ayant des proprietes hydrophobes differenciees sur sa face avant et sa face arriere consiste a deposer des revetements hydrophobes differents sur ses deux faces. L'invention concerne done un procede de preparation d'une lentille ophtalmique, comprenant : - fournir un substrat ayant une face principale avant et une face principale arriere, - deposer un revetement hydrophobe sur ladite face principale avant conferant a cette face principale avant un angle de contact de reculee avec I’eau WRA1 et un revetement sur ladite face principale arriere du substrat conferant a cette face principale arriere un angle de contact de reculee avec I’eau superieur ou egal a 80°, Ie revetement hydrophobe de la face principale avant etant forme d'un materiau different de celui du revetement de la face principale arriere et tel que ladite face principale avant presente5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 13 un angle de contact de reculee avec I’eau WRA1 inferieur a celui de ladite face principale arriere WRA2. Des lentilles selon I'invention peuvent ainsi etre obtenues en deposant un revetement hydrophobe plus performant (c'est-a-dire conferant un angle de contact de reculee avec I’eau plus eleve) sur leur face arriere que sur leur face avant. Par exemple, si Ie materiau Optool DSX® est depose sur la face arriere de la lentille (ou une bicouche Optool DSX/OF210), des materiaux antisalissure conduisant a I'obtention d'angles de contact de reculee avec I'eau moins eleves devront etre deposes sur la face avant, comme par exemple les materiaux OF210 ou KY-130. Les lentilles ci-dessus sont interessantes car debordables sans qu'il soit necessaire de deposer une couche temporaire sur leur face avant, du fait des energies de surface plus faibles imparties par les materiaux OF210 et KY-130, qui evitent un glissement de la lentille pendant Ie debordage. L’invention concerne egalement un procede de preparation d'une lentille ophtalmique telle que decrite precedemment comprenant les etapes suivantes : - fournir une lentille ophtalmique comprenant un substrat ayant : - une face principale avant recouverte d'une couche temporaire, la surface externe de ladite face principale avant etant hydrophobe et presentant, apres retrait de ladite couche temporaire, un angle de contact de reculee avec I’eau WRA1, - une face principale arriere optionnellement recouverte d'une couche temporaire, la surface externe de ladite face principale arriere, apres retrait de ladite couche temporaire si elle est presente, possedant un angle de contact de reculee avec I’eau WRA2 superieur ou egal a 80°, WRA2 etant superieur a WRA1. - eliminer la couche temporaire de la face principale avant de ladite lentille et, lorsqu'elle est presente, la couche temporaire de ladite face principale arriere. L’invention concerne egalement un procede de preparation d'une lentille ophtalmique, comprenant : - fournir un substrat ayant une face principale avant et une face principale arriere, - deposer un revetement hydrophobe sur ladite face principale avant et un revetement hydrophobe sur ladite face principale arriere du substrat qui confere a cette face principale arriere un angle de contact de reculee avec I’eau superieur ou egal a 80°, - former une couche temporaire d'epaisseur e1 sur Ie revetement hydrophobe de ladite face principale avant et, optionnellement, une couche temporaire d'epaisseur e2 < e1 sur Ie revetement hydrophobe de ladite face principale arriere, - eliminer la couche temporaire de la ladite face principale avant et, lorsqu'elle est presente, la couche temporaire de ladite face principale arriere.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 14 Dans un mode de realisation de ce procede de I'invention, une couche temporaire d'epaisseur e2 non nolle et inferieure a e1 est formee sur Ie revetement hydrophobe de la face principale arriere de la lentille. L'un des moyens de parvenir a une lentille selon I'invention est d'utiliser Ie meme materiau pour former Ie revetement hydrophobe de la face avant et de la face arriere de la lentille. En d'autres termes, la lentille a une face principale avant et une face principale arriere dont les surfaces externes sont celles de revetements formes du meme materiau. Les inventeurs ont en effet decouvert que Ie choix d'utiliser une couche temporaire d'epaisseur plus faible (voire nulle) en face arriere permettait I’obtention d'un angle de contact de reculee avec I'eau plus eleve sur la face arriere par rapport a la face avant apres retrait de la ou des couches temporaires, et done de performances antisalissure superieures. Le choix de ('utilisation d'une couche temporaire plus fine est egalement avantageux dans la mesure ou celle-ci est plus facile a eliminer. Un autre moyen de parvenir a une lentille selon I'invention est de deposer un revetement hydrophobe plus performant (e'est-a-dire conferant sans avoir ete revetu d'une couche temporaire un angle de contact de reculee avec I'eau plus eleve) sur la face arriere que sur la face avant de la lentille. Dans le mode de realisation ou des couches temporaires d'epaisseurs differentes sont employees, le ratio d'epaisseur des couches temporaires e1/e2 est de preference superieur ou egal a 1,25, de preference encore superieur ou egal a 1,5, mieux superieur ou egal a 1,75, et encore superieur ou egal a 2. Ce ratio est de preference inferieur ou egal a 5, mieux inferieur ou egal a 4, car une couche temporaire trop epaisse deviendrait trop difficile a retirer apres I'operation de debordage. Dans un autre mode de realisation de I'invention, et de preference lorsque le revetement hydrophobe de la face principale avant et le revetement hydrophobe de la face principale arriere sont formes du meme materiau, le revetement hydrophobe de la face principale avant, caracterise par son angle de contact de reculee avec I'eau WRA1, est depose avant que ne soit depose le revetement hydrophobe de la face principale arriere, caracterise par son angle de contact de reculee avec I'eau WRA2, et la face principale arriere de la lentille ophtalmique a subi un pretraitement d'activation physique ou chimique (pouvant etre choisi parmi les pretraitements decrits precedemment) avant le depot du revetement hydrophobe sur ladite face principale arriere mais apres ou pendant le depot du revetement hydrophobe sur ladite face principale avant. On utilise ce procede de depot en particulier lorsque la face concave n’est pas revetue d’une couche temporaire. La couche temporaire presente sur la face avant de la lentille a une epaisseur variant de preference de 30 a 45 nm. La couche temporaire presente sur la face arriere de la lentille avant a une epaisseur variant de preference de 15 a 30 nm.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 15 Dans ce dernier cas, ce mode de realisation est associe a ('utilisation en face avant de la lentille d'un revetement hydrophobe d'epaisseur plus elevee, dont les performances, notamment antisalissure, sont ameliorees et plus durables que celles d'un revetement de plus faible epaisseur. II faut savoir en effet que I'epaisseur de la couche temporaire presente sur la face avant depend etroitement de I'epaisseur du revetement hydrophobe sur cette meme face. Plus Ie revetement hydrophobe de la face avant est epais, plus la couche temporaire de la face avant doit etre epaisse pour pouvoir remplir son role d'adhesion au moyen de maintien durant Ie debordage. Au contraire, en face arriere de la lentille, I'epaisseur du revetement hydrophobe et celle de la couche temporaire ne sont pas liees, les inventeurs ayant constate que cette derniere pouvait etre omise dans Ie cas ou la face avant permet a elle seule d’assurer Ie bon maintien de la lentille. Des lors, sa presence n'est pas indispensable pour assurer Ie maintien de la lentille pendant I'operation de debordage, ce qui est explique ci-apres. II sera preferable d'utiliser en face avant I'epaisseur de couche temporaire la plus faible possible permettant de realiser un debordage fiable de la lentille, afin de limiter au mieux la difficulte supplementaire de I’enlevement de cette couche temporaire. Dans un autre mode de realisation de ce procede de I'invention, aucune couche temporaire n'est formee sur Ie revetement hydrophobe de la face principale arriere de la lentille (e2 = 0). Les inventeurs ont decouvert qu'un tel depot de couche temporaire sur la face arriere n'etait generalement pas necessaire, la presence d'une couche temporaire uniquement sur la face avant de la lentille etant suffisante dans les conditions indiquees ci-dessus. La lentille est en effet fixee au dispositif de debordage par I'intermediaire de sa face avant, et il a ete constate que de I’ordre de 70 % des efforts mecaniques exerces au cours du debordage I'etaient sur la face avant. Ainsi, une mauvaise adhesion du moyen de maintien sur la face avant de la lentille peut aboutir a un desaxage du verre pendant Ie detourage pour un effort mecanique bien moindre que celui necessaire au meme desaxage si un mauvais contact se produit entre la face arriere de la lentille et la butee de detourage. Un bon maintien de la lentille au cours du debordage demande done essentiellement une bonne adherence du moyen de maintien a la face avant de la lentille. Ce mode de realisation est tres interessant en termes de productivite sur Ie plan industriel, car il diminue Ie temps de cycle en supprimant en outre I’etape d'elimination de couche temporaire sur une des faces. En outre, il permet de beneficier de proprietes antisalissure optimales sur la face arriere de la lentille, celles-ci n'ayant pas ete affectees par un depot de couche temporaire. Dans ce cas de figure, I'un des moyens de parvenir a une lentille selon I'invention est d'utiliser Ie meme materiau pour former Ie revetement hydrophobe de la face avant et de la face arriere de la lentille, en particulier Ie materiau Optool DSX®. Lorsque Ie revetement hydrophobe de la face principale avant et Ie revetement hydrophobe de la face principale arriere sont formes5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 16 du meme materiau, Ie depot d'une couche temporaire sur Ie revetement hydrophobe de la face avant puis son retrait fournira une lentille dont Ie revetement hydrophobe de la face avant aura un angle de contact de reculee avec I'eau inferieur a celui de la face arriere, qui n'aura pas subi de depot puis de retrait de couche temporaire. Un autre moyen de parvenir a une lentille selon I'invention est de deposer un revetement hydrophobe plus performant (c'est-a-dire conferant sans avoir ete revetu d'une couche temporaire un angle de contact de reculee avec I'eau plus eleve) sur la face arriere que sur la face avant de la lentille. II est a noter qu'il est preferable de former les revetements sur la face avant de la lentille avant de les former sur la face arriere de la lentille, surtout si aucune couche temporaire n'est presente sur la face arriere de la lentille, car ces depots de revetements impliquent Ie plus souvent un pre-traitement d'activation physique ou chimique (pouvant etre choisi parmi les pretraitements decrits precedemment) ou un traitement d’assistance, par exemple d’assistance ionique, a I'origine d'une legere degradation des proprietes antisalissure du revetement hydrophobe qui aura ete depose en premier du fait du phenomene de retrodiffusion des especes energetiques et/ou reactives precedemment explique. Realiser Ie traitement de la face avant de la lentille avant celui de la face arriere contribue a I'obtention d'une lentille selon I'invention en diminuant legerement Tangle de contact de reculee avec I’eau de la surface externe de la face principale avant de la lentille. L’invention concerne done un procede de preparation d’une lentille ophtalmique comprenant : a) fournir une lentille ophtalmique ayant une face principale avant et une face principale arriere, b) deposer des revetements sur la face principale avant de la lentille ophtalmique, dont un revetement hydrophobe, c) deposer un ou plusieurs revetements sur la face principale arriere de la lentille ophtalmique, posterieurement a I’etape b), d) recuperer une lentille ophtalmique dont la surface externe de la face principale arriere presente un angle de contact de reculee avec I’eau WRA2 superieur ou egal a 80° et dont la surface externe de la face principale avant est hydrophobe et presente un angle de contact de reculee avec I’eau WRA1, WRA2 etant superieur a WRA1, un traitement par des especes energetiques retrodiffusant sur la face principale arriere de la lentille ophtalmique ayant ete realise sur la face principale avant de ladite lentille ophtalmique, avant I’etape c), et un traitement par des especes energetiques retrodiffusant sur la face principale avant de la lentille ophtalmique ayant ete realise sur la face principale arriere de ladite lentille ophtalmique, apres I’etape b) et avant I’etape d). Par especes energetiques (et/ou reactives), on entend notamment des especes ayant une energie allant de preference de 1 a 300 eV, preferentiellement de 1 a 150 eV, mieux de 105 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 17 a 150 eV, et mieux encore de 40 a 150 eV. Les especes energetiques peuvent etre des especes chimiques telles que des ions, des radicaux, ou des especes telles que des photons ou des electrons. L'invention concerne egalement les lentilles ophtalmiques obtenues par les procedes decrits ci-dessus, notamment une lentille ophtalmique dont la surface externe de sa face principale avant est hydrophobe et presente un angle de contact de reculee avec I’eau WRA1et dont la surface externe de sa face principale arriere presente un angle de contact de reculee avec I’eau WRA2 superieur ou egal a 80°, WRA2 etantsuperieur a WRA1, ladite lentille etant obtenue en formant une couche temporaire d'epaisseur e1 sur la surface externe de sa face principale avant et, optionnellement, une couche temporaire ayant de preference une epaisseur e2 < e1 sur la surface externe de sa face principale arriere, et en eliminant la couche temporaire de la ladite face principale avant et, lorsqu'elle est presente, la couche temporaire de ladite face principale arriere. Comme indique ci-dessus, Ie revetement hydrophobe de la face principale avant et Ie revetement hydrophobe de la face principale arriere sont de preference formes du meme materiau, et aucune couche temporaire n'est de preference formee sur Ie revetement hydrophobe de ladite face principale arriere. Les couches temporaires utilisables dans les procedes de l'invention pour revetir avant debordage une surface hydrophobede lentille vont maintenant etre decrites d'une fagon plus generale. Dans la presente demande, une couche temporaire est un revetement susceptible de rendre la lentille apte au debordage et destine a etre elimine/retire apres Ie debordage de la lentille ophtalmique. La couche temporaire employee dans Ie cadre de l'invention est generalement formee directement sur un revetement hydrophobe. La couche temporaire peut etre de nature minerale ou organique. Dans une realisation preferee, la couche temporaire est une couche minerale, et comprend en particulier au moins un fluorure metallique ou un melange de fluorures metalliques, au moins un oxyde metallique ou un melange d'oxydes metalliques, au moins un hydroxyde metallique ou un melange d'hydroxydes metalliques. On peut egalement utiliser un melange de fluorures metalliques et d'oxydes et/ou d'hydroxydes metalliques. Comme exemple de fluorures metalliques, on peut citer Ie fluorure de magnesium MgF2, de lanthane LaF3, d'aluminium AIF3 ou de cerium CeF3. De preference, on utilisera Ie fluorure de magnesium. Des oxydes utilisables metalliques sont les oxydes de magnesium (MgO), de calcium (CaO), de titane (notamment TiO2), de silice, d'aluminium (AI2O3), de zirconium (ZrO2), ou de praseodyme (Pr2O3). Les oxydes de metalloides sont consideres comme des oxydes metalliques dans la presente demande. Des melanges d'alumine et d'oxyde de praseodyme sont recommandes. Un materiau commercial particulierement recommande est Ie PASO2 de la societe LEYBOLD.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 18 Comme exemple d’hydroxydes metalliques, on peut citer Mg(OH)2, Ca(OH)2 et AI(OH)3, de preference Mg(OH)2. La couche temporaire peut egalement etre de nature organique, et en particulier etre a base de materiaux polymeres. A titre d'exemple de materiaux polymeres convenant pour la couche temporaire on peut citer les encres de marquage pour verres ophtalmiques progressifs et/ou les resines constituant Ie liant de ces encres ainsi que les resines alkyde. On peut egalement citer les polymeres halogenes, notamment des polymeres chlores et/ou fluores, notamment des resines de polyolefine chlorees (par exemple une resine de polypropylene chlore), les polyalkylene terephtalates (par exemple Ie polyethyleneterephtalate) et leurs melanges. Ces materiaux sont decrits dans la demande internationale WO 2005/015270. Les couches temporaires minerales sont preferees. La couche temporaire peut etre monocouche ou multicouche, ce qui signifie que plusieurs couches temporaires a base de materiaux identiques ou differents peuvent etre formees les unes sur les autres. En particulier, la couche temporaire peut comprendre une couche d'un fluorure metallique, de preference MgF2, sur laquelle est deposee une couche d'un oxyde ou hydroxyde metallique non fluore, de preference MgO ou Mg(OH)2, mieux MgO. L'epaisseur de la couche temporaire selon I'invention peut varier de 1 nm a 150 pm. Lorsqu'elle est constituee d'une matiere minerale, l'epaisseur de la couche temporaire est preferentiellement 5 nm, mieux 10 nm et de preference 200 nm, mieux 100 nm et encore mieux 50 nm. Elle varie typiquement de 5 a 200 nm, de preference de 5 a 100 nm, mieux de 10 a 50 nm. Dans Ie cas des materiaux organiques, en particulier de materiaux polymeres, il est preferable de deposer des epaisseurs beaucoup plus elevees que dans Ie cas de couches purement minerales. Les epaisseurs requises peuvent alors varier de 5 a 150 micrometres. D'une maniere generale, si l'epaisseur de la couche temporaire est trop faible, on risque de modifier insuffisamment I'energie de surface. Si au contraire, l'epaisseur de la couche temporaire est trop elevee, en particulier pour les couches essentiellement minerales, il risque d'apparaitre des contraintes mecaniques au sein de la couche, ce qui peut etre prejudiciable aux proprietes attendues. La couche temporaire presente de preference une energie de surface d'au moins 15 mJ/m2, mieux d'au moins 25 mJ/m2. Typiquement, I'energie de surface de la couche temporaire est de 15 a 70 mJ/m2, de preference de 25 a 70 mJ/m2. La couche temporaire peut etre deposee par tout procede classique convenable, en phase vapeur (depot sous vide), ou en phase liquide, par exemple par pulverisation, centrifugation, ou trempage, ou par transfert a partir d'un film electrostatique. La couche temporaire est de preference deposee par voie gazeuse, notamment par evaporation sous vide. Le depot par traitement sous vide permet un controle precis de l’epaisseur de la couche5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 19 temporaire et minimise les dispersions, ce qui n’est pas forcement Ie cas des autres solutions techniques disponibles. En outre, ce traitement sous vide presente I’avantage de pouvoir etre directement integre au procede industriel de traitement des articles d'optique, en particulier lorsque ceux-ci sont equipes d'un revetement antireflet. La couche temporaire est de preference formee sur la totalite d'une surface principale de la lentille, c'est-a-dire de fagon a ce qu'elle recouvre totalement Ie revetement hydrophobe, Le materiau de la couche temporaire selon I'invention est susceptible d’etre elimine lors d’une operation ulterieure posterieure a I’etape de debordage. Le materiau de cette couche temporaire possede aussi une force de cohesion suffisante de fagon a ce que le retrait de la couche temporaire s'effectue sans laisser de residus a la surface du revetement hydrophobe. De preference, et tout particulierement lorsque la couche protectrice temporaire est deposee sur la totalite d'une des faces de la lentille, le materiau presente un certain degre de transparence de sorte qu'il reste possible d'effectuer sur la lentille revetue de cette couche temporaire des mesures classiques de puissance par un frontofocometre. La couche temporaire peut subir un marquage au moyen d'encres de marquage diverses, communement utilisees par I’homme de I’art pour les verres progressifs. La couche temporaire selon I'invention presente I'interet de pouvoir etre eliminee tres facilement. Ceci peut etre effectue soit en milieu liquide, soit par essuyage, notamment a sec, soit encore par une mise en oeuvre combinee de ces deux moyens. D'autres methodes d'elimination en milieu liquide sont decrites notamment dans la demande WO 03/057641. Un essuyage au moyen d'un tissu ou chiffon est la technique d'elimination preferee. Elle est de preference realisee manuellement. D'autres couches temporaires ainsi que leurs procedes de depot et d'enlevement sont decrits dans les demandes EP 2088133, EP 1392613, etWO 2009/071818. L'invention concerne egalement des lentilles ophtalmiques intermediaires, formees ou utilisables dans les procedes decrits ci-dessus, qui comprennent au moins une couche temporaire sur au moins une de leurs face principale. L'invention concerne en particulier une lentille ophtalmique comprenant un substrat ayant : - une face principale avant recouverte d'une couche temporaire, la surface externe de ladite face principale avant etant hydrophobe et presentant, apres retrait de ladite couche temporaire, un angle de contact de reculee avec I’eau WRA1, et - une face principale arriere optionnellement recouverte d'une couche temporaire, la surface externe de ladite face principale arriere, apres retrait de ladite couche temporaire si elle est presente, etant hydrophobe et presentant un angle de contact de reculee avec I’eau WRA2 superieur ou egal a 80°, la surface externe de ladle face principale avant presentant (apres retrait de ladite couche temporaire) un angle de contact de reculee avec I’eau WRA1 inferieur a celui de la face principale arriere WRA2.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 20 Une telle lentille est une lentille intermediaire, rendue apte au debordage par la couche temporaire, qui conduira, apres retrait de la couche temporaire de la face avant et de la couche temporaire eventuellement presente sur la face arriere, a une lentille selon I'invention. Cette lentille ophtalmique intermediaire comporte generalement un revetement hydrophobe sur sa face arriere, et de preference un revetement hydrophobe sur sa face avant, lequel a ete ulterieurement revetu de ladite couche temporaire. Les couches temporaires et revetements hydrophobes sont choisis parmi ceux et celles decrits precedemment. Le revetement hydrophobe de la face principale avant et le revetement hydrophobe de la face principale arriere peuvent etre ou non formes du meme materiau. Dans un mode de realisation, la face principale arriere de cette lentille n'est pas revetue et n'a pas ete revetue d'une couche temporaire. Dans un autre mode de realisation, la face principale arriere est revetue d'une couche temporaire dont I'epaisseur est inferieure a celle de ladite couche temporaire recouvrant la face principale avant. Les ratios d'epaisseur envisageables pour les couches temporaires e1/e2 ont ete decrits precedemment. Une lentille ophtalmique intermediaire preferee comprend un revetement hydrophobe en face avant et en face arriere, formes de preference du meme materiau qui contient de preference au moins un compose fluore, mieux au moins un compose de nature silane et/ou silazane porteur d'un ou plusieurs groupes fluores (en particulier le materiau Optool DSX®), aucune couche temporaire en face arriere, et un revetement temporaire en face avant, qui peut etre multicouche, et comprend de preference une couche de MgF2 revetue d'une couche de MgO. Les epaisseurs preferees pour ces differentes couches ont ete indiquees precedemment. Sur la face avant, la couche de MgF2 a une epaisseur ideale variant de 30 a 40 nm et le revetement hydrophobe a une epaisseur ideale variant de preference de 1 a 10 nm. Sur la face arriere, le revetement hydrophobe a une epaisseur ideale variant de 2 a 8 nm. Les lentilles ophtalmiques decrites ci-dessus, qui comportent au moins une couche temporaire, peuvent etre soumises a un procede de debordage, qui comporte les etapes suivantes : la fixation de la lentille ophtalmique a un dispositif de maintien par I'intermediaire d’un moyen de maintien tel qu'un patin adhesif adherant a la surface de la lentille ophtalmique (giantage) ; le montage du dispositif de maintien auquel adhere la lentille ophtalmique par I’intermediaire du moyen de maintien dans un dispositif de debordage ; le debordage de la lentille ophtalmique par usinage de sa peripherie ; et apres recuperation de la lentille ophtalmique (deglantage), I’elimination de la couche temporaire de la ladite face principale avant et, lorsqu'elle est presente, I’elimination de la couche temporaire de ladite face principale arriere. La couche temporaire, ou surcouche, permet d’appliquer directement le moyen de maintien sur la lentille ophtalmique, et de la maintenir fermement au cours de I'operation de5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 21 debordage, d'une part en raison de sa bonne adhesion au revetement hydrophobe, et d'autre part en ameliorant I’adherence normale et tangentielle du moyen de maintien a la surface de la lentille. De ce fait, elle evite les phenomenes de glissement et de desaxage, ainsi que Ie phenomene de deglantage, et permet de proceder a un debordage fiable. En outre, elle permet un tres bon maintien de la lentille apres Ie debordage. Apres I'operation de debordage principale de la lentille ophtalmique, on peut en effet souhaiter effectuer une operation de reprise de debordage, et/ou un pergage, la zone percee servant par exemple de point de fixation a une branche de monture de lunettes dans Ie cas d'un verre de lunettes. Pour ces dernieres etapes, decrites notamment dans la demande WO 2009/071818, et en particulier pour Ie pergage du verre, il est fondamental que I'ensemble gland/moyen de maintien reste en position sur la surface de la lentille, car il constitue un repere permettant de positionner les forets pour Ie pergage des trous. Les etapes de giantage, deglantage et les systemes de maintien utilisables au cours de ce procede, classiques pour I'homme du metier, sont decrits plus en detail dans les demandes EP 1392613 et WO 2010/055261. Le procede de debordage selon I'invention fournit des lentilles ophtalmiques ayant subi un desaxage maximum de 2°, et, de fagon optimale, hferieur ou egal a 1°. L'etape de debordage peut eventuellement etre suivie d’une etape de reprise de debordage et/ou d’une etape de pergage, avant que la ou les couches temporaires ne soient eliminees. Les exemples suivants illustrent I’invention de fagon plus detaillee mais non limitative. Sauf indication contraire, toutes les epaisseurs figurant dans la presente demande sont des epaisseurs physiques. Apres leur preparation, selon la nature de la couche hydrophobe, il peut etre necessaire d’effectuer un traitement mecanique de surface pour « reveler » les proprietes d’hydrophobie et obtenir les performances attendues. C’est en particulier le cas pour les couches hydrophobes obtenues a partir du KY130. En general, les proprietes des couches obtenues a partir de I’OPTOOL DSX sont obtenues sans qu’il soit necessaire de proceder a ce traitement mecanique (essuyage par un chiffon impregne d’eau desionisee). Les mesures des angles de contact de reculee sont effectuees sur des verres qui ont fait I’objet du traitement mecanique. On donne ci-apres un traitement mecanique adapte.(essuyage par un tissu CEMOI). Le tissu CEMOI™ est un tissu en microfbres (fabricant KB SEIREN- distributeur : Facol) dont la composition est polyester 70% I Nylon™ 30% et qui est communement utilise pour nettoyer des verres de lunettes. A I’aide d’un robot mecanise, on effectue un essuyage mecanise.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 22 La lentille est placee sur un support. Le tissu CEMOI est imbibe d’eau desionisee puis place sur le verre. Un levier d’un poids de 3 kg est descendu pour contacter le tissu. Le levier presente un embout mousse de diametre environs 3 cm. On effectue 60 aller-retour en 1 minute. L’embout suit la forme de la lentille dans son deplacement. Apres traitement, les lentilles sont essuyees avec un tissu Cemoi propre et soufflees avec une soufflette a air comprime. La mesure d’angle de contact de reculee se fait dans la zone essuyee, au centre. L’angle de contact de reculee est defini dans la these de doctorat - Universite Paris 7 - Denis Diderot, presentee par Nolwenn Le Grand- Piteira et soutenue a I’ESCPI le 21 juin 2006, en particulier Chapitre 1, pages 19-20, paragraphe 1.3.4 « Une loi insuffisante dans la realite - Hysteresis du mouillage ». Les mesures ont ete effectuees a I’aide d’un goniometre semi-automatique par acquisition et analyse d’images de chez KRUSS-DSA100 equipe de I’option table inclinable (PA3220). Principe : Les mesures d’angle de contact de reculee avec I’eau peuvent etre effectuees sur une surface convexe d’une lentille ophtalmique, ou chacune des surfaces d’un substrat bi¬ plan (plan face avant et plan face arriere), chacune des faces ayant repu les differentes couches selon I’invention, en suivant le protocole decrit ci-apres pour une face convexe d’une lentille. Mesures d’anqle de contact de reculee avec I’eau sur des substrats convexes : Les mesures sont realisees au centre geometrique de la face convexe de verres spheriques avec un rayon de courbure > 100 mm. La mesure se deroule en trois etapes : • application d’une goutte d’eau desionisee d’un volume de 25 gl au centre geometrique ; • inclinaison automatique de la table a vitesse constante (3°/seconde) et acquisition continue de I’image de la goutte en mouvement ; • analyse d’images issues de la sequence d’acquisition avec determination de la vitesse de deplacement de la goutte et des angles de contact au point triplea I’arriere de la goutte 0r. II s’agit de l’angle de contact forme entre la tangente a la goutte au pont triple (jonction air/eau/solide) et la tangente a la surface du verre au meme point triple, la goutte etant examinee de profil. Par convention, l’angle est celui situe a I’interieur de la goutte. L’angle de contact de reculee avec I’eau 0r correspond a l’angle de contact determine au point oppose au sens du mouvement de la goutte.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 23 La valeur de I’angle de contact de reculee avec I’eau consideree dans les essais decrits dans la presente demande, est la moyenne des valeurs d’angles pour lesquelles la vitesse de deplacement de la goutte est comprise entre 0,05 et 0,1 mm/seconde. Les mesures d’angle de contact peuvent etre egalement effectuees suivant Ie meme protocole sur des surfaces concaves. Dans ce cas, il est souhaitable d’utiliser des lentilles possedant de faibles courbures en face arriere, soit R>200 mm. II est possible de proceder a un debordage des lentilles pour garder la partie centrale du verre et effectuer la mesure sur cette partie centrale. Exemples Les lentilles sur lesquelles sont deposees les differentes couches sont des lentilles thermoplastiques en PC (polycarbonate), de diametre 70 mm, Les lentilles comportent sur chacune de leurs faces principales, deposes dans cet ordre : un revetement de primaire antichoc de polyurethane d'une epaisseur de I'ordre de 1 micron (W234®), un revetement anti-abrasion d'une epaisseur de I'ordre de 3 microns obtenu en deposant et durcissant une composition telle que definie dans I'exemple 3 du brevet EP 614957, Ie revetement antireflet a cinq couches ZrO2/SiO2/ZrO2/ITO/SiO2 decrit dans la demande WO 2011/080472, et un revetement antisalissure de 5 nm d'epaisseur a base d'Optool DSX® de la societe Daikin Industries (depot sous vide a 3 x10-5 mbar, vitesse de depot : 0,4 nm/seconde, conditions identiques a celles utilisees dans la demande WO 2009/071818). Ces lentilles sont traitees sur les deux faces selon les procedes decrits ci-apres, la face concave (arriere) etant traitee avant la face convexe (avant). 1. Depot des couches temporaires Dans I'exemple 1, des couches temporaires d'epaisseurs differentes ont ete formees sur les deux faces de la lentille dans une enceinte a vide BAK. Face arriere : traitement 1 : une couche temporaire de MgF2 de 20 nm d'epaisseur a ete formee sur Ie revetement hydrophobe de la face arriere de la lentille (vitesse de depot : 1,5 nm/s, P=3.10-3 Pa, puis une couche de MgO de 1 a 2 nm d'epaisseur a ete formee sur cette couche de MgF2 Face avant : traitement 2 : Une couche temporaire de MgF2 de 38 nm d'epaisseur a ete formee sur Ie revetement hydrophobe de la face avant de la lentille, puis une couche de MgO de 1 a 2 nm d'epaisseur a ete formee sur cette couche de MgF2, dans les memes conditions que cidessus.5 10 15 20 25 30 35 CA 02953256 2016-12-21 WO 2016/001605 PCT/FR2015/051848 24 Les lentilles obtenues sent soumises a une etape de debordage. Voir point 2 ci-dessous. Les couches temporaires sont retirees par essuyage a sec avec un tissu, puis les angles de contact de reculee avec I’eau sont mesures selon Ie protocole donne ci-dessus. Angle de contact de reculee avec I’eau obtenu apres retrait des couches temporaires) L’angle de contact de reculee avec I’eau pour Ie revetement face arriere (113°) est superieur a celui du revetement en face avant (111°). 2. Debordage des lentilles Le test de debordage, effectue sur une meuleuse Essilor Kappa, ainsi que Ie protocole de mesure du desaxage subi par les lentilles au cours de cette operation, sont decrits en detail dans la demande WO 2009/071818. Au cours de ce test, le patin de maintien adhesif employe (LEAP II de diametre 24 mm GAM200 de la societe 3M ou secure edge® de la societe Saint Gobain) est directement en contact avec la couche temporaire presente sur la face avant de la lentille. Une lentille est consideree comme passant le test de debordage si elle presente un desaxage de 2° ou moins. 3. Resultats et commentaires La lentille de I'exemple 1 presente des revetements hydrophobes et/ou oleophobes d'epaisseurs relativement elevees sur ses deux faces avec une face arriere ayant un angle de contact de reculee avec I’eau superieur en face arriere. La lentille comporte une couche temporaire d'epaisseur plus elevee sur sa face avant (38 nm) que dans les lentilles classiques possedant une surcouche de 20 nm de MgF2 telles que decrites dans le brevet US7629053 au nom de la demanderesse. L'epaisseur de la couche temporaire sur la face arriere est la meme que dans les lentilles classiques. Les lentilles de cet exemple presentent un tres bon comportement lors de I'operation de debordage (aucun glissement du patin de maintien ni desaxage). En outre, les couches temporaires ne sont averees faciles a retirer. Les lentilles selon I'invention, dont le taux d’hydrophobie entre la face avant et la face arriere a ete module, sont plus performantes sur le plan de la salissure que les lentilles de I’art anterieur. Exemple 2 On prepare des lentilles en polycarbonate ou en verre haut indice (polythiourethanne, indice de refraction 1,67) en effectuant les depots suivants :