Procédé de fabrication de lithopone. Cette invention est relative à la fabrica tion du lithopone et a pour objet de réaliser un lithopone possédant de nouvelles pro priétés.
Le lithopone est un composé, de couleur blanche, de sulfure de zinc et de sulfate de baryum. Il est utilisé en grandes quantités dans l'industrie de la peinture. Dans la fabri cation du lithopone, des solutions de sulfate de zinc et de sulfure de bar@urn sont mélan gées, et le précipité qui en résulte de sulfure de zinc et de sulfate de baryum est ensuite lavé et séché. Sous cette forme il est connu dans l'industrie sous le nom de "lithopone brut", produit qui est impropre pour la pein ture, mais qui, lorsqu'il est chauffé. au rouge sombre, par exemple, puis brusquement refroidi par immersion dans l'eau froide, devient très apte à être utilisé en peinture.
Pour la peinture; le lithopone est mélangé avec un véhicule approprié, tel qu'une huile ou un vernis. Une des plus grandes diffi cultés que le technologiste en matière colo- Tante a à vaincre est la grande variation dans la consistance obtenue lorsque des volu- mes égaux de différentes couleurs sont incor porés dans des volumes égaux du même véhicule. Mais une difficulté encore plus grande est le fait que, souvent, lorsque des volumes égaux de différentes sortes de litho- pone sont incorporés dans des volumes égaux du même véhicule, on obtient des mélanges qui varient considérablement entre eux en consistance.
La consistance d'un mélange d'une couleur avec un véhicule approprié, tel qu'une huile ou ion vernis, dépend de la faci lité avec laquelle la couleur est mouillée par le véhicule. Les différentes sortes ou marques de lithopone connues présentent dans la pra tique de grandes différences au point de vue de la facilité avec laquelle le lithopone est mouillé par un véhicule approprié. Toutes les marques commerciales connues jusqu'à ce jour du lithopone sont difficilement mouil lées par n'importe quelle huile ou vernis.
D'autre part, lorsqu'on a trouvé un lithopone qui se laisse mouiller par le véhicule avec une facilité raisonnable,<B>-</B>on rencontre géné ralement des réactions d'épaississement et une augmentation de la viscosité du mélange. La présente invention se rapporte à un perfectionnement apporté à la fabrication du lithopone, grâce auquel la facilité avec laquelle ce dernier se mélange avec tin véhicule tel qu'une huile ou un vernis et la consistance du mélange obtenu peuvent être réglées exactement dans des limites satisfaisantes.
L'invention est basée sur la découverte que la facilité avec laquelle le lithopone s'in corpore à tin véhicule tel qu'une huile ou un vernis, c'est-à-dire est mouillé par ce véhicule, est approximativement proportion nelle au degré d'alcalinité du lithopone. Le lithoporre, tel qu'il était fabriqué ordinaire ment jusqu'ici, donne une solution d'eau neutre ou légèrement acide.
Ce lithopone neutre ou acide est mouillé difficilement par la plupart des huiles ou vernis, c'est-à-dire qu'il s'incorpore difficilement à eux, ce qui ne permet pas d'obtenir avec lui un produit commercial donnant des peintures unies et onctueuses. Ce lithoporie neutre ou acide provoque également des changements dans la consistance de la peinture (après l'opéra tion de mélange). Cela est dû au fait que le mouillage du lithopone se continue après ledit mélange.
Outre ces lithopones donnant une réaction neutre ou légèrement acide, on a déjà vendu dans le commerce certaines marques de litho- pone qui donnent une réaction fortement alca line. On peut citer en particulier les litho- pones dans lesquels des agents auxiliaires, tels que l'oxyde de magnésium, sont incorporés. Ces lithopones fortement alcalins ont malheu- reusement. la tendance marquée de donner avec des véhicules, des mélanges qui s'épaississent lorsqu'ils deviennent vieux, ce qui les rend défectueux.
Il semble que jusqu'ici le rôle joué par le caractère acide, neutre ou fortement alca lin du lithopone, sur le mélange et le broyage du lithopone, n'a pas été reconnu.
La présente invention est basée sur la reconnaissance de ce rôle. Par des recherches, il a été déterminé le degré exact d'alcalinité que le lithopone doit posséder pour pouvoir se mélanger d'une manière satisfaisante avec des véhicules appropriés, tels que des huiles et des vernis, et pour pouvoir en même temps ne pas être sujet à aucune réaction subsé quente avec le véhicule, réaction qui provoque l'épaississement ou la coloration jaune du véhicule lorsqu'il est séché.
Selon la présente invention, on opère de façon que le lithopone fini ait tin degré tel d'alcalinité qu'il soit convenablement mouillé par titi véhicule de peinture approprié, tel qu*une huile ou un vernis, sans être soumis à aucune des réactions subséquentes avec le véhicule, capables de causer l'épaississement du mélange.
Cette alcalinité peut être définie de la manière suivante Un échantillon de 50 grammes de litho- pone dont on veut déterminer le degré d'alca linité est placé dans titi becher ou tout autre récipient approprié d'une contenance de 400 cin' et mélangé à 250 cm' d'eau distil lée par brassage pendant cinq minutes.
La température de l'eau distillée doit être entre 18 et 24 C; le mélange est ensuite filtré et 100 em3 du liquide filtré clair est titré à la couleur rose tendre avec une solution N,\50 d'acide sulfurique en employant l'orange de méthyle comme indicateur. Le lithopone obtenu par la présente invention est tel que, lorsqu'il est soumis à tin tel essai, il faut entre 2 et 4 cm,", de préférence entre 3 et; 4 cm' (le solution N/50 pour titrer le liquide filtré mentionné ci-dessus à la couleur rose pâle.
Un lithopone qui exige moins de 2 cm3 de solution N/50 d'acide sulfurique pour ce titrage est difficilement mouillé par les véhi cules picturaux, c'est-à-dire s'incorpore diffi cilement à ces véhicules. Fautre part, un lithopone pour lequel il faut, pour ce titrage, plus de 4 cm' de solution N/50 d'acide sul furique présente des tendances marquées à s'épaissir.
L'alcalinité dans le lithopone fini petit être obtenu de différentes manières.
Pour mettre en aeuvre le procédé, on pré voit de préférence titi léger excès de sulfure de baryum clans les liqueurs de précipitation, c'est-à-dire dans les solutions mélangées de sulfure de baryum et de sulfate de zinc. Ce sulfure de baryum en excès peut être défini ou exprimé en centimètres cubes d'une solu tion N/10 d'iode nécessaires pour oxyder 25 cm' d'un filtrat obtenu en filtrant un échantillon donné de la pâte brute obtenue des récipients de précipitation.
La pâte brute, c'est-à-dire les liqueurs de précipitation con tenant en suspension le sulfure de zinc pré cipité et le sulfate de baryum, doit être agitée avec le sulfure de baryum en excès dans un récipient de précipitation à ailettes de brassage pendant au moins une heure avant qu'un échantillon d'essai soit considéré comme final.
La pratique préférée pour donner au litho- pone selon la présente invention son degré d'alcalinité, est de prévoir un excès suffi sant de sulfure de baryum dans les liqueurs de précipitation, pour que 25 cm3 de la solu tion filtrée de la pâte brute nécessite environ 1 à 2 cm' de solution N110 d'iode. Il va de soi que cet excès de sulfure de baryum peut légèrement varier suivant que des solu tions plus fortes ou plus faibles sont employées. Les chiffres donnés ci-dessus se rapportent aux cas de pâtes précipitées de sulfate de zinc en solution 20<B>'</B>Baumé et de sulfure de baryum en solution 120 Baumé.
Le lithopone brut précipité dans un tel excès de sulfure de baryum est, après lavage et passage au filtre-presse, fortement alcalin à la phénolphthaleïne. Il faut veiller en séchant ce lithopone brut de bien maintenir l'alcalinité, qui aurait autrement la tendance à disparaître, probablement à cause du fait de l'oxydation du sulfure de baryum.
Avec le type ordinaire de séchoir en tunnel; com munément employé pour sécher le lithopone brut, il n'est pas prudent de dépasser une proportion de 6 % d'humidité dans le litho- pone, parce que, lorsque ce degré d'humidité est réduit au-dessous de cette limite, le degré d'alcalinité devient trop faible et se réduit à zéro.
Les blocs de lithopone brut, lorsqu'ils ne sont séchés qu'à environ 6 % d'humidité, donnent un rose lorsque de la phénolphtha- leïue est jetée sur les surfaces librement exposées. De préférence le lithopone brut, séché au degré d'humidité mentionné ci-dessus est moufté uniformément dans des cornues ver ticales, à travers lesquelles la matière passe par gravité.
Les cornues sont proportionnées de manière à donner un chauffage uniforme et sont construites de manière à exclure l'air ou tout autre gaz oxydant du lithoponë pen dant son passage à travers la cornue.
Ce procédé de mouflage du litbopone est particulièrement avantageux dans le cas pré sent pour donner au lithopone fini le degré désiré d'alcalinité, au moyen d'un excès de sulfure de baryum dans les liqueurs de pré cipitation, parce que, par ce procédé de mou- flage, il est comparativement facile de main tenir le degré désiré d'alcalinité pendant toute l'opération de inouflage.
On a trouvé que, dans ces conditions, le lithopone moufté sort de ces cornues avec un degré d'alcalinité tel que, lorsqu'il est broyé à l'état humide, lavé et séché de la manière ordinaire, le produit fini possède le degré d'alcalinité nécessaire pour permettre son incorporation facile dans les véhicules de peinture usuels.
Si l'on n'a pas fait suffisam ment attention en séchant le lithopone brut alcalin et si le lithopone brut, après le sé chage, ne donne pas le résultat voulu à l'essai à la phénolphtaleïne (décrit ci-dessus), le lithopone brut, séché, peut être mouillé au degré nécessaire avec une solution de sulfure de baryum dilué ou, de préférence, avec une so lution d'hydrate de baryum Ba(OH)2, et l'al calinité nécessaire peut être rétablie de cette manière avant de charger le lithopone brut dans les cornues à moufle.
Comme correctif final, dans le cas où le produit terminé ne donne pas, à l'essai, le degré d'alcalinité voulu pour le lithopone terminé, une certaine proportion (quelques centièmes de pourcent) d'une matière alcaline, telle que, par exemple, de l'oxyde de magné sium, de l'hydrate de baryum, du carbonate de sodium, du bicarbonate de sodium, de l'oxyde ou- de l'hydrate de calcium, peut être ajoutée pendant le broyage humide ou dans les récipients de mélange final où la petite variabilité entre les différentes fournées est pratiquement éliminée.
Ainsi, par exemple, on peut ajouter 23 kg par jour d'oxyde de magnésium par petite quantité d'ap proximativement 450 gr par broyeur d'une capacité, d'environ 2270 kg pour la produc tion de 75 tonnes de matière terminée par jour.
Si la commande de l'installation permet qu'accidentellement une charge de lithopone arrive au broyeur ou aux récipients de mé lange final avec une alcalinité en excès par rapport aux limites qu'on s'est données, cet excès petit être réduit dans ces limites par addition d'une quantité déterminée quantita tivement d'acide. L'acide sulfurique est l'agent préféré dans ce but.
Dans la, pratique, le contrôle de l'alcali- tâté du lithopone peut être effectué d'une manière satisfaisante par la comparaison d'échantillons de la matière à contrôler avec des échantillons types donnant les limites supérieures et inférieures d'alcalinité détermi nées, comme décrit ci-dessus, par l'essai de précision.
Ces échantillons types qui représen tent les limites supérieures et inférieures d'alca linité du lithopone sont comparés à leur tour avec des échantillons de contrôle, c'est-à-dire avec des échantillons appropriés, pris de la matière traitée et essayée de la simple manière colorimétrique suivante 5 grammes de l'échantillon de contrôle et 5 grammes de chacun des échantillons types sont pesés dans des éprouvettes distinctes de 15 min de diamètre. 35 cm' d'eau distillée et 5 à 6 gouttes de phénolphtaleïne sont ajoutées dans chaque éprouvette. La tempé rature de l'eau doit être entre 15 et 240 C. Le contenu de chaque éprouvette est ensuite fortement agité après quoi on le laisse reposer.
La comparaison colorimétrique est faite aus sitôt que le lithopone- s'est suffisamment dé posé dans les éprouvettes pour donner envi ron 5 cm de solution rose-clair. L'indicateur est préparé en dissolvant 5 grammes de phénolphtaleïne dans 1 litre d'alcool éthy- lique à 95%. Si l'alcalinité de l'échantillon de contrôle se trouve dans les limites d'alca linité indiquées plus haut,
la solution dans l'éprouvette contenant l'échantillon de contrôle aura une couleur intermédiaire entre les cou leurs des deux échantillons types.
Le degré voulu d'alcalinité petit aussi être obtenir au besoin, cri tout ou en partie, par l'addition, à tout moment du cours de la fabrication, d'une substance alcaline ap propriée telle que de l'hydrate de baryum, du sulfure de baryum, de l'oxyde de calcium, de l'hydrate de calcium, du carbonate de sodium, du bicarbonate de sodium. de l'oxyde de magnésium, ou des hydrates de magnésium. Dans tous ces cas, le but final à atteindre est toujours titi lithopone qui doit avoir tin degré d'alcalinité. tel que déterminé ci-dessus.