Installation pour le lavage de la laine et autres matières fibreuses. La présente invention se rapporte à une installation pour le lavage de la laine et autres matières fibreuses.
Dans les colonnes actuellement employées pour le lavage des laines, le bain du bac d'entrée fonctionne jusqu'à ce qu'on le jette à l'égout, alors on fait passer par injection le liquide du deuxième bac dans le premier, le liquide du troisième bac dans le deuxième, et ainsi de suite. Cette opération s'appelle le ,coulage"; elle nécessite un long temps d'arrêt et cause des irrégularités dans la qualité de la laine lavée. On a cherché à augmenter l'intervalle de temps qui sépare ces opérations appelées coulages. Dans ce but, de l'eau s'écoule continuellement à l'égout hors du premier bac et y est rem placée par de l'eau venant du deuxième bac, laquelle est remplacée dans ce deuxième bac par de l'eau venant du troisième et ainsi de suite.
Ce système est dit "à bains coulants", tandis que si cet écoulement n'existe pas, le système est dit "à bains fixes".
Pour augmenter l'intervalle de temps entre les coulages, on emploie communément des bacs très volumineux, en ajoutant à la partie du bac utilisée pour le lavage de la laine un réservoir dont le rôle est de diluer dans un plus grand volume les impuretés de la laine, de laisser se déposer les im puretés les plus lourdes, et même dans le premier bac, de permettre l'évacuation d'un peu de graisse surnageante.
La nouvelle installation, utilisable pour le lavage des laines et aussi d'autres matières fibreuses, est caractérisée en ce qu'une partie au moins des bacs de lavage est en relation avec des appareils à force centrifuge destinés à la purification du liquide de lavage pendant le lavage dans ces bacs. De cette façon les bains sont purifiés en même temps que la laveuse continue à fonctionner et de façon bien plus rapide et bien plus énergique que par la pesanteur.
Les bacs auront leur volume réduit à la partie strictement néces saire au lavage, de sorte que si un bac a un volume de 1500 litres et si les appareils de purification débitent 4500 litres à l'heure, le liquide du bain se trouve soumis au net toyage toutes les 20 minutes; ce qui lui permet de mieux laver la laine et empêche toute fermentation putride des bains.
On pourra ajouter à l'action de la force centrifuge pour séparer hors des liquides leurs impuretés, l'action du courant électrique appelée cataphorèse, simultanément comme cela a déjà été fait pour séparer l'eau en suspension dans les huiles ou les pétroles, ou aussi séparément. Dans ce dernier cas, les électrodes pourront être placées dans le bac; c'est vers elles que les impuretés se transporteront et c'est près d'elles qu'on prélèvera de préférence les liquides du bain poùr les soumettre à la purification.
On pourra, en outre, utiliser des moyens mécaniques introduisant de l'air dans les bains, tandis que la laine continuera à y être propulsée comme d'ordinaire; cet air facilitera le nettoyage par suite de tremblot.te- ment de la laine; ceci permettra d'augmenter la production dans l'unité de temps, ce qui est analogue à la diminution du volume des bacs recherchée ci-devant.
Le dessin ci-annexé représente schéma tiquement, à titre d'exemple, une installation conforme à l'invention.
La fig. 1 en est une coupe en long, la colonne étant supposée réduite à quatre bacs et utilisant sur deux de ces bacs des appareils centrifuges de purification représentés par les fig. 2, 3 et 4. La fig. 5 se rapporte à une variante.
La matière est propulsée dans les bacs par des moyens mécaniques non figurés. Entre deux bacs consécutifs, elle est trans portée par des tabliers t et elle est soumise à l'action d'une presse P.
Sous le faux-fond de chaque bac on a réduit le volume en employant des parois inclinées et on. évacue les boues par des prises cri chasse V de façon qu'elles ne séjournent pas.
Après chaque bac B, il y a la presse P que la laine traverse pour être exprimée, car elle emporte dit liquide du bain. Une partie de ce liquide s'égoutte avant que la laine n'arrive à la presse, c'est le liquide d'égout tage; une autre partie est exprimée par la presse, c'est le liquide d'expression; une troisième partie reste encore dans la laine.
Dans la fig. 1, la presse est située au- dessus (lu niveau du bain, le liquide d'égout tage est ramené par la tôle T dans le bac, tandis que le liquide exprimé par la presse, plus sale que le liquide du bac, est envoyé dans un bac auxiliaire Q à faux-fond perforé pour retenir la laine, bac relié au conduit d'évacuation .I.
Dans la variante de fig. 5, on ramène par la tôle 124 dans une boîte MI à faux fond perforé, placée sur le côté du bac laveur, tout ce qui vient de la presse P, et le liquide qui traverse le faux-fond perforé va à la purification, tandis que la laine entraînée reste sur le faux-fond perforé c1 d'oit on la retire à la main. La tôle T placée juste sous le tablier t, réglée, près du rouleau inférieur de la presse P ramène dans le bac B les eaux d'égouttage.
On envoie, en outre, à la purification, en plus du jus d'expression, le liquide provenant des chasses 1" faites sous le faux-fond. Toute fois le liquide exprimé par la presse peut être dirigé sous le faux-fond pour qu'il sert aille avec la chasse. L'ensemble des liquides à purifier provenant d'un bain est réuni dans le caniveau I et peut traverser un système de ramassage de fibres avant d'arriver à la purification.
On utilise pour la purification de ces liquides par la force centrifuge deux turbines, l'une .ï, enlevant les particules lourdes éboueuse, l'autre D, enlevant les graisses gràce à sa grande vitesse de rotation permise par son faible diamètre.
L'éboueuse 1i est à axe horizontal; le liquide arrive dans le voisinage de l'axe, est guidé dans le fond du panier U pour acquérir la vitesse du panier et parvient ainsi à la couronne de liquide ci) rotation qui a une épaisseur d'environ 12 cm déterminée par le rebord du panier. Les particules lourdes se déposent contre le panier. Lorsqu'on veut évacuer le dépôt périphérique, on arrête l'arrivée des liquides à purifier et on avance progressivement un racloir; celui-ci enlève d'abord le liquide, puis s'attaque au dépôt; ce racloir a comme longueur la génératrice du cylindre en rotation; lorsqu'il s'enfonce dans le dépôt, ce dépôt se détache et est recueilli par une tôle .H' qui l'évacue.
L'éboueuse E est placée à un niveau inférieur à celui du bac B. Elle est alimentée en $, la boue sort en .±'. Le liquide peut, en vertu de la vitesse acquise dans l'éboueuse, en sortir par la sucette S, et s'élever à plusieurs mètres de hauteur par une tuyau terie jusqu'au bac<I>R,</I> d'où il retourne par E et<I>D</I> dans le bac<I>B.</I> Le jus purifié par cette éboueuse peut être transporté et manipulé sans obstruction et sans usure importante des organes puisqu'il ne contient plus que des terres infiniment ténues.
La turbine dégraisseuse D (fig. 1 et 4) est alimentée en E, le liquide purifié sort en L, et la graisse sort en G. La boue ayant été enlevée de l'éboueuse, i1 n'est plus nécessaire de prévoir pour elle un espace important; il en résulte que le diamètre de la turbine peut être réduit et que la résis tance des matériaux peut alors permettre une très grande vitesse de rotation; cela permet la séparation de la graisse hors du liquide; la graisse se met à l'intérieur de la couronne de liquide en rotation, c'est donc là qu'on la prélève; elle s'écoule facilement parce que le liquide est chaud.
Le liquide est prélevé vers l'extérieur de cette couronne de façon à créer un balayage de la paroi dans le but d'entraîner les terres qui tendent à se déposer. Pour rendre plus efficace l'action de la force centrifuge, on peut enfiler sur l'axe une pile d'assiettes très creuses, en tôle mince, entre lesquelles circule le liquide qui est ainsi travaillé à l'état lamel laire. Tout ceci est bien connu dans les turbines à retirer le beurre du lait.
On peut disposer l'installation de façon à obtenir le mélange des liquides ayant le même rôle de diverses colonnes pour alimenter la turbine, le liquide nettoyé étant ensuite réparti entre les bains d'où il provient; cela petit être intéressant dans le cas des éboueuses à enlèvement automatique des boues, à cause du gros débit de ces machines. Il n'y a pas alors à craindre que de la laine grossière ou colorée puisse, entraînée par ces liquides, aboutir dans un bain où l'on traiterait de la laine fine et blanche, car dans de telles turbines, tout poil de laine est séparé du liquide pour aller se coller contre la paroi.
Dans le cas où l'on a mélangé les jus de plusieurs bains de même rôle, on peut former une batterie de dégraisseuses qui alimentera la série susdite des premiers bacs par l'intermédiaire d'une pompe si cette batterie est sur le même sol que l'éboueuse, ou sans pompé si cette batterie est à niveau suffisamment élevé au-dessus des bacs pour installer des tuyauteries ne gênant pas le passage.
Dans tous les cas, l'action de la turbine pourra être combinée oui' non à celle du courant électrique. On sait, en effet, que pour séparer les particules d'eau existant dans les huiles minérales ou dans les pétroles, on a déjà adjoint à l'action de la force centrifuge, pour la rendre plus efficace, celle d'un courant rupté, c'est-à-dire d'un courant continu interrompu très brusquement.
On a, en outre, prévu une introduction d'air dans le bain. Cet air pourra arriver par des tuyaux perforés I placés sous le faux-fond ou immédiatement au-dessus.
Dans une colonne de lavage, jusqu'à présent, les liquides ont été transmis de bac en bac, depuis le dernier qui renferme de l'eau claire destinée au rinçage jusqu'au premier qui est le plus sale. La laine traverse la colonne en sens inverse de cette circu lation d'eau.
La colonne décrite comprend une première partie qui dans le cas de la fig. 1 rie ren ferme que deux bacs et se trouve en I'. Le dernier bac de cette première partie reçoit son liquide neuf, qui est de l'eau, non pas du bac qui dans la colonne le suit, mais du tout dernier bac de la colonne (flèche X).
I1 peut ainsi recevoir saris dépense toute l'eau du bac de rinçage, mais il en évacue presque la totalité à l'aqueduc (flèche 2) par le jus d'expression de sa presse ou par les chasses faites sous les faux-fonds. En effet, grâce â la purification des bains pendant la marche, on peut réduire la consommation en litres d'eau du premier bac de la colonne ii environ le nombre de kilos de laine qui y entre.
Le premier bac perd du liquide par la laine qui en sort et par les terres et graisses extraites, et c'est seulement un volume égal à celui de ce liquide perdu qu'il faut y introduire, tout en maintenant la concentra tion du bain nécessaire au lavage dans le cas de l'agent détersif choisi (suint) et nécessaire aussi pour la récupération de la potasse. Le liquide introduit ainsi dans le premier bac est du liquide prélevé dans le deuxième bac (flèche Y).
La seconde partie de la colonne de lavage comprend les deux derniers bacs. Elle est en I" dans la fig. 1.
L'avant-dernier bac renferme comme d'ordinaire une solution de savon qui est purifiée par turbinage au fur et ü, mesure du lavage et rentre dans son bac d'origine pour y être réemployée. On ajoute régulièrement le peu de savon nécessaire et le bain peut durer plus de 50 heures. C'est d'ailleurs le seul bain dans lequel on consomme du savon. Dans la fig. 1 le dernier bac est alimenté par de l'eau claire en A et les turbines<I>D</I> et<I>D</I> réalisent cette purification des liquides de l'avant-dernier bac.