Procédé pour Pobtentïon de pliotograpldes en couleurs. L'objet de la présente invention est un procédé pour l'obtention de pho@tographies en couleurs. Ce procédé est caractérisé en ce que l'on photographie un objet à travers n écrans colorés chacun d'une couleur spéciale, de façon à obtenir un négatif formé de n images juxtaposées et de .même parallaxe, puis photographie cc négatif à travers n écrans colorés et ii objectifs de façon à ob tenir un positif formé de n images super posées.
Ce procédé pourra. être mis en aeuvre par exemple de la façon suivante: On photographiera. un objet à travers trois écrans analyseurs colorés l'un en bleu, l'autre en rouge -ou en orangé, et le troisième en vert, de façon à obtenir trois images juxtaposées dudit objet qui constitueront un négatif.
En effet, prenons un point bleu de l'objet; le pinceau lumineux qu'il émet traversera libre ment l'écran bleu et impressionnera, en noir le support destiné .à recevoir l'image; inverse ment, ce pinceau lumineux ne traversera ni '.'écran vert, ni l'écran rouge ou orangé, de façon que les points correspondants sur le sup ports .resteront blancs. Il est important que les trois images ainsi obtenues soient identiques, c'est-à-dire ne présentent pa,s de ;
différence de parallaxe, autrement dit de différence. prove nant de ce qu'elles n'occupent pas la. même position par rapport à l'objet. Pour obtenir ce résultat, il est bon d'utiliser le sys tème optique décrit dans le brevet suisse No. 13,9545.
De ce négatif, composé de trois images identiques juxtaposées, on tire par voie photo graphique, un positif dans lequel les trois images, de nouveau colorées, sont exactement superposées les unes aux autres; à cet effet on utilise une tireuse photographique com prenant trois objectifs travaillant avec trois écrans, l'un vert, l'autre rouge ou orangé, et le troisième bleu.
Ce positif pourra, être fabriqué, par t:xemple, de la façon suivante: Si l'on obture deux des objectifs de la. tireuse, le vert et l'orangé, par exemple, on projette sur le film sensible positif l'image sélectionnée par le filtre bleu et on obtient une image noir et blanc, où seront venues en clair les parties foncées du négatif, c'est-à- dire celles correspondant aux objets dont les teintes sont comprises dans la région bleue du spectre,
ceci étant dû à la propriété bien connue des filtres analyseurs qui ne laissent passer que les rayons @du spectre correspondant à leur teinte propre ou à son voisinage à droite ou à gauche de la région choisie.
Pour la suite des .opérations, on fait à ce moment intervenir une propriété chimique des sels d'argent de l'émulsion, celui. de pouvoir retenir certains colorants lorsqu'ils auront été auparavant traités avec certains produits dits mordants: sulfo-cyanure de cuivre, iode, etc. Le film positif sera. .donc traité par un de ces mordants, puis plongé dans un bain de teinture.
Comme celle-ci ne se fixe que sur les parties où il reste de l'argent réduit, l'on ne peut teindre à la couleur correspon dant à celle de l'écran d'analyse de la prise de vue, puisque les noirs du négatif sont venues en ;blanc, autrement -dit sont transpa rents; on teindra. donc cc, positif d'une cou leur complémentaire du bleu, soit en jaune, qui se fixera sur les parties noires du positif.
Comme l'on fera la même interversion pour l'image provenant de l'écran d'analyse orange que l'on teindra, en bleu et peur celle pro venant de l'écran d'analyse vert, que l'on teindra en orangé, le résultat final sera tou jours une synthèse des trois fibres co1oré2es de l'analyse..
Cette première teinture étant terminée, l'on dépose sur ce film positif, qui possède, ou le voit, une image colorée en jaune, une deuxième couche d'émulsion sen sible, on le met à nouveau dans la tireuse et l'on recommence les mêmes opérations, ti rage en noir et blanc, mordançage et tein ture pour l'image provenant du filtre orangé par .exemple, en ayant soin de faire coïn- ci.der rigoureusement par un .déplacement de l'objectif correspondant l'image que l'on veut inscrire .sur celle qui l'est déjà.
Ces opéra fions terminées, le film possède deux images superposées, teintes l'une en jaune, l'autre en bleu, ces diverses couleurs étant réparties avec une intensité plus ou moins grande sui vant l'intensité plus ou moins grande égale ment des noirs et des blancs. Il ne reste plus qu'à recommeneer une troisième fois. cette série d'opérations pour l'image négative pro-. venant du filtre vert, puisque l'on a com mencé par celles provenant des filtres bleu et orangé. Tout étant terminé, l'on a, un film reproduisant par la superposition de trois monochromes (bleu, orangé, vert) toutes les teintes du sujet. Ces opérations sont longues à décrire, mais par suite de divers artifices opératoires, elles sont assez simples et rapides à exécuter.
On peut également travailler avec un film à réseau polychrome; à cet effet, à l'aide de la même tireuse, en munissant chaque image d'un filtre semblable à celui de la, prise de vues, on obtient par projection simultanée des trois images négatives superposées, une image synthétique de couleurs complémentaires à celles du sujet, du fait que, pour citer un czem,ple, les ciels en .supposant qu'ils soient pris par un jour de beau temps, seront noirs dans le monochrome négatif pris au travers du filtre bleu et clairs dans les deux autres, la, résultante sur l'image synthétique sera un jaune composé par les images vertes et oran gées - qui,
n'ayant pas laissé passer de lu mière sur cette partie de l'image, se seront dépouillées au fixage, donc seront trans parentes @à la projection -dans la tireuse. Pour montrer comment se produit la, couleur sur des supports à réseaux colorés, nous résu merons l'explication donnée à ce -sujet dans l'Agende Lumière:
Si l'on dépose à la ,sur- face d'un support transparent sous forme d'une couche unique, mince, un ensemble d'éléments microscopiques transparents et co lorés respectivement en orangé, vert et violet, on peut constater, si les spectres d'absorption dé ces éléments eux-mêmes sont en propor tions relatives convenables, que la couche ainsi obtenue, examinée par transparence ne semble pas colorée, cette couche absorbant seulement une partie de la lumière qu'elle reçoit.
Les rayons lumineux traversant les écrans élémentaires orangé, vert et violet, re constitueront la lumière blanche s2 la somme des surfaces élémentaires, pour chaque couleur et l'intensité -des éléments constitutifs se trou vent établis,dans des proportions relativement lien .déterminées. Cette couche mince trichrome ainsi formée,est ensuite recouverte d'un émul sion sensible panchromatique. Si l'on soumet alors la plaque, ou le film, préparé de la.
sorte à l'action d'une image colorée en pre- naut la précaution ,(le l'exposer par le .côté du support transparent, verre ou celluloid.e, (film), les rayons lumineux traversent les écrans élémentaires et subissent, suivant les écrans qu'ils rencontrent une absorption va riable. On a ainsi réalisé une sélection qui porte sur des éléments microscopiques et qui permet d'obtenir après développement et fixage des images colorées dont les tonalités sont complémentaires de celles .de l'original. Le mécanisme de la genèse des couleurs est extrêmement simple.
C'est par soustraction, par obturation partielle ou totale de tel ou tel grain coloré que la formation des cou leurs les plus diverses peut avoir lieu.<B>Sup-</B> posons .que, par le procédé qui sera indiqué plus loin, nous arrivions à obturer les écrans verts et violets, les grains orangés subsiste ront seuls et la plaque, vue à l'ceil nu, pré sentera une coloration orangée. La suppres sion des grains orangés et violets laissant subsister les grains verts, communique à la plaque une teinte verte. Enfin l'obturation des grains orangés et verts produira une image résultante violette.
Nous venons de voir ce qui se passe lorsqu'on obture deux grains .sur trois.<B>Eu</B> obturant un .seul des trois grains la couleur de la plaque est la résultante de la lumière qui passe au travers des deux autres. Si l'on masque les grains verts, les grains orangés et violets subsistant donneront une résultante rouge. L'obturation des grains orangés lais sant .de gaines violets et verts visibles four nira -du bleu. Et enfin, si l'on obture les grains vioil:ets, la lumière qui passera nu travers. des grains orangés et verts donnera une résultante jaune.<B>Si</B> l'obturation de tel ou tel grain, au lieu d'être totale, comme nous venons de la supposer, est partielle, le résidu coloré pourra prendre les teintes les plus variées.
L'obtu ration des grains, qui donne naissance aux couleurs, s'opère d'une manière très simple et automatiquement, grâce à la préparation sen sible à la lumière qui recouvre les grains.. A cet effet, le support transparent, verre ou film, portant le système d'écrans trichromes pré parés comme il .a été indiqué sont recou verts d'une émulsion photographique à base de chromure d'argent sensible à la. lumière. Ces plaques ou films sont alors prêts à re cevoir l'impression lumineuse.
Cette im pression doit s'effectuer de- manière que les rayons lumineux traversent le dos du sup port transparent et la, mosaïque d'écrans avant d'atteindre la préparation sensible. Sup posons, par exemple, -que la plaque ou le film autoehrome soit frappé en un point donné par de la lumière verte; examinons comment cette lumière verte peut être en registrée par la plaque ou le film.
Les rayons verts frappant la mosaïque trichrome sont arrêtés par les grains orangés et vio lets. Seuls les grains verts sont traversés par ces rayons verts; la préparation sensible photographique qui se trouve derrière ces grains est par conséquent impressionnée par la lumière, tandis qu'elle reste inaltérée sous les grains orangés et violets.
En traitant la plaque ou le film par un développateur, on réduira la préparation dans les parties im- pressioun6es, c'est-à,dire sous les grains verts. Far conséquent, les grains verts se trouveront présentement obturés, et on aura une image formée .des grains orangés et violets, restés inaltérés, c'est-à-dire une image rouge.
Comme l'image qui est projetée sur le film clans la tireuse est, du fait de la couleur des écrans employés à sa projection, une image complémentaire où, comme il a été dit plus . haut, les ciels, à titre d'exemple, sont jaunes, le résultat que l'on désire est ainsi obtenu ipso facto. Les rayons orangés n'étant pas arrêtés, l'émulsion sensible du film sera noir ci.o derrière les grains orangés et non Ira versée par les rayons violets et verts.
Après développement .et fixage, la, couche d'émul sion sera devenue transparente derrière les grains verts et violets, et l'on aura en re gardant la plaque ou le film ainsi impres sionné une teinte bleue, faite de violet et de vert, qui est la teinte bleue légèrement ver- dàtre du ciel, que l'on désirait obtenir.
On pourra également utiliser un film à réseau strié. On entend par cela un film dont une face porte l'émulsion sensible, tau dis que l'autre est bosselée par une infinité de petites lentilles accolées et alignées ré gulièrement au nombre de 1000 1500 par mm 2; -ces lentilles sont obtenues en- faisant passer la pellicule de celluloïd, ramollie par la chaleur, sous une molette qui porte dans son acier le dessin en creux que l'estampage reproduit en relief. Ce film :sensibilisé à la manière ordinaire est placé dans un appa reil de prise de vues comportant un écran formé .de trois plages colorées et coutigties rouge, B, verte, V, et bleu, B (voir fig. ).
Cet écran étant placé -derrière l'objectif de prise de vues L, chaque point P, de l'objet à photographier donnera, donc en traversant ce filtre sélecteur trois pinceaux colorés qui viennent ;se concentrer sur une des lentilles microscopiques du film, celle-ci va. les séparer à nouveau, en .donnant dans le plan de la, couche sensible trois images co@l.orées,et juxta posées du point initial (on voit ces images considérablement grossies en<B>r,</B><I>v,</I><B>b).</B> On développe et l'on fixe :à la manière ordi naire.
Conformément à un procédé déjà connu, on peut tirer de ce négatif un positif par contact; les blancs sont alors transformés en noir, comme dans tout tirage photographique, mais le film obtenu n'a par lui-même au cune couleur. Si ou place ce positif devant la. lentille (objectif) L, et les filtres tri chromes<I>B. V. B.</I> dans l'appareil de prise de vues, qui devient ainsi un appareil de projection, et qu'on éclaire fortement le film par derrière, ou recueille en P une image colorée semblable à, l'original, les rayons lu mineux ayant suivi le chemin inverse de celui<I>Cie</I> la prise, la synthèse s'est faite.
Re- cueillie et concentrée par l'objectif L, la lumière de chaque point P a, traversé le film sélecteur B.<I>V. B.</I> qui l'a divisée en trois pinceaux, dont l'un ne contient que le rouge de la lumière émise par P, l'autre que le vert et le troisième que le bleu après leur convergence, la microlentille les a répartis sur trois plages<I>r. v.<B>b.</B></I> Supposons, pour sim plifier l'explication, que le point initial P soit rouge, ,alors rien ne passera à travers les filtres verts et bleus, c'est-à-dire qu'au dé veloppement photographique, r sera noir et v, <I>b,</I> seront transparents. Cela.
établi et le positif ayant été tiré, mettons celui-ci à. la place qu'occupait précédemment le négatif, en par derrière avec de la, lumière blanche; cette lumière traversera la tache blanche transparente r, tandis qu'elle sera arrêtée par v, <I>b.</I> Suivant un chemin inverse de celui parcouru tout à l'heure, elle donnera. mi pinceau aboutissant sur le verre rouge B, et sur l'objectif L, qui restituera en avant l'image rouge -du point P.
Mais dans la forme d'exécution, décrite ci-après, du procédé selon la. présente inven tion, on part non pas -d'un négatif gaufré, mais du négatif û trois images analysées déjà: décrit. On met ce négatif en lieu et place du point P qui, dans le schéma ci-dessus, re présente l'objet photographié, remplace l'ob jectif L par un objectif triple déjà décrit, chaque objectif élémentaire étant muni d'un filtre semblable à celui de la prise de vues, puis projette à l'aide de la. même tireuse photographique déjà décrite; on obtient alors une image .de synthèse colorée sur ledit film strié. S'uppo:
sons les trois images du négatif disposées, pour la clarté de la démonstration, sur une même ligne ainsi que les trois objectifs, chacune des images mono chromes<I>B. V. B.</I> sera projetée sur le film gaufré sous un angle idfférent; un point rouge par exemple, de l'objet photographié, :era noir dans le négatif correspondant au filtre rouge et clair d'ans ceux correspondant aux filtres V. B.
Ces trois faisceaux lumi neux d'intensité différente ,se concentrent. grâce à l'objectif triple, dont est muni la. tireuse, pour donner l'image de synthèse. Passant au travers des éléments lenticulaires du film gaufré, ils impressionneront la couche sensible plus ou moins en des points infiniment rapprochés. Ce film, une fois dé veloppé, le point noir, qui a servi @de base pour l'explication du processus, ,sera devenu transparent par le -développement et le fixage, l'argent n'ayant pas été réduit par la lu mière,
puisqu'elle ne l'a pas traversé, et @de même pour tous les points du négatif. Lc film ainsi obtenu est donc un film positif; si on le place dans un appareil de projection en munissant l'objectif de celui-ci de filtres colorés correspondant à ceux @de, prise de vues, les rayons lumineux, suivant un trajet inverse -.de celui de la prise, reconstitueront au point P une image de synthèse -de l'objet photographié.
Il est aisé, avec ce dispositif, d'obtenir x copies d'un même négatif, l'opé ration se bornant à faire, comme pour le film à réseau polychrome, .défiler dans la tireuse photographique, d'un côté le négatif à images multiples obtenu avec l'objectif revendiqué, de l'autre le film positif gaufré. L'impres sion obtenue par un simple développement aux bains ordinaires et fixage donne directe ment un positif projettable en couleurs.