Procédé pour la fabrication de fibres textiles artificielles colorées. Parmi les différents procédés employés pour la coloration des fibres textiles artifi cielles, il n'en existe aucun qui permette l'emploi de pigments insolubles dans la subs tance constituant la fibre et dans les sol vants utilisés en teinturerie.
Il en est tout autrement si l'on se propose l'obtention des fibres artificielles colorées en colorant une solution visqueuse de cellulose ou de tout autre produit susceptible d'être filé avant de procéder à l'opération du filage. On peut alors employer des pigments insolu bles.
Cependant, une grande difficulté se dresse lorsqu'on veut effectuer cette opération; c'est la préparation dune solution homogène. dans laquelle les grains colorants soient d'un diamètre moyen de beaucoup inférieur à, celui de la fibre à obtenir. En effet, c'est seulement après avoir surmonté cette diffi culté que l'on peut concevoir la possibilité de filer des brins qui ne se rompent pas plus souvent que dans le filage des solutions vis- gueuses employées habituellement dans la fa. brication des fibres textiles artificielles.
L'objet de la présente invention est un procédé pour la fabrication de fibres textiles artificielles colorées, qui permet de parer à la difficulté soulevée, ce procédé se caracté risant en ce qu'on prépare, au moyen d'un diviseur, une suspension de pigments dans une solution d'un produit susceptible d'être filé, jusqu'à l'obtention -de grains colorants suffisamment petits pour être noyés dans la fibre à obtenir, et qu'on soumet ladite sus pension colorée à une opération de filage.
On arrive ainsi à homogénéiser le mé lange des pigments insolubles ou partielle ment insolubles avec une solution à filer, la division s'obtenant de préférence au moyen d'un moulin à colloïde ou d'un superbroyeur. On conçoit qu'en poussant la division jusqu'à, la grandeur -d'un grain d'un diamètre moyen inférieur à un micron pour une fibre textile artificielle d'un diamètre de l'ordre de grau- deur d'un centième de millimètre, on ob tienne des fibres colorées dans lesquelles les pigments sont noyés complètement et n'al tèrent pas dès lors les propriétés physiques de cette fibre.
En outre, les quantités de pigments em ployées pour la coloration de la fibre peuvent être telles (ordinairement moins de 10 % en poids) que la fibre ne subit, par cette addi tion de substances hétérogènes, pas d'alté ration de ses propriétés physiques.
On conçoit aisément qu'en employant des pigments minéraux, on obtienne par ce pro cédé. des fibres colorées d'une solidité à la lu mière nettement supérieure à celle des fibres colorées par les méthodes habituelles au moyens -de colorants organiques. Mais il est évident que, dans ce procédé, on n'est pas li mité à l'emploi de pigments minéraux, et qu'on peut aussi employer des colorants or ganiques solides à. la lumière, tels que les colorants à cuve, par exemple.
Les exemples suivants illustrent ,le pro cédé suivant l'invention: <I>E</I><B>1</B> xemple <I>1:</I> On prépare un mélange homogène de 10 kg de viscose contenant environ 8 % de cellulose et de 100 gr de sulfure de cadmium en poudre impalpable, dans un superbroyeur, jusqu'à ce que la majorité des grains siaçpen- dus possèdent un diamètre plus petit qu'un micron, puis on soumet la suspension obtenue à une opération de centrifugation jusqu'à, ce qu'elle ne contienne plus, après décantation, que des grains de diamètre inférieur à un micron.
La suspension ainsi obtenue est alors filée et la fibre obtenue traitée comme les fibres ordinaires de soie à la viscose. <I>Exemple 2:</I> On prépare un mélange homogène de 10 kg d'une solution d'acétylcellulose conte nant environ 6 % de cellulose et de 80 gr d'ou tremer en poudre impalpable, dans un super broyeur, jusqu'à ce que la majorité des grains suspendus possèdent un diamètre plus petit qu'un micron, puis on centrifuge la suspen sion obtenue jusqu'à ce qu'elle ne contienne plus, après décantation, que des grains de diamètre inférieur à un micron. La suspen sion obtenue est filée et la fibre obtenue trai tée comme les fibres ordinaires de soie à l'acétate.
Exemple <I>3:</I> On prépare un mélange homogène (le 1.0 hg d'une solution cupriammoniac.ale de cellulose et de 50 gr d'outremer en poudre impalpable dans un superbroyeur, jusqu'à ce que la majorité des grains suspendus pos sèdent un diamètre plus petit qu'un micron. On centrifuge la suspension obtenue jusqu'à ce qu'elle ne contiennne plus, après décanta tion, que des grains de diamètre inférieur à. 1 micron.
Cette suspension est ensuite sou mise aux opérations usuelles pour l'obtention de fibres textiles artificielles selon le pro cédé cupriammoniacal pour la fabrication de la soie artificielle.
Au lieu de l'opération de centrifugation précédant l'opération de filage, on peut aussi soumettre la suspension colorée à un traâe- ment électro-osmotique ou à une action de sédimentation jusqu'à la séparation complète des grains de diamètre moyen supérieur à, un micron avant de la passer à l'opération de fi lage.
Il est évident que ce procédé peut aussi trouver son application dans la préparaTion des fibres textiles à base d'éthers cellulosi ques.