Procédé pour l'exécution d'impressions en demi-teintes présentant des zones chacune d'nne teinte uniforme, les teintes des zones successives variant par degrés. Cette invention a trait à, un procédé d'exé cution d'impressions en demi-teintes, .c'est-à- dire présentant des zones chacune d'une teinte uniforme, les teintes .des zones successives variant par degrés.
Selon ce procédé, on éta blit au moins un cliché d'impression propre à imprimer en demi-teintes en partant d'un dessin ne présentant pas ces demi-teintes, l'établissement de ce cliché comportant la pré pa.ra.tion photographique d'une image avec demi-teintes, en photographiant successive ment ce dessin à plusieurs reprises sur une même surface sensible en modifiant d'une ex position à l'autre l'étendue de la surface du dessin propre à produire l'impression, de fa çon à provoquer des variations dans le degré d'inapressionnement des divers points de la dite surface sensible, selon les altérations successives.
Ce procédé peut servir, par exemple, à la production de cartes à teintes hypsométri ques dans lesquelles le relief est indiqué par des lignes de contour. Jusqu'à ce jour, des teintes hypsométri ques ont été obtenues sur des cartes par d." impressions successives effectuées avec diff.',- rentes planches en couleurs. Les teintes qui sont recommandées pour la carte du monde exigeraient six planches en couleurs pour la terre et deux ou plus de deux planches pour l'eau, en plus des trois planches de lia@(@ noire, rouge et bleue pour les détails des cul tures.
Certaines de ces teintes sont préféra- blement imprimées à la fois à l'aide d'uni planche légère et d'une planche lourde. d'où il résulte qu'il peut être nécessaire d'appli quer jusqu'à 19 tirages pour imprimer unu feuille unique. Il en résulte que le procédé est lent et coûteux et que les risques d'abîmer le travail sont nombreux, surtout en ce qui con cerne le risque de cadrage imparfait des nom breuses impressions successives.
La présente invention permet d'éviter un aussi grand nombre d'impressions.
Le procédé peut être exécuté, par exem ple, de la façon suivante: On prépare d'abord le dessin .original à l'aide duquel les teintes désirées doivent être. élaborées. De préférence, cet original lui même n'est. pas modifié, mais le travail d'al térations successives du dessin peut être ef fectué sur un positif ou négatif photographi que sur verre ou autre matière, établi - di rectement ou indirectement. - à l'aide de l'o riginal, par un tirage par contact ou dans un appareil photographique.
Ce positif ou négatif est alors employé comme "copie" ou feuille de travail secon daire à l'aide de laquelle la planche d'impres sion finale est établie. Pour établir ainsi la planche d'impression, on superpose une sé rie d'expositions incomplètes de la feuille de travail secondaire sur une surface sensibili sée et l'on modifie la surface de la feuille de travail secondaire après chaque exposition. de façon à obtenir finalement l'effet désiré lorsque l'exposition finale a été effectuée.
On effectue une première exposition faible avant de modifier la surface de la carte, ce qui laisse une image latente développable faible sur la surface sensibilisée. Puis on ap porte une première modification au dessin; soit en peignant en noir une zone, dans le cas d'une copie positive, soit en enlevant une sur face noire, dans le cas d'un négatif. On ex pose à. nouveau.
Dans le cas de l'emploi d'un positif que l'on noircit, la seconde exposition de la surface sensibilisée a pour effet que, aux endroits où la surface de la feuille de travail- est noire, la même image latente sub siste, tandis que les surfaces non noircies in changées augmentent l'image latente faible, d'où il résulte que les parties de la surface sensibilisé-3 qui ont reçu deux fois l'impres sion de la surface non noircie ont une image latente d'intensité augmentée. Une autre zone entre deux contours est alors modifiée, par nouveau noircissement, et par une nouvelle exposition incomplète la surface sensibilisée reçoit l'impression de la carte, ce qui aug mente encore l'image latente dans les parties non noircies.
L'opération est ainsi répétée jusqu'à ce que les nuances de la carte soient complètes dans l'image latente de la surface sensibilisée. L'image est alors développée de la -manière usuelle. A l'aide de cette image. qui représente les teintes graduées en i, leur: positives, on établit la planche d'impression de toute manière désirée ou usuelle pour im primer en ,demi-teinte" avec de l'encre d'im pression.
On comprend sans autre comment les tein tes successives désirées peuvent. aussi être ob tenues en enlevant successivement les zones d'un négatif constituant la copie avec des expositions incomplètes intermédiaires pour établir successivement une image latente .des parties non enlevées, cette image augmen tant avec le nombre d'expositions incomplè tes.
Ci-après sont décrits plus en détail di vers exemples de mise en #uvre du procédé. pour l'exécution de cartes géographiques.
Exemple <I>1:</I> On établit à, l'aide d'un dessin original préparé par le dessinateur et qui ne présente pas de demi-teintes, mais simplement des li gnes de délimitation des zones hypsométri ques et des lignes correspondant aux fleuves. frontières, etc., un négatif qui constituera le point de départ pour la planche de demi- teintes et un autre négatif identique qui cons tituera le point de départ pour la planche du dessin au trait. L'un et l'autre de ces négatifs sont établis, comme d'ordinaire par photogra phie, avec l'image inversée, c'est-à-dire avec une image qui est la réflexion de l'originale, de sorte que ce qui était à gauche devient à droite et inversement.
A l'aide du négatif servant à établir la planche de teintes graduées, on établit un po sitif sur verre par une impression par con tact. Ce positif est une image ou reproduction exacte non inversée de l'original.
A l'aide de ce positif, qui sert de copie secondaire ou "feuille de travail", on établit une série d'expositions incomplètes par une impression par contact sur la surface sensi bilisée d'une plaque de verre blanc opalin. La première de ces expositions incomplètes pro duit une image latente qui apparaîtra f inale- ment sous forme de la teinte hypsométrique la plus claire sur la ,carte finie.
On noircit alors la zone de la copie positive secondaire qui doit apparaître sous forme de la plus claire des teintes hypsométriques, et l'on éta blit une seconde exposition incomplète sur la plaque de verre opalin de sorte que toutes .les parties de l'image sur le verre à l'exception de celles correspondant à la partie noircie de la copie secondaire, reçoivent une impression supplémentaire qui donne naissance _ à une image latente représentant la seconde teinte claire, .c'est-à-dire celle qui vient directement après la plus .claire des teintes hypsométri ques. De cette façon, l'image latente qui se trouve sur la plaque de verre opalin repré sente maintenant les deux plus claires des teintes hypsométriques successives.
On noircit alors la zone de la copie posi tive secondaire qui doit apparaître sous forme de la seconde des plus claires des teintes hypsométriques, de sorte que les zones qui ap paraissent finalement dans la carte finie sous forme des ,deux teintes hypsométriques les plus claires sont maintenant noires. On éta blit alors une troisième exposition incomplète sur .la plaque de verre opalin de façon que, à l'exception de la partie représentant les zones noircies de la copie secondaire, la sur face reçoit maintenant une addition à son image latente jusqu'à ce que les parties repré sentant la zone non noircie portent une image latente représentant la troisième teinte hypso métrique.
De cette façon, l'image la tente de la plaque de verre opalin représente maintenant .les trois plus claires des teintes hypsométriques successives.
Le noircissement des zones successives et l'impression des images incomplètes sont alors continués jusqu'à ce que toutes, les teintes dé sirées aient été représentées dans l'image la tente. On développe alors l'image et on la fixe sur la plaque -de verre opalin.
L'épreuve de cette plaque donne une image inversée dans laquelle les lignes noi res conventionnelles de la carte finie se pré sentent sous forme de lignes blanches sur le fond teinté, de sorte que lorsqu'on établit l'impression de la planche au trait sur l'é preuve, il ne se produit aucun défaut de ca drage ou de repérage entre les lignes et les zones teintées. Il y a ,lieu de remarquer que les sommets des collines peuvent être clairs et les vallées foncées, au lieu de faire l'in verse comme on le fait actuellement. De cette façon, on n'a pas des vallées sombres mas quant les détails des lignes de culture.
A l'aide de cette épreuve teintée, on éta blit, avec une chambre noire à trame comme on en emploie ordinairement pour la simili gravure, un négatif des teintes requises. qui sera un négatif non inversé. A l'aide de ce négatif, on établit par une impression par con tact le cliché positif "en demi-teinte" à l'aide duquel les nuances sont imprimées à l'aide d'une presse à imprimer sur les épreuves de la carte.
Dans ce procédé particulier, pour impri mer les lignes -de la carte, on retourne, c'est- à-dire détache inverse et remonte sur support la pellicule du négatif inversé préparé comme point de départ pour la planche d'im pression au trait, puis, à l'aide de ce négatif. on étasblit de toute manière usuelle ou dési rée, par exemple par une impression par con tact, la planche d'impression au trait posi tive à l'aide de laquelle les lignes noires ou autres lignes conventionnelles de la carte sont imprimées à l'aide d'une presse à imprimer.
L'épreuve finie présente les teintes sous forme de nuances "en demi-teinte" avec les lignes imprimées dans les zones laissées vi des dans l'impression des teintes graduées. Usuellement, sur un des côtés ou extrémité, la carte comporte une échelle des teintes im primées avec des valeurs numériques adja centes.
Exemple <I>2:</I> On établit deux négatifs inversés identi ques, l'un comme point de départ pour la planche à teintes graduées, l'autre comme point de départ pour la planche d'impression des lignes.
Le négatif dont on obtient finalement les teintes hypsométriques est alors employa comme "copie secondaire" ou feuille de tra- vail. A l'aide de ce négatif, on établit une sé rie d'expositions incomplètes sur une surface transparente sensibilisée, disposée derrière une trame, dans une chambre noire de simili gravure ordinaire, les zones de la copie secon daire étant successivement enlevées à mesure que les expositions se succèdent.
Un appareil permettant de réaliser ce pro cédé est représenté, à titre d'exemple, dans le dessin ci-annexé.
La chambre noire de similigravure 1. munie d'un obturateur 2, d'un objectif 3, d'un diaphragme variable 4, d'un souffet 5 et d'une trame 6 est montée fermement sur la plaque de base usuelle 7 -et de façon à pouvoir être mise au point. Derrière la trame 6 se trouve la plaque sensible 8 qui doit consti tuer un négatif "en demi-teinte". On met l'ap pareil au point sur la "copie secondaire" 9, qui est montée dans un châssis pivotant 10 soigneusement établi pour être relevé d'une façon répétée à la position de mise au point et pour être maintenu exactement dans cette position par un dispositif de verrouillage 11.
Avant d'effectuer les expositions, on en lève de la feuille de travail les parties de l'image qui doivent être blanches sur la carte finale, c'est-à-dire qu'on détache l'émulsion d'argent desdites parties. On établit ensuite une exposition incomplète, avec un fond blanc ou éclairé derrière la copie secondaire, pour constituer une image latente. Cette image doit devenir le noir de l'image sur le cliché disposé dans l'appareil - photographique.
Après la première exposition incomplète on rabat la copie secondaire ou feuille de travail 9 disposée dans son châssis 10, de fa çon qu'elle vienne reposer sur la plaque de base 7. L'opérateur détache alors les parties de l'image -de la copie secondaire qui doivent apparaître sous forme de la teinte la plus claire sur la carte finie. On relève alors la copie secondaire, et l'on effectue une seconde exposition incomplète, suffisante pour établir sur le cliché que renferme la chambre noire une nouvelle image latente de la zone qui doit représenter la nuance venant directement après la plus foncée et pour augmenter la première image latente.
On rabat alors de nouveau la copie secondaire, on détache les parties de l'image de cette copie qui doivent apparaître dans la teinte venant après la teinte la plus claire de la carte finie. On re lève la copie secondaire et l'on effectue une troisième exposition incomplète pour impri mer sur le cliché une nouvelle image latente de la zone qui doit indiquer la nuance venant directement après les deux plus foncées et pour augmenter les images latentes précé dentes.
Le procédé est continué jusqu'à ce que l'opérateur soit prêt à détacher la dernière partie du dépôt d'argent de la copie secon daire. L'exposition -de cette copie termine la dernière teinte hypsométrique. On développe alors le cliché, ce qui donne un négatif "en demi-teinte". A l'aide de ce négatif, on éta blit la planche d'impression positive "en demi-teinte" usuelle .et, à l'aide de cette plan che, on imprime les nuances graduées de la carte.
La planche servant à imprimer les lignes du dessin est établie à l'aide -du second néga tif identique susmentionné exactement de la même façon que dans l'exemple précédent et est utilisée pour l'impression de la même ma nière. <I>Exemple 3:</I> Dans cet exemple, on photographie la "co- pie" reçue du dessinateur et l'on retourne le négatif inversé résultant, de sorte qu'il est maintenant non inversé.
A l'aide de ce négatif retourné, on 6ta- blit une épreuve faible ou "bleu" inversé sur du verre blanc opalin pour servir de feuille de travail ou copie secondaire, de sorte que les lignes sont juste assez visibles pour per mettre à l'opérateur de suivre les lignes de contour en vue du noircissement des zones, comme il ressortira de ce qui suit.
On noircit alors la copie secondaire ou feuille de travail à l'endroit des zones qui doivent apparaître en noir ou constituer la teinte la plus foncée de la carte finie. A l'aide de cette copie secondaire, on établit alors une exposition incomplète à travers la trame de similigravure sur une plaque sen sible disposée dans la chambre noire. L'opé rateur noircit alors la zone qui doit être lia seconde des deux nuances à partir de la plus foncée de l'épreuve finie, puis effectue une nouvelle exposition incomplète sur le cliché que renferme l'appareil.
L'opérateur noircit alors la zone qui doit être la troisième des teintes de l'épreuve fi nie, effectue une exposition incomplète de la copie et continue les opérations jusqu'à ce que toutes les zones, sauf la dernière, soient noircies. Après avoir effectué toutes les ex positions, on développe la plaque sensible, ce qui donne, comme dans le deuxième procédé, un négatif "en d.emi-teinte" des nuances re quises.
A l'aide de ce négatif développé et fixé, on prépare de la manière usuelle la planche d'impression "en demi-teinte" pour imprimer les teintes graduées.
La planche pour l'impression des lignes sur la carte est établie directement à l'aide du même négatif retourné que celui qui avait été employé pour l'impression de la copie se condaire à lignes faibles.
Il s'ensuit que la planche d'impression des demi-teintes, et la planche d'impression des lignes coïncideront exactement puisque toutes deux ont été établies à l'aide du même négatif retourné.
Exemple l: On se sert de deux ou plus de .deux "bleus" inversés identiques obtenus du des sin original par reproduction par contact .sur des plaques de verre blanc opalin. Un de ces "bleus" est employé comme copie secondaire pour la planche "en demi-teinte". On noircit d'abord sur cette copie secondaire la zone qui doit apparaître finalement en noir sur la carte finie, on établit ensuite une exposition incomplète de la copie partiellement noiicie sur une plaque sensible disposée dans la chambre noire derrière la trame. L'opérateur noircit alors la zone de la copie secondaire qui doit constituer sur la carte la seconde des teintes les plus foncées, puis effectue une exposition incomplète.
Cette opération est sui vie d'expositions incomplètes successives jus qu'à ce due la zone finale qui doit apparaître en blanc ait été imprimée sur la. plaque sous forme d'une image latente par une exposition incomplète. Après développement et fixation du cliché, on obtient un négatif "en demi- teinte" non inversé qui est employé de la manière usuelle pour préparer la planche po sitive pour l'impression des demi-teintes.
L'autre "bleu" inversé constituant la copie secondaire destinée à la planche d'im pression des lignes donne sur un fond bleu les lignes blanches -de la copie originale. Un des- sinateur "repasse" les lignes blanches en noir à l'aide d'une .encre imperméable, puis, si né cessaire, on blanchit le .,bleu". A l'aide de cette copie, on établit la planche d'impres sion des lignes.
On remarquera que le procédé qui vient d'être décrit permet d'obtenir des lignes de guidage pour effectuer à la fois la production des teintes hypsométriques et la production des lignes de la planche d'impression des li gnes, mais que les lignes des "bleus" n'appa raîtront ordinairement pas sur les planche préparées à l'aide de ces "bleus".
Le négatif "en demi-teinte" non inversé peut être employé pour préparer autant<B>[le</B> planches d'impression positives en demi- teinte que cela est nécessaire pour imprimer les diverses couleurs désirées sur l'épreuve.
Ces planches peuvent être employées, par exemple, pour imprimer sur une carte des couleurs indiquant différentes cultures (fo rêts, terrains cultivés, etc.) en différente, couleurs, mais en teintes hypsométrique exactement correspondantes. Pour établir uw, planche destinée à n'imprimer qu'une partie de l'épreuve dans une couleur -donnée, on peut. découper la zone de la planche d'impression qui ne doit pas imprimer et découper la plan che .qui imprime une autre couleur -à l'en droit où la première planche imprime, et ainsi de suite pour plusieurs planches.
Les planches d'impression des lignes peuvent être découpées d'une façon analogue pour impri mer toutes zones désirées en toutes couleurs ,choisies.
Dans,ce quatrième exemple de production de planches d'impression de demi-teintes et de lignes, le négatif n'est. pas retourné, de sorte qu'on évite toute distorsion pouvant résulter de cette opération et que les reproductions peuvent être absolument exactes.
Il y a lieu de se rappeler que l'image la tente formée n'est pas .directement proportion nelle au temps d'exposition ou à la quantité de lumière tombant sur une surface sensibi lisée. Par conséquent, pour établir des varia tions uniformes d'une zone à l'autre à l'aide de toute émulsion donnée, il faudra modifier le temps d'exposition, le diaphragme ou les -deux selon les caractéristiques de l'émulsion et la durée du développement. De plus, les émulsions peuvent être portées par tout sup port convenable.
On a mentionné le verre parce que ,c'est usuellement la matière de sup port la plus satisfaisante en raison .du fait que cette matière ne gonfle pas et ne subit aucun retrait, mais on pourrait se servir de positifs sur le papier ou de négatifs sur cel luloïd pour des travaux approximatifs.