Coussinet pour pivot cylindrique de mouvement d'horloberie. En horlogerie, la difficulté n'est pas d'obtenir une régularité .dans la marche d'une montre neuve, mais bien d'assurer cette ré gularité lorsque la pièce a un certain temps de service: cette régularité dépendant de l'é tat de lubrification des mobiles et sachant. que l'huile se modifiera et s'éliminera d'au tant plus vite par dessication qu'elle est en plus petite quantité, il est de toute impor tance de posséder un moyen permettant de mettre et -de maintenir de l'huile en suffi sance aux tourillons -des mobiles.
Depuis les débuts de l'horlogerie, la face des coussinets, en regard de la portée des pi vots cylindriques, n'a subi aucun change ment de forme.
Que ces coussinets soient rapportés ou non, dans la platine ou dans les ponts, qu'ils soient en métal ou en pierres dures, la face en question s'est toujours faite plate ou lé gèrement convexe. Les coussinets exécutés avec face bombée, pour former l'angle capil laire avec la portée des tourillons, ne s'utili- sent, vu leur prix, que clans les mouvements soignés.
Quoique cette dernière forme ait été Jus qu'à présent considérée comme la meilleure pour maintenir l'huile aux surfaces en con tact, elle ne donne pourtant satisfaction qu'a vec des mobiles dont les tiges permettent d'obtenir une portée avec rabattue assez grande pour former, avec le bombé du coussi net, un angle aigu suffisant pour retenir l'huile. Même dans le cas le plus favorable, la quantité d'huile qui peut être mise à de tels coussinets ne peut être que faible sinon la disparition par épanchement sera rapide.
Les derniers mobiles d'une montre et par ticulièrement ceux d'une petite pièce ronde ou "de forme" ont des tiges excessivement peti tes, 20/100 de mm de diamètre et en dessous, avec des pivots de 8 à 10/100 mm, de sorte qu'il ne reste à partager que 6/100 au plus pour la portée et la rabattue. Le bombé du coussinet, dans de tels cas, n'a plus aucun ef fet, et l'huile ne peut être mise qu'en quan tité infiniment petite, sinon elle s'étale rapi- dement le long de la tige.
C'est pour cela, c'est-à-dire parce que l'huile est mise en trop petite quantité, dans les pièces plates et les petites pièces, que ces montres ne peuvent donner longtemps satisfaction, et qu'il est né cessaire de les nettoyer à intervalles rappro chés, pour manque de lubrifiant, ou pare que l'huile est devenue gluante.
La présente invention résoud le problème de la lubrification durable et a pôuï objet un coussinet pour pivot cylindrique de mou vement d'horlogerie, rapporté ou non, en pierre dure ou en métal, et qui est caracté risé en ce qu'il comporte, à l'opposé de l'hui lier, une noyure dans laquelle pénètre la tige du mobile qui peut s'y appuyer par sa por tée, et qui forme réservoir en ayant. pour but de retenir l'huile et de l'empêcher de se ré pandre sur la face du coussinet ou le long du mobile en contrebalançant l'huilier réservoir habituel. Cette noyure peut avoir toute forme susceptible de retenir l'huile.
Sa grandeur et sa profondeur dépendront de la place dispo nible et du diamètre de la tige du mobile surtout.
En posant l'huile comme d'habitude, il a été en effet trouvé qu'on arrive à remplir la noyure prévue, si celle-ci est bien proportion née au tigeron du tourillon, dans laquelle elle adhère et s'y accroche contre la paroi exté rieure, et que l'huile contenue dans cette noyure fait apparemment équilibre à celle qu'on ajoute ensuite dans l'huilier.
Si, en vue de pouvoir augmenter la quan tité d'huile, on augmentait le diamètre de la noyure du coussinet, il faudrait prendre la précaution, lors du remontage, d'huiler le fond de la noyure pour que l'huile, mise au dernier moment dans l'huilier, puisse at teindre facilement l'extérieur de la noyure et la remplir, sinon les choses se passeraient comme avec un coussinet habituel.
A part l'immense avantage de solutionner d'une façon heureuse la question du main tient d'une quantité suffisante d'huile aux mobiles des petites pièces spécialement, une noyure selon l'invention appliquée aux cous- sinets du pignon moyen et de la tige d'ancre empêche l'huile de se répandre trop facile ment sur l'ancre et dans les ailes du pignon moyen. On sait en effet que cet étalement est très fréquent parce que l'ancre est toujours très près du pont, ce qui peut produire une diminution des amplitudes du balancier.
C'est pour la même raison, c'est-à-dire parce -que la face des ailes -du pignon moyen est à proximité du coussinet du pont que l'huile coule dans ces ailes d'où elle peut être transportée par la roue de centre au spiral dont les spires alors se collent; une telle mon tre avance de plusieurs heures par jour et doit être portée à l'horloger, pour ce petit dé faut.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, quelques formes d'exécution -du coussinet selon l'invention. La fig. 1 montre en coupe axiale deux coussinets dans lesquels est tourillonné un mobile d.e mouvement de montre; Les fig. 2 et 8 sont des vues analogues pour des coussinets différents des premiers; Les fig. 4, 5, 6, 7, 8 et 9 .sont des vues de coussinets :détachés; La fig. 10 montre üne pierre seule.
Dans toutes les figures, les parties analo- g-aes sont désignées par les mêmes lettres. En se référant à la fig. 1, a désigne une pierre sertie dans un pont b. Dans la face supérieure de -cette pierre est creusé l'huilier c dans le fond duquel débouche le trou d du pivot ou tourillon e. La portée f et la rabat tue g du mobile pénètrent toutes .deux dans une noyure h à fond plat et pourtour arrondi, pratiquée depuis la face inférieure de la pierre, c'est-à-dire à l'opposé de l'huilier.
L'huile occupe à peu près la position qui est indiquée au dessin. Par le jeu existant entre le pivot e et le trou d, il y a communication entre l'huilier et la noyure et il s'établit de chaque bout du trou un équilibre des masses d'huile qui les maintient en place et empê che l'étalement du lubrifiant le long -de l'axe du mobile, respectivement dans les ailes de ce dernier. Le bouchon en métal a du coussinet infé rieur dudit mobile, qui pourrait aussi être exécuté dans la matière même de la platine est agencé -de manière analogue avec cette .dif férence que la creusure ou noyure h a en sec tion selon un diamètre, une forme un. peu différente de la première.
Elle est réhaussée en son milieu.. Ici également, la creusure est sensiblement plus grande que la tige,du mo bile et sa profondeur oblige à allonger d'au tant l'entre-portées de celui-ci, ce qui est une conséquence de ces nouveaux coussinets. C'est pour cette raison que le tigeron supé rieur de ce mobile est allongé, comme aussi celui de la fig. 3 (comparer avec l'arbre en pointillé), et que l'avantage précité est ob tenu.
Les pierres montrées en fig. 2, une goutte et une glace pour pignon d'échappement 8J/4 lignes sont serties mécaniquement dans des chatons k forcés eux-mêmes dans le pont respectivement platine b. Les noyures h sont également en forme d'écuelles et les condi tions de fonctionnement sont les mêmes qu'en fig. 1.
Il en est de même des chatons pour tige d'ancre représentés en fig. 3. Les fig. 4, 5, 6 et î donnent différentes formes de coussi nets métalliques dans lesquels il a été pra tiqué, à l'opposé de l'huilier c, une noyure h qui, dans la fig. 4, a la forme d'une écuelle à angle vif et dans la fig. 5 d'une dite à coin arrondi. Dans la fi-. 6, l'écuelle -est à coin vif, mais son fond plat possède une rainure <I>l</I> et dans la fig. 7, la section de la no5nire <I>h</I> est réhaussée en son milieu.
Au lieu d'être plat, le fond -de la noyure pourrait être bombé ou légèrement conique. L'extérieur de la noyure peut être aussi cylindrique ou en queue d'aronde avec arête vive de congé à la jonction -du fond.
Dans les formes d'exécution des fig. 8 et 9, la creusure du palier n'est prise ni dans la pierre, ni -dans. le bouchon. En fig. 8, 1a pierre a est fixée en -contre-bas dans le cha ton k, -de telle façon .qu'on puisse forcer ou gommer, par exemple, du côté opposé à l'hui lier c une bague métallique m dans un empla- cement correspondant du chaton. L'orifice de cette bague forme avec la face inférieure de la pierre la creusure h pour le maintien de l'huile.
Dans la forme d'exécution selon la fig. 9, la pierre a, maintenue dans le chaton <I>k</I> par sertissage, repose sur un épaulement<I>n</I> du chaton. Le vide limité par les parois de cet épaulement forme avec le plat de la face inférieure de la pierre une noyure h légère ment évasée, à coin vif pour retenir l'huile.
Dans ces deux derniers cas, l'application -d'un ciment entre la pierre et le bouchon peut être prévue pour que l'huile ne puisse s'#- chapper de la noyure.
La fig. 10 montre une pierre dans la quelle la creusure h, a la forme d'une calotte de sphère creuse.
Dans la majorité des coussinets représen tés, la noyure est évasée vers le dehors. Elle peut cependant avoir la forme contraire et être de plus grand diamètre en son fond qu'à son ouverture.