On connaît déjà des montres comprenant deux aiguilles des heures faisant un tour en 12 h et indiquant la première le temps dans un fuseau horaire choisi par le porteur de la montre et la seconde le temps dans le fuseau horaire dans lequel le porteur de la montre se trouve effectivement. Des montres de ce genre comprennent en général des moyens pour corriger la position de la seconde aiguille des heures par rapport à la première, sans modifier la position de l'aiguille des minutes ni la position de la première aiguille des heures, et des moyens pour corriger simulta nément la position de la première aiguille des heures ainsi que celle de l'aiguille des minutes et des secondes.
On appelle d'une façon générale une montre qui possède deux aiguilles des heures une montre universelle. A côté des aiguilles usuelles des heures, des minutes et des secondes, ces montres comprennent une aiguille faisant un tour en 24 h. Elles sont destinées par exemple aux pilotes. La seconde aiguille des heures indique le temps de Greenwich sur 24 h. L'utilisation d'une montre ayant une aiguille des heures donnant l'heure sur 24 h exige une certaine habitude et un certain entraînement. La lecture d'une aiguille indiquant les heures sur 12 h et d'une aiguille indiquant les heures sur 24 h n'est pas facile. D'autre part, l'indi cation de l'heure sur 24 h n'est pas habituelle et n'est pas néces saire pour le commun des mortels.
Le besoin d'une montre indi quant simultanément l'heure du fuseau horaire dans lequel le porteur se trouve et l'heure du lieu où le porteur séjourne habi tuellement devient de plus en plus grand.
La présente invention a pour objet une montre-calendrier comprenant un organe indicateur de la date, deux organes indica teurs de l'heure accouplés l'un à l'autre par un dispositif d'accouplement glissant, et un mécanisme de commande qui comprend une tige à trois fonctions, capable d'entraîner, soit le second organe indicateur de l'heure seul, soit les deux organes indicateurs de l'heure, soit le dispositif indicateur de la date, montre dans laquelle lesdits organes indicateurs de l'heure sont montés chacun sur une roue des heures, lesdites roues étant assemblées coaxialement l'une à l'autre de manière à tourner ensemble dans les conditions de fonctionnement normales,
tandis que l'une des roues peut à volonté être entraînée pas à pas par rapport à l'autre.
Les brevets CH N 507544 et N 513446 décrivent, par exemple, des dispositifs de commande de montres universelles qui peuvent être manaeuvrés par la couronne de remontoir usuelle et qui permettent de décaler l'aiguille des heures auxiliaire par rapport à l'aiguille principale par exemple lorsque le porteur de la montre se déplace entre deux régions situées dans des fuseaux horaires différents.
Bien entendu, des montres à deux aiguilles des heures doivent également pouvoir être réalisées sous forme de montre-calendrier. 11 était donc nécessaire de prévoir un mécanisme de commande aussi simple que possible permettant, d'une part, de corriger une indication de quantième apparaissant dans un guichet du cadran de la montre et, d'autre part, la position d'une aiguille des heures auxiliaire ajustable par rapport à celle qui est entraînée directe ment par le mouvement.
La demande de brevet CH N 17548/67 décrivait une montre- calendrier à date et jour de la semaine comportant un mécanisme de correction dont la couronne actionne, lorsque la tige est en position de correction, un anneau de quantième lorsqu'on la tourne dans un sens et une étoile des jours de la semaine lorsqu'on la tourne dans l'autre sens.
Le but de la présente invention est de réaliser une montre- calendrier du genre mentionné plus haut, c'est-à-dire comportant une indication de l'heure universelle, dont le mécanisme de com mande soit aussi compact et simple que possible.
Dans ce but, la montre selon l'invention est caractérisée en ce que le mécanisme de commande est agencé de manière que, dans une position moyenne de la tige, une rotation de cette dernière dans un sens actionne l'organe indicateur de la date, et une rota- tion dans l'autre sens entraîne te second organe indicateur de l'heure par rapport au premier, tandis que, pour une position extérieure de la tige, une rotation de cette dernière entraîne les deux organes indicateurs de l'heure simultanément, la position intérieure de la tige étant la position normale.
Grâce à cette disposition, on obtient les avantages suivants: le mécanisme de commande comporte des pièces de conception usuelle qui sont déjà utilisées dans d'autres montres-calendriers, de sorte que le prix de revient de la fabrication de ces montres spéciales est fortement abaissé du fait de la standardisation pous sée que l'on peut appliquer.
<B>II</B> peut arriver que l'indication du calendrier doive être modi fiée en même temps que celle de l'heure lorsque le porteur passe d'un fuseau horaire au fuseau voisin. Dans ce cas, la disposition qui assure la correction du calendrier lorsqu'on tourne la cou ronne dans un sens et le déplacement de l'aiguille des heures auxiliaires lorsqu'on tourne la couronne dans l'autre sens est particulièrement simple et pratique puisque l'ensemble de la correction s'effectue après avoir ramené la couronne dans sa position intermédiaire.
Le mécanisme de commande remplit toutes les fonctions requises avec trois positions axiales de la tige seulement, ce qui est particulièrement avantageux.
Ainsi la montre selon l'invention convient aux personnes qui voyagent entre des régions appartenant à des fuseaux horaires différents.
D'autres avantages et particularités de la présente invention apparaîtront dans la description qui suit d'une forme d'exécution de l'objet de l'invention, donnée à titre d'exemple et représentée au dessin annexé.
La fig. 1 est une vue en plan partielle montrant une forme d'exécution du mouvement de la montre selon l'invention; la fig. 2 est une vue en coupe d'une première variante du mécanisme d'accouplement glissant de la montre; la fig. 3 est une vue en plan selon la ligne<B>111-11I</B> de la fig. 2, la première aiguille des heures étant enlevée, et la fig. 4 est une vue en coupe montrant une autre variante de l'accouplement glissant.
La fig. I montre une vue en plan partielle d'une forme d'exé cution de la montre selon l'invention. Une construction de ce genre a déjà été décrite dans le cadre d'un dispositif correcteur pour montre-calendrier indiquant le quantième et le jour de la semaine mais, dans la forme d'exécution qui va être décrite, ce dispositif remplit d'autres fonctions.
Le mécanisme de commande du mouvement de montre repré senté à la fig. 1 comporte une tige 21 disposée radialement. Sur cette tige, sont engagés un pignon de remontoir 22 qui tourne librement par rapport à la tige et un pignon coulant 23. Ce der nier peut engrener avec un renvoi de mise à l'heure 24 tournant autour d'un axe fixe, axe autour duquel pivote une bascule 25 qui porte un renvoi intermédiaire 26 en prise avec le renvoi 24. Un levier 18 pivotant autour d'un tenon 27 porte un mobile correc teur 16 qui est entraîné en rotation par le renvoi 26 lorsque les pièces se trouvent dans la position de la fig. 1.
On voit également au dessin la tirette 28, une bascule auxi liaire 29 sollicitée par un ressort 30 et un renvoi auxiliaire 31 qui est en prise avec la roue de minuterie<B>11.</B> Les mobiles coaxiaux 5 et 3 sont deux roues des heures dont la première (5) est en prise avec le pignon du mobile de minuterie (I tandis que la seconde (3) engrène dans un renvoi de transmission 12. On notera que la bascule de pignon coulant n'est pas représentée au dessin tandis que la bascule 25 est sollicitée par un ressort 31 dont la disposition n'est représentée que schématiquement.
Le mécanisme de commande représenté à la fig. 1 est un mécanisme à trois positions de la tige 21 : une position de remon tage qui est celle représentée au dessin, une position de correction ou position intermédiaire obtenue en tirant une fois sur la cou ronne et une position de mise à l'heure obtenue en tirant une seconde fois sur la couronne. Dans les deux positions extérieures, le pignon coulant est en prise avec le renvoi 24.
Lors du passage de la position de remontage à la position de correction, la bas cule 25 et le levier 18 ne changent pas de place. En revanche, lorsque l'on passe à la position de mise à l'heure, le renvoi inter médiaire 26 vient en prise avec le renvoi auxiliaire 31.
On voit encore à la fig. 1 un anneau de quantième 17 qui est porté par la platine au-dessus du mécanisme décrit.
On décrira maintenant plus en détail, en se référant aux fig. 2, 3 et 4, deux variantes de l'agencement des roues des heures.
A la fig. 2, on voit le canon 1 de la première roue des heures 5, la première aiguille des heures 7, la seconde aiguille des heures 6, la seconde roue des heures 3.
La chaussée 10 et la roue de minuterie 11 coopèrent avec le train de minuterie comme dans une montre normale. L'entraîne ment à partir d'une source de puissance, de même que le lanter- nage de la chaussée sont réalisés comme de coutume. Cependant, les dispositifs qui vont être décrits peuvent être combinés avec n'importe quelle source de puissance et n'importe quel type de rouage.
Le canon 1, les roues 5 et 3 et un ressort sautoir 4 constituent un accouplement glissant pas à pas. Le canon 1 présente douze dents 2 représentées à la fig. 2 et dont la forme permet l'ajustage par pas. Cependant, d'autres formes peuvent aussi être utilisées. Les douze dents servent à corriger la seconde aiguille des heures 6 pas à pas par rapport à la première. En variante, le canon 1 peut aussi présenter vingt-quatre dents. Dans ce cas, la seconde aiguille des heures peut être déplacée par pas de 30 mn par rapport à la première.
Le ressort sautoir 4 est fixé à la seconde roue des heures 3 et s'engage dans les dents 2 de la première. La forme du sautoir 4 est une question de choix et d'autres formes que celle représentée au dessin peuvent aussi être envisagées.
La seconde roue des heures 3 à laquelle le ressort 4 est fixé est guidée par la face externe du canon 1. Elle est ajustée sur ce canon. Le canon 3a de la seconde roue et la roue 5 sont liés dans le sens axial avec un ébat convenable.
L'accouplement glissant est guidé par le canon support de la chaussée 10 et monté rotativement sur cette pièce. La première aiguille 7 est fixée au sommet du canon I tandis que la seconde 6 est fixée sur le sommet de la roue 3. La première roue des heures 5 engrène avec le pignon de la roue des minutes<B>11.</B> L'ensemble de l'accouplement glissant, soit la partie de la première roue des heures à laquelle le canon 1 et le pignon 5 sont fixés, ainsi que la seconde roue des heures 3 sont entraînés d'un bloc par le ressort sautoir 4 sous l'action du ressort moteur ou du mécanisme de mise à l'heure.
La denture de la roue 3 engrène avec le renvoi de transmis sion 12 qui permet la correction de la seconde aiguille des heures. Sous l'action d'un mouvement de correction commandé de l'exté rieur, le renvoi 12 entraîne la roue 3. Comme la première roue des heures engrène avec le train de la roue des minutes et avec le rouage qui transmet la force motrice, elle est fixe et l'extrémité du ressort sautoir 4 passe une dent de la denture 2 et tombe dans le prochain entre-dent. où il fixe à nouveau la seconde aiguille des heures. Ainsi cette seconde aiguille 6 est corrigée de 1 h ou de 30 mn par rapport à la première aiguille 7.
La fig. 4 est une vue en coupe qui montre encore une autre forme d'exécution du mécanisme glissant. Le fonctionnement des éléments périphériques de ce mécanisme a déjà été expliqué. Les trois tiges 13 sont chassées dans la seconde roue 3 de manière qu'elles fassent légèrement saillie sous la surface inférieure de cette roue. Le nombre des tiges peut aussi être réduit à une. On peut cependant en avoir plus de trois. Les parties saillantes des tiges 13 peuvent aussi être d'une pièce avec la roue 3.
Les douze trous 14 sont pratiqués dans la première roue 5. Les tiges 13 s'engagent dans les trous 14. Cependant, la disposition des saillies et des trous peut être l'inverse de ce qui est décrit ici. La première roue des heures 5 est fixée sur le canon 1 de manière qu'un ressort de retenue 15 et la roue 3 guident sa rotation et qu'il maintienne cette roue entre eux. Le mécanisme d'accouplement glissant est ainsi réalisé. L'assemblage est tel qu'en temps normal, les tiges 13 sont engagées dans les trous 14, de sorte que les deux pièces tournent d'un seul bloc.
Cependant, lors d'une correction de la seconde aiguille des heures, si la roue 5 est entraînée par la roue de transmission 12, la seconde roue se déplace axialement en déformant le ressort 15 du fait de la forme des saillies 13, des trous 14 et du mode de mon tage du ressort 15. et la seconde aiguille 6 tourne par rapport à la première 7 jusqu'à ce que chaque tige 13 soit à nouveau engagée dans le prochain trou 14. L'angle de rotation donne l'angle dont l'aiguille des heures a été corrigée.
A partir d'une rotation correspondant à 70% du pas, le reste est effectué automatiquement sous l'effet de la conformation interne du mécanisme d'accouplement. Cette structure peut facilement être incorporée à un mécanisme dans lequel la correc tion de la seconde aiguille des heures peut s'effectuer dans les deux sens. Comme le ressort est monté entre les deux roues des heures, il n'exerce aucune action de freinage sur le mouvement.
En manaeuvrant la couronne de la montre décrite, on obtient les résultats suivants: la première position est une position de remontage, la seconde une position de correction du calendrier 17 et de la seconde aiguille des heures 6, et la troisième est une position de mise à l'heure de la première aiguille des heures 7, de la seconde 6 et de l'aiguille des minutes 8. A la fig. 1. la couronne se trouve dans sa première position. Si elle est tirée vers l'extérieur et amenée dans sa seconde position, puis tournée vers la gauche, le levier 18 est actionné et la roue de correction 16 montée sur ce levier 18 vient en prise avec les dents de l'indicateur de date 17. Les dents avancent une à une.
Si la couronne est tournée vers la droite, le levier tourne dans l'autre sens, la roue de correction 16 vient en prise avec le renvoi de transmission 12 et, comme expliqué ci-dessus, elle entraîne la seconde roue des heures 3 de l'assemblage à accouplement glissant. Ainsi la seconde aiguille des heures 6 est corrigée par rapport à la première. Dans cette forme d'exécution, la seconde aiguille des heures n'est corrigée que dans une direction.
Les avantages qui résultent d'une correction des deux aiguilles des heures en même temps ou de la seconde par rapport à la première en utilisant la couronne usuelle sont, comme indiqué précédemment, une construction plus facile, une réduction du nombre des pièces et une construction de boite simplifiée. On voit qu'il est possible d'effectuer la correction de la seconde aiguille des heures par rapport à la première par une rotation de la cou ronne dans le sens inverse de celui du remontage.
Les corrections de la première et de la seconde aiguille sont réalisées en même temps et comprennent également une correc tion de l'aiguille des minutes. 11 faut donc pouvoir mouvoir les aiguilles dans les deux sens, mais la correction relative de la seconde aiguille des heures par rapport à la première n'intéresse que l'aiguille des heures. On peut donc prévoir une correction rapide et, bien qu'elle ne puisse avoir lieu que dans un sens, il n'en résulte aucun inconvénient. La rotation de la couronne dans le sens inverse peut donc être utilisée pour corriger le calendrier. Ainsi la même tige peut servir à plusieurs corrections. De plus, dans une montre à ressort moteur mécanique, la première posi tion de la tige peut servir au remontage.
Le mécanisme d'accouplement glissant décrit ici peut aussi être introduit dans une montre ayant des aiguilles des heures indiquant l'heure sur 24 h. Il peut aussi être adjoint à une montre n'ayant qu'une aiguille des heures montée sur la roue 3. Ces montres conviennent également aux voyageurs puisque l'aiguille des heures ou l'une d'elles peut être déplacée seule.
L'application du mécanisme décrit à une montre électronique à oscillateur à cristal de quartz entraîne des effets encore plus significatifs. Comme le cristal de quartz a une très haute précision. les deux aiguilles des heures sont rarement déplacées en même temps. Et comme la seconde aiguille des heures est souvent corri gée par rapport à la première, la tige possède trois positions.
Quand elle est tirée dans la seconde position, une des aiguilles est actionnée alors que l'autre aiguille est actionnée par la tige placée dans la troisième position. Le cran qui assure le passage de la première à la seconde position est ajusté faible alors que celui qui marque le passage de la seconde à la troisième position est ajusté fort. Ainsi, on obtient les deux corrections par la même tige.
Les montres de haute précision, à quartz ou à diapason, possèdent un mécanisme permettant d'ajuster la position de l'aiguille des secondes. Quand la couronne se trouve dans la position de mise à l'heure, l'aiguille des secondes peut être blo quée par un mécanisme d'ajustage. L'invention est particulière ment intéressante lorsqu'elle est utilisée dans une montre de ce genre. Dans le cas d'une montre de haute précision, une aiguille des heures peut être corrigée indépendamment sans déranger l'ajustage précis de l'aiguille des secondes, lorsque le porteur entre dans un nouveau fuseau horaire.