Ceinture autiptosique. L'invention est relative à une ceinture antiptosique.
Comme on le sait, les ptoses viscérales, quelles qu'elles soient, sont gênantes et dou loureuses surtout par l'irritation et les tirail lements du plexus solaire qu'elles provoquent.
Les ceintures préconisées jusqu'à ce jour ont été basées généralement sur les trois principes suivants: celui de la sangle ordi naire, celui des sangles croisées ou obliques, celui des pelotes (solides, ou pneumatiques, ou spôngio-pneumatiques, ou ressorts).
Les ceintures établies suivant ces prin cipes ont révélé à l'usage, respectivement, entre autres inconvénients ceux très impor tants suivants: La ceinture sangle ordinaire, pour donner une réduction utile, doit être posée le malade étant couché le siège surélevé. Il est évident que l'effort que fait le malade pour se redres ser, même en se roulant sur le lit, contracte sur toute leur hauteur les muscles grands droits et que ceux-ci font immédiatement redescendre les organes sous la ceinture. Les organes se trouvent alors comprimés et gênés dans leur fonctionnement physiologique.
De plus, une fois posée, elle ne peut rester en place que si on lui adjoint tout un système de sous-cuisses, extrêmement gênant pour le malade; la ceinture sangles croisées ou obliques, est - une amélioration dans ce sens qu'elle doit se poser le malade étant debout. Elle serait excellente si pour la maintenir en place il n'était pas nécessaire de leur ajouter une patte horizontale pubio-trochantérienne très serrée, formant à ce niveau un point d'appui indispensable à son maintien, qui comprime au niveau des cuisses toute la cir culation veineuse de retour, qui provoque des varices comme l'ont constaté les médecins de Bagnoles et qui comprime les muscles de la face externe des cuisses.
De plus, la tension des sangles étant oblique ramène les organes ptosés au milieu du ventre et l'obli quité des sangles fait remonter la ceinture, cette tension des sangles rétrécit le ventre et ne laisse plus la place nécessaire aux organes relevés qui se trouvent gênés, de plus encore, elle augmente l'angulation du transverse dans les transversoptoses, comprime le rein sur la colonne vertébrale dans les néphroptoses; la ceinture à pelote ou à pelotes accentue le défaut de la sangle, puisqu'on ne peut la poser que le malade étant couché;
cette cein ture a de plus l'énorme inconvénient d'écra ser la musculature abdominale en un endroit très localisé, au point qu'on peut constater chez des malades portant des pelotes depuis un an une atrophie énorme des muscles et du tissu cellulaire graisseux pour certains, quant aux ressorts métalliques, les inconvé nients qu'ils présentent sont encore plus accentués.
L'invention a pour but, notamment, de remédier à ces inconvénients.
Pour que les troubles des ptosiques dis paraissent instantanément, point n'est besoin d'une réduction absolue qui est plus nuisible qu'utile par les compressions qu'elle néces site. Il suffit de donner aux organes ptosés un point d'appui sur lequel ils reposeront. Ce point d'appui, toujours sus-pubien, minime, ne doit être à ce niveau que le renforcement de la sangle abdominale musculaire déficiente dans sa partie basse.
Ce renforcement, ce point d'appui doit avoir au moins quatre qualités a) II doit pouvoir être gradué très facile ment par le malade, seul juge des améliora tions qu'il ressent; b) il doit ne jamais léser ni les organes internes, ni la peau, ni les muscles, auquel il vient en aide; c) il doit surtout être fixe et ne jamais pouvoir se déplacer dans la journée quels que soient les mouvements du ptosique; cl) enfin il ne doit pas être gênant.
La ceinture antiptosique est constituée par un corps en tissu non élastique épousant la forme du corps du patient à traiter au niveau du bassin en laissant libre le ventre qui est soutenu par un certain nombre de pattes élastiques reliées audit corps; selon l'invention, lesdites pattes sont disposées horizontalement et la patte inférieure s'appli que contre la région sus-pubienne et par suite de sa tension épouse la courbe normale de la région sus-pubienne-pli inguinal pour empêcher la ceinture de remonter.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, nue forme d'exécution de la cein ture antiptosique selon l'invention.
La fig. 1 de ce dessin montre, schémati quement, une vue de face, ses éléments séparés, une ceinture antiptosique; La fig. 2 dudit dessin montre, schémati quement aussi, la ceinture en place sur un malade.
La ceinture représentée comporte un corps 1 formé de deux parties 1 et lb en tissu non élastique, composées chacune d'éléments coupés et assemblés de façon que ce corps 1 épouse sur les côtés et en arrière la forme du corps du patient au niveau du bassin et remonte assez haut en arrière pour s'appli quer dans l'ensellure dorso-lombaire en lais sant en avant tout le ventre libre.
lies bords arrière on dorsaux des deux parties 1a et 1b de ce corps comportent des ceillets permettant de réunir les parties la et lb par un laçage.
Les bords avant ou ventraux des parties la et lb se relient avec une plaque 2 cons tituée dans l'exemple en question par -trois pattes 211, 21, et 2 , en tissu élastique. Les tissus utilisés pour la confection de ces pat tes sont choisis de tonicités différentes de façon que cette tonicité aille en décroissant de la patte 21, à la patte 20. De préférence, ces pattes sont coupées droit fil dans les tissus en lesquels on les confectionne, ou si on fabrique spécialement ces pattes, on les fabrique droit fil.
Ces pattes sont assemblées cri leur partie médiane pour qu'elles demeurent juxtaposées, donc qu'elles ne risquent pas de se chevau cher, par une petite barrette de tissu souple 3.
En vue de permettre l'assemblage du corps de la ceinture et de la plaque 2, les parties 1a et lb du corps 1 sont munies le long de leur bord avant ou ventral en les points appropriés de crochets 4 disposés de manière que la résultante de la réaction du corps 1 et de la traction des pattes 211, 2b et 2a, respectivement, soit située dans le plan de symétrie desdits crochets; et les extré mités des pattes 211, 2b et 2 sont munies de trous oeilletés propre à recevoir les parties actives des crochets 4.
La patte inférieure 2a, celle de plus grande tonicité, comporte deux rangs de trous #illetés légèrement décalés, ce qui permet à la moitié inférieure de cette patte 21, d'avoir une tension un peu plus grande que sa moi tié supérieure et de lui faire épouser, une fois la ceinture en place, la légère courbe normale de la ligne sus-pubienne - pli inguinal.
La mise en place de la ceinture en ques tion est des plus aisée, en effet, le malade étant debout n'a qu'à agrafer d'abord la patte 21, inférieure à droite et à gauche et il règle lui-même la tension de cette patté en choisissant les trous #illetés de façon à obtenir un soulagement immédiat.
Il convient de remarquer que si le malade éprouve un soulagement immédiat à l'accro chage de la patte 2a c'est qu'à cet instant précis le plancher nécessaire et suffisant pour laisser reposer les organes ptosés est trouvé, le ventre est remonté suffisamment sans aucune compression et les muscles grands droits sont rapprochés. Le malade n'a plus alors qu'à agrafer les pattes supérieures 2b et 2 qui maintiennent la ptose déjà réduite et débordante comme dans une corbeille.
Pour les ptosiques très maigres qui ont un ventre absolument rentré et en "bateau", il suffit pour obtenir le même effet d'aug menter l'épaisseur de la patte inférieure active 21, en la doublant d'une lame plus ou moins épaisse de tissu caoutchouté éponge pour qu'elle s'applique de la même façon que sur un ventre normal.
Comme on a pu s'en rendre compte par ce qui précède, la ceinture décrite permet bien de relever les organes, tout en les lais sant se placer dans un cadre physiologique large et sans les comprimer (comme dans une corbeillé). Elle ne prend aucun point d'appui localisé, ni sur les parties osseuses du bassin ou des cuisses et, une fois la plaque abdominale accrochée, se maintient en place sans sous-cuisses, sans jarretelles, sans emboîtement exagéré des fesses, quels que soient les mouvements du malade.
Elle maintient la ptose réduite même si le malade s'accroupit ou se couche et lorsqu'il se relève elle est strictement en place, cela tient sur tout à la disposition spéciale de la patte active 2a qui se trouve toujours horizontale et qui est retenue par la région sus-pubienne. Elle ne produit aucune compression nuisible puisque la tension des pattes est répartie sur une grande surface constituée par tout le bassin, le haut des fesses et la région dorso- lombai re.
En plus des avantages précités intervient la simplicité du système, la suppression de tous les systèmes de fixation et des pelotes, le prix de revient le plus minime par rap port aux ceintures conçues jusqu'ici; l'esthé tique plus grande et la suppression de toute gêne.