Procédé pour la réalisation de transformations thermiques et installation pour la mise en #uvre de ce procédé. La présente invention comprend, d'une part, un procédé pour la réalisation de trans formations thermiques, comprenant la trans formation de calories en frigories et la trans formation d'une quantité de calories à haute température en une quantité plus considéra ble de calories à température relativement basse et, d'autre part, une installation pour la mise en oeuvre de ce procédé.
Dans une machine frigorifique ou dans une pompe à chaleur, utilisant un gaz comme fluide mis en jeu, on emploie des cycles com prenant une compression, un dégagement de chaleur à pression constante relativement éle vée, une détente et une absorption de chaleur à pression constante relativement basse. On sait que de tels cycles absorbent une quantité d'énergie égale à la différence entre l'énergie fournie pour la compression du gaz et celle récupérée par sa détente; cette différence est due à la diminution de volume du gaz sous pression par refroidissement ou à son accrois- serrent de volume par réchauffage sous dé pression, ainsi qu'aux fuites de gaz. L'éner gie absorbée est généralement fournie sous forme mécanique par un moteur.
La présente invention a pour but de per mettre de supprimer ce moteur et d'y substi tuer un apport d'énergie sous forme thermi que, dans des conditions telles qu'elle soit directement utilisable et que l'on évite les pertes inhérentes aux transformations d'éner gie, et en particulier à l'intervention d'appa reils mécaniques ainsi que les complications d'ordre pratique qu'ils comportent.
Le procédé suivant l'invention est- du type suivant lequel on effectue simultanément, sur des quantités de gaz distinctes, deux séries d'opérations dont l'une, dite série d'opérations motrices, comprend une compression, suivie d'un échauffement, d'une détente et d'un re froidissement, et l'autre, dite série d'opéra tions réceptrice, comprend une compression, suivie d'un refroidissement, d'une détente, et d'un réchauffage.
Ce procédé est caractérisé en ce qu'on met en communication les circuits où s'effectuent ces deux séries d'opérations, de façon à créer un transport de gaz, à la pression atteinte après compression, du circuit moteur au cir cuit récepteur et un transport de gaz, à la pression atteinte après détente, du circuit ré cepteur au circuit moteur, pour compenser la diminution de volume dans l'un des circuits, due au refroidissement, en utilisant l'accrois sement de volume dans l'autre circuit, ces séries d'opérations étant conduites de façon que l'une produise l'effet thermique recher ché,
ce qui entraîne une absorption d'énergie sous forme de variation de volume de gaz sous pression ou dépression, tandis que l'au tre, entretenue par un apport continu d'éner gie sous forme thermique, dégage de l'énergie sous forme d'une variation de volume inverse de gaz. sous pression ou dépression, ce déga gement d'énergie étant utilisé- pour compen ser l'absorption d'énergie due à la première série d'opérations, sans que l'énergie trans mise soit transformée sous forme mécanique.
L'installation que comprend l'invention est caractérisée en ce qu'elle comporte deux circuits adjacents, l'un dit moteur, l'autre dit récepteur, comprenant chacun au moins un compresseur, au moins un détendeur et au moins un échangeur de chaleur, disposés de façon à effectuer dans les deux circuits des séries d'opérations inverses, dont l'une ab sorbe et dont l'autre dégage de l'énergie sous forme de gaz sous pression ou sous dépres sion, ces deux circuits étant reliés entre eux à des endroits où au moins les températures des gaz sont sensiblement égales.
Certaines formes d'exécution du procédé selon l'invention permettent d'utiliser une source de chaleur au lieu d'une source d'éner gie mécanique, pour la production de froid, avec un rendement meilleur que ceux des procédés connus, tels par exemple que ceux mis en oeuvre dans les machines frigorifiques à absorption, un autre avantage étant la pos sibilité d'employer l'air comme seul fluide.
La mise en communication susdite des circuits moteur et récepteur peut être réalisée par la mise en communication des échangeurs à pression constante de chacun des deux cir cuits si ces derniers comportent tous deux le même écart de pression. Elle peut s'effectuer à travers une machine produisant ou utilisant une différence de pression s'il y a lieu d'éga liser la pression du gaz entre les- deux cir cuits.
De cette manière, les travaux de com pression et de détente dans chacun des deux circuits deviennent égaux et l'énergie pure ment mécanique transmise de l'un à l'autre, ou empruntée à l'extérieur, est réduite à la compensation des frottements. Celle-ci peut être fournie par un excédent d'énergie de la série d'opérations motrice, soit sous forme d'un excédent de gaz comprimé,
soit sous forme d'un écart de pression supérieur dans la série d'opérations motrice à celui de la série d'opérations réceptrice. ' Le prélèvement de gaz dans un circuit et son introduction dans l'autre circuit peuvent se faire en amont ou en aval des échangeurs de température, en des points tels que les températures soient aussi voisines que possi ble pour éviter les perturbations d'effet ther mique dans les séries d'opérations.
Par exem ple, la totalité du gaz à traiter peut être com primée puis divisée en deux parties dont la plus grande se rend dans un échangeur où elle se refroidit et la plus petite dans un échangeur où elle est réchauffée, de telle sorte qu'après passage dans ces échangeurs, les volumes respectifs aient varié en sens in verses et que l'on puisse effectuer séparément la détente de ces deux quantités de gaz.
Dans une forme d'exécution du procédé particulièrement avantageuse au point de vue du rendement de la transformation thermi que, les compression et détente que comporte la série d'opérations motrice sont effectuées adiabatiquement, tandis que celles de la série d'opérations réceptrice sont rendues plus voi sines de l'isotherme.
Ceci permet de mieux adapter, d'une part, la série d'opérations mo trice à la production de gaz sous pression avec une absorption. de chaleur aussi faible que possible et, d'autre part, la série d'opé rations réceptrice à l'utilisation de gaz sous pression pour l'obtention d'un effet th6rmi- que aussi grand que possible, comme cela sera expliqué plus loin.
Dans ce cas, en utilisant une faible quantité de calories à température relativement haute, on peut rendre disponible une grande quantité de calories ou de frigo- ries à température relativement basse, c'est- à-dire que l'on produit vis-à-vis de la cha leur un effet analogue à celui du transfor mateur électrique vis-à-vis de l'électricité.
- Au lieu de procéder, dans la série d'opé ration réceptrice, à des compression et dé tente isothermiques, difficiles à réaliser en pratique, on peut, en conservant sensiblement les mêmes avantages, diviser les compression et détente en plusieurs étages avec échange de chaleur à chaque palier et compensation de la variation de volume correspondante par l'établissement de flux de gaz entre les échan geurs où s'effectuent des opérations thermi ques de sens inverses.
Une application importante du procédé suivant l'invention est due à la possibilité d'utiliser, comme source d'énergie thermique, des gaz à une température de l'ordre de 100 à 200 C, tels que des gaz de combustion. habituellement rejetés comme sans valeur. Cette possibilité résulte de ce que les opéra tions thermiques effectuées peuvent corres pondre à des écarts de température d'un même ordre de grandeur, soit par exemple quelques dizaines de degrés, ce qui suffit en pratique pour la production de froid.
Dans une forme d'exécution du procédé selon l'invention, les gaz chauds (gaz de com bustion), au lieu d'être utilisés dans des échangeurs de chaleur, subissent directement la série d'opérations motrice, ce qui évidem ment est encore plus avantageux. Il suffit pour cela que la pression la plus élevée soit celle du milieu ambiant, la pression la plus basse étant obtenue par détente des gaz chauds.
Ceux-ci ensuite refroidis, puis rame nés à la pression atmosphérique, entretiennent par aspiration, dans un circuit récepteur à dépression, les phases de détente, c'est-à-dire production de froid, absorption de celui-ci à pression constante et recompression. Le cir cuit moteur se ferme alors par la cheminée ou le conduit d'où sont prélevés les gaz chauds, tandis que le circuit récepteur se complète par l'atmosphère, avec laquelle com munique cette cheminée ou ce conduit. Dans ces conditions, seul le transport de gaz du circuit récepteur au circuit moteur donnera lieu à un mélange de gaz qui s'effectuera dans le circuit moteur,
tandis que le trans port inverse (c'est-à-dire le transport de gaz du circuit 'moteur au circuit récepteur) s'ef fectuera par l'intermédiaire de l'atmosphère, de sorte que les gaz de combustion ne pénè- treront pas dans le circuit récepteur et que celui-ci-pourra toujours débiter de l'air pur.
La forme d'exécution décrite ci-dessus peut être faite en utilisant des compresseurs ou des détendeurs de tout type connu. Sa réalisation est particulièrement avantageuse lorsqu'il est fait usage, pour la compression et la détente, des appareils à la fois compres seurs et détendeurs décrits par l'inventeur dans son brevet suisse ne<B>181346</B> du 26 mars 1984, qui réalisent sans l'intermédiaire d'or ganes mécaniques un "échange de pression" entre des volumes égaux de gaz mesurés à la même pression mais avec l'écart de tem pérature résultant du passage dans l'échan geur de température. De la sorte,
on évite non seulement la transmission d'énergie d'un circuit à l'autre, mais en outre la transmis sion d'énergie du compresseur au détendeur de chaque , circuit.
Des appareils de ce genre peuvent être reliés deux à deux ou combinés de façon que le flux de compensation entre le circuit mo teur et le circuit récepteur compense les va riations de volume subies par le gaz dans les échangeurs de chaleur ainsi que les pertes éventuelles. On parvient ainsi à supprimer presque totalement les transformations d'é nergie sous forme de pression de gaz en éner gie mécanique.
Les dessins annexés représentent, à titre d'exemples, des diagrammes indiquant les phénomènes mis en jeu dans diverses formes d'exécution du procédé suivant l'invention, ainsi que plusieurs formes d'exécution, sché matiques, de l'installation que comprend l'in vention.
Fig. 1 est un diagramme entropique rela tif à une première forme d'exécution du pro cédé; Fig. 2 et 3 montrent schématiquement deux formes d'exécution de l'installation, ces deux formes convenant pour la réalisation des conditions indiquées dans le diagramme de fig. 1;
Fig. 4 est un autre diagramme relatif à une autre forme d'exécution du procédé, et fig. 5 une vue schématique d'une autre forme d'exécution de l'installation, convenant pour la mise en oeuvre du procédé représenté par le diagramme de la fig. 4; Fig. 6 et 7 sont d'autres diagrammes en- tropiques; Fig. 8 montrant un schéma d'une forme d'exécution de l'installation répondant aux conditions indiquées dans la fig. 7;
Fig. 9 'est un diagramme entropique et fig. 10 une vue schématique d'une forme d'exécution de l'installation se rapportant plus particulièrement à l'utilisation de gaz industriels; Fig. 11 montre un appareil rotatif com- presseur-détendeur que peuvent présenter les formes d'exécution de l'installation que com- prend'la présente invention;
Fig. 12 est une coupe schématique sui vant la ligne XII-XII de la fig. 11; Fig. 13 est une vue semblable à la fig. 12, montrant une variante.
Le diagramme entropique de la fig. 1 con cerne une forme d'exécution du procédé dans laquelle les compressions et détentes des deux séries d'opérations sont adiabatiques.
<I>A, B, C, D</I> représente la série d'opérations réceptrice, qui comprend les opérations réali sées dans les machines frigorifiques et les pompes à chaleur, .à savoir les phases suivan tes:<I>A, B,</I> compression adiabatique du gaz; B, C, refroidissement à pression constante; C,' <B>D</B> détente adiabatique; <I>D,</I> A. réchauffage aux dépens du milieu ambiant, c'est-à-dire production de frigories.
En même temps que cette série d'opéra tions, on conduit une série d'opérations in verse ou série d'opérations motrice comme suit:<I>A', B'</I> compression adiabatique;<I>B', C'</I> échauffement à pression constante par une source de chaleur;<B><I>C</I></B>, D' détente adiabati que;<I>D', A',</I> refroidissement.
En parcourant la série d'opérations <I>A, B,</I> C, D, le gaz- subit, pendant l'échauffement D, A, une augmentation de volume qui, si le circuit renfermant ce gaz était fermé sur lui- même, devrait être compensée par une dé pense d'énergie mécanique. Le gaz parcou rant la série d'opérations<I>A', B', C', D',</I> subit de même une diminution de volume pendant le refroidissement<I>D', A'.</I> Suivant l'installa tion représentée schématiquement en fig. 2, l'augmentation de volume au cours de la première série d'opérations est compensée par la diminution créée au cours de la seconde,
ce que l'on réalise en établissant une com munication entre les deux circuits aux points <I>A et A'.</I> De même, une communication entre les points<I>B</I> et<I>B'</I> permet de compenser, par l'accroissement de volume de B' en C', la di minution de volume que subit pendant le refroidissement B, C le gaz du circuit récep teur.
Dans l'installation représentée en fig. 2, 1, l' sont des compresseurs, 2, 2' des déten deurs, 3, 3' et 4, 4' des échangeurs de tem pérature. En amont et en aval des compres seurs 1,'I', des communications 5, 6 sont éta blies entre les deux circuits pour permettre le débit gazeux qui doit compenser les va riations respectives de volume pendant la phase sous pression, l'excès de gaz passant en 5 du circuit récepteur au circuit moteur pour lui être restitué par celui-ci en 6.
Il circule ainsi continuellement, par 5 et 6, un flux de compensation ou flux "d'échange de volume" de sens constant, grâce auquel peut être supprimé le travail important qui, au trement, devrait être dépensé pour compenser les variations de volume dues aux échauffe- ments et aux refroidissements successifs dans le circuit récepteur.
Bien qu'on ait représenté ici deux com presseurs, deux détendeurs et quatre échan geurs, il est possible de combiner entre eux les compresseurs, les détendeurs, les échan geurs ou, comme on le verra plus loin, cer tains d'entre eux. La fig. â montre sché matiquement une autre forme d'exécution de l'installation ne comportant qu'un com presseur unique 7.
Il est également possible, et c'est là une forme d'exécution avantageuse du procédé selon l'invention, d'entretenir des écarts de pression différents dans la série d'opérations motrice et la série d'opérations réceptrice. La fig. 4 est un diagramme entropique sem blable à celui de la fig. 1, mais où l'écart de pression est plus grand pour la série d'o pérations motrice<I>A', B', C',</I> D' que pour la série d'opérations réceptrice<I>A, B, C, D.</I>
Dans la forme d'exécution correspondante de l'installation, représentée dans la fig. 5. la liaison entre les échangeurs à haute pres sion des deux circuits comporte un détendeur 8, où la détente du flux de gaz passant du circuit moteur au circuit- récepteur fournit de l'énergie récupérable, susceptible d'être utilisée pour compenser les pertes d'énergie dues aux frottements des organes mobiles par exemple.
La fig. 6 représente un diagramme entro- pique correspondant à une forme d'exécution très intéressante du procédé, où la série d'o pérations motrice<I>A', B', C', D'</I> comporte les mêmes opérations que dans les exemples pré cédents, compression et détente étant réalisées adiabatiquement, tandis que la série d'opéra tions réceptrice<I>A, B, C, D</I> est réalisée de fa çon à comporter une compression A, B et une détente<I>C, D</I> voisines de l'isotherme.
L'avan tage d'une telle forme d'exécution se com prendra à l'aide des considérations suivantes: On sait que dans le diagramme entropi- que les quantités de chaleur échangées avec l'extérieur au cours des diverses opérations sont mesurées par les aires sous-tendues par les lignes représentatives de ces opérations, tandis que les quantités d'énergie dégagée ou absorbée sont représentées par les aires com prises entre les lignes définissant chaque en semble d'opérations.
Dans le diagramme re présenté sur la fig. 1, la quantité de chaleur prélevée à la source chaude est mesurée par l'aire sous-tendue par la courbe B', C' (c'est- à-dire l'aire comprise entre B', C', les deux verticales passant par B' et C' et la ligne de base figurant le zéro absolu), tandis que la quantité de chaleur empruntée au milieu am biant, et correspondant à la.
production de froid, est représentée par l'aire sous-tendue par la courbe<I>D, A.</I> L'énergie absorbée est figurée par l'aire<I>A, B, C, D,</I> l'énergie dé gagée par l'aire<I>A', B', C', D',</I> celle-ci devant être au moins égale et normalement plus grande que<I>A, B, C, D</I> pour tenir compte des pertes.
Cette dernière condition<I>(A', B', C', D'</I> @_ <I>A, B, C, D)</I> exige, dans le cas de la fig. 1, pour les diverses opérations de la série d'o pérations motrice, que les effets thermi ques (mesurés par les aires sous-tendues par les lignes représentatives de ces opérations) soient au moins du même ordre que les effets thermiques correspondant aux opérations de la série d'opérations réceptrice.
En effet, la quasi-égalité des aires hachurées<I>A, B, C, D,</I> <I>A', B', C', D'</I> et la valeur voisine de leurs ordonnées entraînent une valeur voisine de leurs largeurs et, par suite, des aires sous- tendues. Une calorie permet ainsi de pro duire, au maximum, presqu'une frigorie -ou presque deux calories à température plus basse.
Au contraire, dans le cas de la fig. 6, on voit que la chaleur prélevée (courbe B', C') peut rester faible alors que la chaleur em pruntée au milieu ambiant (courbes<I>C, D</I> et <I>D, A)</I> et la chaleur transportée à un niveau thermique supérieur (courbes<I>A, B</I> et<I>B, C)</I> sont dans un rapport qui peut être rendu aussi grand qu'on le désire à condition d'ac croître suffisamment l'écart de pression pour un même écart de température de la série d'opérations réceptrice.
La dépense d'éner- gie pour chaque série d'opérations étant fi gurée par l'aire hachurée correspondante, on voit sur le diagramme de la fig. 6 que pour une dépense d'énergie du même ordre que celle requise dans le cas de la fig. 1 par exemple, la série d'opérations réceptrice donne lieu à des effets thermiques beaucoup plus, considérables, ce qui permet de produire n frigories ou n calories à partir d'une ca lorie, la valeur de n dépendant du rapport entre les écarts de températures.
En pratique, la réalisation. de compres sions et de détentes isothermes et l'utilisa tion de la chaleur dégagée pendant la com pression présentent de très grandes difficul tés. On préfère y substituer une succession de compressions et de détentes étagées, dont les étages sont séparés par des échanges de chaleur à pression constante.
La fig. 7 repré sente un diagramme entropique comprenant une série d'opérations réceptrice comportant deux étages, avec les opérations suivantes: <I>A, B</I> compression adiabatique,<I>B,</I> C dégage ment de chaleur,<I>C, D</I> seconde compression adiabatique, D, E second dégagement de cha leur, E, F détente adiabatique, F, G produc tion de froid,<I>G, H</I> seconde détente adiabati que, H, A seconde production de froid.
Le nombre d'étages peut évidemment être augmenté"à volonté sans créer de difficultés. Quel que soit le nombre d'étages, on fait. alors en sorte que la variation de volume pendant un échange de chaleur soit toujours compen sée par une variation de volume inverse pen dant un autre échange de chaleur, la varia tion de volume pendant le refroidissement B, C par exemple- étant compensée par une variation de sens inverse pendant l'échauffe ment F, G.
Ainsi, les variations de volume de sens inverse dans les étages successifs de la série d'opérations réceptrice se compensent mutuellement jusqu'à la dernière, c'est-à-dire celle à la pression maximum qui, seule, doit être compensée par un apport extérieur, celui dû<B>à -</B>l'échauffement<I>B,</I> C.
La -fig. 8 montre schématiquement une installation .convenant pour la mise en oeuvre du procédé représenté par le diagramme de la f ig. 7. Tandis que le circuit moteur com prend les mêmes éléments que sur la fig. 2, le circuit récepteur comporte deux étages de compresseurs 1, 11 et de détendeurs 2, 12, ainsi que des échangeurs intermédiaires 13, 14. De même que précédemment, 5 et 6 dé signent les communications établies pour la circulation du flux d'échange de volume en tre les circuits.
Une communication supplé mentaire, dans le circuit récepteur, est créée en 15 afin de compenser la variation de vo lume du gaz dans les échangeurs 13, 14. Dans le cas d'un plus grand nombre d'étages, il existe une communication telle que 15 en tre les deux échangeurs à même pression de chaque palier, ce qui permet de réduire l'é change de volume de gaz avec le circuit mo teur à celui nécessité par le dernier étage de pression.
Dans-certains cas, on peut utiliser direc tement des gaz industriels dans le circuit moteur et l'atmosphère dans le circuit récep teur, supprimant ainsi l'intervention de plu sieurs échangeurs de chaleur. La fig. 9 est un diagramme entropique, semblable à la fig. 1, mais où l'isobare supérieure est celle de la pression atmosphérique, ce qui permet le traitement direct d'un gaz chaud, tel que le gaz provenant d'une combustion. Le point de départ de la série d'opérations motrice est alors en A', à partir duquel le gaz chaud, prélevé par exemple à une cheminée, est dé tendu jusqu'en B', refroidi jusqu'en C', puis comprimé pour être dégagé à l'atmosphère en D'.
La série d'opérations réceptrice comporte un prélèvement d'air atmosphérique en A, une détente A, B, un échauffement B, C avec absorption de calories au milieu ambiant, et enfin une compression C, D avec restitution de l'air à l'atmosphère en D. Le volume de l'air ayant augmenté de A en C, tandis que le volume du gaz a diminué de A' en C', les points C et C' peuvent être reliés (fig. 10) par une communication 10 qui sera parcourue par un flux constamment dirigé du circuit récepteur vers le circuit moteur.
Cette forme d'exécution joint ainsi à l'a vantage de permettre l'utilisation directe de gaz brûlés, celui d'assurer aux flux de com- pensationune direction telle qu'il vient di luer les gaz brûlés, mais laisse intact le gaz du circuit récepteur.
Le cycle suivant la fig. 9, de même que ceux représentés sur les diagrammes précé dents, peut évidemment être réalisé avec opé rations étagées comme indiqué plus haut, et avec tous appareils, compresseurs et déten deurs appropriés.
Il est cependant particulièrement avanta geux, dans les formes d'exécution de l'instal lation suivant l'invention d'employer, pour effectuer les détentes et les compressions, des appareils rotatifs tels que ceux décrits dans le brevet suisse no 181346 du même inven teur, où ces opérations sont réalisées par l'ac tion mutuelle des gaz en phase de détente et en phase de compression sans l'intervention de cloisons matérielles. L'avantage de ces appareils est essentiellement dû à ce que leur utilisation constitue une étape de plus dans la suppression- de transmission d'énergie sous forme purement mécanique.
En effet, la transmission d'énergie du circuit moteur au circuit récepteur étant déjà supprimé, l'em ploi des appareils en question permet de sup primer en outre la transmission d'énergie du détendeur au compresseur de chaque circuit. Les appareils de ce genre comportent gé néralement un rotor comprenant une cou ronne de capacités 16 (fig. 11) séparées entre elles par des cloisons radiales 17, en mou vement relatif par rapport à une enveloppe 1.8.
Au cours d'une révolution; chaque capa cité traverse successivement une zone A, B où le gaz qu'elle contient subit une compres sion et un échauffement, une zone B, C où le gaz comprimé et chaud est envoyé dans un échangeur de chaleur 3 et remplacé par du gaz à la même pression, mais refroidi, sortant de l'échangeur 3, une zone<I>C, D</I> où le gaz re froidi est détendu et se refroidit davantage, et une zone<I>D, A</I> où le gaz détendu est en voyé dans un échangeur de chaleur 4 où il s'échauffe, par exemple aux dépens de l'air ambiant, et est remplacé par le gaz plus chaud, à la même basse pression, sortant de l'échangeur 4.
Ces appareils sont conçus de manière à: permettre l'action directe du gaz comprimé à. détendre pour déplacer et pour comprimer le gaz à traiter, sans intervention d'organes mé caniques.
A cet effet, un distributeur comportant des canaux 19 met successivement en com munication les capacités contenant le gaz à détendre qui parcourt l'arc<I>C, D,</I> avec celles contenant le gaz à traiter qui parcourt l'arc A, B, de manière à ce qu'il se crée entre ces deux séries de capacités, lorsqu'elles sont à pression voisine, un flux gazeux qui assure l'épuisement progressif de la pression de C en D et l'accroissement progressif de la pres sion de A en B; le flux ainsi échangé étant entretenu et guidé de manière à ce qu'il s'in terpose comme une cloison gazeuse entre les deux catégories de gaz.
Le flux de gaz de la partie en détente vers la partie en compression, même en sup posant des appareils parfaits, serait insuffi sant pour assurer la compression par suite des variations de volume subies par le gaz dans les échangeurs de chaleur. Le complé ment est fourni, suivant le brevet suisse no 181346, par un compresseur associé au ro tor de l'appareil en vue de rendre variable le volume des capacités pendant les phases à pression constante.
On peut ainsi supprimer la nécessité de produire de l'énergie mécanique en vue de compenser les variations de volume de gaz. En effet, si l'on réalise, dans l'appareil qui vient d'être décrit, la suite d'opérations for mant la série d'opérations réceptrice, et dans un appareil semblable les opérations formant la série d'opérations motrice, i1 suffit de re lier aux points où les pressions et tempéra tures sont voisines,, les échangeurs ou tuyau teries à pression constante des circuits où s'effectuent les opérations thermiques inver ses qui engendrent des variations de volume inverses,
pour qu'il s'établisse automatique ment un flux gazeux de compensation. La fig. 12 montre l'établissement d'une telle liaison en 5 et 6 entre deux appareils semblables à celui de la fig. 11, mais repré sentés schématiquement en coupe diamétrale. Ces appareils, pris à titre d'exemple, sont du type où les flux gazeux circulent dans les capacités parallèlement à l'axe de rotation, mais il est évident que d'autres types d'appa reil peuvent être employés.
Dans un but de simplification, les deux appareils peuvent être combinés en un rotor unique à double couronne de capacités (fig. 13). Le cycle complet est alors réalisé à l'aide d'un seul appareil rotatif et d'échan geurs de chaleur.
Bien que l'appareil rotatif dont il vient d'être question peut être avantageusement employé pour la mise en oeuvre du procédé que comprend l'invention, il est bien entendu que tous compresseurs et détendeurs appro priés peuvent être employés et que la mise en a:uvre du procédé suivant l'invention, sous l'une ou l'autre de ses formes d'exécution, est indépendante du choix des appareils em ployés pour effectuer les opérations de la série d'opérations motrice ou de la série d'o pérations réceptrice.