Bombe extinctrice. On connaît déjà le moyen utilisé pour éteindre des incendies en lançant ou en pla çant des grenades extinctrices sur le lieu même ou à proximité du foyer d'incendie. Ces grenades, en se brisant, répandent autour d'elles, sur la zone environnante, des matières solides en poussière ou liquides, dégageant même des gaz, matières qui éteignent l'in cendie par absorption de chaleur, par dépla cement de l'air ambiant et par étouffement du feu.
Parmi ce type de grenades extinctrices d'incendie, celles qui fonctionnent bien pré sentent toutefois l'inconvénient de devoir être lancées ou placées sur le lieu du foyer d'in cendie et, de ce fait, ne constituent qu'un moyen pour éteindre des incendies qui, en général, ont déjà -été signalés et sont souvent très développés; un tel moyen est évidemment ban, pour combattre le feu mais ne représente pas xn moyen à fonctionnement automatique pour prévenir le développement d'un foyer d'incenfe dès le début de sa formation et empêcher aussi la propagation du feu dans le milieu environnant.
On comprend aussi que ces bombes, pour des raisons de mania bilité, ne peuvent pas dépasser certaines pro portions de poids et de volume, ce qui en limite nécessairement le rayon d'action.
La présente invention a pour objet une bombe extinctrice à fonctionnement automa tique, dont l'explosion, projetant tout alen tour l'agent extincteur, est provoquée par des moyens mécaniques. Cette bombe est destinée à hêtre préalablement fixée dans les locaux où il y a un danger d'incendie. L'invention con siste en ce que lesdits moyens mécaniques sont empêchés de fonctionner par un organe de commande sensible à la chaleur, qui dé clenche lesdits moyens sous l'effet de l'élé vation de la température ambiante.
Une commande à fonctionnement automa tique de ce genre comporte un moyen qui réagit à des températures déterminées, in- dépendemment de la volonté humaine et de telle sorte que la bombe extinctrice est tou jours en conditions d'empêcher, dès le com mencement, la propagation de l'incendie. Ce moyen sensible à l'augmentation de la tem pérature ambiante normale où la bombe peut être placée d'une manière quelconque peut être d'exécutions différentes pourvu que sa réaction à l'augmentation de température provoque le fonctionnement des organes qui font éclater la bombe.
Préférablement, ce moyen esti un organe fusible à des tempé ratures prédéterminées pour chaque genre d'application, ce qui n'exclut pas l'emploi d'autres matériaux même non fusibles mais fortement dilatables sous l'effet de l'aug mentation de la température de manière qu'ils puissent actionner un dispositif de commande pour le fonctionnement de la bombe.
Une première forme d'exécution consiste en une bombe appliquée généralement aux plafonds de locaux quelconques, qui, _ sous l'effet du fonctionnement de sa commande sensible à l'élévation de température, tombe en se déclenchant de sa partie fixe de suspen sion, entraînant dans sa chute un fil connecté à la partie fixe sur laquelle il est enroulé, la longueur duquel détermine la hauteur à la quelle la bombe doit exploser pour mieux éteindre l'incendie.
Une seconde forme d'exécution consiste en une bombe qui, à la suite du fonctionnement de sa commande à réaction thermique, explose sans s'écarter de son point de suspension ou de fixage, par exemple des parois ou des pla fonds où elle est appliquée, éparpillant tout alentour la matière extinctrice qu'elle con tient.
' La fig. 1 représente schématiquement, en section axiale, une bombe extinctrice à chute du type à suspension et à explosion à dis tance déterminée du point de suspension; Les fig. 2 et 3 montrent deux variantes de la façon d'enrouler lé fil, qui détermine, après déroulement, la hauteur à laquelle la bombe explosera au cours de sa chute; La fi-. 4 montre, en section axiale, une bombe extinctrice fixée d'une manière ina movible aux parois ou au plafond d'un local; La fig. 5 montré une bombe semblable avec des variantes constructives; La fig. 6 montre une variante permettant de faire fonctionner, même à volonté, la com mande à réaction thermique.
La bombe extinctrice suivant la fig. 1 comporte une enveloppe extérieure 1 sphéri que (ou d'une autre forme quelconque) dont les lignes de cassure sont prédéterminées, constituée d'un matériel léger et mince, avec (ou sans) une armature de toile métallique, par exemple carton, résines synthétiques, éthers ou éthers-sels -de cellulose et sembla ble. L'enveloppe 1 est fixée au tube 2 d'une matière légère et non absorbante, ce tube 2 se prolonge vers l'extérieur de l'enveloppe et se termine par la collerette de soutien 3. L'autre extrémité du tube 2, qui se trouve à l'intérieur de la bombe, aboutit dans la car touche imperméable 4 dont les lignes de cas sure sont aussi prédéterminées et qui contient la charge explosive 5.
C'est le détonateur 6, 7 qui fait exploser cette charge, ce qui pro voque l'éclatement de la bombe extinctrice et, de ce fait, la matière extinctrice se répand dans toutes les directions dans le local où la bombe est placée.
La mèche 6 'est amorcée par la capsule- détonatrice 7, dont le fonctionnement est pro voqué par le fait que sur le fulminate qu'elle comporte vient frotter la spirale $ en se dé roulant lorsque la bombe n'est plus suspen due que par le fil 9, ce qui se produit à la suite de la fusion de la pastille fusible 15 quia permis le déroulement des spires en hélice 10 de plus grand diamètre que l'enrou lement 8 et qui sont contenues dans la gaine de suspension 11. La hauteur à laquelle la bombe explose en descendant du plafond par exemple où elle est suspendue est ainsi déter minée par le fil 9 du fait du déroulement et de l'allongement de ce fil.
La partie infé rieure de la gaine 11 est munie d'un dia phragme 12 en forme d'un entonnoir renversé sur la paroi supérieure duquel les spires 10 viennent s'appuyer quelque peu lors de leur déroulement et se trouvent ainsi freinées, ce qui produit une action régulatrice pendant le déroulement. La fig. 2 montre une variante dans l'en roulement en hélice du fil 9 dans la gaine 11 sous forme d'un enroulement spiral plan 16 placé sur un disque fixé sur la gaine 11 et maintenu en place au moyen d'une rondelle 17 pressée par le ressort 18.
Le prolongement du fil 9, qui constitue la spirale, traverse le trou central du disque d'appui et se prolonge jusqu'à la capsule détonatrice 7 se terminant clans l'enroulement en hélice 8.
Une autre forme de réalisation de l'enrou lement représentée à la fig. 3 comporte une bobine 20 à axe horizontal 21 sur laquelle est enroulée le fil 9, le tout étant disposé dans la gaine 11.
A la gaine de suspension 11 est fixé un collecteur thermique 13 en matière très bonne conductrice de la chaleur, en tôle mince de cuivre par exemple, ou en toute autre matière appropriée; ce collecteur thermique peut avoir les formes les plus diverses, de la forme d'un disque plat ou ondulé à celle d'une calotte sphérique ou sphéroïde, à parois lisses ou on dulées, simples ou doubles, avec ou sans ai lettes.
Le collecteur 13 est percé d'un trou cen tral muni d'une joue annulaire 14 faite de la même matière que ledit collecteur 13. Sur cette joue repose une pastille fusible 15 en forme de disque rond (tronconique ou autre), et constituée par un alliage fondant à basse température, cette température étant supé rieure ou .égale à 45 C suivant les diffé rentes applications envisagées. La pastille fu sible 15 soutient, par l'intermédiaire de la collerette 3 du tube 2, tout l'ensemble de la bombe extinctrice.
La bombe extinctrice fonctionne de la fa çon suivante: l'ensemble de la bombe extinc trice et de son dispositif de support sont suspendus (de façon permanente ou non), au moyen du crochet 22, au plafond d'un local. Si dans le local il se développe une tempé rature supérieure à celle qu'admet la pastille fusible 15 (élévation de température prove nant de la naissance d'un foyer d'incendie), le fusible 15 fond facilement grâce également à la chaleur qui lui est transmise par le col- lecteur thermique 13. Par suite de sa fusion, la pastille cesse de soutenir la collerette 3 qui, entraînée vers le bas par le poids de la bombe, s'échappe au travers du trou pratiqué dans l'épaulement 14 du collecteur thermique 13. De cette façon est provoqué dans la gaine 11 le déroulement des spires 10 de l'enroule ment en hélice du fil 9.
Lorsque les spires 10 se sont complètement déroulées, le fil 9 se trouve soumis -à l'action du poids de la bombe, action qui provoque le déroulement et le frottement sur le fulminate de la partie inférieure 8 du fil 9, qui est enroulée en hé lice dans la capsule détonante 7. Le fulmi- nate, en fusant, amorce le détonateur ou mè che 6 et met ainsi le feu -à la charge explo sive 5. L'explosion de cette charge a pour effet de briser l'enveloppe 1 en répandant tout autour de cette dernière le contenu ex tincteur, solide ou liquide, d'une façon uni forme sur toute la zone environnante, assu rant ainsi l'extinction de l'incendie.
Avec une charge pulvérulente projetée de la. sorte dans un local, on provoque une sus pension de nuages poussiéreux tourbillonnants qui remplit tout l'espace en s'insinuant dans les plus petites cavités et éteignant l'incendie par action physico-chimique. Si l'agent extinc teur est un liquide, on provoque une pulvéri sation permettant l'évaporation très rapide par effet thermique et l'abaissement instan tané de la température dans le local, qui complète l'effet du souffle extincteur initial et l'action physico-chimique du liquide.
La fig.4 montre, en section axiale, une bombe extinctrice à fixer aux parois ou au plafond d'un local, particulièrement adaptée pour locaux à plafond bas. La bombe est mu nie d'un culot à vis, par exemple du type Edison, qui se prolonge dans un tube 24 en matière résistante qui reste solidaire du culot même après l'explosion. A l'extrémité infé rieure de ce tube se trouve la cartouche 25 contenant la charge explosive disposée au cen tre de l'enveloppe 26 de la bombe en matière fragile avec un très grand nombre de lignes de cassure prédéterminées.
Au moyen du dis positif-de fixage 27, l'enveloppe 26 est fixée à la partie supérieure du tube 24, immédiate= ment au-dessous de sa partie 28, de plus grand diamètre, qui prolonge le culot 28. Cette partie 28 est munie intérieurement, en haut, dune collerette d'appui 20 qui soutient l'organe de commande à réaction thermique ou corps fusible 30_ 31 est le collecteur de la chaleur, en forme de disque.
Ce collecteur de la chaleur 31 peut être aussi solidaire de la collerette d'appui 29 mentionnée. La com mande à réaction thermique 3f1 (corps fu sible), réglée pour une température détermi née et réagissant à la chaleur recueillie et transmise par le collecteur 31, ne retient plus le percuteur à pointe 32 qui, sollicité par le ressort 33 appuyé contre la collerette infé rieure 34 de la partie 28,
atteint la capsule fulminante 35 qui, allumant l'amorce 36., fâit éclater la charge explosive de la cartouche 25 développant ainsi la pression instantanée qui brise la bombe- et éparpille homogénement dans tout son rayon d'action son contenu extincteur, qui éteint l'incendie par action physico-chimique.
Pour certaines applications spéciales de la bombe, il est avantageux de munir le per cuteur à pointe 32 dans sa partie située tout près du culot, au-dessous de l'organe de com mande à réaction thermique 30, d'un trou dans lequel, est enfilée librement avec jeu une goupille 37 de sûreté et de contrôle.
La fig. 5 montre, en section axiale, une bombe semblable, mais munie d'une suspen sion à crochet comportant un chapeau 38 avec le crochet 39, chapeau qui se prolonge par le tube 40 qui soutient, au moyen du dispositif de fixation 41, l'enveloppe 42 de la bombe. A son extrémité supérieure,
le tube 40 porte-bombe est muni d'une colle rette 43 solidaire du ou en contact étroit avec le collecteur de chaleur 44, qui est uni à lYorgane de commande à réaction thermique pour lui transmettre avec facilité et sûrement la température ambiante du local où la bombe est fixée. La commande à réaction thermique 45- réagissant à la
température pour laquelle elle a été réglée, déclenche la tige 463, qui soutient, à son extrémité inférieure, le mar- teau â. percussion 47 qui, actionné par le ressort 48, bat sur le percuteur 49 qui, à son tour, atteint le détonateur 50 et provoque l'éclatement de la charge explosive 51 dans la cartouche 52 disposée centralement dans l'enveloppe 40 de la bombe extinctrice qui se brise en petits morceaux éparpillant tout alentour son contenu extincteur qui étouffe l'incendie.
Les deux formes d'exécution de la bombe extinctrice représentées aux fig. 4 et 5, desti nées à être fixées. au plafond (ou aux parois) d'un local, peuvent, pour certaines applica tions particulières (cabines et cales de na vires, chambres de congélation, silos et ana logues), être munies de résistances électri ques 53 (fig. 6) environnant l'organe de com mande à réaction thermique 54.
Ces résis tances électriques permettent à leur tour d'in sérer les. bombes en série ou en parallèle ou en utilisant les deux systèmes combinés, dans un réseau électrique dans le but de créer, en les faisant exploser individuellement ou en groupes, une atmosphère extinctrice préven tive dans les environs du local où l'incendie a. éclaté afin d'en empêcher la propagation.
Il est aussi possible de substituer aux ré sistances électriques 53 de la fig. 6 une sub- stancel. facilement combustible retenue dans l'espace autrement destiné aux résistances susdites 53,. tout en réunissant cet espace à celui de plusieurs bombes séparées, par un réseau comportant un cordeau de mèche convenable, ce réseau étant limité aux points qui présentents un plus grand danger d'in cendie.
La forme d'exécution de la bombe extinc trice selon la fig. 4 fonctionne comme celle représentée dans la fig. 1 lorsque l'atmo sphère du local dans lequel la bombe est placée atteint la température pour laquelle la commande à réaction thermique a été ré glée et fait partir le percuteur qui, battant sur la capsule détonante, provoque l'éclate ment de la charge explosive, le bris de l'en veloppe de la bombe et la projection de la matière extinctrice dans le local où la. bombe est fixée.
Il est clair que les deux formes d'ex6cu- tion selon les fig. 1 et 4, de la bombe à fixer dans un local, peuvent être modifiées par un homme de l'art, même en combinant certaines des différentes parties spécifiées des deux formes d'exécution.