Procédé pour la trempe d'une plaque de glace ou de verre. La présente invention a pour objet un procédé pour la trempe d'une plaque de glace ou de verre.
Les plaques de glace ou de verre trem pées suivant les procédés connus possèdent bien une résistance plus grande que les pla ques de glace ou de verre ordinaires, et pré sentent de plus la propriété de se casser en donnant naissance à un grand nombre de pe tits morceaux, non coupants, ni dangereux; toutefois, ces procédés préconisent un souf flage régulier et uniforme sur toute la sur face à traiter, de façon à obtenir une trempe homogène et régulière.
Ils ont l'inconvénient de donner naissance à un réseau de tensions et de compressions qui, pour l'ensemble de la plaque, réalise un certain équilibre relatif général, mais cet équilibre ne se retrouve en aucun point particulier de la plaque, de telle sorte que la moindre attaque sur les bords ou en un point quelconque de la plaque provo- que une rupture dudit équilibre général, qui se traduit par le bris total de la glace.
En outre, suivant lesdits procédés, la pla que de verre ou de glace trempée présente fréquemment des déformations et des irisa tions.
Les déformations sont dues soit à la violence des jets d'air, soit à la progression particulière de la solidification, qui produit une orientation non équilibrée des efforts généraux de tension et de compression, ten dant à déformer la plaque.
Les irisations ont pour origine la pola risation de la lumière par les parties de la plaque tendues ou comprimées.
Le procédé faisant l'objet de la présente invention est caractérisé en ce qu'en vue de la production de trempes partielles accolées, on projette sur chaque face de la plaque des jets d'air mobiles qui, à chaque instant, frappent ladite plaque en des points dispo- sés de façon à constituer les sommets de triangles équilatéraux dont la longueur du côté dépend de l'épaisseur de la plaque.
Pour la mise en pratique de l'invention, on peut disposer les ajutages d'air de façon que, comme indiqué au dessin annexé, les jets viennent à un instant donné frapper la plaque en des points tels que 1, 2, 3... ou en core 11, 12, 13... formant des triangles équi latéraux dont le côté a une longueur déter minée l fixée par l'expérience eu égard à l'épaisseur moyenne des plaques de glace ou de verre à tremper.
Par un dispositif approprié, on déplace soit la plaque de glace ou de verre, soit le support des ajutages des jets d'air, soit les deux, ensemble ou séparément, de façon à réa liser un mouvement relatif de la plaque par rapport aux jets, mouvement tel que les traces des jets sur la glace forment soit des circonférences de rayon égal à l (fig. 1), chaque circonférenée portant six centres de circonférences, ces six circonférences se- re coupant en son centre, soit deux lignes droites se recoupant à 60 (11-14 et 14-12, fig. 2).
On dispose les ajutages des jets d'air refroidissant l'autre côté de la plaque, de telle façon que, pour ce côté, les traces des jets d'air sur la plaque soient représentées par le tracé en pointillé.
Tant en ce qui concerne la disposition montrée dans la fig. 1 que pour celle faisant l'objet de la fig. 2, les sommets des triangles équilatéraux formés d'un côté de la plaque de verre ou de glace correspondent au centre des triangles équilatéraux formés de la même fa çon, de l'autre côté.
On voit <B> )</B> que les jets se recoupent en des points de la surface de la plaque où la vitesse de refroidissement sera la plus grande sans être exagérée, puisque les jets passent en ces points sans y stationner; b) que suivant trois directions à 120' l'une de l'autre, et se recoupant aux points ci-dessus, la vitesse de refroidissement dé- croit, puis croit suivant ces directions en ,allant d'un point à l'autre;
c) que les centres des triangles sont les parties qui se refroidissent les moins vite, dans les régions de la plaque où les déforma tions provenant des refroidissement des- trois côtés du triangle viennent se composer sui vant des directions à 120 l'une de l'autre, ce qui leur permet, aux contraintes, de s'équili brer sans qu'aucune d'elles ait à subir une variation importante.
Les points de recoupement des jets d'un côté de la plaque, qui correspondent à la vi tesse de refroidissement la plus grande, se trouvent en face du centre des triangles for més par les recoupements des jets de l'autre côté, centres qui correspondent à la vitesse de refroidissement la plus faible de ces cô tés. En ces points, les surfaces de propaga tion de la solidification deviennent donc lé gèrement courbes, ce qui permettra à l'équi libre des tensions et des compressions en ces points de se traduire par une déformation imperceptible de la plaque, perpendiculaire ment à son plan, qui limitera la résultante des contraintes dans cette zone.
Grâce à la relation établie entre la dis position des jets d'air et le mouvement rela tif que l'on réalise entre la plaque à tremper et les ajutages d'où sortent les jets d'air, on impose donc une loi bien déterminée de pro- pagation de la solidification dans toute la masse de la plaque de glace ou de verre à tremper, et l'on obtient les résultats ci- après: La plaque de glace ou de verre trem pée ne présente aucune déformation visible à l'oeil;
Les irisations dues à la trempe ne sont pas visibles à l'oeil et ne peuvent être décelées que dans des conditions spéciales d'éclairage et d'observation; Les plaques de glace ou de verre trem pées ne présentent aucune différence d'aspect avec les plaques de glace ou de verre non trempées;
Les différences entre les valeurs maxima et minima des tensions et des compressions dans l'étendue de la plaque de glace ou de verre trempée étant plus faibles, on peut, sans risque de rupture prématurée des pla ques, augmenter la vitesse de refroidissement moyenne pour obtenir des plaques ayant des caractéristiques mécaniques plus élevées après trempe.
Par l'effet des trempes accolées, chacune des faces se trouve en équilibre de compres sion et de tension. Cet équilibre existe en un grand nombre de points de la plaque, et notamment sur,ses bords, ce qui permet de les meuler ou de les rectifier en vue de l'ajus tage, ou de supprimer les défauts dus à la chauffe, sans que l'équilibre d'ensemble se trouve rompu.