Procédé pour mesurer des courants continus très intenses. La mesure de courants très intenses, quand il s'agit de courant continu, présente de nombreuses difficultés dues à la variation de la résistance des shunts habituellement employés à cette fin, cette résistance étant, pour des intensités de l'ordre de 104 A, fonc tion de nombreux facteurs malaisés à déter miner. La présente invention a pour objet un procédé pour mesurer des courants continus très intenses, à l'aide de moyens autres que ceux précités. Ce procédé se caractérise en ce qu'il consiste à mesurer le champ magné tique dû à un élément conducteur donné, destiné à être parcouru par le courant à me surer, par son effet de blocage sur un tube électronique.
On sait que, dans un tel tube électronique, le courant de plaque varie en fonction de l'intensité du champ magnétique dans lequel est placé le tube, et que les appli cations habituelles du tube exigent qu'il soit employé sous une tension de plaque telle que la caractéristique "courant de plaque Ip champ H" (voir fig. 1 du dessin) se compose d'une partie à peu prés horizontale 1, d'une portion très sensiblement verticale 2 pour un champ critique déterminant un mouvement giratoire des électrons de rayon inférieur à la distance filament-plaque, et d'une partie 3 pour les champs supérieurs à ce champ critique, partie qui se confond avec l'axe des abscisses.
_ On pourra réaliser le procédé objet de l'invention par exemple en faisant travailler le tube électronique sous une tension de pla que fortement réduite (ayant pour effet d'in curver la caractéristique comme le montre la fig. 2 du dessin), et avec une intensité de champ très inférieure à l'intensité critique pour cette tension; autrement dit, on fera travailler le tube dans la partie 1 de la caractéristique, partie qui sera d'autre part rendue aussi plongeante que possible. ' Dans ces conditions, le courant débité par le tube sera une fonction sensiblement liné- aire du courant principal à mesurer.
Un am pèremètre, inséré dans le circuit de plaque, donnera sa déviation maximum lorsque le courant à mesurer sera nul, et une déviation zéro pour une certaine valeur du courant à mesurer, valeur qui déterminera la sensibilité du dispositif. Il suffira du reste, si on le désire, d'inverser le sens habituel du couple de l'am pèremètre pour que l'échelle conserve le sens standard de graduation.
La fig. 3 du dessin donne, à titre d'exem ple, un schéma d'un dispositif pour la réali sation de l'invention;<B>où</B> le courant principal parcourt une spire 4, à l'intérieur de laquelle est placé un diode magnétron 5. Le filament 6 de celui-ci est chauffé par une source 7 et le courant de chauffage est réglé par un rhéostat 8 - auquel il sera utile de joindre une résistance ballast fer-hydrogène 12 de manière à rendre le courant indépendant des variations de la tension de la source; la plaque 9 entoure le filament, et son circuit, alimenté par une source 10, comprend l'am pèremètre 11.
Il est bien entendu qu'il n'est pas indis pensable de faire passer le courant principal dans une spire telle que 4; le champ magné tique créé par le courant pourra être utilisé de toute autre façon analogue pour le contrôle du magnétron sans sortir du cadre de l'in vention.
Dans l'exemple décrit on emploie, pour la mesure des courants continus, un diode magnétron dont on déforme la caractéristique.
Mais on peut aussi substituer à cet organe tout autre tube électronique, tel qu'une triode, sur laquelle on fait agir le champ magné tique du courant à mesurer, de telle sorte que ce dernier soit lié par une relation uni voque au courant anodique de ce tube.
Dans cet ordre d'idées, on peut employer par exemple une triode à électrodes concen triques dont la caractéristique "champ magné tique - courant anodique" prend une allure à peu près réctiligne grâce en particulier à un choix convenable du potentiel appliqué à la grille de commande (potentiel faiblement . positif et de la tension anodique.
Puis, à titre de variante, on peut aussi utiliser un tube à décharge à cathode froide; il est connu en effet qu'un champ magné tique longitudinal accroît dans certaines con ditions l'intensité de la décharge; un choix convenable de la distance entre électrodes et de la pression du gaz permet ici encore d'obtenir une caractéristique à peu près linéaire et urne étendue de variations considérable. Il est à noter qu'avec un tube de ce type, l'in tensité de la décharge croit avec celle du champ, contrairement à, ce qui se passe avec un magnétron ou une triode; le zéro de l'indicateur se trouve donc à l'extrémité opposée de la graduation.