Mélange plastique capable de faire prise en un corps dur et procédé de préparation de ce mélange. La présente invention a pour objet un mé lange plastique capable de faire prise en un corps dur, destiné à être utilisé comme tam pon de scellement; elle comprend également le procédé de préparation de ce mélange. Ce tampon de scellement peut être placé dans une cavité, un trou, etc. d'un mur, galan dage, etc., et servir à la fixation d'une vis, d'un clou ou autre organe analogue.
Le mélange plastique selon l'invention est caractérisé en ce qu'il est constitué, au moins en partie, par des fibres, par au moins une matière solide à l'état normal et par au moins un liquide, l'un au moins de ces deux derniers corps constituant un liant capable de faire prise et de rendre le mélange dur.
Ce mélange est destiné à être utilisé en lieu et place des tampons muraux tubulaires formés à l'avance de manière à permettre la fixation facile, commode et rapide, de vis et de clous de toutes dimensions normales dans des trous ménagés dans un mur ou autre sur- face, à condition que ces trous aient des di mensions suffisantes pour recevoir les vis ou clous à utiliser.
Ce mélange peut s'introduire facilement dans un trou à l'état plastique, pour y faire ensuite prise et adhérer à la matière du mur, de manière à pouvoir recevoir et retenir une vis ou un clou, lorqu'il est encore à l'état plastique ou à être alésé après prise pour re cevoir ladite vis ou clou.
Les fibres contenues dans le mélange peu vent être d'origine animale ou végétale, mais elles sont de préférence d'origine minérale. On peut citer comme fibres appropriées les poils, le jute, le chanvre, le lin, le coton, la laine métallique et l'amiante, cette dernière fibre étant la mieux appropriée aux applica tions envisagées puisqu'elle est pratiquement indestructible et ne se dilate pas ni ne se contracte lorsque sa teneur en humidité varie.
Comme matières solides à l'état normal, entrant dans la composition du mélange, on peut citer par exemple: le ciment, le plâtre, la brique pulvérisée, la poudre d'émeri, la poudre de pierre ponce, la poudre à couteaux, la sciure de bois, la farine de froment ou d'autres céréales, la poudre d'argenterie, la poussière de coke et toutes matières minérales finement granulées autres que celles indi quées ci-dessus.
Le liquide à utiliser est déterminé princi palement par la nature de la ou des matières solides à l'état normal incorporées au mé lange; ce liquide peut être un liquide simple tel que l'eau ou bien une solution ou suspen sion d'une ou plusieurs substances dans un liquide simple.
Par exemple, lorsque la matière solide à l'état normal est un mélange de ciment, de poudre de pierre ponce et de farine de fro ment, le liquide peut être de l'eau ou une suspension de plâtre dans l'eau. Ou encore, lorsque ladite matière est une mélange de sciure de bois et de poudre de pierre ponce, le liquide peut être une solution de celluloïd dans un solvant tel que l'acétate d'amyle. Suivant un autre exemple, on peut utiliser comme matière, de la poudre d'émeri, le liquide étant par exemple une huile siccative telle que l'huile de lin cuite, avec ou sans addition de siccatif. On peut également uti liser dans certains cas comme liquide une so lution de verre soluble.
Dans tous les cas, toutefois, il est indis pensable que le liquide et la matière solide à l'état normal aient ensemble ou séparément des propriétés liante et de durcissement, de manière à former à la longue une masse so lide. Le durcissement peut être dû à une réac tion chimique effectuée entre le liquide et la matière, ce qui est le cas notamment de l'eau mélangée au ciment ou bien ce durcissement peut être dû à une modification chimique ou physique se produisant dans le liquide lui- même,
ce qui est le cas lorsqu'on utilise une huile siccative et qu'il se produit une réaction chimique sous forme d'oxydation et égale ment dans le cas de l'utilisation d'une solu tion de celluloïd où il se produit une modifi cation physique constituée par l'évaporation du solvant. Et même, dans certaines circons tances, il peut se produire à la fois deux de ces causes de durcissement ou davantage, sui vant le mélange utilisé.
Le procédé de préparation du mélange selon l'invention est caractérisé en ce que l'on mélange des fibres sèches avec au moins une matière pulvérulente solide à l'état normal, puis en ce que l'on ajoute à ce premier mé lange pulvérulent au moins un liquide de manière à former un mélange plastique capa ble de faire prise et de durcir.
Lorsque le liquide à ajouter au mélange pulvérulent est de l'eau ou un autre liquide que les usagers puissent facilement se procu rer, il est préférable de livrer au cômmerce le mélange pulvérulent à l'état sec. Il est alors avantageux de comprimer le mélange sec dans des récipients appropriés servant à son transport, de manière à éviter que ses constituants ne se séparent sous l'action des vibrations ou d'une cause analogue.
De plus, on doit livrer à l'état sec ceux des mélanges pulvérulents qui sont tels que l'on ne puisse régler le passage de l'état plastique à l'état durci final, par exemple par mise à l'abri de l'air ou par l'empêchement de l'évaporation d'un solvant, à partir du moment où l'on a ajouté du liquide au mélange pulvérulent. A titre d'exemple de cette dernière catégorie de mélanges à durcissement non réglable, on peut citer des mélanges contenant du ciment ou du plâtre.
Dans les cas où l'on peut régler facile ment le passage de l'état plastique à l'état dur final, c'est-à-dire où l'on peut empêcher ou retarder la prise par un artifice simple consistant par exemple à enfermer le mé lange plastique dans une boîte étanche ou autre récipient étanche, on peut livrer direc tement au commerce les mélanges plastiques.
On peut citer comme exemple de mélanges plastiques conformes à l'invention, suscepti bles d'être livrés dans un récipient étanche, ceux avec lesquels on doit employer comme liquide une huile siccative ou une solution de celluloïd. Il peut être avantageux d'utiliser une ma tière solide à l'état normal, présentant une dureté suffisante telle que la poudre d'émeri dans les mélanges destinés à être utilisés avec un liquide oléagineux pour compenser la ten dance du mélange plastique obtenu à sortir du trou pendant l'introduction de la vis en raison de l'effet lubrifiant du liquide.
Les fibres utilisées dans les mélanges con formes à l'invention peuvent présenter des longueurs variables, mais il est préférable qu'au moins une partie des fibres soit rela tivement grande et ait par exemple environ 36 mm. de longueur.
De plus, de préférence et en règle géné rale, la masse fibreuse doit présenter un vo lume supérieur à celui de l'ensemble des autres constituants du mélange.
On va décrire maintenant, à titre d'exem ple purement indicatif, quelques types de mélanges, leur procédé de préparation et leur mode d'utilisation. Le mélange préféré conforme à l'invention que l'on peut utiliser de la manière la plus générale est constitué par un mélange intime de fibres d'amiante, de poudre à couteaux, de farine et de ciment, de préférence un ci ment amenant le mélange à faire prise avec une dureté suffisante après avoir été mouillé avec de l'eau en moins d'environ quatre heures et à prendre sa dureté à peu près finale en moins d'environ vingt heures.
On prépare un tel mélange qui est parti culièrement utile pour placer des tampons dans des murs et surfaces analogues en mé langeant d'une manière intime les consti tuants dans les proportions suivantes Fibre d'amiante courte d'environ 12 mm de longueur 12 kg Fibre d'amiante moyenne d'environ 24 mm de longueur 2 kg Fibre d'amiante longue d'environ 36 mm de longueur 2,25 kg Farine de froment ordinaire 6,5 kg Poudre à couteaux de qualité moyenne 8,75 kg Ciment blanc 24,5 kg Le produit obtenu est une masse sèche que l'on. fournit à l'usager à l'état sec.
Pour l'utiliser, on ajoute de l'eau à une partie du mélange sec, cette eau étant en quantité suf fisante pour transformer la masse mouillée en une masse plastique ayant une cohésion suf fisante et pouvant être roulée entre les mains. Quand il s'agit de placer un tampon dans un mur pour sceller une vis, on roule la ruasse plastique pour lui donner une forme à, peu près cylindrique que l'on introduit longi tudinalement dans un trou préparé à l'avance, le cylindre étant de préférence refoulé dans le trou sous l'action de la compression d'un outil ou instrument émoussé. A mesure que la masse durcit, elle adhère aux matières qui l'entourent dont elle devient solidaire après prise, lorsque le trou a été fait dans un mur ordinaire.
On peut introduire la vis dans la masse pendant que celle-ci est encore à l'état plastique, la masse ayant été percée, au préa lable et de préférence au moyen d'un instru ment pointu, auquel cas la vis forme son propre taraudage; ou bien on laisse la masse faire prise avant d'introduire la vis. Dans ce dernier cas, on peut percer la masse pendant qu'elle est encore plastique pour préparer l'alésage destiné à recevoir la vis, ou encore on peut percer la masse après durcissement, la vis étant ensuite introduite dans l'alésage pour y tailler elle-même son propre tarau dage, comme dans le cas du bois recevant une vis.
Le trou primitivement formé dans le mur doit, de préférence, présenter un diamètre de très peu supérieur à celui de la vis, la diffé rence étant par exemple de 1,5 à 3 millimètres dans le cas des vis à bois utilisées le plus communément; ces précautions assurent un pouvoir de retenue maximum lorsqu'on uti lise une quantité minima de la masse plasti que. Dans de telles conditions, la vis intro duite dans la masse plastique est immédiate ment capable de résister à une charge assez lourde.
On a pu toutefois placer des tampons, d'une manière satisfaisante, avec un tel mé lange plastique conforme à l'invention, dans des trous ayant un diamètre relativement considérable par rapport aux vis à y intro duire et l'on a pu y faire pénétrer immé diatement les vis, celles-ci étant immédiate ment capables de supporter aussitôt après in troduction des charges légères.
Le mélange décrit est imperméable et est pratiquement insensible à la chaleur et à l'ac tion des acides et des alcalis; on peut l'uti liser avec les vis ordinaires, les clous, les vis à bois ou les tirefonds. Le mélange peut être utilisé pour réparer les dégradations faites en préparant le trou primitif. Il peut être utilisé non seulement avec la maçonnerie et les murs en plâtre, mais également avec les tuiles et la porcelaine sans danger de félures et il peut, s'il ne s'attache pas d'une manière aussi intime dans ce dernier cas que dans des murs en brique, s'attacher avec une force suffisante pour les besoins de la pratique. Les ouvriers peuvent le porter à l'état plasti que pendant une heure ou davantage sans qu'il cesse d'être utilisable.
On peut enlever la vis avant ou après prise du mélange, ce qui laisserait un taraudage parfait .dans le mélange qui ne se -détache d'ailleurs pas de la maçonnerie sous l'action de cet enlève ment. L'utilisation de ce mélange permet l'utilisation -des vis en combinaison avec des matières fragiles, puisque son pouvoir de re tenue n'est pas obtenu simplement par frot tement dû à la dilatation du mélange, sous l'action de l'introduction de la vis, mais principalement par le fait que le mélange pénètre dans les irrégularités de la surface de la paroi du trou.
On devra remarquer que la masse plasti que peut être préparée habituellement en ajoutant au mélange sec mentionné ci-dessus une quantité d'eau légèrement supérieure à celle qui est nécessaire pour assurer la prise du ciment et que la masse plastique ainsi préparée, tout en présentant une cohésion suffisante et en étant susceptible d'être rou lée à la forme voulue, ne fait pas prise aussi rapidement que si une quantité d'eau légère ment plus faible avait été ajoutée.
Ce phé nomène est avantageux en ce sens qu'il per- met de préparer à l'avance une quantité de masse plastique que l'on porte de préférence dans une boîte à peu près étanche pendant toute la journée de travail en prévision des tampons à placer et d'autres usages possibles. A la suite de l'introduction d'une vis ou organe analogue dans un tampon formé à partir d'un tel mélange plastique, on exprime en totalité ou en partie l'humidité en excès contenue dans le mélange, ce qui accélère le durcissement de celui-ci.
Lorsqu'on utilise pour certaines applica tions un mélange sec de fibres d'amiante, de poudre à, couteaux, de farine et de ciment. par exemple lorsqu'on veut fixer dans un isolateur électrique la vis, tige, ergot ou console central servant à fixer l'isolateur à un poteau ou autre support, il est préférable d'accroître la proportion de ciment dans le mélange.
On peut donner comme exemple d'un mé lange approprié à cet effet un mélange com portant en poids 20% de fibre d'amiante dont la longueur varie par exemple de 12 à 36 mm,<B>10%</B> de poudre à couteaux, 7 % de farine et #63% de ciment. Ce mélange est suffisamment élastique après prise pour com penser les dilatations et contractions de l'iso lateur sous l'action des changements de tem pérature.
Le mélange mentionné ci-dessus compre nant du ciment ordinaire doit également re cevoir une certaine proportion d'une sub stance agissant comme liant provisoire pen dant que l'on manipule le mélange à l'état plastique, cette addition étant nécessaire pour empêcher toute séparation du mélange en ses constituants. On peut citer comme sub stance appropriée à cet effet la farine de froment ordinaire faisant partie des mélanges décrits, mais on peut utiliser .d'autres farines de céréales, les amidons, etc.
On peut obtenir certains avantages de l'invention au moyen de mélanges d'appli cations moins universelle que le mélange du type décrit à fibre d'amiante, poudre à cou teaux, farine et ciment. Par exemple, si l'on désire obtenir un mélange plastique à durcissement rapide, on peut utiliser du plâtre à la place du ciment. On peut encore mouiller les mélanges secs contenant du ciment avec une suspension aqueuse épaisse de plâtre.
Le mélange selon l'invention peut être mis sur le marché à l'état plastique, par exemple lorsqu'il est obtenu par addition d'ac4tate d'amyle à un mélange sec de fibre d'amiante,<B>de</B> sciure de bois, de poudre de pierre ponce et de celluloïd. Les proportions convenables pour les constituants ,d'un tel mélange plastique sont en poids: acétate d'amyle, 4 parties, sciure de bois, 2 parties, celluloïd, 1. partie, poudre de pierre ponce, 1 partie, avec une quantité ;suffisante de fibre d'amiante constituée moitié par des fibres de 36 mm et moitié par des fibres de 18 mm pour former les deux tiers en volume de l'ensemble du mélange plastique.
Ce mé lange fait prise, a un pouvoir de retenue excellent et est étanche à l'eau, mais ne peut résister à des températures supérieures à 82 C et, pendant qu'il est à l'état plasti que, il doit être conservé dans un récipient étanche à l'air pour empêcher toute perte de solvant. De plus, on doit donner rapidement au mélange plastique la forme désirée .en le roulant et cette opération doit se répéter sé parément pour chaque tampon, car, autre ment, l'évaporation du solvant rendrait le mélange gluant. Si on le désire, on peut ajou ter le celluloïd aux autres constituants du mélange sous forme de solution dans l'acétate d'amyle.
Un autre mélange que l'on peut livrer sous forme plastique consiste en fibre d'a miante, en poudre d'émeri et en huile de lin cuite, avec ou sans addition d'un siccatif connu. On peut utiliser comme proportions convenables en poids: 4 parties d'huile de lin cuite pour 4 parties en poids de poudre d'émeri avec une quantité suffisante d'un mélange<B>de 50%</B> de fibres d'amiante de 36 mm et de 50 % de fibres d'amiante de 18 mm pour former les :deux tiers du volume total du mélange plastique. Celui-ci serait bien imperméable, mais aurait un pouvoir de retenue relativement faible.
Il serait utile dans les endroits humides où la possibilité d'une tache d'huile sur les matières voisines du tampon ne serait pas gênante et où l'on pourrait craindre autrement que la vis ou autre organe ne se rouille, par exemple dans les murs de cave et dans les tunnels.