Fil élastique et procédé pour sa fabrication. La présente invention se rapporte à un fil élastique, caractérisé en ce qu'il comprend une âme en caoutchouc qui est sensiblement non tendue à l'état de repos, et un revêtement hélicoïdal formant guipage non élastique en tourant l'âme et disposé de façon à limiter l'allongement de celle-ci à une valeur infé rieure à la valeur limite de l'allongement de l'âme non guipée.
L'invention se rapporte en outre à un procédé de fabrication du fil élastique ci- dessus défini, ce procédé étant caractérisé en ce qu'on allonge une âme élastique à un degré sensiblement inférieur à sa limite élas tique et qu'on recouvre cette âme ainsi allon gée d'un revêtement hélicoïdal formant gui- page de matière non élastique, avec un pas tel qu'il empêche cette âme de s'allonger dans une mesure plus grande,
bien qu'il soit dis posé de façon qu'il subsiste entre ses spires des espaces propres à permettre à l'âme de se contracter et de revenir sensiblement à son état nu, dans la position de repos, lorsqu'elle a été libérée.
Au dessin annexé, donné à titre d'exemple: La fig. 1 est une vue en plan d'un frag ment d'un tissu élastique contenant des fils élastiques selon l'invention; La fig. 2 est une vue de côté ou en plan d'un morceau de l'âme en caoutchouc d'une forme d'exécution du fil élastique que com prend l'invention; La fig. 3 représente cette âme allongée au cours du guipage; La fig. 4 représente un fragment du fil guipé ay=ant été contracté après le guipage.
Dans la fabrication des tissus élastiques, il est usuel d'effectuer le guipage des fils de caoutchouc pendant que ces fils sont allon gés sensiblement à leur limite d'élasticité. En d'autres termes, si le caoutchouc est .capable de résister à un allongement de 500 % , il est soumis à cet allongement de<B>500%</B> pendant qu'on le guipe, et ce fil guipé est allongé, pendant le tissage, à ce degré sensiblement entier de<B>500%</B> de sa longueur initiale;
et si l'on désire que le produit fini possède un certain pourcentage d'allongement inférieur à 500%, par exemple un allongement de 100 %o, ou qu'il y ait une contraction de 50 % dans le fil après le guipage, on effectue ce guipage du fil de caoutchouc ou élastique nu de façon qu'il ne puisse pas revenir à sa posi tion initiale, en se contractant, et qu'il soit au contraire continuellement sous tension et tende à revenir à la longueur qu'il possédait à l'état de caoutchouc nu. Par exemple, si un fil de caoutchouc de 1 cm était allongé de <B>500%,</B> sa longueur deviendrait ô cm. Si l'on désirait, pour le tissu, un pouvoir d'allonge ment de 100 %, on disposerait le guipage de façon à permettre et limiter la contraction du fil guipé à 3 cm.
L'âme de caoutchouc aurait constamment tendance à revenir à une longueur de 1 cm. D'autres procédés per mettant de régler l'allongement du tissu fini consisteraient, par exemple, à insérer dans le tissu, au cours du tissage, un nombre suffi . sant de duites pour régler l'allongement, ou à insérer un plus grand nombre de chaînes, ou des chaînes plus grosses, de façon que, lorsque le tissu sort du métier, si l'on désire un allongement de<B>100%,</B> la force de trac tion à laquelle on le soumet ne donne exac tement que cet allongement de<B>100%,</B> un pourcentage d'allongement plus grand étant empêché en raison du fait que le tissu ne re vient pas entièrement à sa longueur initiale en se contractant.
Dans un tissu de ce genre, les fils élastiques sont constamment sous ten sion. Ces fils élastiques ont par suite ten dance à exercer constamment une traction pour diminuer leur longueur pendant tout le temps de leur durée. On constate qu'un tissu ainsi établi se rétrécit dans une mesure con sidérable. Il peut subir par exemple un rétré cissement moyen de 15 à 20 %, ce qui a lieu pendant les saisons chaudes ou humides ou pendant que le tissu est sur le corps de l'usa ger et soumis à la chaleur de ce corps, ainsi que pendant le blanchissage.
On a constaté que dans l'utilisation d'un tissu élastique sous forme d'un vêtement destiné à envelopper le corps, comme par exemple dans les vêtements de dessous pour hommes et femmes, pyjamas, shorts, etc., cette contraction a lieu dans une mesure telle que, en raison de son rétrécisse ment, la bande entourant le corps devient si serrée qu'elle occasionne une gêne et l'on a cherché par divers moyens à surmonter cet effet indésirable.
Le problème peut être ré solu en employant, pour la fabrication d'un tissu élastique, des formes d'exécution du fil élastique que comprend l'invention. On ob tient alors un tissu dont on peut régler l'al longement à un degré tel que la contraction est réduite à moins de 5 % si l'on adopte cer taines mesures qui constituent un change ment radical avec celles dont l'application avait jusqu'ici usuellement été considérée comme nécessaire dans la préparation et le tissage d'un fil élastique guipé. Pour réali ser le résultat visé, en partant d'un fil de caoutchouc, au lieu d'allonger ce fil de 500 % ou jusqu'à sa limite comme d'ordinaire,
on l'allonge par exemple de 150 à 200 % et on le guipe alors d'une manière propre à l'em pêcher de subir un allongement supplémen taire mais à lui permettre de se contracter entièrement, de telle sorte que l'âme de eaout- chouc est sensiblement non tendue à l'état de repos et possède la même longueur que le caoutchouc nu avant le guipage. On peut alors tisser le fil élastique obtenu, de la ma nière habituelle.
De cette façon, on peut obtenir une contraction déterminée du tissu après qu'il a été tissé, ce qui donne un allon gement déterminé désiré, et, dans le tissu, les chaînes élastiques ne sont sensiblement soumises à aucune tension ou ne sont sou mises qu'à une tension si faible qu'elles n'exercent pas constamment la grande force de traction qui tend à les contracter, comme c'était le cas jusqu'à ce jour.
On va décrire maintenant une forme d'exécution du procédé de fabrication du fil élastique.
Dans la fig. 2, 10 dés; cne un petit mor ceau de fil de caoutchouc supposé, pour des buts de comparaison, posséder 1 cm de lon- gueur. Ce morceau de 1 cm représente le caoutchouc nu au repos. En d'autres termes, le caoutchouc n'a pas tendance à se contrac ter à une longueur plus petite que celle repré sentée dans la fig. 2. Il est bien entendu que ce caoutchouc nu possède un métrage continu de grande longueur et que c'est uniquement pour des buts de comparaison qu'on n'en a représenté qu'un petit morceau.
On allonge cette âme de caoutchouc de<B>150%</B> environ, c'est-à-dire que la longueur de 1 cm est portée à environ 21/2 cm, comme représenté dans la fi-. 3, et on la munit d'un guipage composé d'une matière non élastique convenable 11. Tel qu'il est appliqué, ce guipage limite le pouvoir d'allongement du fil de telle sorte qu'une longueur de 1 cm du caoutchouc nu ne peut jamais s'allonger au delà de 150 %, soit au delà de 2,5 cm. D'un autre côté, le guipage est disposé de telle sorte que l'âme de caout chouc se contracte de façon à revenir sensi blement à la longueur qu'elle possédait à, l'état nu, soit à une longueur de 1,1 cm en viron, comme représenté en 12 dans la fig. 4.
On se rend compte toutefois que, en raison de la présence du guipage, le caoutchouc n'est pas entièrement ramené, par contraction, à la longueur qu'il possédait à l'état nu, mais il n'y aura pas plus de 10 cm de caoutchouc guipé pour 9 cm de caoutchouc nu, ce qui est entièrement en opposition avec le résultat ordinairement obtenu jusqu'à ce jour, qui donne environ 10 cm de caoutchouc guipé pour 3 à 6 cm de caoutchouc nu.
On pourra par exemple constituer un tissu dans lequel les fils de chaîne sont constitués par des fils obtenus au moyen du procédé décrit ci-dessus, de façon que ces fils de chaîne puissent se contracter et revenir sen siblement à la position de repos dans laquelle ils ne sont soumis à aucune tension longitu dinale.
On tisse ces fils élastiques sous forme d'un tissu approximativement de la manière usuelle, c'est-à-dire que les fils élastiques sont entièrement sous tension, de telle sorte que, lorsqu'il s'ait d'obtenir un allongement de<B>150%</B> comme il a été dit précédemment, 1 cm de caoutchouc nu devient 2,5 cm de caoutchouc guipé, mais ne peut pas s'allon ger dans une mesure plus grande en raison du guipage. 'Dans ce tissage, bien entendu, la contraction sera limitée dans une certaine mesure en raison de la présence des duites placées en travers des fils de chaîne, un allon gement de<B>50%</B> pouvant par exemple être absorbé de ce fait;
toutefois, au lieu d'insé rer un grand nombre de duites pour limiter la contraction, on place les duites d'une fa çon assez libre et telle qu'elles ne limitent pas la contraction et permettent au contraire aux fils de caoutchouc de se contracter sen siblement au degré entier et de revenir à, une position qui est sensiblement la position de repos, dans la matière finie quittant l'ensou- pleau du métier à tisser.
Le tissu tissé à l'aide des fils élastiques ayant un allonge ment de 150 % aura sensiblement un allonge ment de<B>100%</B> après le tissage.
On a représenté dans la fig. 1 un tissu élastique dans lequel on a prévu des fils élas tiques 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21 et 22, qui sont une forme d'exécution du fil élastique que comprend l'invention. Les fils de chaîne non élastiques insérés entre ces fils élastiques sont désignés par 23.
Les duites placées dans le tissu sont disposées de façon à constituer une armure de 1 : 1 avec les fils de chaîne, comme indiqué en 24, entre deux fils élasti ques étroitement adjacents, alors que les dui- tes sont disposées de façon à constituer une armure de 2 : 2 avec les fils de chaîne, comme indiqué en 25, dans les espaces plus larges séparant les groupes de fils élastiques. Ces espaces plus larges se froncent, comme indi qué en 26, dans un tissu typique tel que celui représenté dans la fig. 1 après contraction.
Le tissu représenté est tissé assez libre ment, en ce qui'concerne lé serrage des dui- tes, et possèdera. un allongement de 100% environ ou tout degré d'allongement désiré ayant été déterminé à l'avance par certaines opérations de calcul principalement régies par le guipage<B>de</B> l'âme des fils élastiques -con tenus dans la chaîne de ce tissu.
Cependant, après contraction du tissu, les fils élastiques seront sensiblement à J'état de repos et n'exerceront pour ainsi dire aucune traction dans la direction longitudinale. En raison de l'absence de toute traction longitudinale des fils à l'état contracté du tissu, celui-ci ne rétrécit pas lorsqu'il est exposé à la chaleur et à la transpiration du corps ou aux opéra tions de blanchissage.
En outre, on obtient un tissu très flexible dont l'emploi est extrêmement avantageux pour revêtir le corps, surtout lorsqu'on en emploie une assez grande longueur ,comme dans les vêtements de dessous, pyjamas, etc.
En outre, lorsqu'un caoutchouc poreux est soumis à un allongement, une grande propor tion de sa masse est exposée à l'action de l'oxygène de l'air et il se détériore rapide ment de l'extérieur, alors que, dans le tissu fabriqué au moyen des fils élastiques, selon l'invention, comme le caoutchouc n'est sou mis à aucune tension, ses pores sont fermés dans une mesure beaucoup plus grande et il risque moins d'être soumis à une oxydation de ce genre. Il s'ensuit que la -durée d'un tel tissu est grandement augmentée.
11 a été question d'un tissu fabriqué sur un métier à tisser, mais il est bien entendu que les formes d'exécution du fil élastique que comprend l'invention peuvent aussi être employées dans le cas de tissus tressés, tri cotés ou autrement fabriqués -ou assemblés, le terme "tissus" comprenant non seulement le produit usuel d'un métier à tisser, mais aussi tous les produits textiles obtenus par un entrelacement de fils.
Les formes d'exécution du fil élastique que comprend l'invention permettent d'établir des tissus qui ne subissent qu'un faible ou aucun rétrécissement ou contraction après qu'ils ont été fabriqués, contrairement à ce qui se produisait jusqu'à ce jour sous l'action de la chaleur du corps ou du blanchissage auquel .on les soumettait,
et qui ne subissent qu'un faible ou aucun rétrécissement pendant la durée des usages qu'ils sont appelés à re cevoir et qui possèdent cependant une tex- ture à maille relativement ouverte ou ajourée par opposition à une texture dans laquelle les dnites sont serrées pour régler l'allongement ainsi qu'il est usuel dans la fabrication ac tuelle des tissus de ce genre.
En outre, il est possible d'exercer un con trôle sur les fils élastiques au cours de leur préparation et avant leur montage dans un tissu fini, de façon que le caractère du tissu produit à l'aide des fils suivant l'invention possède une qualité désirée prédéterminée et qu'on n'ait pas besoin d'avoir recours à des méthodes spéciales pour le tissage.
En utilisant les fils suivant l'invention, on :obtient un tissu élastique dont la durée est plus grande que celle d'un tissu dans lequel les fils élastiques sont sous tension et allon gés à un degré considérable.