Maehine pour l'ouverture des cellules de l'assise protéique de blé et d'autres céréales. On sait que par les procédés de mouture ordinaires, on n'arrive pas à obtenir de la farine intégrale, c'est-à-dire de la farine con tenant, sous une forme assimilable par l'or ganisme humain, la, totalité des substances nutritives du blé et d'autres céréales.
En effet, les éléments nutritifs de l'assise protéique et de certaines parties du germe du grain se trouvent, pour ainsi dire, perdus pour pour l'alimentation humaine, ces éléments étant emprisonnés dans des cellules à parois cellu losiques inattaquables par les sucs stomacaux et intestinaux et dont le contenu est, ainsi, inaccessible à la digestion.
On a déjà proposé un certain nombre de procédés d'ouverture des cellules de l'assise protéique à sec et par voie mécanique, mais ces procédés, exigeaient l'application d'efforts considérables, ce qui entraînait, en particu lier, en raison de la chaleur développée au cours de l'opération, une détérioration des substances nutritives et de la pâte elle-même.
La présente invention a pour objet une machine pour l'ouverture des cellules de l'as- sise protéique de grains de blé et d'autres céréales, qui permet de remédier à ces incon vénients, et dans laquelle les grains, débar rassés au préalable du péricarpe, sont soumis à l'usure des parois de leurs enveloppes cel- lulosiques.
Cette machine est caractérisée par le fait qu'elle comporte des surfaces propres à pro duire l'usure desdites parois cellulosiques lorsque les grains glissent sur elles, et des moyens pour amener les grains à traiter sur ces surfaces, celles-ci étant animées d'un mou vement lent provoquant une variation de leur inclinais on, qui produit l'avancement, du fait de leur gravité, des grains qu'elles supportent, et par suite le frottement de ces derniers contre elles.
Cette machine peut être combinée avec d'autres dispositifs pour former un appareil lage pour la fabrication de la farine, ledit appareillage pouvant comporter, outre la machine ci-dessus définie, une décortiqueus,e d'un type quelconque (destinée à,débaxrass!er le grain du p rioaxpe),
une colonne de sé- chage ou un appareil analogue (ayant pour but d'enlever au grain décortiqué la faible quantité d'eau qu'il a pu emmagasiner au cours de l'opération de mouillage préalable ment à la décortication), éventuellement un moulin à cylindres ou broyeur d'un type quel conque dans lequel s'effectue l'écrasement du grain à la, manière habituelle, et un mélan geur dans lequel on procède au mélange des produits issus de la machine et du broyeur précités.
Sur le dessin annexé, on a représenté. à titre d'exemple seulement, une forme d'exé- eution d'appareillage qui comporte une ma chine selon l'invention.
La, fig. 1 est une vue en coupe suivant la ligne I-I de la. fig. 2; La fig. 2 est une vue en coupe par un plan vertical médian d'une partie de la ma chine pour la dislocation par usure des parois cellulosiques de la couche protéique et de cer taines parties du germe du grain de blé: La fig. 3 est une vue en élévation d'une installation comportant la combinaison de deux machines, établies conformément à l'invention, montées en série et travaillant en cycle fermé: La fig. 4, enfin, est une vue sclématique de l'appareillage.
La machine montrée sur les fig. 1 à 3 est destinée à traiter les grains de blé ou d'autres céréales, après que ceux-ci ont été débarrassés du péricarpe, en vue d'amincir, de disloquer et de désagréger, par usure, les parois cellu losiques de la couche protéique et de certaines parties du germe desdits grains.
Cette usure est déterminée, par un léger frottement, en tretenu pendant un temps suffisamment long, du grain contre des surfaces importantes faites en matière appropriée et, en particulier, en matière abrasive, surfaces star lesquelles les grains sont obligés de glisser soit séparé- ment, soit sous forme d'une couche très mince, sans toutefois que ces grains viennent s'écra ser contre lesdites surfaces sous l'effet de la force centrifuge ou de fortes pressions.
A cet effet, on a prévu, dans la machine, montrée en particulier sur les fig. 1 et 2, un certain nombre d'éléments identiques ou boîtiers 1 montés sur un arbre creux 2. ces éléments étant entraînés à une vitesse angu laire très faible dans le sens de la flèche F. Chaque boîtier 1 affecte la forme d'un cy lindre très court comportant à l'intérieur un certain nombre de compartiments 4 limités par des parois spiraloïdes 5: ces parois sont rendues solidaires clos pièces en tôle emboutie 6 et 7 qui, avec une troisième pièce en tôle emboutie 8, forment une sorte de boîte cylin drique qui constitue chacun des boîtiers 1.
Entre les pièces embouties 7 et 8, on a prévu une ouverture circulaire 9 qui sert d'entrée aux grains à traiter à l'intérieur de chacun des boîtiers 1. A l'intérieur de cha cun de ces boîtiers et concentriquement à l'arbre creux 2, est placé un tamis annulaire 10 contre lequel viennent buter les parois spiraloïdes 5 des compartiments 4.
L'extrémité extérieure (le chacune des spirales 5 vient se fixer à la pièce emboutie correspondante 6, ainsi qu'on le voit en par ticulier sur la fig. 2.
Entre deux spirales voisines et au voisi nage immédiat du tamis annulaire 10, on a pratiqué, dans la pièce emboutie 6, des ou vertures 17 qui servent d'orifices de sortie aux grains en traitement, introduits en 9, après lotir trajet le long clos spirales 5.
Ainsi qu'on le voit sur la fig. 2, un cer tain nombre de boîtiers (quatre dans l'exem ple représenté) sont fixés star l'arbre creux qui comirainique constamment avec chaque compartiment des boîtiers par des ouvertures 12 débouchant en face du tamis annulaire 10.
Les -raies à, traiter sont introduits dans la machine par @la trémie 13 qui vient se fixer sur une pièce de guidage 14 qui est solida- risée avec le palier 1 5 de l'arbre ? à l'aide de pièces de support 16.
La machine qui vient d'être décrite fonc tionne de la. manière suivante: Les grains it. traiter sont introduits par la trémie 13: ils descendent dans la pièce de gui dage 14 doit ils sont. acheminés vers les com partiments 4 limités par les parois 5 en forme de spirale. En raison du mouvement de rota- tion lente dont est animé le système, les grains glissent sur les surfaces des comparti ments en spirale, surfaces faites de préférence en matière abrasive, en circulant ainsi de la périphérie vers le centre de la machine. Près des orifices de sortie 11, les particules très légères détachées du grain par usure sont as pirées à travers le tamis annulaire 10 et les orifices 12 pour être évacuées ensuite de la machine par l'arbre creux 2.
Quant aux grains eux-mêmes, ils passent par les orifices 11 pour tomber entre le premier boîtier et le boîtier 1 voisin, dans lequel ils entrent par l'ouverture 9 de ce dernier et où ils sont captés, pour ainsi dire, parles spirales 5 de ce boîtier, pour effectuer le trajet figuré en traits interrompus (fig. 2), tandis que les particules légères détachées par usure des grains passent à l'intérieur de l'arbre 2 de la machine, d'où elles sont évacuées par aspira tion dans un collecteur approprié.
Les grains sortent ainsi du dernier boîtier 1 du groupe d'éléments montré sur la fig. 2, par le conduit 17 d'où ils peuvent être diri gés soit dans un autre groupe de boîtiers iden tiques, soit à nouveau dans la trémie 13 pour parcourir le même cycle jusqu'au moment où toute la couche protéique et le germe seront désagrégés; le reste du grain, qui ne com porte alors que l'amande farineuse, peut être traité dans un moulin à cylindres ou broyeur connu quelconque, à moins qu'on ne préfère procéder à la transformation du grain tout entier en farine renfermant toutes les sub stances nutritives de la graine.
Sur la fig. 3, on a représenté une instal lation comportant deux machines établies. conformément à l'invention, montées en sé rie et présentant une batterie de groupes de boîtiers 1 à travers lesquels on fait circuler les grains débarrassés du péricarpe en vue de la dislocation par usure des parons cellulo siques des cellules de l'assise protéique et de certaines parties du germe.
Il est, en ef fet, évident que les grains ainsi traités, effec tuent, malgré le volume relativement réduit des machines ainsi accouplées, un trajet suf fisamment long pour qu'à la suite du frot- tement desdits grains contre les surfaces abrasives ou autres des parois en forme de spirale des divers boîtiers consécutifs 1, toutes les parois cellulosiques de l'assise pro téique et du germe soient disloquées et ou vertes mettant ainsi à nu les substances nu tritives contenues dans lesdites cellules. Les grains, ainsi traités et débarrassés des ma tières cellulosiques, sont évacués par le con duit 17' pour être introduits dans un u moulin à cylindres ou broyeur 18 où ils peuvent subir la transformation usuelle en farine.
Sur la même fig. 3, on a montré la dispo sition des ventilateurs 19 et 20 permettant d'aspirer les particules très légères détachées par usure des grains au cours de leur circu lation à travers les boîtier 1, pour les ache miner dans le ooldecteur 21.
Grâce à la machine qui vient d'être dé crite, on arrive à réaliser la dislocation et l'ouverture des parois cellulosiques de l'as sise protéique et de certaines parties du germe, parois qui abritent les substances les plus nutritives des grains des céréales qu'on n'est pas arrivé à isoler jusqu'ici de manière à les rendre accessibles à la digestion.
Un autre avantage de la machine qui vient d'être décrite consiste dans le fait qu'elle permet de ne soumettre que les parties désagrégées des grains, au cours de leur trai tement, à l'action continue d'un fluide conve nable quelconque en vue de leur communiquer les propriétés désirées.
Ainsi, on peut intro duire @dans l'arbre creux d e la machine, à l'aide -du tuyau 22 muni .d'un robinet 23, un gaz, tel que d'ozone, afin de .désinfecter les matières provenant,de l'assise protéique et du germe, en vue de .leur décolorration ou bien en vu:
e de réduire, ou même, de neutraliser, l'action de certains ferments qui se trouvent dans l'assise protéique des céréales.
Un autre avantage de cette machine con siste dans sa construction extrêmement sim ple, ses. édénrenbs essentiels étant identiques et pouvant être obtenus par emboutissage ordi naire.
Enfin, l'avantage essentiel de cette ma- cliine eansiee dans le fait qu'ell.e présente, pour un encombrement réduit, un maximum n de surfaces actives, grâce à quoi les matières traitées dans cette nuachine parecourent un che min excessivement long, ce qui entraîne l'usure certaine des parois cellulosiques.
Sur la fig. 4, on a montré une installation pour la fabrication en cycle continu de fa rine intégrale contenant toutes les matières nutritives chu grain.
Ainsi qu'on le voit sur cette figure. le grains sont amenés par une vis cl'Archimède 24 à la décortiqueuse 25,à la sortie de la quelle les grains sont soumis à l'action d'une brosseusc 26 destinée à enlever des céréales les restes du péricarpe qui ont pu v adhérer au cours du traitement dans la décortiqueuse. Les grains sont amenés ensuite dans nue co lonne à sécher 27 qui est destinée à enlever aux grains décortiqués la faible quantité d'eau qu'ils ont pu emmagasiner an cours de l'opération de mouillage préalablement à la décortication.
A la sortie de cette coloane, les grains sont amenés à la machine 28, établie selon l'invention et qui a été montrée en dé tail sur les fig. 1 et 2, pour y subir l'opéra tion d'usure en vue de la dislocation ou de l'ouverture des parois cellulosiques. Les grains passent alors dans un broyeur non représenté à la fig. 4.
Les produits évaeués par l'arbre creux sont aspirés à l'aide du ventilateur 20 et acheminés ainsi dans le collecteur 21 d'où ils peuvent être envoyés dans le mélangeur 29 recevant, d'autre part, les produits de mou ture. Le mélange qu'on obtient à la sortie de ce mélangeur constitue de la farine intégrale contenant toutes les substances nutritives du grain à l'état parfaitement accessible aux sucs stomacaux et intestinaux.
Il est bien entendu que la machine peut subir des modifications de détail sans que l'on s'ecarte pour cela de l'esprit de l'invention. Ainsi, on peut constituer les surfaces actives de la machine soit par nue matière abrasive, soit par toute autre matière appropriée quel conque facilitant l'usure; on peut, par exemple, constituer ces surfaces par de la tôle rayée, cannelée, ondulée, ete. En raison du fait qu'on peut imposer aux matières trai tées un trajet aussi long qu'on le désire, en faisant passer au besoin plusieurs fois les dites matières par la machine, celle-ci permet, malgré un volume qui peut être relativement réduit, de réaliser mne usure complète des pa rois cellulosiques internes de l'assise pro téique et de certaines parties du germe.