Projectile empenné. La présente invention a pour objet un projectile empenné pour canons à âme lisse et comportant un stabilisateur fixé au culot du projectile. Le but de l'invention est d'amé liorer la combustion de la charge propulsive du projectile, amélioration ayant pour résultat une portée et une précision de tir plus grandes.
Les projectiles empennés du type dont il est question ici portent généralement une cartouche qui contient une charge propulsive et qui est disposée dans le corps du stabili sateur, charge dont les gaz de combustion, ainsi que des éléments de poudre non encore brûlés, traversent, après son inflammation, des orifices ménagés dans le corps du stabilisa teur précité pour se répandre dans la partie arrière du tube du canon, partie située der rière le corps du projectile et que l'on dési gnera par la suite sous le nom de ,chambre de combustion".
On a constaté que le mélange de gaz et de poudre en cours de combustion se répand irrégulièrement dans la chambre de combustion susvisée; une faible partie de ce mélange se dirige vers la zone extrême arrière de ladite <B>Cu</B> chambre (zone d'ailleurs partiellement obstruée par les ailettes du stabilisateur), tandis qu'une grande partie du mélange se dirige dans le reste de la chambre précitée.
La zone extrême arrière à laquelle on a fait allusion plus haut est délimitée par des parois relativement épaisses emmagasinant bien la chaleur, tandis que le reste de la chambre de combustion est limité par des surfaces de paroi plus grandes et plus minces conservant mal la chaleur et par la surface, assez grande également, que présente le culot du projectile qui vient d'être introduit, surface qui, par conséquent, est froide.
Il y a lieu, enfin, de noter que la zone extrême arrière de la chambre de combustion est étanche, tandis que la partie tournée vers l'avant communique avec l'extérieur par l'in tervalle (vent) qui existe entre le projectile et la surface intérieure du canon.
De ce qui précède, il résulte qu'une faible partie du mélange formé de gaz et de poudre en cours de combustion se détend et brûle dans de bonnes conditions dans la zone ex trême arrière de la chambre. de combustion, tandis que la plus grande partie de ce mé lange se détend et brûle dans de mauvaises conditions dans l'autre partie de ladite chambre; simultanément, un certain nombre d'éléments de poudre en cours de combustion peuvent être projetés hors du canon avant d'être entièrement brûlés.
Lorsque, indépendamment de la charge propulsive contenue dans la cartouche à la quelle on a fait allusion plus haut, on adjoint au projectile des charges d'appoint placées soit entre les ailettes, soit en avant de celles-ci, autour du corps du stabilisateur, les mauvaises conditions de détente et de combustion qui viennent d'être exposées sont encore aggravées du fait que les petits éléments de poudre constituant les charges d'appoint (éléments dont une partie vient d'être enflammée par le mélange de gaz et de poudre en cours de combustion sortant des orifices du corps du stabilisateur) sont chassés dans la partie de chambre où la combustion se produit dans de mauvaises conditions et, par conséquent, d'une manière irrégulière.
Le projectile selon la présente invention permet d'obvier aux inconvénients spécifiés ci-dessus. Il est caractérisé par le fait que des orifices, ménagés dans le corps du stabi lisateur et faisant communiquer la cavité de celui-ci, dans laquelle est logée une cartouche de charge propulsive, avec l'extérieur du sta bilisateur, sont inclinés vers l'arrière sur l'axe du projectile, de manière à localiser dans la zone extrême arrière de la chambre de com bustion du canon la combustion de ladite charge propulsive.
Sur le dessin annexé, on a représenté, schématiquement et à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'objet de la présente invention La fig. 1 est une coupe schématique par. tielle montrant le stabilisateur et la partie arrière ou culot d'un projectile placé dans la "chambre de combustion" d'un carton à âme lisse.
La fig. 2 est une variante d'une partie du corps du stabilisateur.
Sur le dessin annexé, on a désigné par A la zone extrême arrière de la "chambre de combustion" d'un cation à âme lisse, zone dans laquelle on désire localiser la combustion de la charge propulsive. On a désigné par 1 le corps d'un stabilisateur comportant des ailettes 2 et vissé au culot 3 du projectile. On a désigné par 4 la cartouche logée à l'intérieur du corps 1 du stabilisateur et contenant une charge propulsive. On a dé signé par 5 des charges d'appoint placées en avant des ailettes 2, sur le corps 1, et se présentant sous forme de tores.
Les orifices 6 qui font communiquer le logement contenant la cartouche 4 avec l'ex térieur du corps 1 ont leurs axes respectifs inclinés vers l'arrière par rapport à l'axe du projectile. Grâce à cette inclinaison des ori fices faisant en quelque sorte fonction de tuyères, le mélange de gaz et de poudre en cours de combustion, provenant de la car touche 4, est dirigé dans la zone extrême arrière A de la chambre de combustion où ledit mélange vient s'écraser contre les parois qui (après quelques coups) sont à une tem pérature relativement élevée.
En ce qui concerne les charges d'appoint 5, qui peuvent être constituées par un, ou de préférence par plusieurs tores, les jets du mélange de gaz et de poudre en cours de combustion, provenant de la cartouche, sont dirigés vers la partie antérieure C des tores considérés pour enflammer les éléments de poudre en surface, pour disloquer les tores eux-mêmes, enfin, pour projeter tous les éléments de ces tores dans la zone A où la combustion totale ou partielle (dépendant du degré de vivacité de la poudre) se fait dans de bonnes conditions.
Il est évident que l'on peut prévoir un nombre quelconque d'orifices inclinés 6 et de préférence autant de séries d'orifices qu'il existe de tores 5, ou d'autres moyens jouant le rôle de charges d'appoint. On peut, de plus, prévoir des orifices 6' de diamètre plus petit que, les orifices 6 et dont le jet pro voque surtout le réchauffage de la zone inté ressante A de la chambre de combustion, réchauffage qui favorise encore la localisation des phénomènes de combustion. On a également intérêt à diviser la charge d'appoint en un nombre d'éléments aussi grand que possible, ceci de faon à développer la surface d'inflammation de la charge d'appoint et à faciliter en même temps sa dislocation sous l'action des jets susvisés.
La fixation d'un stabilisateur sur un corps de projectile est généralement assurée par vissage de l'une des pièces comportant une partie femelle sur l'autre pièce présentant une partie mâle, vissage que l'on est obligé de décomposer en trois opérations, savoir: la coïncidence des axes des deux pièces; la re cherche de la position d'amorçage du vissage; enfin, le vissage proprement dit jusqu'au blocage.
Dans l'exemple représenté, on peut ramener les deux premières opérations à une seule et, d'une manière plus générale, diminuer le temps de l'assemblage des deux pièces (corps du stabilisateur et projectile). La coïncidence des axes des deux pièces est assurée par le fait que la pièce mâle comporte un prolon gement cylindrique 7 dont le diamètre cor respond au diamètre intérieur du filet de la pièce femelle, la position respective des pièces, position correspondant à l'amorçage des filets, étant indiquée d'une manière très apparente au moyen de repères appropriés tracés à l'extérieur de chacune des pièces considérées.
La durée du vissage peut être abrégée en diminuant le nombre de filets, quitte à augmenter le diamètre et le pas du filetage pour conserver la même résistance à la liaison.
Dans l'exemple représenté, c'est le culot 3 du projectile qui comporte la pièce mâle, la partie femelle étant prévue dans le corps du stabilisateur.
On a, de plus, prévu dans la partie mâle, une cavité 8 qui permet le vissage à fond des deux pièces, même en cas de présence d'un corps étranger (graisse, boue, sable, etc.).
Les orifices spécifiés plus haut peuvent également, et comme le montre la variante de la fig. 2, avoir une forme tronconique au lieu d'avoir une forme cylindrique, cette va riante permettant d'-obtenir le stabilisateur brut de fonderie.
De même, le logement de la cartouche 4 peut être de forme tronconique pour permettre également l'obtention du stabilisateur brut de fonderie.
Dans le même ordre d'idées, on peut prévoir à l'arrière du corps du stabilisateur des orifices 6" dans lesquels se déforment et pé nètrent des petits éléments de surface du culot métallique de la cartouche, sous l'effet de la pression résultant de la combustion de la charge propulsive de cette cartouche, cette déformation et cette pénétration empêchant l'expulsion du culot de ladite cartouche hors de son logement.
On remarquera, en outre, que l'inclinaison des orifices 6 peut constituer un moyen au xiliaire de propulsion (par réaction).
Il est évident que l'exemple de réalisation décrit ci-dessus et représenté sur le dessin annexé n'est donné qu'à titre indicatif et non limitatif et que le projectile perfectionné con formément à la présente invention peut subir toutes modifications de détail, sans que l'on s'écarte de l'esprit de l'invention.