Courroie de transmission et procédé pour sa fabrication. On sait que la condition .essentielle de bon fonctionnement d'une transmission par courroie est que celle-ci ne glisse pas sur les poulies qu'elle relie et cela sans que l'on soit obligé d'adopter une tension par trop forte qui occasionne des pertes dans les paliers et nécessite une courroie de section exagérée par rapport à celle nécessaire pour la seule transmission de l'effort, ce qui accroît con sidérablement les pertes par pliage.
Or dans la pratique on constate que le coefficient d'adhérence d'une courroie en service est tou jours inférieur à celui qu'on serait en droit d'attendre en raison de la nature des sur faces en présence.
Cet abaissement du coefficient d'adhé rence est dû notamment à la présence d'air emprisonné entre la courroie et la jante de la poulie aux grandes vitesses. Aussi, dans cer taines courroies dites "composées", c'est-à- dire comportant un élément tracteur garni d'élément d'adhérence, a-t-on cherché à mé nager entre ces derniers des espaces suffi sants pour l'évacuation de l'air. Mais comme on ne peut réduire à l'excès les dimensions des éléments d'adhérence, cette solution n'est pas parfaite. En outre, elle n'est applicable qu'aux courroies composées et non aux cour roies ordinaires.
Une autre cause d'abaissement du coeffi cient d'adhérence en service est la formation sur la jante de la poulie et contre la face in terne de la courroie, d'une couche glissante, d'épaisseur infinitésimale, de graisse, de poussière et même de molécules d'air rete nues par capillarité avec une force suffisante pour ne pas tendre à s'échapper latéralement sous l'action de la pression de la courroie. L'influence de cette couche est extrêmement importante et cependant on ne s'est nullement préoccupé jusqu'ici d'en faire disparaître les inconvénients. autrement qu'en exagérant la tension.
La présente invention a pour but de re médier aux inconvénients ci-dessus et a pour objet une courroie caractérisée en ce qu'elle présente sur une partie au moins de sa sur face interne destinée à venir en contact avec les poulies des rainures transversales déter minant entre elles des lamelles flexibles à arêtes vives.
Cette invention a en outre pour objet un procédé pour la fabrication d'une telle cour roie, caractérisé en ce qu'on entaille la sur face de la matière destinée à venir en contact avec les poulies et en ce qu'on étire cette ma tière perpendiculairement à ces fentes de fa çon à réaliser l'ouverture de celles-ci et ainsi former des rainures.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemples, une forme d'exécution de la cour roie faisant l'objet de l'invention, ainsi que des variantes de détail de celle-ci et illustre, également à. titre d'exemple, une forme d'exé cution du procédé, utilisée pour fabriquer une forme d'exécution en cuir de la courroie.
Fig. 1 est une vue en plan par-dessous de cette forme d'exécution.
Fig. 2 en est une coupe longitudinale d'un détail.
Fig. 3 et 4 montrent en coupe longitudi nale respectivement une courroie composée usuelle non rainurée et cette forme d'exécu tion de la courroie enroulées sur une poulie.
Fig. 5 et 6 indiquent schématiquement deux variantes. du détail des rainures.
Fi-. 7 montre en coupe des rainures frai sées avec enlèvement de la matière.
Fig. 8 et 9 illustrent deux phases d'une forme d'exécution du procédé, servant à la fabrication d'une courroie en cuir.
La courroie composée représentée en fig. 1 et 2 comprend un élément tracteur 1, par exemple en cuir à haute résistance et des éléments d'adhérence 2, par exemple en cuir chromé gras, très adhérent, rivés sur la face intérieure de l'élément tracteur 1, de façon à venir au contact des poulies.
Les éléments adhérents 2 sont entaillés de rainures ouvertes 3 en forme de<B>V,</B> relative ment rapprochées les unes des autres et péné trant assez profondément dans le cuir, de manière à. déterminer une série de lamelles flexibles 4 (fig. 2).
On comprend que lorsque cette courroie s'enroule sur une poulie, l'air emprisonné entre la jante de celle-ci et la surface infé rieure des éléments 2 s'écoule instantanément par les rainures 3, sans qu'il soit nécessaire de multiplier le nombre des éléments 2; on peut même adopter un seul élément adhérent continu formé par une courroie de dimen sions identiques à celles de l'élément 1, mais faite en cuir chromé gras ou matière équiva lente.
En outre, si l'on compare en section lon gitudinale le cas d'une courroie composée usuelle, non rainurée (fig. 3) avec celui de la courroie composée décrite (fig. 4) lorsque l'une et l'autre s'enroulent sur une poulie 5, on constate que dans la première la couche glissante qui a pu se former sur les surfaces en regard de la jante et de la courroie est simplement serrée entre les deux organes et empêche ou diminue le contact direct du cuir sur la jante.
Au contraire, dans le cas de la courroie décrite, les lamelles 4 se couchent plus ou moins sur la périphérie de la poulie 5 sous l'action de l'effort transmis et vien nent ainsi porter contre la jante par leurs arêtes; ces dernières découpent en quelque sorte la couche glissante et réalisent le con tact direct du cuir sur la poulie.
On constate en outre que dans la courroie de type connu, l'épaisseur intéressée par la flexion est égale à l'épaisseur totale a de l'élément tracteur 1 et de l'élément adhérent 2, tandis que dans la courroie décrite, grâce aux rainures 3, l'épaisseur h intéressée par la flexion est moindre, car la partie e de l'é paisseur totale qui correspond à. la profon deur des rainures 3 ne peut intervenir dans le pliage. On comprend que cette réduction d'épaisseur vis-à-vis du pliage entraîne une réduction considérable des pertes d'énergie correspondantes.
Les rainures 3 peuvent se disposer trans versalement comme indiqué en fig. 1, ou obli- quement (fig. 5). On peut encore les croiser avec des rainures longitudinales, comme montré en fig. 6, chaque lamelle étant dans ce cas formée par une rangée d'éléments ali gnés. Les rainures peuvent se réaliser par le moyen d'outils tels que des fraises ou meules, qui découpent le cuir en enlevant la partie correspondant au vide désiré. Dans ce cas (fig. 7), elles présentent un fond plat ou arrondi plus ou moins marqué. Mais ce tra vail est relativement coûteux.
Pour fabriquer une courroie en cuir, on peut, par exemple, opérer de façon plus simple comme suit: On entaille le cuir avant, pendant ou après le tannage, d'une série de fentes 3' non ouvertes (fig. 8), ce qui peut très facilement s'obtenir à la presse par un outil pourvu d'une série de lames coupantes très minces disposées parallèlement les, unes aux autres. Puis on étire le cuir ainsi entaillé perpendi culairement aux entailles jusqu'à obtenir un allongement permanent notable (fig. 9). Les fentes 3' restent alors ouvertes comme si l'on avait enlevé de la matière avec une fraise.
Pour obtenir l'allongement permanent désiré, on peut procéder de diverses façons. Si l'on a entaillé le cuir non fini (peau brute ou incomplètement tannée), il suffit d'effec tuer ensuite le tannage final sous une tension suffisante qui fixe l'allongement. Dans le cas des cuirs très gras, l'on peut également obtenir sans difficulté un allongement suffi sant du cuir fini par simple étirage progres sif plus ou moins prolongé; on peut donc en tailler le cuir après tannage.
La courroie pourrait aussi être une cour roie simple, les. rainures étant .alors ménagées dans l'épaisseur même de la courroie. Dans de telles courroies, les rainures provoquent évidemment une diminution de l'épaisseur, c'est-à-dire ici de la résistance à la traction, mais bien souvent, le gain sur l'adhérence compense largement ce petit inconvénient, qui n'est d'ailleurs généralement pas très sen sible, l'épaisseur d'une courroie étant en pra- tique bien plus élevée qu'il ne serait néces saire pour satisfaire aux conditions de résis tance aux efforts mis en jeu.
Il est bien entendu que la courroie peut être constituée par une autre matière que du cuir, notamment de la toile caoutchoutée.