Procédé pour la fabrication d'une pièce tricotée, destinée à être transformée en cloche ou bastissage feutré. La présente invention a pour objet un pro cédé pour la fabrication d'une pièce tricotée, destinée à être transformée en .cloche ou bas- tissage feutré, dont sont faits les chapeaux de feutre. La production des cloches en partant de la laine et au moyen des procédés cou rants est une opération relativement coûteuse et longue, en raison du grand nombre d'opé rations de fabrication nécessaires.
La pièce tricotée obtenue par le procédé selon l'invention permet d'obtenir une cloche feutrée en partant par exemple de fils de laine, cette forme ayant l'apparence d'une cloche de feutre de laine, mais dont la fabri cation est beaucoup plus simple, plus rapide et moins coûteuse. Le nombre d'opérations né cessaire est diminué et le temps nécessaire à la production du feutre de laine, soit environ 24 heures, est réduit à environ 4 heures. La cloche obtenue en partant de la pièce tricotée obtenue par le procédé selon l'invention est beaucoup plus aisément formée que la cloche habituelle en feutre de laine.
Le dessin annexé illustre, à titre d'exem ple, une mise en aeuvre du procédé selon l'in vention, .ainsi que diverses opérations ne fai sant pas partie de l'invention, permettant de transformer la pièce tricotée obtenue par le procédé, en cloche ou bastissage feutré.
Les fig. 1 et 2 se rapportent à ladite forme d'exé cution du procédé et montrent la pièce tricotée en cours ode fabrication et terminée. Les fig. 3 et 4 illustrent des opérations ne faisant pas partie de l'invention et servant à la transfor mation de la pièce tricotée représentée en fig. 2 en cloche feutrée.
Dans ladite mise en oeuvre du procédé, le fil de laine est tricoté à la machine, par exemple sur une machine convenant pour le tricotage des bérets, pour former un ensemble d'éléments 1 assemblés présentant chacun une forme arrondie et relié entre eux par .des élé ments de faible longueur, tricotés droit.
L'un de ces éléments 1, séparé de l'en semble le long des parties droites 3, est re présenté en fig. 1. On voit que le fil est tri- coté pour former un élément arrondi 1, pourvu d'une couronne 2, sensiblement semi-circu laire, qui, avec les côtés de l'élément 1, se prolonge par les parties droites 3-3 qui, à l'origine, reliaient l'élément 1 à l'ensemble.
De préférence, la machine à tricoter est réglée d'une manière connue, en vue de former à la partie inférieure de la pièce tricotée obtenue un bord évasé 4 dont l'avantage sera spécifié plus loin.
L'élément 1 est séparé de l'ensemble à la main et ses côtés ouverts sont joints par une couture dans une machine à assembler qui borde les tranches irrégulières de la coupe manuelle immédiatement avant la. liaison des côtés ouverts. Dans cette machine, les côtés ouverts sont donc joints l'un à l'autre et les parties droites 3-3 en sont enlevées par cou pure, afin de constituer la pièce tricotée ap proximativement conique telle que représen tée en 5 en fig. 2.
On notera par ailleurs que cette pièce tricotée présente un bord évasé 4, qui sera d'ailleurs conservé pendant toutes les opérations subséquentes pour la fabrica tion d'une cloche feutrée à partir de cette pièce tricotée 5. Cette pièce 5 est évidemment molle et lâche, comme cela se produit pour tout objet tricoté.
Afin de bien faire comprendre l'utilité de la pièce 5 obtenue par ladite mise en oeuvre du procédé, nous allons décrire les opérations que l'on fait subir à cette pièce tricotée 5 pour la transformer en cloche ou bastissage feutré, étant bien entendu que ces opérations ne font pas partie de l'invention.
La pièce tricotée 5 obtenue par le procédé faisant l'objet de l'invention est ensuite sou mise à un trempage partiel dans un bain de savon et de lessive de soude pour produire un certain dégraissage du fil. La durée de ce trempage préalable n'est pas d'une impor tance primordiale; cette opération peut même être omise., puisqu'un trempage très complet s'effectue au stade suivant. Néanmoins, ce trempage préalable peut être intéressant pour éviter de souiller trop rapidement le bain uti lisé dans le stade suivant.
La pièce est ensuite soumise à l'opération de foulage sur une fouleuse telle qu'utilisée dans la fabrication des bérets. Le fluide uti lisé dans la machine à fouler est également constitué par du savon avec de la lessive de soude qui assure le trempage pendant l'opé ration de foulage.
A la fin du trempage, mais avant la fin du foulage, le savon et la lessive de soude, entrafnant les graisses non émulsifiées, sont enlevés par lavage, et le foulage est continué â l'aide d'une solution étendue d'acide sulfurique. Il y a lieu de noter qu'à aucun moment pendant l'opération de foulage, il n'est nécessaire d'arrêter la ma chine.
La pièce est préférablement soumise au foulage pendant environ 2 heures, et ses di mensions diminuent considérablement pen dant cette opération, tandis que le fil est re marquablement feutré et rendu compact.
La fig. 3 montre la cloche ou bastissage obtenu après foulage lorsqu'il porte le nom de forme (6). On voit que le rebord évasé 4 est bien accusé.
Cette forme feutrée 6 est alors traitée dans la machine à durcir jusqu'à obtention de la texture feutrée voulue. Ce traitement de durcissement rend la forme encore plus compacte. La fig. 4 montre 1a forme 7 après durcissement lorsqu'elle peut être considérée comme l'équivalent .du feutre de laine après que les opérations habituelles de formation et de dressage sont effectuées.
Il va de soi que d'autres opérations, par exemple la teinture et le ponçage, peuvent être effectuées sur la. forme obtenue, mais comme ces opérations sont semblables à celles effectuées sur le feutre de laine normal, il n'y a pas lieu de les spécifier particulièrement.
Tout chapelier expérimenté se rend immé diatement compte que le rebord évasé 4 formé sur la forme feutrée 7 supprime totalement la nécessité de former et de dresser cette forme, et par ailleurs facilite également l'opération de mise en tournure.
II est non moins évident que les machines nécessaires à l'obtention de la cloche ou bas- tissage terminé sont beaucoup moins nom breuses, plus simples, et moins coûteuses que les machines actuellement nécessaires pour l'obtention d'une cloche terminée en partant de la laine, et en appliquant les procédés habituels.
On réalise non seulement une éco nomie importante dans l'installation de l'ate lier, mais, de plus, le temps nécessaire à la production ne représente qu'une fraction du temps exigé pour un feutre,de laine. De ce fait, les frais de main-d'oeuvre sont consi- dérablement rédùits, et la production est accé lérée.