Procédé de fabrication de tampons filtrants. Il est connu depuis fort longtemps que l'adjonction d'un filtre à une cigarette ou à tout autre ustensile servant à fumer le tabac diminue la nocivité de la fumée de celui-ci. Pour constituer un tel filtre, on a déjà em ployé l'ouate, le papier, le papier crêpe, le gel de silice, la terre poreuse, le charbon actif, etc. La fabrication d'un filtre avec de l'ouate est un peu délicate, en raison de la consistance même de celle-ci; elle donne en outre un filtre beaucoup trop mou. Le papier crêpe donne de meilleurs résultats, mais il est moins efficace au point de vue de la fil tration et, en outre, il exige des machines très spéciales pour exécuter les filtres.
Quant aux autres matières indiquées ci-dessus, elles né cessitent des complications considérables du processus de fabrication du filtre.
Il faut en outre tenir compte des trois desiderata ci-dessous qui sont demandés à un filtre, notamment à un tampon filtrant de cigarette: 1o Il doit être efficace, c'est-à-dire il doit retenir la plus grande quantité possible de goudron et de particules colloïdales en suspension dans la fumée.
20 Il ne doit pas être un obstacle au ti rage, en ce sens que le fumeur ne doit pas sentir une différence de résistance entre une cigarette avec bout filtre et une cigarette sans bout filtre. En effet, rien n'est plus désagréable que d'avoir une cigarette trop "dure" et qui ne "tire" pas.
<B>30</B> La consistance extérieure du filtre doit être ferme et cela sans adjonction sur la cigarette d'un bout de carton, de papier, de liège ou de métal, ce qui complique et ralen tit la fabrication. La matière filtrante doit donc posséder une certaine rigidité par elle même.
On a trouvé que ces desiderata peuvent être réalisés lorsque l'on emploie pour la confection des tampons filtrants pour la fumée du tabac. la matière connue sous le nom de "ouate de cellulose". Cette dernière se présente sous la forme de feuilles ténues constituées par de courtes fibres de cellulose enchevêtrées. Ces feuilles peuvent être fa- briquées, par exemple, en étendant une sus pension de courtes fibres de cellulose dans de Peau, sur une surface absorbant l'eau, en lais sant sécher la couche de fibres, formée sur ladite surface et en détachant cette couche sous la forme d'une feuille.
La présente invention a donc pour objet un procédé de fabrication de tampons fil trants pour la fumée du tabac; ces tampons peuvent être utilisés dans les cigarettes, pipes, etc.
Ce procédé est caractérisé en ce que l'on forme un boudin continu, à partir d'au moins une feuille ténue constituée par de courtes fibres de cellulose enchevêtrées et en ce que l'on tronçonne le boudin ainsi formé.
On a constaté que l'on obtient ainsi des tampons filtrants qui sont efficaces, tout en présentant une très faible résistance au pas sage de la fumée, et qui, en outre, sont d'une consistance très voisine de celle du tabac tassé dans une enveloppe de cigarette.
Le procédé ci-dessus est simple, il peut être réalisé d'une façon continue avec une machine peu compliquée et, en outre, lorsqu'il s'agit de fabriquer des filtres pour cigarettes, le tronçonnement du boudin peut se faire alors que l'extrémité de celui-ci se trouve déjà introduite dans l'enveloppe de cigarette.
La feuille ténue constituée par de courtes fibres de cellulose enchevêtrées (fibre ne dé passant pas, par exemple, 5 mm de longueur) et qui sera désignée ci-après par "ouate de cellulose", peut préalablement avoir été im prégnée d'une matière en augmentant le pou voir filtrant. Par exemple, ladite feuille pourra avoir été imbibée d'une solution de triformiate d'aluminium, puis séchée à une température inférieure ,à 130 C, par exem ple entre 120 .et l30 C. On forme ainsi, au sein même de l'ouate cellulosique, un produit insoluble à haut pouvoir absorbant.
Voici, à titre d'exemple, comment le pro cédé de l'invention peut être exécuté en pra tique: L'ouate cellulosique est livrée en bobine. La largeur de la feuille déroulée d'une telle bobine est telle que la quantité de matière ainsi fournie par unité de longueur permette, sans étirer ou diminuer la feuille en longueur, d'obtenir un boudin présentant, en section transversale, des dimensions correspondant à celles de la section transversale du tube cons titué par une enveloppe de cigarette.
La feuille d'ouate cellulosique déroulée est entraînée par une série de galets for- meurs, entraîneurs ou presseurs, et une mèche ou boudin bien cylindrique se forme ainsi d'une façon continue.
Ce boudin est coupé en tronçons de la longueur désirée.
Pendant que la bobine se déroule, on peut la faire tourner sur elle-même, ce qui pro voque une torsion de la feuille pendant que se forme la mèche. On obtient ainsi une mèche tordue, et le filtre présente alors des canaux de circulation qui ne sont plus recti lignes mais qui sont hélicoïdaux. La fumée qui traversera ce filtre sera donc entraînée dans un mouvement giratoire, ce qui facilite l'épuration des matières colloïdales contenues en suspension, ces dernières étant projetées par la force centrifuge contre les parois des canaux de circulation; elles sont ainsi plus facilement retenues dans le filtre, sans qu'il soit nécessaire d'augmenter le serrage de sa matière constitutive.
Le dispositif de formation du boudin peut être monté sur la machine de formation des cigarettes, ou bien il peut en être séparé.
Le filtre obtenu par ce procédé a donc toutes les qualités requises pour un bon filtre de cigarette. En effet, l'ouate cellulosique retient parfaitement les impuretés de la fumée; d'autre part, le tirage est facile et la consistance extérieure du filtre est ferme.
Au lieu de n'utiliser qu'une seule feuille d'ouate de cellulose, on peut. en utiliser simul tanément plusieurs superposées; dans ce der nier cas, la. largeur des feuilles sera diminuée proportionnellement au nombre de feuilles mises en #uvre, afin que de toute manière la même quantité d'ouate de cellulose soit four nie par unité de longueur de boudin. En d'autres termes, en partant de deux feuilles superposées, la largeur de chacune de ces feuilles pourra être la moitié de celle d'une feuille employée seule; en partant de trois feuilles, leur largeur sera d'un tiers, et ainsi de suite. De plus, dans le cas de l'emploi de plusieurs feuilles, celles-ci peuvent être de nature différente, mais l'une au moins d'entre elles sera en ouate de cellulose, la ou les autres pourront être en papier crêpe, etc.