Procédé de fabrication d'une dent artificielle et dent fabriquée selon ce procédé.
L'invention a pour objet un procédé de fabrication d'une dent artificielle, ainsi qu'une dent fabriquée selon ce procédé.
Dans la fabrication des dents artificielles, le but recherché est de produire des dents présentant des caractéristiques aussi voisines que possible, au point de vue forme, couleur, contexture et résistance à l'usure, de celles des dents naturelles. ees conditions sont remplies au mieux lorsque la dent fabriquée arti ficiellement ne peut pas se distinguer de la dent naturelle.
Au point de vue de la coloration, on rencontre de sérieuses difficultés, par le fait que cette dernière n'est jamais uniforme sur toute la surface d'une dent naturelle, son intensité diminuant à mesure que l'on s'approche de l'arête incisive de la dent, en ce sens que la racine et la dent qui sont pratiquement opaques deviennent moins opaques, jusqu'à atteindre un certain degré de translucidité, lorsqu'on atteint l'arête incisive. A ce changement d'intensité de la coloration, qui se remarque surtout dans les incisives et les canines, vient souvent s'ajouter le fait que, certaines dents naturelles présentent, sur leur face antérieure, une ligne de séparation un peu plus foncée, s'étendant en direction de l'axe de la dent et sensiblement au milieu de la largeur de cette dernière.
Cette ligne peut se rencontrer sur toutes les dents, mais est particulièrement propre aux incisives. On peut la voir en regardant la dent attentivement à la lumière du jour, tandis qu'elle apparaît généralement d'une façon très nette, lorsqu'un rayon de lumière très vif frappe la dent de face.
La présente invention a pour but de créer un procédé de fabrication permettant de donner à une dent artificielle ce degré de translucidité que la dent naturelle présente à l'endroit de l'arête incisive.
Accessoirement, ledit procédé peut être complété selon le besoin, de façon à faire apparaître sur une dent artificielle, quand on le désire, cette ligne de séparation plus foncée, dont il a été question plus haut.
Le procédé selon l'invention consiste à enlever d'une dent artificielle déjà formée au moins une partie située à proximité de l'arête incisive, puis à remplacer cette ou ces parties par une application d'une matière ayant une intensité de coloration inférieure à celle de la matière dont la dent est constituée, de facon à produire le degré de translucidité voulu à l'endroit considéré.
Dans le cas d'une dent artificielle fabriquée en moulant sous pression une matière résineuse synthétique, on pourra prendre la dent ainsi formée et la soumettre à une opération de fraisage ou de meulage, de façon à en enlever une partie à l'endroit de l'arête incisive. La dent ainsi diminuée est alors placée à nouveau dans le moule dans lequel elle a été fabriquée, ou bien dans un moule iden tique, en effectuant un apport de matière résineuse synthétique plus claire, destiné à remplir l'espace laissé libre. Par une nouvelle mise sous pression, on moule la dent à nouveau, de façon à amalgamer la matière fraîchement ajoutée à la matière originale et à redonner à la dent sa forme primitive.
Lorsqu'on veut obtenir la ligne de séparation foncée sur la face antérieure d'une dent artificielle déjà formée, on peut enlever deux parties de cette dernière, placées de part et d'autre du milieu de cette face, près de l'arête incisive, de telle sorte qu'il reste entre les parties enlevées une nervure axiale en relief de la matière dont la dent est déjà constituée, et on applique, par exemple, ensuite dans les espaces vides laissés par la matière enlevée une matière ayant une intensité de coloration moindre que celle de la matière constitutive de la dent, de telle sorte que dans la dent terminée, ladite nervure apparaisse sous forme d'une ligne de séparation plus foncée.
L'exécution de ce travail pourra se faire comme indiqué plus haut dans le cas de matière résineuse synthétique, mais il est evident que le procédé selon la présente invention et les possibilités qui en dérivent ne sont pas exclusivement applicable à des dents en matière résineuse synthétique.
Le dessin annexé permet d'expliquer un exemple de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, dans le cas d'une incisive sur laquelle on désire au surplus faire apparaître une ligne de séparation.
La fig. 1 est une vue de face de l'incisive non traitée.
La fig. 2 est une vue de profil de la même incisive.
La fig. 3 est une vue de face de la même dent après enlèvement de deux parties de cette dernière.
La fig. 4 est une vue de profil correspondante.
La fig. 5 est une coupe selon V-Y de la fig. 3.
La fig. 6 est une vue de face de la même dent terminée.
La fig. 7 est une coupe selon VII-VII de la fig. 6.
La dent non traitée, qu'on désignera pour plus de commodité par le terme origine, est désignée par 1 dans les fig. 1 et 2 et l'extrémité de sa racine par la, tandis que l'arête incisive est en lb. Les mêmes chiffres de référence sont utilisés dans les autres figures, dans la mesure où l'on y retrouve une partie correspondante de l'origine.
L'origine peut être une dent artificielle faite de n'importe quelle façon et de n'importe quelle matière convenable. Habituellement et conformément à l'exemple que l'on va décrire, ce sera une dent obtenue par moulage d'une matière résineuse synthétique, dont les caractéristiques seront choisies de façon à donner à l'origine un aspect très proche de celui d'une dent naturelle.
Une telle origine étant généralement moulée en partant d'un simple mélange de composition uniforme et durcissant suffisamment pour pouvoir résister à l'action prolongée de la mastication, elle présente une intensité de couleur sensiblement uniforme dans toute sa masse, ce qui lui donne un aspect un peu mort, cette dent ne présentant pas au surplis la ligne de séparation Si fréquente.
Pour obvier à ces inconvénients, l'origine est saisie et appliquée par sa face antérieure et avec l'arête incisive lb dirigée en avant, sur une fraise double (non représentée), destinée à enlever deux parties de la face antérieure symétriquement ou sensiblement symé triquement disposées, comme cela est indiqué en 2 aux fig. 3, 4 et 5. Ce faisant, on laisse intacte une partie de l'origine constituant une nervure 3 disposée dans l'axe, au centre, et dont les bords sont délimités par les parties enlevées. Cette nervure s'étend de la partie non fraisée de la face antérieure de la dent et en descendant, jusqu'à l'arête incisive lb dans laquelle elle pénètre.
L'origine sera donc fraisée, de façon que les parties 2 de cette origine, enlevées par la fraise, empiètent partiellement sur l'épaisseur de l'arête incisive lb de la dent, tandis qu'à partir de cette dernière, l'épaisseur fraisée va en diminuant en direction de la racine, pour devenir nulle à peu près à midistance entre l'arête incisive lb et l'extrémité la de la racine.
La fraise sera au surplus profilée de telle manière que les parties enlevées 2 laissent subsister des surfaces formant, en coupe transversale, un angle visible à la fig. 5, convexe en direction de la nervure 3. En raison de cette disposition, les bords de la nervure. convergeront l'un vers l'autre en direction de l'arête incisive lb, comme cela ressort de la fig. 3, la nervure étant légèrement plus étroite au voisinage de ladite arête qu'à l'endroit où elle débute, à mi-hauteur de la dent.
L'origine ainsi fraisée sera placée dans le moule dans lequel elle avait été formée, ou dans un moule identique. En même temps, on introduit dans ce moule une matière résineuse synthétique ayant une coloration un peu moins forte que celle de la matière ayant servi à fabriquer l'origine, la matière ainsi ajoutée devant servir à remplir les espaces vides laissés dans le moule par les parties fraisées 2 de l'origine.
L'origine fraisée et la matière ajoutée sont alors soumises à une nouvelle opération de moulage ayant pour but de bien amalgamer la matière primitive et la matière ajoutée, tout en redonnant à la dent sa forme originale que l'on retrouve dans la dent terminée telle qu'elle est représentée aux fig. 6 et 7. La matière ajoutée est désignée par 4 dans ces figures.
En raison du fait que cette matière ajoutée présente une intensité de couleur un peu plus faible que celle de la matière de l'origine, l'effet du nouveau moulage sera de donner à la dent terminée un degré de translucidité relativement prononcé au voisinage de l'arête incisive lb, diminuant peu à peu en direction de la racine la, en même temps qu'une zone 3 apparaît, constituée par une partie au moins de matière relativement foncée de la dent originale, ayant l'aspect d'une ligne de séparation partant du voisinage de l'arête incisive lb et disparaissant graduellement en direction de la racine la.
REVENDICATIONS:
I. Procédé de fabrication d'une dent artificielle, dans le but de réaliser une diminution de l'intensité de coloration à mesure que l'on s'approche de l'arête incisive de la dent, caractérisé en ce que l'on enlève d'une dent artificielle déjà formée au moins une partie située à proximité de l'arête incisive et en ce qu'on remplace cette partie par une application d'une matière ayant une intensité de coloration inférieure à celle de la matière dont la dent est constituée, de manière à réaliser le degré de translucidité voulu à l'endroit considéré.
II. Dent artificielle, caractérisée en ce qu'elle est obtenue par le procédé selon la revendication I.