Procédé de formation d'une piste sonore sur une pellicule cinématographique polychrome et pellicule obtenue par ce procédé. La présente invention se rapporte à la formation de pistes sonores sur des pellicules cinématographiques multicolores qui, à part cela, sont achevées.
Il a été reconnu qu'il n'y avait pas inté rêt à enregistrer une piste sonore sur une pellicule polychrome par superposition d'images à base de colorants, car l'image noire ainsi obtenue, et qui est complexe, est éminemment. perméable aux rayons infra rouges et il en résulte une médiocrité de mo dulation et de qualité du son d'accompagne ment. Pour éliminer les rayons infrarouges, il est nécessaire de faire figurer dans l'enre gistrement du son un bon absorbeur de ces radiations. Alors que les colorants organiques ne conviennent pas à cette fin, on dispose de tonte une gamme et, en fait, d'une large gamme de colorants minéraux qui sont de bons absorbants. L'emploi de telles substances dépend de la possibilité de les produire en association avec l'image polychrome.
Quand on fait appel au procédé d'imbibi tion pour la formation de l'image en cou leur, il est commode de produire la piste sonore en premier lieu, la totalité de l'halogé- nure d'argent autre que celui qui a servi à la formation de la piste sonore étant éliminée avant l'application des images colorées. Ce procédé s'impose parce que les images à base de colorants disparaissent très facilement au lavage, mais il n'est en général pas applicable, parce que diverses autres opérations impli quent, comme phase essentielle, l'élimination de tout l'argent développé. En pareils cas, la piste sonore, si elle est en argent, ne peut évidemment pas être produite par impression tant qu'une telle opération n'a pas été exé cutée.
Il est possible également, dans certains cas, de constituer la piste sonore à l'aide d'une matière non organique qui est per méable à la lumière, qui absorbe l'infra-rouge et qui sert à former l'une des images. Ainsi, lorsque, comme ultime phase de l'obtention d'une image polychrome, on produit une image vert bleu de ferroeyanure ferrique, on peut imprimer successivement sur la pelli cule l'enregistrement approprié de séparation de couleurs et la piste sonore et, simultané ment, les développer et les virer pour avoir l'image vert bleu de ferrocyanure ferrique. Cette manière de faire a été adoptée pour des produits à double revêtement, mais elle est passible de certaines restrictions.
On traite d'ordinaire ces produits à double revêtement par des procédés impliquant une flottation, qu'il est difficile d'accomplir régulièrement. En outre, un tel mode opératoire ne peut être généralisé par le fait que l'image de ferrocyanure ferrique présente une transpa rence limitée surtout pour les fortes densités.
Des pellicules cinématographiques poly chromes formant une catégorie très impor- tante sont celles dans lesquelles une ou plu sieurs des images d'enregistrement de cou leurs sont des images de colorants à développe ment chromogène. Ces images offrent l'avan tage de pouvoir être produites avec un haut degré de fidélité et de régularité et d'offrir, dans leur état définitif, un degré de transpa rence satisfaisant.
Dans la production d'une pellicule en couleurs à plusieurs couches avec obtention des enregistrements colorés par développe ment sélectif des diverses couches au moyen de révélateurs dont chacun renferme des co- pulants, on a proposé .de traiter seule la plage réservée à la piste sonore de faon à former un composé d'argent tel que du sul fure.
Ce procédé est difficile à mettre en ceuvre d'une façon satisfaisante à cause du problème de l'isolement effectif de la piste en vue du traitement spécial envisagé. Il se présente en outre un inconvénient propre à ce procédé, du fait que les corps tels que 'Le sulfure d'argent donnent des niveaux de mo dulation différents lors de la reproduction si l'on compare aux pistes habituelles à l'ar gent métallique.
Un autre procédé qui a été proposé com porte le développement de la piste sonore au cours des premières phases du traitement, puis son isolement par application d'une cou che protectrice.
Dans la fabrication de pellicules cinéma tographiques polychromes à partir d'un pro duit à plusieurs couches qui contiennent des copulants pratiquement dépourvus de mobi lité, on a proposé d'appliquer un développe ment chromogène à la fois aux images ciné matographiques et à celle de la piste sonore, de faon que les images d'argent se trouvent associées partout avec des images à base de colorants,
puis de traiter la pellicule exclu sivement sur la plage des images .cinémato- graphiques au moyen d'un bain de banchî- ment visqueux, ce qui ne laisse que des images colorées dans la partie cinématographique, tandis que la plage de la piste sonore se com pose d'images de couleur et d'images d'argent.
Toutefois, même si l'on utilise la composition visqueuse de blanchîment qui a été proposée, on constate que, s'il faut enlever la totalité ; de l'argent de la plage des images cinémato graphiques, il se présente, en raison de la proximité des deux plages, un risque très net de diffusion .du bain de blanchîment dans la plage de la piste sonore et d'infimes erreurs ; dans l'application de ce bain peuvent affecter sérieusement la piste.
Une autre difficulté sérieuse est la suivante: Etant donné que, dans les pellicules de ce genre, il est de coutume d'adopter un rapport élevé entre le colorant, et l'argent, il est nécessaire, pour obtenir des images suffisamment marquées de pistes so nores, d'utiliser pratiquement toute la profon deur de la pellicule à plusieurs couches. On obtient donc une image d'argent profonde et il en résulte un étalement de la lumière (pro bablement par suite d'irradiation), ce qui limite la netteté de la piste et nuit par consé quent à la fidélité en haute fréquence.
On voit ainsi que, dans la mesure où les techniques connues sont applicables à la pro duction de pistes sonores sur les pellicules cinématographiques polychromes dans les quelles un ou plusieurs des enregistrements de couleur sont des images de colorants à dé veloppement chromogène, des difficultés sur gissent qui limitent sérieusement leur intérêt pratique.
Pour que l'accompagnement sonore offre la plus haute qualité possible, il y a intérêt à ce que la piste sonore soit engendrée indé pendamment de l'image cinématographique. Ce n'est que de cette faon que l'on peut uti liser une émulsion convenant le mieux aux exigences concernant le son (y compris les exigences particulières d'enregistrement avec densité variable ou surface variable). Toute autre technique présuppose un compromis entre les exigences de la production de l'image visuelle et celles de la production de la piste sonore.
Tenant compte de ces remarques, la titu laire a mis au point un procédé de forma tion d'une piste sonore sur une pellicule ciné matographique polychrome qui est, à part cela, achevée et sur laquelle l'un au moins des enregistrements en couleur est une image de colorant à développement chromogène. Ce procédé est caractérisé en ce que l'on revêt d'une émulsion d'halogénure d'argent la plage de cette pellicule réservée à la piste sonore, on impressionne l'émulsion pour y marquer la piste sonore, on effectue le développement (le cette piste et on traite ensuite l'enregistre ment ainsi développé aiz moyen de réactifs en vue d'en assurer la stabilité, les bains uti lisés tant pour le développement que pour la stabilisation présentant un pH non inférieur à 4,5.
La titulaire a décrit récemment des tech niques pour former un type d'image photo graphique polychrome à plusieurs couches dans lequel chaque image de couleur est for mée dans une couche d'émulsion appliquée séparément. Selon une de ces techniques, une image de l'enregistrement en couleur d'une image polychrome est formée avant. que l'émulsion suivante soit superposée. L'émul sion superposée est ensuite impressionnée à partir du négatif correspondant de l'enregis trement en couleur et passe à L'enregistrement de couleur correspondant. Le processus peut être répété lorsqu'au moins trois images de couleur doivent être formées.
Dans une autre technique, la formation graduelle de l'image de couleur est également adoptée, mais, au lieu de passer d'une image à l'enregistrement de couleur correspondant avant d'ajouter la couche d'émulsion suivante, la couche d'émul sion d'halogén.tire d'argent contient un colo rant et, lorsqu'elle a été impressionnée et qu'une image latente correspondante a été réalisée, la couche d'émulsion suivante conte nant un colorant différent est ajoutée et im pressionnée. Une troisième couche peut être superposée de façon semblable et impression née.
Finalement, lorsqu'une série complète d'images latentes a été obtenue, elles sont d@- veloppées simultanément dans le même déve loppement chromogène avec l'enregistrement de séparation coloré de façon appropriée. il a été trouvé que ces techniques peuvent être combinées avec le présent procédé de forma tion d'une piste sonore.
Dans tin mode d'exécution du procédé selon l'invention, on part d'une pellicule poly chrome comportant au moins une image de colorant à développement chromogène, qui a été obtenue, par exemple, comme décrit ci- dessus, et l'on recouvre la plage nue, réservée . la piste sonore, d'une couche d'émulsion d'halogénure d'argent qui est de l'espèce re connue comme la plus apte à l'obtention d'une piste de grande fidélité.
Après séchage, on impressionne la piste sonore, on développe l'enregistrement et on traite l'enregistrement développé par des réactifs dont les pH ne sont pas inférieurs à 4,5 pour éviter tout dom mage pour la forme et la densité relatives ainsi que pour les caractéristiques normales de couleur individuelle des images colorées existantes et en particulier de la ou des ima-es de colorants à développement chromo gène. Grâce à cette précaution, les images en couleurs restent pratiquement intactes art cours de ce traitement.
La couche d'émulsion d'halogénure d'ar gent que l'on applique est de préférence une couche dans laquelle le poids d'halogénure d'argent est à. peu près normal et le rapport entre le colloïde et l'argent n'excède pas 1,5 :1.
L'avantage résultant de l.'ut.ilisation d'une telle émulsion est d'éviter qu'une tendance à la réticulation et au décollement ne se mani feste au cours du traitement.
L'émulsion peut être appliquée sur la pel licule au moyen d'un rouleau étroit dont le bord inférieur plonge dans une ange conte- riant l'émulsion, tandis que le bord supérieur est placé de faéfon à toucher presque la. pelli cule, alors qu'elle chemine sur un guide con venablement disposé. Il suffit d'appliquer la couche d'émulsion dans la plage qui doit rece voir la piste sonore.
Une variante consiste à appliquer l'émul sion par pulvérisation. Si on le désire, on peut masquer, au cours de cette pulvérisation, la plage de la pellicule portant les images cinématographiques.
Quand l'émulsion a été appliquée et sé- ehée, on impressionne la piste sonore, en rela- tion de synchronisme avec l'image polychrome, s'il y a lieu. On développe alors la piste so nore dans un révélateur pour noir et blanc et on la traite dans les bains habituels d'arrêt et de fixage d'un type convenable. Les bains d'arrêt ne doivent pas avoir nu pH inférieur à 4,5 et le bain de fixage utilisé est, de pré férence, alcalin. On a recours à de tels bains en raison de l'instabilité de la ou des images colorées dans les solutions acides et de leur tendance à y perdre de leur densité.
L'exemple suivant indique une manière d'exécuter l'invention On peut composer une émulsion conve nable de la faon suivante:
EMI0004.0004
Solution <SEP> A: <SEP> bromure <SEP> de <SEP> potassium <SEP> 80 <SEP> g
<tb> iodure <SEP> de <SEP> potassium <SEP> 2,5 <SEP> g
<tb> gélatine <SEP> 32 <SEP> g
<tb> eau <SEP> 850 <SEP> cm'
<tb> Solution <SEP> B <SEP> : <SEP> azotate <SEP> d'argent <SEP> 100 <SEP> g
<tb> eau <SEP> 1000 <SEP> cm3 On porte les deux solutions à 700, puis l'on ajoute la solution B à la solution A au cours d'un laps de temps de 2 minutes, si l'émulsion est destinée à des pistes de surface variable. On maintient le mélange à 700 pen dant 20 minutes tout en agitant constamment.
On le refroidit alors à 450 et l'on y ajoute 20 g de gélatine gonflée dans 100 cm3 d'eau. On laisse alors prendre l'émulsion, on la dé coupe en lamelles et on la lave pour en éli miner les sels solubles non désirés. Après lavage, on fait fondre l'émulsion à 450 et on y ajoute 22 g de gélatine préalablement trem pée dans de l'eau. On la met alors à digérer pendant 30 minutes à 600, après quoi elle est prête pour l'addition des ingrédients habi tuels destinés à la durcir, à éviter le dévelop pement de la moisissure et à faciliter l'étale ment. Elle est alors prête pour l'usage.
On revêt d'une émulsion préparée comme indiqué ci-dessus et sur la plage réservée à la piste sonore une pellicule trichrome présen tant trois couches de gélatine superposées avec une image dans chaque couche, l'image jaune, située à l'intérieur, provenant de 2,5- dichloro-acétylacétanilide et de diméthyl-para- phénylène-diamine, l'image intermédiaire de couleur magenta provenant de cyanure de paranitrobenzyle et de 2-amino-5-diéthylamino- toluène et l'image extérieure provenant de 2,
4- dichloro-alpha-naphtol et de diméthyl-para- phénylène-diamine. On y applique un poids à peu près normal d'halogénure d'argent, c'est- à-dire de 40 à 80 mg et de préférence de 50 à 60 mg d'argent par dm@ de surface revêtue. On sèche l'émulsion et on l'impressionne pour y marquer une piste sonore en relation de synchronisme avec l'image cinématographique trichrome.
On développe alors la piste sonore dans un révélateur ordinaire au métol et à l'hydroquinone, puis on la traite pendant une demi-minute dans un bain d'arrêt acide tel que-le suivant
EMI0004.0031
Phosphate <SEP> de <SEP> sodium <SEP> 30 <SEP> g
<tb> Acide <SEP> citrique <SEP> 13 <SEP> g
<tb> Eau: <SEP> complément <SEP> à <SEP> 1000 <SEP> cm3 On lave alors la pellicule, puis on la traite dans un bain de fixage non acide tel que le suivant:
EMI0004.0032
Thiosulfate <SEP> de <SEP> sodium <SEP> 400 <SEP> g
<tb> Sulfite <SEP> de <SEP> sodium <SEP> 40 <SEP> g
<tb> Formaldéhyde <SEP> (solution
<tb> à <SEP> 40%) <SEP> 25 <SEP> cm'
<tb> Eau: <SEP> complément <SEP> à <SEP> 1000 <SEP> <B>cm,</B> On lave alors la pellicule et on la sèche pour achever le traitement de la piste sonore.
Finalement, on peut encore appliquer un traitement de finition convenable tel que l'ad jonction d'un revêtement superficiel pour évi ter l'endommagement des plages sonores et colorées par abrasion au cours du service.
Au lieu de se servir de la pellicule tri chrome mentionnée ci-dessus, on peut, par exemple, en utiliser une dans laquelle l'image jaune est celle d'Lm colorant basique tel que l'Auramine (Colour Index N0 615), la Chry- soïdine (Colour Index N 20) ou le jaune Basique Photophore (Imperial Chemical In dustries Ltd.) amené à l'état de laque avec des acides phosphotïzngstiques ou silicotungsti- ques,
tandis que l'image magenta peut être obtenue à partir du dérivé de nickel du di- méthylglyoxime.
La pellicule utilisée peut être une pellicule à plusieurs couches dans laquelle des copu lants pratiquement exempts de mobilité ont. été employés, par exemple ceux qui possèdent des substituants alcoyliques comportant au moins 5 atomes de carbone et de préférence 12 à 18, ainsi qu'un groupe solubilisant tel qu'un groupe carboxylique ou un groupe sul- fonique dans la molécule.
Ainsi, l'image jaune située du côté intérieur peut avoir été obte nue par développement à partir de la téré- plitaloyl-bis-acétanilide, de la benzoylacét- anifde, de l'acide 5-(4'-stéaryiamidobenzoyl- amido )-isophtalique et de la 4-méthoxybenzoyl- acét.yl -N- (2'-méthyl-stéarylamino-4'-ca.rboxy- pliényl)
-amide. L'image magenta intermédiaire peut avoir été obtenue à partir de la 1-(4'.. stéarylamino-phényl) -3-méthyl-5-pyrazolone, de la l.-(4'-phénoxy-3'-sulfophényl)-3-hepta- décyl-5-pyrazolone, de la 1-(3'-sulfopliényl-3- (4"-stéarylamidophényl)-5-pyrazolone ou de 4- (béta-stéaryl-béta-carboxypropionamido)- benzoylacétonitrile. L'image bleue située à l'extérieur peut avoir été obtenue par déve loppement à partir de la di-benzidide de l'acide 2,
8-dihydroxy-3-naphtoïque, de l'acide naphtalène -1. - hydroxy-2-stéaryl-carbonamido- 4-sulfonique, de la naplitalène-1-hy droxv -2-(2'- méthyl - stéarylamino - 5'- sulf ophényl) - carbon- amide ou de la naplitalène-1-hydroxy-2-car- bonyl- (N-stéaryl-N-isophtalyl) -amide.
Des images de couleurs appropriées peuvent être obtenues à partir de tous ces copulants par développement avec de la paradiéthyla.mino- aniline.
Lorsqu'on utilise une image colorée à deux couches, on peut adopter un processus simi laire à celui qui a été esquissé ci-dessus, les enregistrements colorés étant des images jaune rouge et bleu vert convenables. On peut obtenir une image jaune rouge appropriée à partir de la 1-(5'-sulfo-3'-stéarylaminophényl)- 3-méthy 1-5-pyrazolone quand on développe avec de la para-diéthy lamino-aniline et on peut l'utiliser avec l'une quelconque des images bleu vert mentionnées ci-dessus.
Ces diverses images peuvent être produites dans une émulsion de n'importe quel type ap proprié, mais il est préférable d'adopter les émulsions présentant entre la gélatine et l'ar gent un rapport réduit n'excédant pas 1,5 :1 et avantageusement environ 1 :1.
Comme on l'a décrit plus haut, seule la plage de la pellicule réservée à. la piste sonore est revêtue d'émulsion puisque c'est la seule partie qui est utilisée. Toutefois, si on le dé sire, la totalité de la pellicule peut être re couverte d'émulsion par revêtement ou pulvé risation.
Des bains de traitement dont le pH n'est pas inférieur à 4,5 sont utilisés pendant tout le cours de la formation de la piste sonore en raison du fait que la ou les images à base de colorants sont instables dans les solutions acides et ont la tendance à y perdre de leur densité.
Le procédé selon l'invention n'est évidem ment pas limité aux seules applications qui ont. été décrites.