Procédé d'enregistrement magnétique de fluctuations d'énergie électrique sur un corps ferromagnétique et dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé. La présente invention comprend un pro cédé d'enregistrement magnétique de fluc tuations d'énergie électrique sur un corps ferromagnétique, ce procédé étant caractérisé en ce que le corps est passé dans un champ magnétique fluctuant, produit conjointement par un courant électrique à fréquence super- audible et par l'énergie électrique fluctuante,
et en ce que ledit corps est magnétiquement saturé avant d'être passé dans ledit champ magnétique.
L'invention comprend aussi un dispositif pour la mise en aeuvre de ce procédé. Ce dis positif est caractérisé en ce qu'il comprend une tête d'enregistrement, laquelle comprend un noyau en matériau ferromagnétique, ledit noyau comprenant deux parties polaires dis tantes l'une de l'autre pour former un entre- fer non magnétique entre elles, une bobine électrique coopérant avec ce noyau pour créer un champ magnétique dans ledit entrefer quand un courant électrique circule dans la dite bobine,
ledit corps ferromagnétique étant disposé de façon à pouvoir passer au-dessus desdites parties polaires et de l'entrefer, la dite bobine étant disposée pour être excitée conjointement par une source -de courant à fréquence super-audible et une source de cou rant électrique fluctuant dont l'amplitude est fonction !des fluctuations de l'énergie, qui doivent être enregistrées et des moyens pour saturer le corps ferromagnétique avant de le faire passer par-dessus cette tête d'enregistré- ment.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution et deux va riantes d'un dispositif conforme à l'invention et quelques formes -de courbes d'enregistre ment obtenues dans certaines conditions.
La fig. 1 est une vue schématique d'un dispositif dans lequel le corps ferromagnéti que constitué par un ruban est saturé magné- tiquement en direction longitudinale et est en suite passé au-dessus d'une tête d'enregistre ment produisant un .champ magnétique fluc tuant excité .conjointement par une compo sante à fréquence super-audible et par le si gnal à enregistrer.
La fig. 2 est une vue fragmentaire d'une variante du dispositif de la fig. 1, dans la quelle le ruban est saturé dans une direction transversale.
La fig. 3 .est une vue fragmentaire d'une autre variante, dans laquelle le ruban mobile est saturé dans le sens de son épaisseur.
La fig. 4 représente l'oscillogramme d'un enregistrement d'une onde sinusoïdale, lorsque le ruban a été saturé en direction longitudi nale, tout en employant une composante .de fréquence super-audible.
La fig. 5 est similaire à la fig. 4, mais le ruban . y est seulement saturé et l'on n'a pas fait agir de composante de fréquence super- audible. La fig. 6 est similaire à la fig. 4, le ruban est saturé magnétiquement, mais ensuite par tiellement désaimanté simultanément à l'en registrement du signal.
La fig. 7 est une vue semblable à la fig. 4, faite dans des conditions d'enregistrement si milaires, mais dans laquelle le ruban est sa turé longitudinalement et est ensuite partiel lement désaimanté en direction opposée, tout en fournissant en même temps une compo sante de fréquence super-audible, conjointe ment avec le signal à enregistrer, et la fig. 8 est une vue semblable à la fig. 4, faite dans des conditions similaires,
mais dans laquelle le ruban est saturé transversalement et est ensuite passé dans un champ fluctuant excité conjointement par une composante de fréquence super-audible et par le signal à en registrer.
La fig. 9 est une vue semblable à la fig. 4, faite dans des conditions d'enregistrement si milaires, mais dans laquelle un ruban dés aimanté est amené à passer au travers d'un champ fluctuant excité conjointement par une composante de fréquence super-audible et par le signal à enregistrer.
En se référant premièrement à la fig. 1 du dessin, le corps ferromagnétique est cons titué par un ruban 10, .consistant en un métal ayant une force coercitive relativement élevée et une rémanence relativement bonne. Le ru ban 10 -est disposé de façon à se mouvoir en direction indiquée par la flèche 11 ou en d'autres mots de droite à gauche, comme re présenté sur le dessin. Le ruban se déplace au-dessus -d'un aimant permanent 12 qui le sature magnétiquement en direction longitu dinale et passe ensuite au-dessus d'une tête d'enregistrement ayant deux pôles espacés 13 et 14,
formant une partie d'un circuit magné tique excité par la bobine 15. Les pôles 13 et 14 sont solidaires d'une base 16, laquelle avec les pôles 13 et 14 constituent le noyau avec lequel est associée la bobine 15.
La bobine 15 .est munie d'une prise inter médiaire 17 qui divise la bobine en deux par ties, l'une, 18, ayant un nombre de spires relativement grand et l'autre, 19, en ayant un nombre relativement petit. Par exemple, la partie 18 peut avoir approximativement 300 spires et la partie 19 approximative ment 20.
L'extrémité .de la bobine 15, comprenant la partie 19 de la bobine, est reliée par un interrupteur 20 et une résistance variable 21, à un conducteur 22 .conduisant à un amplifi cateur audio. La prise 17 de la bobine 15 est connectée à l'autre borne de l'amplifica teur au moyen du conducteur 23 et également, par l'interrupteur 24 à la terre 25 lorsque l'appareil est en position d'enregistrement. L'interrupteur 24 est disposé pour pouvoir relier; selon la ligne pointillée, la mise à terre avec l'extrémité gauche de la bobine 15 lors que l'appareil fonctionne en sens inverse.
L'extrémité gauche de la bobine 15 est également connectée par un conducteur 26 et un interrupteur 27 à un oscillateur à fré quence super-audible 28 prévu pour fournir la composante à la tête d'enregistrement. Si l'on désire avoir une composante de courant continu négative, ou en d'autres mots une composante qui, au point de vue magnétique est en sens opposé à la -direction de polarisa tion fournie par l'aimant permanent 12, on peut placer l'interrupteur 27, dans la posi tion représentée en pointillée,
pour .connecter en série l'oscillateur à fréquence super-audi- ble avec une résistance variable 29, un milli- ampèremètre 30 et une batterie 31. On a cons taté que l'alimentation à une fréquence de 20 kilocycles et une impédance de 250 ohms à cette fréquence, donnent un fonctionnement absolument satisfaisant.
L'on supposera que les interrupteurs 20, 24 et 27 sont en position selon les traits pleins et que le ruban se meut de droite à gauche, comme représenté à la fig. 1. L'aimant per manent 12 sature le ruban 10 en direction longitudinale. On suppose, d'autre part, qu'un signal est produit ans l'amplificateur (non représenté) et qu'ensuite on le fait passer dans le circuit comprenant la partie 19 de la bobine 15.
La composante de fréquence super audible pour la tête d'enregistrement est four nie par l'oscillateur 28, mais grâce à l'em- branchement de mise à terre 17, on compren dra aisément que ce courant n'est pas réfléchi en arrière -dans le circuit de basse fréquence vers l'amplificateur.
Pour fonctionner en sens inverse, on re produit le signal enregistré sur le ruban mo bile 10, on enlève l'aimant permanent 12 et on fait passer le ruban à nouveau dans la même direction au-dessus des pièces polaires 13 et 14. On ouvre l'interrupteur 27, -de sorte que la composante -de fréquence super-audible n'alimente plus la tête, et on amène les inter rupteurs 20 et 24 dans leur position repré sentée en pointillé pour le fonctionnement en sens inverse; la bobine entière, comprenant les deux parties 18 et 19 est ainsi employée comme bobine pick-up pour la reproduction.
La résistance 21 qui a été représentée dans le circuit d'enregistrement partant de l'ampli ficateur, est une résistance ayant un ordre de grandeur.d'approximativement 5 1/9 ohms pour une tête d'enregistrement avec partie 19 de la bobine ayant approximativement un demi-ohm à 400 cycles. Cette résistance 21 permet à l'amplificateur de fonctionner à un niveau considérablement au-dessus du niveau des bruits de fonds, l'énergie supplémentaire ou non employée étant absorbée par la résis tance 21.
Afin d'illustrer les avantages du procédé décrit, on a représenté une série d'oscillo- grammes d'enregistrements reproduits aux fig. 4 à 9, l'onde d'entrée dans chaque exem ple étant une sinusoïde à amplitude constante. La fig. 4 représente le tracé de l'onde qui est enregistrée sur le ruban-10 par le procédé et le dispositif décrits plus haut.
Si cette même onde sinusoïdale était enregistrée sur le ru ban, sans que l'on fasse intervenir la com posante de fréquence super-audible, l'onde enregistrée en résultant serait semblable à celle représentée à la fig. 5.
La fig. 6 donne le tracé de l'onde que l'on pourrait obtenir sur le ruban 10, lorsque ce dernier est pre mièrement saturé et qu'ensuite on fasse agir une composante démagnétisante de courant continu, afin de reporter le point opératoire vers le bas sur la moitié inférieure du cycle d'hystérésis. La fig. 9 représente ce que se rait le résultat, si le ruban était complète ment désaimanté avant de la faire passer au- dessus de la tête enregistreuse,
laquelle serait excitée conjointement par la fréquence super- audible et par fonde sinusoïdale.
En faisant usage du procédé d'enregistre ment tel .qu'il est décrit en regard de la fg. 1, on ,constate que Ponde en résultant est abso lument franche de distorsion, telle que celle constatée à la fig. 5 et est également franche d'effiloehements que l'on trouvait dans les ondes enregistrées lorsque l'on s'en tenait à la technique d'aimantation correspondant à la fig. 6.
On constatera d'ailleurs que, bien que les résultats obtenus avec un ruban enregistreur complètement désaimanté et en employant une composante de fréquence super-audible soient sensiblement aussi bons que ceux réalises avec le procédé et le dispositif décrits, ceux-ci per mettent de réaliser l'enregistrement sur une matière que l'on ne pouvait pas employer avec la technique correspondant à l'onde re présentée à la fig. 9. A titre d'exemple, le ru ban employé pour obtenir les oscillogrammes des fig. 5 à 9 était un matériau ayant une force coercitive d'approximativement 4500.
Avec un matériau de ce genre, et pour @obte- nir la courbe de la fig. 9, on a dû prendre une partie du ruban, l'entourer et le placer dans un grand appareil de désaimantation et le désaimanter graduellement pendant une certaine période. On a constaté qu'il était extrêmement difficile de désaimanter le ru ban pendant qu'il se déplace dans le dispo sitif enregistreur.
La fig. 7 représente l'onde correspondante lorsque le ruban est saturé longitudinalement et que l'on fait intervenir ensuite dans la tête une composante de courant continu démagné tisant en tournant l'interrupteur 27 dans la position représentée en pointillé, comme indi qué à la fig. 1 du dessin.
On a également constaté que l'on pourrait obtenir de bons résultats en saturant trans versalement le ruban, comme représenté à la fig. 2 et en faisant alors intervenir vers la tête une composante de fréquence super-audi- ble conjointement avec le signal à enregistrer. Le tracé -de l'onde sinusoïdale, ainsi enregis trée, est représenté à la fig. 8 du dessin.
Le ruban 10 peut aussi être saturé dans Lune direction sensiblement perpendiculaire au plan du ruban, .c'est-à-dire suivant son épaisseur, l'onde correspondante est alors sensiblement similaire à celle de la fig. 8 qui correspond à la forme !de l'onde résultant de la saturation transversale.
Le terme ferromagnétique employé ici est un terme désignant une matière ayant une perméabilité plus grande que l'unité et une susceptibilité magnétique positive. Cette matière a, en outre, une limite de saturation susceptible d'être mesurée et possède les pro priétés d1iystérésis.