Procédé d'obtention d'un tissu à effet de moire, et tissu obtenu par ce procédé. L'effet de moire sur un tissu de soie ou autre peut être obtenu par divers moyens. Le plus usité consiste à écraser 'le grain du tissu; l'effet de moire ainsi obtenu est défi nitivement fixé dans ses formes.
Si l.'on observe des rideaux, appliqués contre une vitre et faits d'un tissu assez trans parent, comme par exemple une mousseline de coton, le tissu à simple épaisseur, natu rellement, ne moire pas; mais si, par un pli assez large, on produit une superposition d'au moins deux épaisseurs de tissus, ces deux tissus superposés, quoique de même couleur, moirent en transparence.
En confection, ce même moyen est em ployé. Dans ce but, on superpose deux tissus, Fun d'eux au moins est transparent, organdi ou mousseline, celui de dessus étant, de pré férence, d'une couleur plus sombre que celui de dessous. L'effet de moire que produit cette juxtaposition est changeant, parce qu'il se fait et se défait au hasard des plis, du mouvement et des angles d'incidence de la lumière et du rayon visuel. Cet effet est donc particulièrement chatoyant et donne l'impression d'un tissu mouvant et vivant .
Mais il n'est pas commode de travailler simultanément avec deux tissus différents, ni de superposer d'avance les deux tissus, dis tincts ou transparents, à travailler simultané ment, pour obtenir l'effet de moire qui se pro duit naturellement à la surface du tissu de dessus. Le but de l'invention est d'obtenir cet effet de moire sur un seul tissu pouvant se travailler facilement en couture.
A cet effet, l'invention comprend un pro cédé d'obtention d'un tissu à effet de moire, caractérisé en ce qu'on tisse simultanément, sur un même métier, deux tissus superposés dont un au moins est transparent, en ce qu'on lie partiellement entre eux ces tissus par tissage, le liage étant commandé par la mécanique du métier.
Le dessin annexé illustre, à titre d'exem ple, plusieurs mises en aeuvre du procédé que comprend l'invention et montre, égale ment à titre d'exemple, des tissus obtenus par ces mises en oeuvre.
Fig. 1 se rapporte à une première mise en oeuvre du procédé et montre, à une échelle agrandie, en coupe verticale longitudinale, deux tissus distincts. et un point de liage entre eux.
Fig. 2 est une vue d'une armure pouvant être employée.
Fig. 3 est une vue en plan, montrant un semis de points de liage obtenus par une mé canique d'armure.
Fig. 4 est une vue en plan d'un tissu dont le semis des points de liage a été obtenu avec une mécanique de métier façonné.
Fig. 5 et 6 sont des vues, respectivement en plan et en coupe transversale, d'un tissu double, façon pékin , le liage étant fait sur toute la largeur et toute la longueur d'une bande.
Fig. 7 est une vue en plan d'un tissu dont le liage est fait suivant un dessin façonné. Fig. 8 montre l'effet de moire produit par l'un de ces tissus.
Dans une première mise en ceuvre du pro cédé que comprend l'invention, on utilise un métier à mécanique d'armure.
Avec des fils du genre de ceux employés pour tisser l'organdi, on peut monter le mé tier de la façon suivante: Les fils de chaîne sont passés dans un peigne de 80 dents au pouce de 2,7 cm, un fil 2 (fig. 1) de la chaîne de dessus et un fil 3 de la chaîne de dessous passant dans la même dent.
Le fil de trame est passé en armure taffetas alternativement un coup 4 pour la chaîne de dessus et un coup 5 pour la chaîne de dessous.
La réduction peut être de 70 coups au pouce pour chacun des tissus.
Le liage des deux tissus est effectué en semis 6, 6U, 6b (fig. 3) commandé par la mé canique d'armure faisant travailler en taffe tas la chaîne de dessous avec la trame de dessus comme représenté en A (fig. 1) ou inversement.
En outre des semis de points de liage régulièrement répartis entre les deux tissus, leur liage est encore assuré par les cordons qui leur sont communs.
Sur le tissu montré en fig. 8, on voit très nettement. apparaître des effets de moire tels qu'en<I>B, C, D.</I>
Sur cette figure sont visibles les semis des points de liage 6a, 6b,<I>6c, 6d.</I>
Dans une autre mise en ce-Livre du procédé, on utilise un métier pour tissage façonné. Comme précédemment, les deux tissus peuvent avoir sur chaque bord un cordon commun et, entre les cordons, le liage peut être obtenu de la même façon que précédem ment, mais les points de liage 8a, 8b, 8c, etc. (fig. 4) peuvent être répartis de façon moins régulière puisqu'ils sont effectués sous la commande de la mécanique de tissage fa çonné.
Il est représenté en fig. 4 un semis de points de liage disposé en satin de 8 . De cette façon, les points de liage ne se retrou vent sur la même ligne, en chaîne ou en trame, qu'à. la fin du rapport. du dessin. Ce semis de points de liage a l'avantage d'être invisible et de laisser aux tissus unis leur mo bilité relative donnant les effets moirés.
Sur un métier de façonné, on peut faire un tissu pékin (fig. 5 et 6) dont les deux chaînes sont liées par cette armure, par exemple sur une largeur 11 de 3 cm, alors que les deux tissus sont distincts et indépen dants sur une largeur 12 par exemple de 11 cm. Les deux tissus peuvent être tissés en taffetas ou tout autre armure.
Un autre genre d'effets moirés peut donc être obtenu non pas en liant les deux tissus par des points répartis en semis, mais par des lignes ou des bandes de plus ou moins grandes largeurs, régulières ou non.
Au lieu de bandes rectilignes, on peut. faire le liage des deux tissus au moyen de lignes, plus ou moins larges, régulières ou non, dont le tracé 14 (fig. 7) peut corres pondre à un dessin quelconque, le fond 15 compris entre ces lignes de façonné étant constitué des deux tissus distincts dont la superposition donne l'effet. de moire.
On a remarqué que deux tissus de même couleur, noire par exemple, moiraient bien, mais d'une façon beaucoup moins marquée qu'en employant des couleurs opposées. Le tissu représenté en fi g. 8 est composé: d'une chaîne dessous blanche tramée noir, d'une chaîne dessus noire tramée noir; il moire aussi bien sur fond clair que sur fond foncé.
Par contre, si on avait employé chaîne dessous blanche tramée blanc, chaîne dessus noire tramée noir, la moire se ferait sur fond foncé seule ment et pas du tout sur fond clair.
Il est donc avantageux d'avoir, dans le tissu de dessous, une opposition très nette de deux couleurs différentes, une très claire, une très foncée. Partant de là, on peut ob tenir un grand nombre de coloris simplement en conservant: la chaîne dessous blanche, la chaîne dessus noire et en tramant la chaîne dessous en noir et la chaîne dessus de toute autre couleur, ce qui nécessite un métier pick pick travaillant par un coup de navette donnant un coloris et un autre coup de navette donnant un autre coloris.
Dans tous les cas, l'effet moiré est d'au tant plus accentué qu'un tissu de couleur foncée est mouvant sur un tissu de couleurs opposées. Pour la confection d'un tel tissu, il est donc commode d'utiliser un métier pick pick travaillant par un coup de na vette donnant un coloris et un autre coup de navette donnant un autre coloris.
On peut obtenir le même résultat avec deux chaînes noires dont celle de dessous tra- inée blanc, celle de dessus tramée couleur.
Les tissus obtenus au moyen de ces mises en oeuvre du procédé, donnant des effets moirés changeant, présentent un caractère indéniable de nouveauté.