Procédé de construction. On sait que les dépenses de main-d'#uvre et les frais qui découlent directement de cette main-d'oeuvre constituent un pourcentage im portant du prix de revient des bâtiments, no tamment des maisons d'habitation en maçon nerie. Il y a donc lieu de s'efforcer de réduire au minimum ces dépenses de main-d'oeuvre et, dans ce but., on a préconisé notamment l'uti lisation d'éléments standardisés faciles à po ser et à assembler.
Cependant, les procédés proposés jusqu'ici ne réduisent pas sensible ment l'importance de la main-d'oeuvre néces saire aux travaux de finition exigés par l'hygiène et le confort de la maison moderne.
La présente invention a pour but de pal lier ces inconvénients; elle a pour objet un procédé de construction caractérisé en ce qu'après avoir réalisé la fouille et les fonda tions de la construction projetée, on érige une charpente provisoire, rigide, démontable, constituée par des éléments métalliques, char pente présentant des faces parallèles aux murs futurs de la construction, mais décalées par rapport à ceux-ci, en ce qu'on fixe sur cette charpente, de façon amovible et dans la posi tion définitive qu'ils doivent occuper lorsque la construction sera achevée, tous les éléments qui seront ultérieurement tenus par les murs à construire, en ce qu'on construit ensuite ces murs en se repérant sur les faces de la char pente provisoire précitée,
les murs enrobant au fur et à mesure qu'ils montent les éléments et parties d'éléments qu'ils rencontrent et doi- vent soutenir, enfin, en ce qu'on démonte et enlève cette charpente provisoire lorsque les murs sont achevés et qu'ils portent les diffé rents éléments qui avaient été fixés provi soirement à la charpente amovible.
On peut disposer sur la charpente provi soire à l'aide de tous moyens convenables des plaques rigides amovibles de telle façon que l'une de leurs faces coïncide avec une face de l'un des parements des murs à édifier; on maintient ces plaques pour qu'elles ne puis sent s'écarter hors de l'aplomb du mur; on pose les matériaux constituant le mur en les faisant buter contre ces plaques; enfin, on déplace ces plaques -après qu'elles ont permis de construire une partie de mur, afin de les utiliser de la même façon pour construire une nouvelle partie de mur. Autrement dit, il n'est plus nécessaire de repérer la position des matériaux en cours de pose, car on les met automatiquement en place en les faisant buter contre des plaques de guidage.
On peut ériger une charpente rigide dé montable sur une hauteur qui correspond à un nombre limité d'étages de la construction prévue et on commence par construire ce nombre limité d'étages; on fait supporter par les murs construits une partie supérieure de la charpente démontable; on démonte et en lève la partie de la charpente démontable située au-dessous de cette partie supérieure;
on utilise la partie de charpente enlevée pour prolonger la partie de charpente supportée par les murs et poursuivre la construction des étages supérieurs-; on répète, si besoin est, les opérations de démontage et de remontage. pré citées jusqu'à l'achèvement de la construction des murs, en complétant la charpente démon table par des éléments rigides nécessaires pour supporter provisoirement la toiture.
On peut suspendre des échafaudages ri gides à la partie supérieure de la ch & rpente démontable et maintenir par un dispositif de guidage fixé au sol ou à une hauteur conve nable sur la charpente démontable la partie inférieure de ces échafaudages, de façon que ce dispositif de guidage ne supporte aucune charge verticale; enfin, on peut établir sur ces échafaudages des planchers de travail desti nés à supporter les matériaux et les ouvriers qui utilisent ces matériaux;
il résulte de cette organisation la possibilité de se contenter d'échafaudages très légers parce qu'ils n'ont pratiquement pas besoin d'être contreventés et que leurs barres verticales, qui supportent les efforts principaux, ne travaillent qu'à la traction.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution et quelques détails des moyens pour la mise en couvre du procédé faisant l'objet de l'invention.
La fig. 1 représente, en perspective, une petite maison d'habitation en cours de cons truction. .
La fig. 2 est une vue partielle en pers pective de la charpente provisoire à proximité d'un poteau muni d'un dispositif pour sup porter des plaques de guidage limitant un parement extérieur de mur de façade.
La fig. 3 est une coupe partielle par un plan vertical d'un dispositif analogue à celui de la fig. 2, mais qui supporte des plaques de guidage pour les parements extérieur et inté rieur .d'un mur de façade.
Sur . le dessin, les mêmes signes de réfé rence désignent ; les mêmes éléments ou des éléments- jouant le même rôle.
Pour - construire la maison d'habitation représentée sur la fig. 1,. après avoir exécuté les fouilles et un socle de fondation P de la manière habituelle, on érige sur ce socle P une charpente 1 métallique comportant des poteaux 2 réunis par des barres horizontales 3 et 4 à chaque étage et à la partie supérieure par des barres 5 obliques ayant la pente de la toiture future et réunies elles-mêmes par une barre 6 horizontale parallèle à la ligne de faîtage.
Les poteaux 2 reposent sur des angles Ï1 prévus à cet effet à l'intérieur des murs de fondation P, par l'intermédiaire d'un dispo sitif 7 figuré schématiquement et qui peut être constitué par un vérin de tout type con venant aux charges à supporter, ou par un dispositif de calage permettant de régler le niveau de la base des poteaux 2 et d'abaisser ce niveau lorsque la construction des murs sera terminée.
La charpente 1 doit être rigide et indéfor mable et l'assemblage de ses éléments princi paux 2, 3, 4, 5, 6 doit comporter aux angles des moyens pour assurer l'indéformabilité de ces angles et permettant néanmoins le démon tage facile de cette charpente 1.
Les barres horizontales supérieures 3 et 4 comportent des prolongements 8 et 9, éven tuellement démontables, permettant la fixa tion de poulies 10 destinées à supporter des, échafaudages volants devant être utilisés comme planchers de travail pour l'érection des murs M.
Lorsque la charpente 1 est montée, on peut poser les éléments de la toiture: la panne faîtière Pf reposant au-dessus de la barre 6 et les pannes courantes P sur les barres obli ques 5, les chevrons C étant ensuite posés sur les pannes Pf et P; les sablières S, qui sup porteront définitivement les chevrons C, sont provisoirement suspendues à ces derniers par tous moyens convenables.
Les éléments de la couverture peuvent ensuite être posés sur la charpente de toiture selon la technique habi tuelle, la couverture posée permettant de tra vailler à l'abri des intempéries.
On fixe ensuite à la charpente 1, en com mençant par l'étage inférieur et à l'aide de moyens amovibles, les cadres de baies; c'est ainsi que le cadre E de la porte d'entrée est suspendu par des ferrures 11 à une poutre 3 du premier étage; le cadre G de la fenêtre du rez-de-chaussée est accroché par des fer rures 12 à une poutre 3 et le cadre H d'une fenêtre du premier étage est suspendu à une poutre 3 supérieure par des ferrures 13.
On fixe également à la charpente 1 par des moyens amovibles des bandes d'un treil lage<I>T</I> métallique; ce treillage<I>T</I> est tenu par des attaches provisoires telles que les ferrures 14 et 15 fixées respectivement à une barre 4 et à un poteau 2 par des moyens amovibles.
Le treillage T permet, avant l'exécution de toute maçonnerie, de poser toutes les canali sations Q que l'on fixe définitivement au treil lage T après les avoir pliées à la forme con venable sans être gêné, comme c'est le cas lorsque leur pose est effectuée sur des murs mêmes.
On fixe également sur la charpente et les éléments de plancher les escaliers, cage d'ascenseur, menuiseries enrobées dans la ma qonnerie avant de commencer cette dernière.
Lorsque tous les éléments d'un étage que la maçonnerie doit porter ont été fixés à titre provisoire sur la charpente 1, on commence la maçonnerie en se repérant sur cette char pente parfaitement dressée pour aligner les murs; il suffit d'utiliser des règles ou gabarits prenant appui contre les poteaux 2 verticaux. Avant que les murs 111 parviennent au plan cher du premier étage, on pose sur les barres 3 les solives 13 auxquelles on peut accrocher une poutre sablière ou un fer plat d'ancrage désigné par N que l'on viendra caler lorsque le mur 11l sera à -hauteur suffisante. Un autre plat d'ancrage pourra être associé. aux angles du bâtiment avec le plat N pour ceinturer chaque étage.
La construction se poursuit ainsi d'étage en étage jusqu'à ce que les sablières S, les pannes P et la panne faîtière Pf soient calées pour reposer sur les murs élevés. Bien en tendu, dès qu'un cadre de baie est supporté par la maçonnerie, on enlève les ferrures- supports telles que 11, 12 et 13. De même, on fixe au mur par tous moyens de scellement convenables les treillis T et l'on enlève les ferrures amovibles telles que 14 et 15. On utilise des échafaudages mobiles suspendus à la charpente 1 pour faciliter la construction.
Lorsque la maçonnerie est achevée, on en lève la charpente 1 amovible en abaissant légèrement cette charpente à l'aide du dispo sitif 7 prévu à cet effet, pour faciliter le dé montage de cette charpente qui est alors dé gagée de toute charge.
Pour plus de clarté, on a représenté une maison comportant un seul étage au-dessus du rez-de-chaussée, mais il est bien évident qu'on peut construire un bâtiment d'un nombre quelconque d'étages; pour un bâtiment com portant un grand nombre d'étages superposés, la charpente rigide démontable peut être avantageusement prévue pour construire d'abord les murs de deunx (ou plusieurs) étages seulement; dans ce cas, lorsque les murs de ces deux étages sont construits, on peut les utiliser pour supporter la partie su périeure de la charpente;
on démonte ensuite la partie de la charpente située au-dessous de cet. étage supérieur et on la remonte par tous moyens convenables prévus de façon à sur élever et à prolonger la partie supérieure de la charpente qui a été fixée aux murs déjà construits. La construction des murs se pour suit ainsi d'étage en étage et au dernier étage on complète la charpente rigide amovi ble par la pose dés éléments 5 et 6 destinés à porter provisoirement la toiture.
Sur la fig. 2, on désigne par 2 un poteau d'angle de la charpente amovible et par 4 une poutre horizontale réunissant deux po- teallx 2; 14 est tune équerre permettant la fixation provisoire des ferrures R d'ancrage qui seront prises ultérieurement dans le mur pour tenir les tuyauteries Q. F désigne le mur de fondation.
Pour construire un mur de façade, on monte respectivement sur la face extérieure. de deux poteaux 2, parallèles à ce mur, une potence 20 constituée par un profilé plié en U; on fixe un bras de cette potence 20 sur un poteau 2 correspondant, de façon amo vible, par exemple au moyen de boulons 21 avec écrous et rondelles ou cales 26, des trous étant prévus à cet effet pour ces boulons 21 sur toute la hauteur du poteau 2, ainsi que sur un bras latéral correspondant de la po tence 20. Dans cette position de fixation, les deux bras latéraux de chaque potence 20 sont verticaux et la traverse qui les réunit est sensiblement horizontale.
On utilise deux po tences 20 fixées de façon amovible à une même hauteur sur un poteau 2 correspondant pour porter des profilés horizontaux, par 3 exemple à section en double T, tels que 22; cette fixation est obtenue au moyen de tiges 23 filetées avec, écrou et contre-écrou et ron delle 24 d'appui; du côté de la rondelle 24, la tige 23 se termine par une partie solidaire s formant un crochet 25 double dont les bran ches se font vis-à-vis en laissant entre elles un évidement vertical, évidement dans lequel on peut. introduire comme dans une coulisse deux des ailes en prolongement d'une pou trelle 22.
Lorsque deux poutrelles 22 sont ainsi fixées du côté intérieur des bras exté rieurs de deux potences 20, on peut facile ment accrocher à l'aile supérieure de la pou trelle 22 supérieure des plaques 27, en tôle par exemple, dont une extrémité est repliée en forme de crochet. Dans ces conditions, pour construire un mur, en briques par exemple, il suffit pour poser convenablement les blocs unitaires à assembler de les pousser sur leur assise vers l'extérieur de la construc tion jusqu'à ce qu'ils viennent. buter contre les plaques 27 qui prennent appui contre les deux poutrelles 22 horizontales.
Pour construire les angles de murs ou de baies, on utilise un profilé 28 (en [j par exemple) auxiliaire, coudé en équerre; une extrémité 29 de cette équerre est écartée pa rallèlement à la branche correspondante, afin de permettre la fixation de l'équerre 28 dans la gouttière horizontale formée par le profilé 22; il est alors possible d'accrocher sur l'autre branche de l'équerre 28 une plaque 30 per pendiculaire à une plaque 27 voisine et pou vant buter contre celle-ci, ou même d'accro cher à cette équerre 28 une plaque ayant la forme d'un angle dièdre droit.
Afin d'éviter tout déplacement longitudinal des poutrelles 22, on peut fixer à ces poutrelles des cales 31 qui viennent buter contre les potences 20 qui supportent les poutrelles 22 à chacune de leurs extrémités.
Pour réaliser une maçonnerie à l'aide de blocs noyés dans un béton (ou même éven tuellement des murs en béton), on dispose (voir fig. 3) à l'intérieur des potences 20, de la même façon que précédemment, des pou trelles 22 portées par le bras extérieur de ces potences, et en outre des poutrelles 22 iden tiques portées de la même façon par le bras intérieur qui sert à fixer les potences 20 aux poteaux 2.
Après avoir monté les murs à l'aide des plaques 27, on peut prévoir un dispositif qui permette le décalage des plaques à l'extérieur, de telle façon qu'on puisse couler entre ces dernières et le mur déjà monté un enduit qui doit servir de parement au mur.
On utilise, de préférence, des planchers de travail soutenus par des échafaudages rigides suspendus à une partie haute de la charpente démontable, et on maintient le pied des barres profilées verticales formant l'ossature résis tante principale de ces échafaudages par un dispositif de guidage fixé soit au sol, soit à. une hauteur intermédiaire sur la charpente amovible ou aux murs déjà construits.
On pourrait faire coulisser les potences verticalement le long des poteaux et les main tenir dans toute position convenable, grâce à des moyens de guidage et de fixation prévus à cet effet; dans ce cas, il serait avantageux de prévoir en outre des moyens pour équili brer au moins en partie le poids de l'ensemble des plaques de guidage et de leurs supports.