<B>Ajutage de</B> pulvérisation La présente invention concerne les ajutages et plus particulièrement ceux destinés spéciale ment à l'injection de combustibles liquides dans les chambres de combustion de divers types de moteurs.
Il existe actuellement divers types de moteurs utilisant des combustibles liquides qui doivent être injectés dans leurs chambres de combustion, ces moteurs comprenant le moteur bien connu d'automobile à combustion interne, les moteurs diesel, les turboréacteurs, les réacteurs à propulsion, les moteurs à ré action à piston et analogues.
Bien que ces derniers types de moteurs soient à l'heure actuelle largement utilisés en aviation, on es père qu'ils trouveront à brève échéance leur application dans les locomotives et les navires: Dans certains de ces moteurs, il est nécessaire de disposer d'une large gamme de débit du combustible, comprise entre des limites mini mum et maximum choisies, tout en maintenant une faible perte de charge totale dans l'aju- tage, entre le collecteur d'admission et la chambre de combustion.
Dans le passé, on a utilisé dans ces appli cations des ajutages du type à orifice ouvert, mais sans grand succès, principalement en rai son de leur gamme limitée de débit, comprise à peu près entre 10 et 1. La gamme de débit que l'on doit obtenir pour assurer de façon continue un fonctionnement approprié de cer- tains des moteurs modernes à réaction est dans certains cas comprise entre 125 et 1.
Les. aju- tages habituels à orifice ouvert ne sont pas capables d'assurer une gamme aussi large de fonctionnement, attendu que dans ces ajuta- ges, lorsqu'on augmente le taux du débit d'un facteur déterminé, la courbe de pression cor respondante doit être augmentée du carré de ce facteur. Essayer de réaliser . une large gamme de débit- avec ce dernier type d'ajutage est par suite entièrement irréalisable pratique ment, car l'on arrive à des courbes de pression élevées de façon inadmissible dans la gamme supérieure du débit.
Par contre, avec des ajutages à orifice nor malement fermé et à ouverture variable, il est possible d'obtenir une large gamme de débit sans qu'il soit nécessaire de recourir à des pressions d'admission excessives pour obtenir de très hauts taux de débit. Cependant, avec ce dernier type d'ajutage, on rencontre une sérieuse difficulté lorsqu'on essaie de satisfaire aux spécifications strictes imposées générale ment en ce qui concerne le maintien d'un angle déterminé du cône de pulvérisation pour tous les taux du débit en fonctionnement. Lorsque le taux du débit s'abaisse à un très faible niveau,
il devient très difficile de réaliser un ajutage de ce type qui puisse être réglé automatiquement en vue de maintenir l'angle désiré de pulvérisation. L'invention se propose donc notamment de réaliser un ajutage (a) présentant une large gamme de débit (b) une faible augmentation<B>-</B>de<B>'></B> la perte de charge en passant d'un taux de débit fai ble à un taux élevé ; (c) qui conserve à l'enveloppe de pulvérisa tion un angle constant sur cette large gamme de débit ; (d) qui atomise le liquide rapidement, avant que le cône de pulvérisation liquide ne se propage très loin ; (e) qui se ferme automatiquement lorsque la charge à l'admission s'abaisse au-dessous d'une valeur déterminée.
L'invention se propose également de réali ser un ajutage de ce type qui soit disposé de manière à empêcher une fuite de liquide sous un taux de débit extrêmement élevé dans le cas où la soupape de sortie cesserait de fonc tionner convenablement pour une raison quel conque; qui puisse être fabriqué à un prix raisonnable et qui exige le minimum d'entre tien et de réparations.
D'autres détails et particularités de l'in vention résulteront de la description de diver ses formes d'exécution de l'invention, données ci-après à titre d'exemples en référence au dessin annexé.
La fig..1 est une coupe longitudinale dia métrale d'une première forme d'exécution de l'ajutage .selon l'invention ; les fige 2, 3 et 4 sont des vues en coupe transversale suivant les lignes 2-2, 3-3 et 4-4, respectivement, de la fige 1 ; la fige 5 est une vue en coupe longitudi nale diamétrale d'une deuxième forme d'exécu tion de l'ajutage ; la fige 6 est une vue en coupe partielle de l'orifice de l'ajutage -montrant la soupape de sortie légèrement ouverte ;
la fige 7 est une - vue analogue à la fige 6, mais montre la soupape ouverte relativement largement ; et la fige 8 est un graphique comparant la perte de charge entre le collecteur d'admission et la chambre de combustion à la perte de charge entre la chambre au côté d'admission de la soupape de sortie et la chambre de com bustion pour divers pourcentages d'un taux de débit déterminé du combustible à travers l'aju- tage.
L'ajutage représenté aux fige 1 à 4 com prend un corps 1 de forme générale cylindri que, présentant une base 2 de plus grand dia mètre et taraudée en vue de la fixation sur un collecteur d'admission (non représenté) du moteur. Un manchon intérieur 3, muni d'un filtre 4, par exemple en toile métallique, est vissé dans la base 2. Le filtre sert à protéger les parties intérieures de l'ajutage, indépen damment des filtres habituels prévus dans la canalisation. principale d'alimentation en com bustible. L'autre extrémité du corps de l'aju- tage est fermée, à l'exception d'un orifice cen tral 5. Toutes les pièces peuvent avantageuse ment être en acier inoxydable, par exemple.
Une chemise interne 6, forcée à l'intérieur du corps cylindrique 1, présente à sa périphé rie externe une rainure longitudinale de forme semi-circulaire formant un canal 7 ouvert à l'extrémité qui est tournée du côté de l'admis sion du combustible. L'autre extrémité de ce canal est fermée, à l'exception d'un passage 8 qui débouche radialement vers l'intérieur à travers la chemise 6.
La périphérie externe de la chemise com porte plusieurs rainures semi-circulaires ana logues, formant des canaux longitudinaux 9 ouverts du côté de l'orifice d'extrémité de l'ajutage, auquel ils se raccordent au moyen de fentes tangentielles 10 de turbulence. Les autres extrémités des canaux 9 communiquent par des passages radiaux 11 avec une chambre annulaire intérieure 12 formée dans la péri phérie interne de la chemise cylindrique 6.
Un guide 13 de soupape est forcé à l'inté rieur de la chemise 6 vers l'orifice d'extrémité de l'ajutage. Ce guide présente à sa périphé rie externe une rainure annulaire qui forme une chambre annulaire 14 disposée de façon à communiquer avec le canal 7 à travers le passage radial 8. La' surface externe du guide 13 présente plusieurs fentes hélicoïdales (qua tre dans le cas présent) qui forment des ca naux hélicoïdaux 15 faisant communiquer la chambre annulaire 14 avec une chambre ].6 située juste en dedans de l'orifice 5. Les élé ments que l'on vient de décrire constituent les organes fixes ou immobiles de l'ajutage.
Une soupape de sortie 17 du type à cla pet, destinée à reposer dans l'orifice 5, com porte une tige de soupape 18 logée dans une glissière cylindrique 19 ménagée dans le guide 13, en alignement axial avec l'orifice 5.
Une coquille cylindrique ou piston 20 susceptible de coulisser à l'intérieur de la che mise 6 est ouverte en regard du guide 13 : et fermée du côté de l'extrémité d'admission du combustible de l'ajutage. Une vis de réglage 21 traversant cette dernière extrémité est des tinée à être fixée. en position de réglage au moyen d'un écrou de blocage 22. Une tige de connexion 23, constituée par un fil en acier à ressort, passe dans un passage central 24 ménagé dans la tige de soupape 18, l'une des extrémités de cette tige de connexion étant réunie, par exemple par brasage à faible tem pérature, à une extrémité de la vis 21, tandis que son autre extrémité est réunie de façon analogue à un prolongement extérieur 25 de la soupape de sortie 17.
Des évents 26 ména gés dans ce prolongement communiquent avec le passage 24, de sorte que l'intérieur du pis ton cylindrique alternatif 20 est continuelle ment en communication avec l'atmosphère ou avec l'intérieur d'une chambre de combustion ou autre chambre d'évacuation raccordée à l'ajutage. Un ressort de compression 27, logé à l'intérieur du piston 20, porte par une de ses extrémités contre l'extrémité du guide fixe 13 et par son autre extrémité contre une ron delle 28 et une pièce d'épaisseur 29 de ré glage, interposées dans l'extrémité fermée dudit piston.
On voit maintenant que lorsque le piston 20 et les pièces qui lui sont reliées sont animés d'un mouvement alternatif, la soupape de sor tie 17 participe à leur mouvement par l'inter médiaire de la tige 23. Un certain degré de défaut d'alignement entre la soupape et le pis ton est toutefois permis par suite de la flexibi lité de la tige 23 et du jeu que cette tige présente dans le passage 24. On peut régler la pression sous laquelle la soupape 17 s'appli que dans l'orifice 5 tout d'abord en utilisant une pièce 29 d'épaisseur appropriée et en -se cond lieu en choisissant un ressort de coin" pression 27 approprié.
On peut obtenir un réglage complémentaire en tournant la vis de réglage 21, mais cette vis remplit un autre rôle dont il sera parlé ci-après.
Un épaulement 30 du piston 20 est bi seauté de façon à créer un passage de commu nication de section variable avec la chambre annulaire 12 lorsque le piston _20 est mû vers l'intérieur à l'encontre du ressort de compres sion 27. Ce piston alternatif fonctionne en conséquence comme une soupape de réglage et sera, en conséquence, appelé ci-après piston-valve . Le réglage de la vis 21, en corrélation avec la variation de l'épaisseur de la pièce 29, détermine le débit du fluide com primé qui, lors- du mouvement de va-et-vient du piston-valve 20, est admis au-delà de l'épaulement 30 dans la chambre 12.
On décrira maintenant le fonctionnement de l'ajutage. Le combustible liquide pénètre dans l'ajutage en provenance du collecteur d'admission et il est évacué à travers l'orifice 5 dans une chambre extérieure à pression rela tivement basse. Lorsque la pression du fluide qui s'applique contre l'extrémité du piston- valve régulateur 20 dépasse celle qui règne dans ladite chambre extérieure d'une quantité juste suffisante pour surmonter la tension ini tiale du ressort 27, la soupape de sortie 17 s'ouvre. La pression du fluide qui s'exerce di rectement contre la surface réduite de la sou pape 17 est relativement peu importante.
L'ouverture de la soupape 17 permet au com bustible de s'écouler par le canal 7, le passage 8 et les canaux hélicoïdaux 15 dans la cham bre 16 et au-delà de la soupape 17 dans la chambre extérieure (normalement une cham bre de combustion qui peut être à une pres sion sensiblement égale à la pression atmo sphérique ou dans certains cas à des pressions de beaucoup supérieures à la pression atmo sphérique).
L'étranglement formé par les canaux hélicoïdaux 15 établit une contre-pres- sion suffisante pour déplacer le piston-valve 20 et ouvrir par suite la soupape de sortie 17 qui lui est accouplée par la tige 23 sur une dis tance supérieure à celle qu'on obtiendrait par l'action de la pression du fluide s'exerçant directement contre le côté intérieur de surface réduite de la soupape 17. Les canaux hélicoï daux 15 communiquent au combustible un taux élevé de turbulence dans la chambre 16, même pour de faibles débits de combustible, de sorte qu'on obtient une excellente atomi- sation dans l'enveloppe de pulvérisation du combustible, même pour ces faibles débits.
La turbulence des particules du combustible de l'enveloppe formée dans la chambre 16 provo que la rupture des particules et la désa grégation de l'enveloppe à l'état d'un brouillard finement pulvérisé, lequel se trans forme ensuite en une vapeur relativement sèche.
Les canaux hélicoïdaux 15 de section ré duite empêchent qu'il ne s'établisse dans la chambre 16 une pression élevée du fluide lors de l'ouverture initiale de la soupape de sortie 17, de sorte que l'évacuation initiale du fluide hors de l'ajutage s'effectue à une vitesse relati vement faible. De même, ces canaux hélicoï daux de section réduite assurent le maintien de la pression d'admission contre le piston- valve 20.
Lorsque le débit du combustible augmente, le piston-valve 20 est déplacé progressivement de gauche à droite (fig. 1) en amenant l'épau lement biseauté 30 au-delà du bord de la chambre 12. En conséquence, le combustible pénètre dans cette chambre dans une mesure croissante au fur et à mesure que le piston- valve s'ouvre et il s'écoule à partir de cette chambre 12 par les canaux 9 et les fentes 10 de turbulence dans la chambre 16 et de -là à travers l'orifice 5. Naturellement, la soupape 17 s'est ouverte de façon correspondante lors de l'ouverture du piston-valve 20.
Une certaine quantité de combustible continue à s'écouler par le canal 7 et les canaux 15, mais ce débit devient bientôt sans importance par rapport à celui, beaucoup plus important, qui pénètre dans la chambre 12 et s'écoule par les canaux 9. On donne aux fentes 10 une forme telle que pour le débit maximum déterminé du combus tible, la perte de charge entre une chambre annulaire 31 et la chambre 16 soit aussi faible que possible, tout en exerçant une action suf fisante de turbulence à travers ces fentes pour assurer une pulvérisation satisfaisante du combustible à l'orifice 5.
Les fentes 10 de turbulence assurent aux débits plus élevés le même résultat que les canaux hélicoïdaux 15 pour un plus faible débit, mais la perte de charge à travers les fentes 10 est beaucoup plus faible, attendu qu'elles ont une section transversale relativement importante. Au lieu de prévoir des fentes 10 disposées obliquement pour obtenir l'action recherchée de turbulence, on peut donner aux canaux 9 eux-mêmes une forme quelque peu hélicoïdale.
L'ajutage représenté à la fig. 5 est de façon générale semblable à celui décrit en ré férence à la fig. 1, mais présente certaines mo difications. Le corps d'ajutage 32 est fileté extérieurement de façon à permettre de l'insé rer dans une ouverture taraudée de façon cor respondante, communiquant avec le collecteur d'admission du combustible. La construction générale intérieure de cet ajutage est analogue à celle de celui représenté à la fig. 1, de sorte qu'il est inutile de la décrire de nouveau, les pièces analogues étant affectées des mêmes numéros de référence.
L'extrémité d'admission du canal 7, au lieu de déboucher directement dans l'extrémité d'entrée de l'ajutage, commu nique avec une chambre annulaire 33 présen tant dans sa périphérie interne une étroite lu mière d'admission 34 destinée à être fermée par un piston-valve 20 animé d'un mouvement de va-et-vient. Au lieu de munir le piston- valve régulateur 20 d'un épaulement à profil contourné ou biseauté, afin de régler l'admis sion du fluide dans la chambre annulaire 12, on donne à la périphérie interne d'une bague 36 un profil correspondant 35 en vue d'obte nir le même résultat.
Cet ajutage comporte un moyen de sûreté du fait que lors du fonction- nement sous un faible débit, au cas où la sou pape de sortie 17 viendrait à se rompre ou à se détacher, le ressort 27 serait à même de déplacer le piston-valve 20 vers la gauche, en interrompant l'écoulement du combustible à la fois dans la chambre annulaire 12 et dans la chambre annulaire 33. On obtient ce résul tat comme suit : on peut régler la vis de réglage de telle façon que lorsque la soupape 17 s'applique dans l'orifice de l'ajùtage, le piston-valve 20 ferme les lumières 34 et 12.
En conséquence, il ne s'écoulera pas de fluide à travers l'ajutage jusqu'à ce que la pression dans la canalisation d'admission ait atteint une valeur minimum déterminée. Lorsque cette pression s'est élevée suffisamment pour dépla cer légèrement le piston-valve 20 vers la droite, la soupape 17 s'ouvre et la lumière 34 est dégagée, au moins partiellement, de façon à permettre un débit limité vers l'orifice 5.
Dans les ajutages connus du type normalement fermé, dans le cas d'une rupture de la soupape de sortie réglée pour un faible débit du com bustible, il se produit une forte augmentation du débit hors de l'ajutage, donnant lieu à un échauffement local qui est très nuisible dans certains types de moteurs où il est primordial d'assurer un chauffage uniforme. Par contre, dans le présent ajutage, dans le cas où la sou pape 17 viendrait à se rompre en position de fermeture, on voit que le ressort 27 agit pour déplacer le piston-valve 20 davantage vers la gauche (fig. 5), en maintenant fermées les lu mières 34 et 12.
Lorsqu'une telle rupture se produit lorsque la soupape 17 est légèrement ouverte, la conséquence est très sensiblement analogue. Lorsque l'orifice 5 est débloqué, le débit du fluide tend à augmenter brusquement, mais la légère diminution qui résulte de la pression du fluide qui s'exerce contre le piston- valve 20 permet à ce dernier de se déplacer vers la gauche et de fermer ou réduire davan tage les lumières, de sorte que toute augmen tation sensible du débit est de très courte durée.
A mesure que la pression s'établit en suite dans l'extrémité d'entrée de l'ajutage, la lumière 34 se rouvre quelque peu, mais le taux du débit à travers l'ajutage est inférieur au taux normal, ce qui évite un endommagement des éléments desservis.
En se reportant maintenant aux fig. 6 et 7, on voit que l'orifice 5 de l'ajutage présente un siège biseauté 37 de soupape destiné à s'ap pliquer contre la surface<B>38</B> biseautée de façon correspondante de la soupape de sortie 17. Lorsque cette soupape n'est que légèrement ouverte, comme le représente la fig. 6, le com bustible tourbillonnant est évacué à travers l'orifice selon un angle qui est déterminé par les parties de siège parallèles 37 et 38.
Tou tefois, dans le cas où les éléments de la sou pape ne présentent que de tels sièges, on cons tate que pour des taux élevés du débit, l'enve loppe du combustible évacué de l'orifice assume une forme arrondie ou en para pluie , au lieu de conserver la forme conique désirée, comme dans le cas d'un faible taux de débit.
La demanderesse a constaté qu'en formant un angle double sur la face interne de la sou pape 17, de façon à constituer une deuxième surface biseautée 39 de profil conique plus obtus (c'est-à-dire d'un plus grand angle au sommet), l'angle de l'enveloppe de pulvérisa tion 40 qui est déterminé par la surface 38, 39 se juxtapose plus étroitement au siège 37.
En conséquence, comme le représente la fig. -7, lorsque la soupape 17 est ouverte d'une quan tité relativement , grande et que l'orifice 5 de l'ajutage débite une forte quantité de combus tible, l'angle de l'enveloppe conique de pulvé risation est relativement grand près de son sommet, ce qui s'oppose à la tendance à la formation d'une enveloppe arrondie et main tient l'angle désiré à l'intérieur des limites prescrites. On peut prévoir plus de deux surfa ces coniques- d'angle au sommet croissant, ou bien avoir recours à une surface courbe conti nue en vue d'arriver sensiblement au même résultat.
On se référera maintenant au graphique de la fig. 8 qui compare la perte de charge totale (courbe A) entre l'admission de l'ajutage et la chambre d'évacuation (ordinairement une chambre de combustion) à la perte de charge (courbe B) entre la chambre 16 (juste en dedans de la soupape de sortie) et ladite chambre d'évacuation. La première -détermine le degré d'ouverture de la soupape de sortie et la deuxième détermine le caractère du cône de pulvérisation obtenu.
On a porté en abcisse sur ce graphique les pourcentages du débit du combustible sortant de l'ajutage par rapport à un taux déterminé et en ordonnée les pourcen tages de la pression maximum qui assure l'ou verture de la soupape. Pour une pression d'admission déterminée, la soupape 17 s'ouvre, le fluide s'écoule dans le canal 7 et les canaux hélicoïdaux 15 vers l'orifice 5.
Comme on l'a expliqué ci-dessus, la pression d'admission qui s'exerce sur -la surface relativement grande du piston-valve 20 agit pour ouvrir tout d'abord la soupape 17 rapidement, en s'opposant à toute tendance que celle-ci aurait à coller sur son siège, mais le débit .du fluide est néan moins faible par suite de la capacité limitée des canaux hélicoïdaux 15 de section réduite. Pour augmenter-le débit à travers ces canaux d'un facteur déterminé, il serait nécessaire d'élever au carré de ce facteur la pression dans la canalisation.
En conséquence, dans la gamme du fonctionnement à faible débit, lors qu'il se produit une légère augmentation de la pression de la canalisation, la soupape .de sor tie s'ouvre proportionnellement, mais -le débit du fluide qui s'écoule dans les canaux 15 vers cette soupape n'augmente que de peu.
Toute fois, lorsque la pression dans la canalisation d'admission augmente de façon notable, le piston-valve 20 se déplace davantage de façon à commencer à admettre du fluide au-delà du profil 30 vers la lumière 12, en contournant les canaux 15, la perte de charge (courbe B) entre la chambre 16 et la chambre d'évacua tion augmente, tandis que la perte de charge totale à travers l'ensemble de l'ajutage (courbe A) n'augmente que selon un taux sensiblement moins rapide qu'auparavant.
En d'autres termes, la perte- de charge to tale dans l'ajutage augmente rapidement pen- dant les premiers 15 % de la gamme du débit. Ceci résulte du fait que le débit du fluide n'a lieu qu'à travers les canaux hélicoïdaux 15 de section réduite.
La pression s'applique directe- ment contre la surface relativement grande du piston-valve 20, en provoquant une ouverture rapide de façon correspondante de la soupape 17 bien due le débit soit encore relativement faible. On obtient ainsi une bonne pulvérisa tion, tandis qu'au cas où l'on compterait seu lement sur la pression du liquide qui s'exerce contre la soupape 17 pour assurer l'ouverture de cette dernière, elle, ne serait pas soulevée suffisamment de son siège au début pour assu rer l'enveloppe conique désirée du combusti ble à l'orifice de l'ajutage.
Au contraire, le fluide aurait tout d'abord tendance à émerger sous la forme de jets fins en forme de cor des , ce qui est une condition inacceptable qui se produit après que la soupape a été soulevée d'une distance de l'ordre de 0,025 mm seule ment. Par contre, lorsqu'on opère à un faible débit, les ajutages classiques de ce type néces sitent une augmentation proportionnelle con sidérable du débit du combustible avant que la pression se soit .élevée dans une mesure suffisante pour ouvrir la soupape de sortie.
Lorsqu'on arrive à 3 ou 4 % du débit estimé, le piston-valve 20 s'est déplacé suffi samment pour faire passer l'épaulement profilé 30 au-delà du bord de la lumière 12 et par suite pour commencer à admettre le -liquide dans les passages 9.
Lorsque le débit atteint 15 % environ du débit estimé (voir fig. 8), le taux de l'augmentation de la perte de charge dans l'ensemble de l'ajutage diminue lorsque le débit augmente, en raison de la forme du profil 30 qui permet un débit accru vers la chambre 12 et les passages 9, et qu'on choisit d'habitude de façon à admettre un débit pro gressivement croissant dans la lumière 12 au fur et à mesure que la soupape s'ouvre, de sorte qu'on peut,
maintenir relativement cons tant l'angle du cône de pulvérisation pour tous les débits.
Lorsque la soupape de sortie est ouverte en grand et -que le pourcentage du débit est de 40 % environ de la gamme du débit, la forme du siège de la soupape 17 cesse d'avoir un grand effet sur l'ouverture de la soupape, bien qu'elle affecte encore la forme du cône de pul vérisation. La tige de soupape et l'orifice 5 déterminent alors en commun l'ouverture an nulaire à travers laquelle le fluide s'écoule.
Etant donné qu'à ce stade il devient impossi ble d'augmenter davantage l'ouverture effi cace de sortie, on peut choisir le profil 30 pour admettre le fluide dans la lumière 12 se lon un débit croissant à mesure que le piston- valve 20 se déplace sous l'effet d'une augmen tation de la pression d'admission. Ceci compense le fait qu'on ne peut pas agrandir davantage simultanément l'ouverture de la sou pape de sortie. On pourrait aussi donner à la tige de soupape 17 une forme effilée vers l'in térieur, afin de modifier la dimension de l'ou verture de la soupape, mais attendu que les ajutages sont souvent très petits, il convient de ne pas affaiblir indûment la tige.
En modi fiant d'une manière appropriée le profil 30, il est possible d'obtenir une augmentation relati vement importante du débit à la suite d'une légère augmentation de la pression dans la limite supérieure de la gamme.
On voii en conséquence que l'ajutage dé crit est susceptible de fonctionner sous une large gamme du débit, tout en maintenant uni formes les caractéristiques de pulvérisation dans ladite gamme. Cet ajutage fonctionne au tomatiquement, en ne s'ouvrant que lorsqu'on a atteint une pression minimum de fonctionne ment déterminée et en se fermant lorsque la pression s'abaisse au-dessous de ce point. On obtient une action appropriée de turbulence pour des débits tant élevés que faibles, et l'on peut maintenir dans d'étroites limites prescrites l'angle d'évacuation de l'enveloppe conique de pulvérisation.
Certaines caractéristiques de l'ajutage dé crit, comme la disposition de dérivation pré vue afin de régulariser le débit du combusti ble, peuvent également être appliquées avec profit aux ajutages du type ouvert, bien qu'on n'obtienne pas tous les résultats désirables que l'on obtient avec l'ajutage du type décrit. On peut traiter divers liquides tels que l'eau, et des gaz, mais le présent ajutage est particu lièrement destiné à être utilisé avec des com bustibles liquides tels que le fuel oil, le kéro- sène, l'essence de pétrole et les liquides analogues.